L’État Providence, fabrique de pauvres

Conséquence de l’État Providence : la France est devenue une fabrique de pauvres. Les gouvernements successifs ont mis un point d’honneur à créer les conditions d’une régression irréversible à terme.

Conséquence de l’État Providence : la France est devenue une fabrique de pauvres. Les gouvernements successifs semblent avoir mis un point d’honneur, depuis bientôt quatre décennies, à créer les conditions d’une régression  irréversible à terme.

Par Philippe Robert.

Posons le décor d’une pièce de théâtre beaucoup trop authentique pour n’appartenir qu’au domaine de la pure fiction et dont les protagonistes, se succédant sans discontinuer du début à la fin jusqu’à former un grande foule, font entendre une plainte à vous fendre le coeur et allant crescendo.

Ainsi en est-il de la fabrique des pauvres qu’est devenue la France dont les gouvernements successifs semblent avoir mis un point d’honneur, depuis bientôt quatre décennies, à créer les conditions d’une régression non seulement indigne de notre pays mais, pis encore, irréversible à terme.

Las ! Il faut désormais se rendre à l’évidence que c’en est bien fini d’un glorieux héritage plus que millénaire tant nos élites dirigeantes, au fil du temps, se sont révélées proprement incapables de s’adapter au monde nouveau in fine issu de la décomposition suivie d’une chute brutale de l’URSS.

Mais revenons à la fabrique des pauvres dont la France s’est fait une spécialité sans jamais sérieusement s’interroger sur les causes d’un tel scandale et, partant d’un tel constat, sur la politique à appliquer pour au moins essayer d’enrayer le cours des choses dans l’espoir d’une consolidation durable.

Jean-Marc Sylvestre : “Le personnel politique est nul pour trois raisons majeures. La première raison c’est l’incompétence (…) La deuxième raison, c’est l’idéologie, une maladie bien française (…) Troisième raison, l’obsession du marché politique”.

À un point tel, d’ailleurs, que nul ne saurait ignorer que chez nous – “wie Gott in Frankreich leben” -, le marqueur le plus emblématique de la marche vers toujours plus de pauvreté a un nom : Les restos du Cœur dont l’idée fut lancée par Coluche dès 1985 puis gravée dans le marbre par force de loi le 20 octobre 1988.

Il me faut ici redire à quel point un tel spectacle de désolation suscite ma compassion mais aussi ma révolte dès lors que le pouvoir politique, se contentant d’agir toujours à la marge (RMI puis RSA et suivants), oppose alors à toute véritable réflexion de fond le cache-sexe avantageux des strass et paillettes des Enfoirés !

En ce 2 juillet 2013, nous apprenons par voie de presse que la France compterait à ce jour, selon une statistique de l’INSEE, 50% de SDF en plus depuis 2001 : “Environ 141.500 personnes, dont 30.000 enfants, étaient sans domicile fixe début 2012 en France (…) Près de deux sans domicile sur cinq sont des femmes”.

Thierry Falissard : “Le premier moyen est évidemment de créer de la richesse, et donc moins de pauvres, par le libre jeu de l’économie de marché. Chercher, au nom de bons sentiments, à partager une pauvreté uniforme plutôt que de la laisser se résorber par le développement, même au prix d’inégalités plus grandes, n’est pas une solution. Ce n’est pas l’écart entre les pauvres et les riches qui compte, mais le nombre de pauvres qui deviennent moins pauvres, et on n’a rien trouvé de mieux que le développement pour cela”.

Ainsi est-il proprement inconcevable que depuis presque quarante ans, depuis le 10 mai 1974 pour être précis, les gouvernants d’un pays aussi avancé que l’est aujourd’hui la France se montrent à ce point impuissants à juguler la pauvreté ! Sauf à penser que le Prince idéologiquement décervelé ait définitivement perdu l’esprit…

Tout d’abord je trouve toujours choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur ! Vous ne l’avez pas… J’ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. Vous n’avez pas le monopole du cœur. [1]

La France, ce n’est un secret pour personne, est affligée d’un État providence hautement monopolistique qu’elle ne semble toujours pas prête, malgré une faillite retentissante, à remiser pour de bon en empruntant enfin la voie royale de la liberté reconquise : la liberté, un droit naturel monopolistique fondateur de vie et de prospérité !

Notes :

  1. Valérie Giscard d’Estaing le 10 mai 1974 lors du débat télévisé de l’entre deux-tours de l’élection présidentielle face à François Mitterrand.