L’huile de palme ne tue personne, la pauvreté si

Fruits du palmier à huile

Personne n’ignore, désormais, en France notamment, que l’huile de palme est à fuir, à bannir. Mais est-ce vrai ?

Personne n’ignore, désormais, en France notamment, que l’huile de palme est à fuir, à bannir. Mais est-ce vrai ?

Par le Parisien Libéral.

Fruits du palmier à huile

Personne n’ignore, désormais, en France notamment, que l’huile de palme est à fuir, à bannir. Alors que personne parmi les acheteurs de plats cuisinés, plats préparés et produits transformés, ne regardait, jusqu’à présent, l’étiquette de ses produits indiquant combien de E 11x ou d’huile blabla était intégrée, désormais, grâce à une campagne efficace, les consommateurs pensent que l’huile de palme est, comme le plomb de l’essence des années 80, ce bon vieux CFC des années 90, ou le paraben des années 2000, à éviter !

Pourtant, les mêmes gens qui vous disent de ne pas consommer d’huile de palme sont aussi les mêmes altermondialistes qui regrettent que les pays du sud soient si pauvres et que « les termes de l’échange soient si déséquilibrés » (en notre faveur, bien sûr !). Du reste, si les médias ont bien parlé des bons maires bobos qui suppriment l’huile de palme des cantines, ils n’ont pas tellement donné le point de vue des pays du sud qui, eux, consomment de l’huile de palme y compris pour leur cuisine, et en exportent [1]. En plus, pendant qu’on parle de l’huile de palme, on ne parle pas d’autres sujets qui fâchent.

Prenez Paris. On apprenait, fin décembre, que la mairie allait bannir l’huile de palme des menus [2]. A-t-on aussi suffisamment entendu le fait que les crèches du 17eme arrondissement avaient reçu des produits alimentaires avariés, à la même période ? [3].

À un moment, en fait, il faut arrêter la com’, et prendre en compte juste les faits :

  • Le bannissement de l’huile de palme des cantines parisiennes n’a aucun sens économique et il est infondé juridiquement – puisque fondé sur une campagne de dénigrement qui a déjà été jugée illégale (cf. Écologie Libérale).
  • Mettre des critères environnementaux et sociaux dans le processus de choix des menus de cantines ne prémunit pas contre la livraison d’aliments avariés ou périmés.

Ce n’est pas l’huile de palme qui tue. C’est la pauvreté. Pauvreté financière au sud des paysans qui ne peuvent plus produire et exporter. Pauvreté culturelle au nord de ménages à l’alimentation déséquilibrée car trop riche en sucres et graisses. Pour lutter contre ces pauvretés, rien ne vaut la libre circulation des hommes, des idées, des marchandises et des capitaux.

Quant aux orangs-outangs des forêts de Malaisie qui sont menacés par l’extension de la culture de l’huile de palme, bien sûr que leur disparition est triste, gageons même que les paysans locaux s’émeuvent. Mais où en serait l’Europe si, depuis l’an 1000, des hommes et des femmes n’avaient pas fait le choix de déforester pour dégager des terres ?

Ci-dessous, une recette nigériane à servir à vos amis bobos écolos du VIeme ou du XIeme arr. et qui pensent que l’huile de palme tue.

Et pour approfondir ce sujet de l’huile de palme :


Sur le web.

Notes :

  1. Lire « Huile de palme : les pays producteurs en colère » sur le blog Écologie Libérale.
  2. Voir sur Écologie Libérale « L’huile de palme bientôt bannie des cantines parisiennes ?« , un billet du 18 décembre 2012.
  3. Voir l’article de Paris Tribune « Produits périmés fournis et livrés en crèches : le Maire de Paris ordonne une enquête » du 6 février 2013 et l’explication d’Isabelle Gachet, une élue socialiste, sur son blog « Produits alimentaires périmés dans des crèches du 17e : la Ville de Paris agit avec sérieux et détermination« , c’est beau comme une question au gouvernement.