Des bienfaits de la non-mondialisation

Alors que Thomas Piketty rêve d’un impôt progressif mondial fondé sur une puissance centralisatrice et hégémonique, rappelons les bienfaits d’une concurrence entre États.

Alors que Thomas Piketty rêve d’un impôt progressif mondial fondé sur une puissance centralisatrice et hégémonique, rappelons les bienfaits d’une concurrence entre États.

Par l’auteur du site « Bobo libéral ».

Thomas Piketty

Thomas Piketty dans son dernier ouvrage Le capital au XXIe siècle se fait le défenseur d’un impôt progressif mondial, et cela dans le seul but de limiter ces accumulations scandaleuses de capitaux dans les mains d’une minorité, engendrant alors des inégalités à l’origine de nombre de nos malheurs. Bien évidement ce super-impôt se ferait par le biais d’une institution, ou mieux par celui d’un gouvernement mondial, qui du haut de ses hauteurs bureaucratiques régirait aux mieux nos petites vies, et mettrait ainsi un terme à nos dissensions trop souvent violentes. C’est le rêve constructiviste d’une puissance centralisatrice et hégémonique, cher à nos socialistes toutes tendances confondues (dont Thomas fait partie) et qui organiserait le monde comme on organise les différents éléments d’une machine.

Une thématique bien française qui a fait l’objet d’une critique virulente par Markus Kerber comme le montre cette vidéo sur la politique de François Hollande :


Source : Libertarien TV

Contrairement au courant dominant, cette volonté centralisatrice est dangereuse pour nos libertés fondamentales. Un État, par définition, est une agence qui a un monopole exclusif de la violence et de la justice sur un territoire donné. Et l’histoire nous a prouvé à maintes reprises que l’on a fait très mauvais usage de ce monopole. Le fait que ce monopole soit circonscrit dans un territoire donné, limité par des frontières clairement établies, cantonne ces dangers à ce territoire donné, et uniquement à celui-ci. Ainsi il est possible pour les victimes de ce monopole de faire jouer la concurrence entre les États et d’aller trouver refuge dans un autre État ; c’est ce que l’on appelle voter avec ses pieds.

Rappelons-nous l’affaire Snowden, encore fraîche dans nos mémoires ; les péripéties de cet informaticien qui a révélé les agissements de la NSA, et qui s’est réfugié en Russie. Ironie assez amusante au passage, que le jeune homme ait du fuir le pays des libertés par excellence pour trouver asile dans une dictature au passé teinté de massacres à grande échelle et d’endoctrinement de masse. N’oublions pas que Poutine est un ancien agent du KGB, organisation passée maître dans l’art de l’espionnage, des violations des libertés fondamentales et de la désinformation à grande échelle ; tout ce qui fait horreur à notre jeune informaticien. Le Tzar héberge un fervent opposant à son ancien fonds de commerce. À la manière d’un Staline qui, acculé devant les armées nazis, devint du jour au lendemain le plus grand opposant au fascisme et au totalitarisme.

S’il y avait eu un gouvernement mondial, ou du moins une juridiction mondiale à laquelle nul ne peut se soustraire, Snowden eut été en prison ou pire, de peur, il n’aurait même pas tenté son coup d’éclat. Grâce à cette diversité d’États, à leur refus d’être dans un grand tout, à s’opposer parfois frontalement, et même si Poutine n’a pas agi pour se repentir des crimes de son pays, mais pour des raisons de pure politique, les pouvoirs de nuisance des États s’en trouvent contenus.

D’ailleurs en évoquant la Russie, on ne peut s’empêcher de penser à l’actualité brûlante sur la Syrie. De nouveau l’action de la Russie modère les prétentions hégémoniques des États-Unis et agit comme un contre-pouvoir. Il va de soi que je ne cautionne pas ce qui se passe en Syrie, ni n’approuve les actions des uns et des autres. D’ailleurs le régime de Bashar est la preuve vivante des effets néfastes d’un État, et les intentions des rebelles laissent peu de doute de l’usage qu’ils en feraient, s’ils en prenaient le contrôle.

Ce qui importe est de dénoncer cette tentation centralisatrice, qui nous fait miroiter ce rêve de pacifier les relations entre individus et d’éviter les guerres. Il est fort possible qu’un gouvernement mondial, de façon transitoire, mettrait un terme aux violences entre peuples et nations, mais ce serait leur substituer celle inhérente à son fonctionnement, qu’il exercerait sur tout le monde de façon absolutiste et implacable.

Espérons qu’il y ait toujours une grande diversité d’États, et que par la sécession il y en ait une nouvelle multitude qui se joignent à ce grand concert des nations, et cela en toute liberté et loin de toute domination hégémonique.


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