Le grand malentendu de la démocratie

Il ne faut pas confondre démocratie et Etat de droit et attribuer les manques de l’un à l’autre.

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Le grand malentendu de la démocratie

Publié le 11 août 2013
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Il ne faut pas confondre démocratie et État de droit et attribuer les manques de l’un à l’autre.

Par Stéphane Montabert, depuis Renens, Suisse.

Personne aujourd’hui n’oserait remettre en cause la notion de démocratie, perçue par le plus grand nombre comme la meilleure organisation politique possible. Peu de ces gens, pourtant, accepteraient de vivre dans un régime réellement démocratique.

L’essence de la démocratie est le pouvoir sans limite de la majorité. C’est la notion même d’absence de contraintes sur le gouvernement, tant que son comportement est validé par la majorité des votes. La démocratie incarne l’idée selon laquelle la fonction de l’État est de mettre en place « la volonté du peuple ».

La majorité politique peut-elle tout se permettre ? Spolier la minorité des fruits de son travail ? De son patrimoine ? De sa vie, même ? « Absurde », répondriez-vous, vaguement inquiet tout de même, « aucune majorité ne serait assez folle pour réclamer de telles choses. » Dans l’imaginaire collectif, le grand nombre ne saurait avoir que des positions modérées.

Nombreux sont les esprits sages à avoir déchanté lorsque le Hezbollah, en guerre permanente contre Israël et les États-Unis, a été tout à fait démocratiquement porté au pouvoir au Liban en 2006. L’accident de parcours s’est répété avec le Hamas en Palestine. Puis a suivi le printemps arabe amenant dans bien d’autres pays des islamistes prêts à tout rejeter en faveur d’un retour au moyen-âge de la Charia. Majorité modérée, disiez-vous ?

Il est dramatique que la confusion autour du sens de la démocratie permette l’accès au pouvoir de mouvements totalitaires, leur offrant sur un plateau ce qu’ils n’auraient jamais pu s’offrir autrement – la légitimité populaire. Mais lorsqu’une majorité politique s’estime en mesure d’imposer sa vue à l’ensemble d’une population peu importe les conséquences, la guerre civile n’est plus très loin.

Pour la rendre vivable, la démocratie est tempérée par la notion d’État de droit. Le pouvoir politique doit se plier lui-même à ses propres règles, dont une Constitution définissant le périmètre de l’action publique. Mais ces garde-fous n’en sont pas. La Constitution est amendable ; en Suisse, par un simple passage devant le peuple. La France n’en a même pas besoin. Mieux, elle a inventé des notions telles que le « droit administratif » (les privilèges de l’administration) ou « l’abus de droit » (permettant de punir ceux qui respectent trop bien les lois en place) pour s’affranchir définitivement de toute contrainte et entrer résolument dans les limbes discrétionnaires.

La démocratie n’est pas le système d’organisation le plus élevé, seulement celui qui offre une forme de défense contre l’arbitraire – temporairement et de bien piètre façon en se reposant sur le nombre.

Les États-Unis ne sont pas une démocratie. De nombreux mécanismes de blocage permettent de couper ses ailes à une majorité. Le pouvoir de l’État est limité par des droits fondamentaux. Aux États-Unis, chacun peut critiquer ses voisins, la société, le gouvernement, peu importe combien de gens souhaitent censurer ces discours. On peut posséder une propriété, peu importe la taille de la foule souhaitant s’en emparer. Dans un régime proprement « démocratique », personne ne pourrait bénéficier de tels droits – seulement de privilèges temporaires accordés ou révoqués selon l’humeur du moment de la population. La tyrannie de la majorité est tout aussi maléfique que la tyrannie d’un monarque absolu.

Le vote n’est pas un signe de liberté. Même les dictatures tiennent des élections officielles. Mais seule la liberté acquise et entretenue à travers des droits inaliénables justifie et donne un sens au bulletin de vote. Malheureusement, dans la plupart de nos pays prétendument libres, la démocratie a été pervertie pour permettre de contrevenir aux droits de l’individu. Sous couvert de concepts vides de sens, on offre aux citoyens des tickets pour détruire leurs propres droits.

Il est facile de pointer du doigt et de dénoncer les errements des populations du Moyen-Orient ou du Maghreb, inexpérimentées dans l’art de la joute politique. Mais que penser alors de la Confédération Helvétique, une des plus anciennes démocraties du monde, lorsqu’elle approuve la spoliation de propriétaires valaisans au nom de fumeux principes de protection du paysage ? Que penser d’elle lorsqu’elle tente de briser le modèle d’affaire du canton de Vaud en rejetant le principe du forfait fiscal au nom d’un égalitarisme déplacé ?

Comme le rétorquait le communiste français George Marchais à un contradicteur avec un sens inégalé de la formule : « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire ». On ne saurait mieux résumer le fragile équilibre entre l’État de droit et la démocratie. Celui-ci chancelle partout dans le monde, y compris en Suisse.

Vivre et laisser vivre est une époque révolue. Grâce à une démocratie dévoyée, le vote est devenu l’arme de tous contre tous ; plus aucun abri n’existe qui ne puisse être balayé par une majorité. En Suisse, cette dégénérescence prend la forme d’un centralisme toujours plus poussé, brisant sous ses coups de boutoir l’autonomie cantonale, et en fin de compte la diversité et la liberté que permettait un fédéralisme limité.

Conférer les pleins pouvoirs à des tyrans démocratiquement élus est plus parlant qu’utiliser la démocratie pour miner les droits individuels, mais ces deux approches nuisent chacune à la cause de la liberté. Nous devons mettre un terme à la confusion entre démocratie et liberté. La politique doit cesser d’avoir pour  principe fondateur le pouvoir sans limite de la majorité, pour lui préférer les droits inaliénables de l’individu.


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  • Excellente analyse . Le début de l’article semble enfoncer des portes ouvertes puis la subtilité et la justesse des exemples cités montre
    les conséquences bien réelles , que nous subissons aujourd’hui, de l’abus de pouvoir de la majorité démocratiquement élue.
    Je doute que beaucoup de politiques perçoivent l’essence de cet article.

  • J’ ai beau tourner le problème dans tous les sens, je trouve le libéralisme ( droits inaliénables de l’ individu) incompatible avec un système démocratique. Un certain philosophe a déclaré que la liberté nécessitait la tyrannie, puisque les hommes sont plus exigeants envers les autres qu’ envers eux-mêmes.

  • La démocratie simple (majoritaire) n’est que l’alternance des dictatures, mode Guignol..

    La seule vraie démocratie découle d’élections à la proportionnelle, qui engendre toujours des gouvernements à la proportionnelle, comme en Belgique.

    Là, chacun se sait représenté et conçoit que toute décision est le fruit d’un équilibre entre les différentes tendances.

  • Le thème est très juste et me fait songer à la position de l’Eglise de Rome au sujet du régime politique (notamment au sujet de la République ou Monarchie… en France au cours du 19è) : pour elle (jusque dans les années 1930 au moins, je ne sais pas pour après) la démocratie n’était qu’une option, l’essentiel était un Pouvoir recherchant le « bien commun ». Selon la tradition de l’Eglise, quelle que soit la forme du pouvoir, il dérivait du consentement populaire (ce que fait songer à La Boétie et son concept de servitude volontaire). D’ailleurs Bossuet aimait tous les régimes que l’Histoire a connus.

    L’essentiel est bien de rechercher ce qu’est la Justice.

    Sinon, en lisant l’anecdote sur Marchais et le concept de majorité, j’ai tiqué : dans on souvenir ce n’était pas Marchais l’auteur de la phrase mais un Ayatollah du PS. En cherchant j’ai vu que c’était Laignel.

    Dans le Figaro :
    « mot de Laignel, député PS de l’Indre, lancé le 13 octobre 1981 en plein débat sur les nationalisations à Jean Foyer, ancien garde des Sceaux du général de Gaulle : « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire » ?
    De façon lapidaire, Laignel n’avait fait que reprendre ce qu’avait dit, en s’adressant à la droite minoritaire, Joxe, qui a l’éloquence jacobine : « Quand vous serez trois nous serons six, quand vous serez vingt nous serons trente ; hier vous étiez cinquante et nous étions deux cents, si un jour vous êtes sept et que nous sommes trois, nous demanderons des scrutins publics et nous courrons tous dans les travées pour tourner les clés. » Oh quelle belle leçon de démocratie ! Joxe terminait en déclarant que les discussions étaient vaines, que tout ce que pouvait déclarer l’opposition était comme de la pluie sur la toile cirée de l’indifférence socialiste. »

    (voir http://www.lefigaro.fr/debats/2007/06/16/01005-20070616ARTFIG90797-qui_se_souvient_de_la_chape_rose.php )

  • Doux rêveurs et prédateurs

    http://www.lejournaldepersonne.com/2013/08/doux-reveurs-et-predateurs/

    C’est un vieux débat… une vieille histoire, qu’il faut sans cesse réactualiser entre l’idéaliste et le réaliste… entre celui qui fait l’ange et celui qui fait la bête…

  • Il me parait absurd de comparer la démocratie contemporaine avec l état de droit, pour la simple raison qu il ne s agit en aucun cas d une démocratie mais d’ une aristocratie. L « élection » des « meilleures » par la majorité, la délégation du pouvoir politique de cette dernière a un unique représentant, lequel n est pas choisi avant l élection, n est pas révocable en tant que candidat ni en tant que président, et n ayant aucune rémission de compte ni aucune « peine » pour avoir manqué de clairvoyance ou avoir enti au peuple (prenons juste moscovici qui revoi a la baisse de façon significative la croissance française … Personne pour lui dire « et ce que tu as dit l an dernier ? Tu nous as pris pour des idiots? Ou bien tu étais un incompétent incapable d un minimum´d analyse et de projection à moyen terme ? Alors en quoi serais tu plus compétent maintenant ?)
    Aristocratie et etat de droit : et la votre article prendrait davantage de sens
    Bien à vous

  • Déjà Platon et, dans une moindre mesure, Aristote déploraient les tares de la démocratie (que les grecs avaient pourtant inventée). Leur raisonnement était simple: puisque la majorité est ignare et bête; la majorité ne peut qu’avoir une politique stupîde et, pour se faire élire, il faut se mettre au niveau de la majorité, c’est ce qu’on appelle la démagogie (encore un mot grec).
    D’autres, plus récemment disent que la démocratie, c’est déjà du socialisme. On ne voit un bel exemple en France. En fait, il n’est guère d’exemple où la démocratie n’ait pas engendré l’étatisme.
    Personne, à ma connaissance, n’a résolu ce paradoxe, car tous les autres systèmes, le régime censitaire, l’aristocratie ou la monarchie ont aussi leurs tares propres. Comme pour les organiksations des grosses sociétés, la solution est sans doute de changer de système régulièrement pour éviter que les tares de chacun d’entre eux n’ait le temps de devenir catatrophiques.

  • J’adhère tout à fait et à la définition et à la distinction entre Etat et démocratie.
    «L’essence de la démocratie est le pouvoir sans limite de la majorité» et il ne faut pas oublier que cette majorité avait déjà créé à son origine, dans l’antiquité, une hiérarchies dans les libertés individuelles en excluant toute participation des femmes et reposait sur l’existence de l’esclavage. Je pense, mais peut-être à tort, que la démocratie au fil des siècles ne s’est définie que par opposition à des régimes autoritaires ou l’autoritarisme tels que notamment le royalisme et les dictatures, reprenant au fond la distinction faite par Aristote sur la maîtrise de la souveraineté et les trois gouvernements qui pouvaient en découler.
    Par contre, j’aurai nuancé le fait que «La démocratie incarne l’idée selon laquelle la fonction de l’État est de mettre en place « la volonté du peuple »». En effet, si la démocratie par essence est un régime dans lequel le peuple a le pouvoir, l’autorité, par effet de majorité l’État n’est qu’un outil, un mandataire juridique créant une organisation, un système, qui varie en fonction des courants politiques, de la volonté de chacun ou de quelques uns. Ainsi, Aristote émettait des conditions pour l’existence de l’État comme devant être le plus simple possible en partant du principe que l’homme était capable de vivre en harmonie et sans contrainte, tandis que Platon pensait que «L’homme est un animal politique» et devait être guidé par l’État afin d’enrayer ses faiblesses. Pour Rousseau, l’État n’est que l’émanation d’un contrat social issu d’une volonté commune à tous, ni par voie de majorité, ni par un cumul de volontés individuelles mais une convergence de tous sur des points essentiels, contrairement à Hobbes qui lui pensait que sans Etat il n’y avait pas de société et que son existence n’était due qu’à une volonté de transfert et de limitation des droits pour palier aux défauts de la nature humaine. Hobbes peut-être considéré comme l’un des précurseur de l’Etat de droit dans la mesure où il a été le premier à donner à l’Etat une portée juridique qui s’impose à tous, même si elle devait être pour lui librement consentie par chacun.
    En fait, au travers du temps la définition de l’Etat a été intrinsèquement liée à la conception de l’homme et de sa nature. Si effectivement «Pour la rendre vivable, la démocratie est tempérée par la notion d’État de droit», à l’heure actuelle, et ce malgré l’évolution de l’homme, la conception de Hobbes, contrairement à celle d’Aristote, ou même celle de Rousseau, a inspiré tout un cortège de représentants politiques pour asseoir leur pouvoir au détriment des libertés individuelles. L’Etat de droit est devenu un Etat régi par une majorité aux mains de quelques mandataires et non le garant des libertés individuelles. Un tremplin pour bien des dictature.
    Au fond, n’est-ce pas l’ignorance (dans le sens absence de connaissances, manque de confiance de l’individu en lui-même, et préjugés) qui entretient le carriérisme politique, et de ce fait le pouvoir des uns sur les autres au détriment des libertés individuelle,s et non la démocratie et l’État en lui-même? Si une majorité veut s’imposer au travers d’un vote, n’est-ce pas là le signe d’une défiance de certains sur la nature humaine et leur volonté de censurer toute liberté leur faisant peur? La démocratie n’aurait-elle pas engendrée un outil, l’Etat, avant même de s’être assurée de donner aux esprits les moyens de pouvoir s’élever et d’appréhender la portée de celui-ci sur chacun? La nature humaine était-elle prête à s’auto-réguler par elle-même, à respecter les libertés individuelles sans crainte, et à s’affranchir d’un garant, l’État, devenu, par la lâcheté ou les préjugés issus de l’ignorance, un tuteur, un régent aux mains de politiciens carriéristes et avides de pouvoir? Je continue à me poser bien des questions même si je constate qu’au fil du temps, par la démocratisation de l’accès à la connaissance et à la mobilité géographique, de plus en plus d’individus, dont nous faisons partie, sont prêts à vivre et à assumer une démocratie avec un Etat strictement régalien, sans un Etat de droit, un Etat despotique de la majorité sur les libertés individuelles au nom d’un intérêt général préfabriqué devenu source d’endoctrinement.

  • A lire « de la liberté des anciens comparée à celle des modernes » de B.Constant. Il développe l’origine de l’erreur des démocraties actuelles et, tout comme vous, la raison pour laquelle elles sont insuffisantes.

    M. Stéphane Montabert, nous espérons vous retrouver à Pully du 22 au 25 août, à la maison puillérane, pour l’International Liberty Conference.

    • Sauf que Constant était pour l’Etat moderne et pour la démocratie, son utopie était que le peuple vote pour un système libre, mais il pensait que la liberté n’était légitime que voté.

      Et dans la pratique il a voté des spoliations de propriété, alors bon pour ma part je préfère Bastiat ou Acton et ce n’est pas peu dire.

  • Hayek disait qu’il fallait toujours des utopies de rechange, c’est pourquoi il préconisait la « démarchie ». Système qui permet un renouvellement générationnel des élus !! pour éviter ce que l’on voit trop bien aujourd’hui.

  • Article assez décevant, pour un responsable local de l’UDC.
    Peut être faut il mieux regarder la Suisse de l’extérieur pour apprécier les qualité de son système politique.

    Vous commencez par donner une définition si sommaire de la démocratie, qu’a la liste des exemples que vous donnez on peut y mettre tout et n’importe quoi, y compris des dictatures, ou une simple élection épisodique. C’est assez décevant pour un président local de l’UDC.

    Prenez cette une définition de la démocratie, à prendre ou a laisser, qui à défaut d’être suffisante est très certainement nécessaire.
    « Système politique ou la constitution n’est modifiable que par référendum, lequel peut être initié par la population ».

    Ca ne parle pas d’état de Droit, mais c’est certainement favorable à son maintien politique à long terme. Si votre article à un mérite, c’est d’avoir souligné que la France n’est pas une démocratie, et certainement de moins en moins un état de Droit.

    Le système Suisse n’est sans doute pas parfait, mais l’UDC ferait mieux de lancer des référendum visant à améliorer les institutions suisses. Et en disant cela, bien sur, je ne pense pas à votre initiative lamentable visant à concentrer le pouvoir par l’élection plébiscitaire directe du conseil fédéral.

    Les suisses vous ont sur ce coût, renvoyé jouer avec 70%, et ils ont bien eu raison. Si vous voulez, j’échange ma nationalité avec la votre…

  • Remarquez que la démocratie chez les athéniens évoquait le tirage au sort et non l’élection. L’élection (étant oligarchique par nature) était même considérée comme l’ennemie de la démocratie. Il serait plus juste de parler de république quand il s’agit de parler d’élection. La France n’est pas une Démocratie; la France est une République.

      • Churchill disait :
        La démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres…
        Cet article et certains commentaires semble le montrer

    • La démocratie était un concept assez vague, tous les philosophes grecs n’était pas comme nos penseurs actuel, ils reconnaissaient du bien et du mal à chaque système et chacun avait sa préférence, mais chaque système poussé à l’extrême se révèle nocif.

      Ni la démocratie, ni la république ne sont synonyme de suffrage universel qui peut tout décider sur l’ensemble d’une nation, pourtant de nos jours ce concept est à la fois démocratie et république, pour bien distingué la démocratie et ce système extrémiste personnellement je parle d’ultra-démocratie.

    • Ce que vous décrivez concerne la démocratie représentative.

      En Suisse, la démocratie semi-directe permet d’en contrer les effets pervers.

  • La démocratie n’est bonne que très encadré par une Constitution « minarchiste ». Si dans votre Constitution il est écrit que les impôts doivent être proportionnel et par exemple ne jamais dépasser 25%, vous interdisait de fait la création d’un Etat Providence et le jeu malsain des promesses clientélistes des politiques aux élections.

    • Mais si par démocratie on entend ultra-démocratie, alors les gens considéreront que cette règle peut être supprimer par le vote.

      Imaginez des enfants soit vous leurs apprenez qu’il ne faut pas frapper, soit vous leurs apprenez que tout dois être issue du vote, dans le second cas il pourrons se dire, je vais chercher a avoir la majorité pour frapper intel.

      A quoi sert d’apprendre une éthique si le vote peut y déroger quand il veux.

    • La Constitution ne peut pas être détachée de la culture.
      Elle définit les institutions qui sont la traduction d’une vision de l’État, elle-même résultant d’une anthropologie.
      Dans les pays chrétiens, ces fondements ont été définis dans diverses Déclarations des Droits de l’Homme disant peu ou prou la même chose.
      Dans les pays musulmans, c’est la charia.
      Nos enfants vont expérimenter le passer de l’une à l’autre catégorie…

  • Une démocratie n’est possible que dans une culture où l’absolu est limité: On se range à l’opinion majoritaire dans des domaines où on pense qu’il n’existe pas de Vérité.
    C’est le problème des pays musulmans.

    Le piège serait d’en conclure qu’il ne faut pas d’absolu: Le relativisme mène paradoxalement au totalitarisme tout comme l’excès d’absolu.

    Socialiste ou islamiste, l’État ne se connaît pas de limite.
    Socialisme et islam sont également ambigus : Religion ou mouvement politique ?

    Le christianisme est la religion qui a promu un équilibre entre absolu et relatif: Ce qui revient à César n’est pas absolu, mais temporel.
    Ce qui revient à Dieu est évidemment absolu, et c’est ce sur quoi Jésus s’est exprimé avec autorité, c’est donc la morale chrétienne, mais pas le gouvernement des hommes.

    La déchristianisation forcée, Vincent Peillon le rappelle, a été voulue par les socialistes parce que après 1789 et 1848 ils avaient compris qu’il fallait imposer le relativisme, donc déchristianiser, pour parvenir à leurs fins.

    J-F Revel estimait que la supériorité de la démocratie sur la dictature était sa capacité à se détourner de ses erreurs, le peuple ne pouvant pas être isolé des conséquences des erreurs du gouvernement.

    Ce point de vue me paraît juste, car les critiques contre la perversion de la démocratrie représentative visent bien une insuffisance de démocratie. Il nous faut la démocratie directe pour contrôler notre (soi-disant) représentation.

  • « retour au moyen-âge de la Charia »

    Même Stéphane Montabert est perméable à la propagande socialiste !
    La charia est certes une régression, mais une régression n’est pas un retour dans le passé.
    Croire cela, c’est adhérer au concept socialiste obscurantiste de sens de l’histoire, grâce auquel on peut faire avaler n’importe quelle couleuvre au bon peuple.

    Ici l’erreur est évidente: Le Moyen-Âge, période de l’histoire occidentale, n’a évidemment aucun rapport avec la charia, puisque l’Occident était alors chrétien.
    Cette période de notre histoire ne mérite pas du tout la légende noire que socialistes et anticléricaux ont répandu à son sujet (dans un amalgame lui aussi obscurantiste entre passé et christianisme).
    Le statut de la femme au Moyen-Âge était bien supérieur à ce que la charia leur inflige encore de nos jours (Bernard Lewis, Que s’est-il passé ?).

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