Grand nettoyage de printemps pour la classe politique

En réaction aux propos de Jean-Noël Guérini, lançons un grand nettoyage de printemps de la classe politique.

En réaction aux propos de Jean-Noël Guérini, lançons un grand nettoyage de printemps de la classe politique.

Par Baptiste Créteur.

Jean-Noël Guérini l’affirme :

Si je parlais, certains ne seraient plus ministres.

Contrepoints répond :

Parle.

L’occasion de lancer un grand nettoyage de printemps ludique, festif et citoyen sous la forme d’un jeu ouvert à l’ensemble de la classe politique. Que justice soit fête ; chaque chute donnera aux médias l’occasion de se déchaîner et confortera les Français dans l’idée que leurs représentants sont tous pourris – sans se remettre trop en question en tant qu’électeurs et que représentés pour autant.

Les règles sont simples : lorsqu’il tombe, un homme politique est tenu d’en faire tomber un autre ; on ne peut faire tomber un homme politique déjà tombé ; la chute est validée dès que l’homme politique démissionne, est sanctionné par la justice ou exclu de son parti ; l’homme politique n’est pas tenu d’être déjà tombé pour en faire tomber d’autres, et peut faire tomber dans n’importe quel parti, même le sien.

Commençons donc par Jean-Noël Guérini, qui sent le vent tourner et rappelle à tous ses amis hauts placés qu’ils ont tout intérêt à ne pas le lâcher, et a fortiori à le sauver. S’il tombe, il semble donc bien disposé à être notre premier joueur. D’autres pourraient aussi jouer ce rôle, si les faits qui leur sont reprochés sont avérés : Sylvie Andrieux, Jean-Pierre Kucheida, Jérôme Cahuzac…

Le jeu sera d’autant plus pimenté qu’il fera apparaître les étranges connexions entre ces braves gens. Jérôme Cahuzac aurait ainsi des amis proches à l’extrême-droite, et pourrait s’amuser à pêcher de ce côté comme les jeunes du parti dont il vient d’être exclu.

Dans le cadre de la campagne « Démasquons le Front National », les Jeunes Socialistes de l’Aude sont allés vendredi à la rencontre des élèves du lycée Général, Technologique et Professionnel Jules Fil de Carcassonne. Durant une heure, ils ont échangé avec les Jeunes présents sur le programme du Front National et sur la situation de l’extrême droite en France et en Europe.

[…] de nombreux élèves sont restés interloqués quand les jeunes socialistes ont décrypté avec eux le programme du Front National. Malgré des débats intenses, la grande majorité des jeunes présents conserve une image négative du Front National et de son idéologie et soutient l’initiative des Jeunes Socialistes.

Dès le lendemain, c’est à Narbonne que les Jeunes Socialistes de l’Aude se sont mobilisés pour continuer à Démasquer le Front National.

Car c’est apparemment une bonne pratique d’aller mettre en garde contre des idées proches de celle du parti auquel on appartient. Les Jeunes Socialistes seraient bien avisés de mettre en garde avant tout contre leur propre idéologie, et de se demander s’ils apprécieraient qu’un autre parti, quel qu’il soit, fasse le tour des établissements scolaires pour « démasquer le Parti Socialiste », décrypter avec les jeunes le programme du PS et son idéologie.

D’ailleurs, où sont-ils allés pour cette rencontre ? J’espère qu’ils n’ont pas contredit le ministre de l’éducation Vincent Peillon qui dénonçait la politisation des établissements scolaires – ce qui ne serait pas surprenant puisque, alors même qu’il dénonçait un débat sur les anti mariage homosexuel dans certains établissements scolaires, la porte-parole du gouvernement faisait de la propagande pro mariage homosexuel dans un établissement scolaire.

L’avantage du jeu proposé est qu’il évite ce genre de deux poids, deux mesures devenu monnaie courante en France : on peut dénoncer les positions de l’Église catholique et les institutions et établissements affiliés à foison dès qu’on en a l’occasion, on peut démasquer le FN partout où il se trouve en allant faire de la propagande dans les écoles, mais faire de même contre toute autre institution religieuse ou parti serait malvenu. Même la dénonciation du Parti Communiste serait scandaleuse, alors qu’il promeut une idéologie nauséabonde responsable de millions de morts et d’innombrables vies brisées et misérables ; et le simple mot Islam fait buzzer le réseau échelon des commentateurs politiques et les place automatiquement en alerte rouge.

Si la transparence semble être à la mode, autant entrer dans le vif du sujet et faire le bilan de l’action des hommes politiques, de leur inaction et de leurs mauvaises actions en même temps. Les contribuables, avant de leur dire au revoir, pourraient alors leur dire merci. Pas pour tout, mais merci quand même.