Laisser les Français choisir

Contrairement à ce qui se dit et s’écrit dans les médias, les marges de manœuvres sont immenses. Les politiciens doivent rendre aux Français la liberté économique.

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Laisser les Français choisir

Publié le 1 mai 2013
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Contrairement à ce qui se dit et s’écrit dans les médias, les marges de manœuvres sont immenses. Les politiciens doivent rendre aux Français la liberté économique.

Par Patrick de Casanove.

Aujourd’hui bien peu de gens persistent à nier que la situation en France est dramatique. Beaucoup pressentent la catastrophe finale. Ceux qui le peuvent, « riches », retraités, jeunes diplômés commencent ou continuent à fuir.

L’analyse de l’Index of Economic Freedom sur près de 20 ans nous donne une des raisons de cet effondrement : non seulement France n’est pas un pays où règne la liberté économique mais ce qui en existe se réduit régulièrement. Moyennant quoi la France s’enfonce inexorablement dans la crise.

Nos gouvernants décrètent l’emploi grande cause nationale mais ils épuisent le pays dans les politiques volontaristes aussi inefficaces que néfastes qui sont la cause de la déroute économique et du chômage. Perdus dans leurs constructions artificielles, aveuglés par leurs certitudes, ils s’appuient sur des référentiels erronés. Ces derniers reposent sur Keynes, Marx, Rousseau, Hobbes, etc. ou… sur les mathématiques. Il est temps qu’ils retrouvent le sens des réalités.

L’économie politique  conduit à renoncer de manière absolue à la découverte de toutes les combinaisons artificielles, (…). Elle conduit à cela sans effort, par la seule révélation de cet ordre naturel qu’elle met en lumière.
– Charles Coquelin Dictionnaire de l’économie politique.

L’économie politique est une science toute d’observation et d’exposition. (…) elle constate que le feu brûle, elle le proclame, elle le prouve, et fait ainsi pour tous les autres phénomènes analogues de l’ordre économique ou moral.
– Frédéric Bastiat, Harmonies économiques.

C’est ce que fait l’Index. Il observe les faits et en dégage des leçons. Il prouve que la liberté économique engendre croissance et prospérité pour tous. Il démontre que les causes du déclin des nations sont endogènes. Il ne faut pas chercher du côté de l’égoïsme allemand, du dumping social chinois, de la rapacité de la finance internationale, que sais-je encore, les causes de l’échec français. Notre niveau de liberté économique est très largement en deçà de celui de nos partenaires occidentaux, Allemagne, Suisse, Angleterre, États-Unis, Australie, Japon, Royaume-Uni etc. Il se trouve au niveau de la Thaïlande et du Rwanda, en dessous de l’Albanie et très en dessous de l’Arménie ou du Bostwana ! La France pêche particulièrement par le poids de l’État, son interventionnisme législatif et la masse énorme de la dépense publique. Sur 177 pays classés, seuls le Kiribati, le Lesotho, la Corée du Nord, la Micronésie, Cuba et le Timor font moins bien que nous. Il faut le savoir ! La liberté du travail et la liberté fiscale ont tout juste la moyenne !

Notre problème n’est pas « l’ultralibéralisme » mais l’étatisme – le socialisme comme dirait Bastiat. Encore l’Index considère t-il que les droits de propriété sont très bien respectés en France et que la justice y est indépendante. On peut ne pas partager cet enthousiasme quand 57% des biens produits par les Français leur sont confisqués. Quand la justice, qui n’est que réglementaire, perd son temps et gaspille ses maigres ressources à faire appliquer des lois de circonstances et à poursuivre des faux délits. Faux délits qui sont de fausses atteintes à des faux droits, que l’on appelle les droits sociaux que les politiciens créent « à la pelle » !

Si les politiciens étaient sincères, ils devraient abandonner des pans entiers de ce pouvoir qu’ils ont enlevés aux individus et rendre à ces derniers l’initiative de leur vie. Ils doivent rendre aux Français la liberté économique.

Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. (…) la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté.
– Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, À la jeunesse française.

Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible.
– Frédéric Bastiat La Loi.

Contrairement à ce qui se dit et s’écrit dans les médias les marges de manœuvres sont immenses. Les identifier passe par la redéfinition du rôle de chacun. « Ainsi le service public se substitue au service privé. Il n’ajoute rien au travail général de la nation, ni à sa richesse. Il fait faire par des fonctionnaires ce qu’eût fait l’industrie privée. Reste à savoir encore laquelle des deux opérations entraînera le plus d’inconvénients accessoires. » (Frédéric Bastiat, Services privés, service public). Secteur par secteur il convient de faire le point sur les avantages et les inconvénients de chacune des deux solutions. À l’évidence les secteurs où le libre choix peut être laissé aux gens sont les plus nombreux. Cela ouvre le champ à de vastes privatisations qui ne sont que la restitution de pans entiers de la vie sociale à leurs légitimes propriétaires. La France évoluera d’une société de contraintes à une société de libre choix.

Les mesures doivent concerner l’ensemble de la population, être avantageuses à tous sans léser personne. Ce que ne peut pas faire l’État, soumis aux groupes de pression et qui prend aux uns pour donner aux autres. Par contre l’échange libre entre les gens y arrive naturellement. Pour que les Français puissent échanger librement et choisir il faut leur en rendre les moyens. Il faut qu’ils puissent disposer librement de l’intégralité de leurs revenus. Pour les salariés c’est le salaire complet, pour les indépendants c’est la chiffre d’affaires diminué des frais nécessaires à l’exercice de leur activité. Attention à ce que l’État ne reprenne pas d’une main ce qu’il donne de l’autre. C’est pourquoi cela ne s’accompagne que d’un faible impôt, unique et proportionnel au dit revenu, sans exemptions, privilèges ou niches. La libre disposition de la propriété foncière, seule solution pour mettre fin aux problèmes de logement que connaît la France, complète le dispositif. Attention à ce qu’une réglementation envahissante ne vienne briser le progrès économique et la prospérité. La liberté du travail est donc indispensable. À partir de là chaque Français pourra choisir pour sa retraite, sa santé [1], l’éducation de ses enfants etc. ce qui lui convient le mieux. La liberté économique est indissociable de l’initiative individuelle, de la prise de risque et de l’innovation. Elle est source de prospérité pour tous [2]

Frédéric Bastiat s’est battu toute sa vie pour les Droits naturels individuels, (Personne, Liberté, Propriété) et le libre échange. La Loi doit se limiter à assurer la défense des libertés individuelles. Elle doit assurer la sécurité intérieure et extérieure ainsi que la justice.

Et, sincèrement, peut-on demander autre chose à la Loi ? La Loi, ayant pour sanction nécessaire la Force, peut-elle être raisonnablement employée à autre chose qu’à maintenir chacun dans son Droit ? Je défie qu’on la fasse sortir de ce cercle, sans la tourner, et, par conséquent, sans tourner la Force contre le Droit. (…) Quand la loi et la Force retiennent un homme dans la Justice, elles ne lui imposent rien qu’une pure négation. Elles ne lui imposent que l’abstention de nuire. Elles n’attentent ni à sa Personnalité, ni à sa Liberté, ni à sa Propriété. Seulement elles sauvegardent la Personnalité, la Liberté et la Propriété d’autrui. Elles se tiennent sur la défensive; elles défendent le Droit égal de tous. Elles remplissent une mission dont l’innocuité est évidente, l’utilité palpable, et la légitimité incontestée.

Cela est si vrai qu’ainsi qu’un de mes amis me le faisait remarquer dire que le but de la Loi est de faire régner la Justice, c’est se servir d’une expression qui n’est pas rigoureusement exacte. Il faudrait dire: Le but de la Loi est d’empêcher l’Injustice de régner. En effet, ce n’est pas la Justice qui a une existence propre, c’est l’Injustice. L’une résulte de l’absence de l’autre.

– Frédéric Bastiat, La Loi.

Au final c’est probablement la Justice qui fait défaut à notre malheureux pays !


Notes :

  1. Pour plus de détails se reporter à mon livre Sécu : comment faire mieux, éditions Tatamis.
  2. Rejoignez nous du 5 au 7 juillet au 5ème  weekend de la Liberté à Saint-Paul-Lès-Dax consacré à « Initiative individuelle, prise de risque et responsabilité. »  Renseignements et inscriptions : www.bastiat.net
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  • Pourquoi ne pas totalement libérer les entreprises et leurs salariés de toutes charges sociales ? Chacun pourrait s’assurer pour la maladie et la retraite auprès d’organismes privés ou publics encadrés par une règlementation simple, prudente et responsable.

  • Pourquoi les Sophismes Économiques de Bastiat ne sont-ils pas discutés en classe de Terminale ? Toute l’attitude des français envers le rôle de l’État en serait changée. La réponse est dans la question.

  • A quand on organise une porte ouverte dans les coffres bancaire !

    Chacun vient imprimer ses billets de banque selon son désir …. oui !

    Mais je ne crois pas en la source de jouvence qui permet de créer de nouveau produit aussi vite que l’on satisfasse un besoin en saturant un marché par une offre massive.

    On peut raisonnablement voir en Bastiat une logique juste, mais il reste que l’on ne peut plus appliquer les recettes de l’édition papier dans l’ère du numérique et de la surproduction. Chacun ne peut plus prétendre à trouver une place sans être membre d’une grosse société.

    Plus aucun garagiste ne se lance pour fonder sa fabrique de voiture. C’est aussi çà, que l’industrialisation à modifié, le rapport de force entre le potentiel de création et l’opportunité de créer.

    Ce n’est pas sûr que Einstein aurait réussi dans ce monde là.

    • Einstein n’était pas un industrialiste, juste un savant pris au piege de son genie. Le monde a changé et devrait nous donner plus de temps et de liberté : les robots font notre sale boulot. Je crois que c’est plus un prolème d’idéologie : on reste enfermé à l’interieur. On n’a pas le droit au bonheur ni d’être libre : c’est religieux et politique. Pas l’industrialisme.

  • Pour Eric,
    A la question 1 : si c’est ce que vous pensez mon livre va vous plaire
    A la question 2 : l’Etat n’est pas suicidaire!

    • L’Etat est suicidaire…..! Il le prouve aujourd’hui. Avec plus de 80% de socialistes en France : on est dans une dictature. Le mot liberté ou démocratie ne peut pas faire sa place. Tres bon texte ceci dit.

  • Bonjour Mr de Casanove, je vous remercie pour votre travail, j’apprécie toujours vos analyses et propositions. Etes-vous investi ailleurs que dans le Cercle Bastiat ? En politique ? Connaissez-vous le Collectif Antigone ?

    il faudrait réussir un jour a rassembler tous ces petits comités libéraux largement partisan de Bastiat en un seul ouvert aux adhésions et + actif sur le net 🙂 Le collectif Antigone, sa plateforme et son candidat (Bastiat202, Bastiat2022 maintenant) me parait excellent pour développer une « asso promouvant le libéralisme réel », voir s’engager vers la voie politique.

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