21 juillet : le roi Philippe, nouveau « président » de la République belge !

Le roi Albert II vient de signer son acte d’abdication et le roi Philippe vient de prêter, comme 7ème roi des Belges, le serment constitutionnel lui conférant ses pouvoirs.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Roi Philippe

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

21 juillet : le roi Philippe, nouveau « président » de la République belge !

Publié le 21 juillet 2013
- A +

En ce jour de fête nationale en Belgique, le roi Albert II vient de signer son acte d’abdication et le roi Philippe vient de prêter le serment constitutionnel lui conférant ses pouvoirs.

Par Philippe Bouchat, depuis la Belgique.

Aujourd’hui, 21 juillet est jour de la fête nationale belge. Cela n’a pas été toujours le cas : ce jour de fête nationale a été célébré d’abord en septembre, puis en août, avant d’être fixé vers 1890 au 21 juillet, rappelant que c’est le 21 juillet 1831 que le premier roi des Belges, Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Gotha, a prêté son serment constitutionnel. Mais ce 21 juillet 2013 marque surtout le jour où le roi Albert II vient de signer son acte d’abdication et où le roi Philippe vient de prêter, comme 7ème roi des Belges, le serment constitutionnel lui conférant ses pouvoirs.

En tant que républicain, ce jour est-il jour de fête ?

Les nationalistes séparatistes flamands de la Nouvelle Alliance Flamande (NVA), dont l’article 1er de leurs statuts, vise à instaurer une république flamande, ont décidé de bouder ce jour, seuls les obligés étant présents aux cérémonies d’abdication et de prestation de serment. Pour eux, être républicain empêche de se réjouir en ce jour.

Étant moi-même républicain, je suis d’avis contraire. Et je m’en explique.

La République, rappelons-le, est un régime politique, c’est-à-dire un mode d’organisation institutionnel qui ne peut pas être confondue, conceptuellement parlant, avec l’État de droit et la démocratie. On peut, en effet, être en République et ne pas vivre en démocratie (URSS, RDA, etc.), voire ne pas respecter l’État de droit (Égypte actuelle par exemple). Dans la République, la souveraineté n’appartient pas à un monarque, mais à la Nation. Le pouvoir politique tire donc sa substance et sa légitimité dans la Nation. Au moment de la Révolution française, l’ensemble des pouvoirs étaient concentrés entre les mains du roi qui tirait d’ailleurs sa légitimité de Dieu lui-même, la monarchie étant donc de droit divin. C’est contre cette concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme tirant sa légitimité non pas de la Nation, mais de Dieu, que la République s’est créée.

Qu’en est-il de la monarchie belge ?

D’abord, remarquons que le roi, en Belgique, n’est pas roi de Belgique, mais roi des Belges, ce qui signifie que les citoyens belges ne sont pas les sujets du roi et que le pays n’est pas sa propriété personnelle.

En outre, la monarchie belge est dite constitutionnelle, ce qui signifie qu’à la question « qui t’a fait roi ? », la réponse est « la Constitution », c’est-à-dire l’expression de la volonté nationale, donc la Nation. La Constitution précise d’ailleurs que tous les pouvoirs – en ce compris les pouvoirs du roi – sont issus de la Nation. Dit autrement, le roi ne tient sa légitimité, non pas de Dieu, ni même de l’hérédité, mais de souveraineté nationale.

Le roi des Belges en plus n’a aucun pouvoir en propre, tous ses actes devant obligatoirement être consignés par un ministre. Selon l’adage, « le roi règne, mais ne gouverne pas ». Tous ses actes, en ce compris son mariage, doivent donc recevoir l’assentiment du gouvernement et in fine de la représentation nationale, le ministre ayant donné son contreseing étant responsable devant l’assemblée législative qui exerce son contrôle démocratique.

Certes, la caractéristique de la monarchie est la dévolution du trône, donc de la fonction du chef de l’État, par la voie héréditaire, ce qui la distingue de la République où le chef de l’État est désigné par une élection (directe ou indirecte). Mais, répétons-le, cette dévolution héréditaire ne sort ses effets que lors de la prestation du serment devant les chambres réunies en congrès constitutionnel. C’est donc bien la Nation – et non le principe héréditaire – qui confère la légitimité au chef de l’État.

Résumons. Le roi des Belges n’a aucun pouvoir qui ne lui vienne de la Nation et, lorsqu’il exerce ses pouvoirs constitutionnels, il doit recevoir un contreseing ministériel qui marque l’accord du gouvernement et in fine de la Nation.

Si l’on compare avec les pouvoirs du président de la République française, telle que le prévoit la Constitution de 1958, on ne peut qu’être frappé par la concentration de nombreux pouvoirs réels du président qui dirige dans les faits la vie politique, sans contreseing. On se souvient de la célèbre phrase de Jacques Chirac à propos de son premier ministre, « Je dirige et il exécute », phrase remarquablement incarnée par l’hyperprésident Sarkozy que l’hypoprésident Hollande essaie, en vain, lui aussi d’incarner.

Alors oui, en tant que républicain belge, je suis heureux de fêter ce jour historique !

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Merci pour ce texte partisan au possible

    Le ton de l’article est vraiment désagréable

    • En quoi Charlus est-il désagréable ? Au contraire, j’explique aux royalistes qu’en tant que républicain, je partage leur joie…

  • Entre 2 holland, le belge était perdu une fois ….

  • Pas mal, M. Bouchat !

    Mais en fait, la différence entre république et monarchie constitutionnelle va plus loin :

    – un président est un animal politique pour qui le bien du pays se confond avec celui de son parti. Un Roi, par définition, n’a pas d’opinion politique, et son rôle est celui d’une clé de voûte, qui ne tire ni à gauche ni à droite, mais veille simplement à l’équilibre.

    – un roi est « élevé pour » au contraire du président, que le hasard fait sortir des urnes. Pour prendre le Roi Philippe, il parle, lis et écrit le français, néerlandais, anglais, espagnol, italien avec la même aisance, il est breveté d’Etat Major (ce qui est tout de même souhaitable avant d’être Chef des Armées), il est pilote de chasse confirmé (sans aucune faveur), pilote d’hélicoptères, para-commando, master of politic de Stanford, titulaire d’un autre diplôme équivalent (business school ?), il a dirigé avec une efficacité unanimement saluée plus de 80 grosses missions économiques partout dans le monde en connaissant chaque dossier à fond, il est Sénateur de Droit et s’il ne siège pas, il suit les travaux du Sénat de très près, il préside plus de 20 grosses associations diverses où il s’implique à fond, et il a souvent représenté son père dans de grosses missions non commerciales à l’étranger.
    En plus, il lange les gosses, leur donne le bain, et est le roi de la bolognaise 🙂

    Comparons avec les états de services très locaux des présidents. !

    – un Roi est par définition pérenne (et pas un CDD tombé d’on ne sait où), a un réseau de relations à faire pâlir, tant sur le plan national qu’international, et ne met jamais les mains dans le cambouis de la politique, seul sport des présidents … Bien entendu, sa lisibilité est tout à fait différente que celle des présidents intérimaires par définition.

    En fait, ce sont deux systèmes tout à fait différents, la monarchie représentant la sagesse et la stabilité, la république le barnum perpétuel pédalant dans la colle 🙂

    • Cher @mps, merci pour votre commentaire! Vous avez raison d’avoir poussé plus en avant la comparaison entre république et monarchie fût-elle constitutionnelle. Ceci dit, comme républicain, on peut très bien s’accomoder de la monarchie belge, ce que j’ai tenté de démontrer. belle soirée! phb

  • Je pense en tant que libéral qu’une stabilité des institutions politiques est absolument une base requise à la prospérité et à la sauvegarde de la liberté.Cela ne peut qu’être une monarchie institutionelle comme au Liechenstein ou le pouvoir est partagé entre le prince et les citoyens par des mécanismes de démocatie directe.Et une charte constitutionelle protégant très sérieusement les droits et libertés fondamentales!

  • On peut, en effet, être en République et ne pas vivre en démocratie (URSS, RDA, La france, Cuba etc.), les pays socialistes quoi.
    voire ne pas respecter l’État de droit (Égypte actuelle par exemple) et la France

  • Mr Bouchat aime vivre dans le paradoxe. Etre républicain, mais reconnaître à la royauté, fusse-t-elle belge ou autres (toutes dites protocolaires) des vertus supérieures que nul système « républicain » ne parvint à construire sans outrages à l’équilibre démocratique !

    En Belgique, votre Roi est et restera une institution avant de représenter une personne qui l’incarne. Aux yeux d’un français d’expérience internationale, cette situation est hautement méritoire. D’autant qu’un royaume – pas plus qu’une république – ne se gouverne par le seul désir (ou les fantasmes idéologiques perceptibles ailleurs) d’un seul homme.
    Gouverner se réalise en équipe, dont votre institution royale constitue visiblement un maillon très utile aux équilibres entre les petits intérêts et les fariboles temporelles d’élus de tous types (ces H & F, pions mercantiles liés à la dictature de la particratie).
    J’ai entendu hier cette voix d’une femme imbécile hurler un « vive la république » lors de l’hommage royal d’hier à votre Colonne du Congrès (le Soldat Inconnu de l’Arc de Triomphe). Un tel écart de conduite reflète parfaitement le niveau de ceux et celles qui se présentent en tant que d’inconditionnels républicains.
    L’histoire écrite nous dit (et un ami natif de la région rouge liégeoise me confirme) : ces gens (typiquement très à gauche) se comportent à l’instar du sordide député communiste-soviétique des années ’50s qui osa hurler un v-la-re en plein parlement belge). Or que le même élu connaissait autant que ses sbires le comportement infâme du régime soviétique, l’existence des goulags et autres coercisions menées à l’égard de ses citoyens …hors du parti !
    Donc Mr Bouchat, vous devriez méditer plus attentivement : l’hypoprésident Hollande n’est que le triste résultat (à 51 %) d’un système démagogique européen menant notre hexagonale à sa complète déchéance. Flanby ne gouverne pas; il manifeste son incompétence particratique mêlée d’outrecuidance. Là est le seul trait qui caractérise LES républiques agissant sous une Constitution bien charpentée. Suffit de voir avec quelle souplesse les versions pondues en France a fait l’objet d’inflexions (tandis que celle USA n’a pratiquement jamais changé, mue par des créateurs éclairés, ce que ne sont plus les besogneux français du contemporain !!!

  • vous confondez je pense Nation et population. Lire Olivier Beaud, La Puissance de l’Etat, disponible dans toutes les bonnes bilbliotheques pratiquant le pret interbibliothécaire ! 😉
    Avez vous lu Ernest Renan ‘qu’est ce qu’une nation » (discours à la Sorbonne) ? et peut etre examiner les racines politiques du mouvement NVA du moins en partie (Karel Dillen). Votre explication n’aboutit pas à expliquer le nationalisme ni le fait que les régimes Nation ne sont pas (toujours) démocratiques : par exemple le fait que les femmes n’ont voté qu’apres 1914….

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’amour rousseauiste de l’État nation rejette, par définition, l’idée même d’un système politique constitué en factions ou groupes d’intérêt. Sous la révolution, les jacobins considéraient le centralisme comme gage d’unité et de stabilité face aux régionalismes et communautarismes. Cela n’a pourtant pas fait obstacle aux changements incessants de régime, ni permis de pacifier les relations entre identités régionales et État central.

 

Un système à bout de souffle

Aujourd’hui, nos institutions démocratiques sont à bout de so... Poursuivre la lecture

Mesdames et messieurs les Français, vous avez les félicitations de Antonio Luis Santos da Costa, de Pedro Sánchez Pérez-Castejón et d’Olaf Scholz, et vous ne serez donc pas sanctionnés par Ursula von der Leyen comme de simples pays africains.

Dans un mouvement tout à fait inédit sur le plan diplomatique, les chefs des gouvernements socialistes du Portugal, de l’Espagne et de l’Allemagne ont exercé leur « devoir d’ingérence » en intervenant dans les élections démocratiques d’un autre pays de l’Union Européenne (UE), et pas des moindres,... Poursuivre la lecture

Le journal Le Soir a récemment publié une Carte blanche intitulée « Dans l’enseignement supérieur, ce sexisme toujours ordinaire… »

Les auteurs y indiquent qu'il serait grand temps de s'attaquer, sur les campus, au fondement des violences sexistes et sexuelles : le sexisme ordinaire. Il est question de compliments déplacés, de remarques en apparence anodines, qui seraient bel et bien du harcèlement sexiste et sexuel, et auraient un impact considérable sur la santé mentale des personnes concernées, en grande majorité des femmes. Le prob... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles