À peine imposable, je choisis l’exil fiscal en Belgique

Gérard Depardieu en 2010 au festival de Cannes

Je n’ai jamais jalousé la réussite, bien au contraire. A peine imposable, je choisis pourtant l’exil fiscal en Belgique, comme Gérard Depardieu.

À peine imposable, je choisis l’exil fiscal en Belgique. Votre moralisme triomphant, monsieur Ayrault, celui de vos ministres et votre haine des libertés individuelles me sont devenus insupportables.

Par Julien Gayrard.

Je suis né en 1971, j’ai commencé à travailler dès mes études, de petits boulots, puis comme professeur de philosophie, comme traducteur pour différents éditeurs et enfin comme architecte. Ce que je suis toujours. Je n’ai eu aucune gloire professionnelle, aucune succès financier particulier. Pourtant en lisant la lettre de Depardieu et en observant son geste, j’ai le sentiment de l’avoir écrite et de quitter la France pour les mêmes motifs. Est-ce étonnant ?

Je quitte la France pour m’installer en Belgique, juste derrière la frontière. Je le fais pour des raisons politiques et familiales. Parce que le moralisme triomphant des Français comme le vôtre, monsieur Ayrault, celui de vos ministres et votre haine des libertés individuelles, me sont devenus insupportables. Parce que vous n’apprenez plus que la réussite est cela même qu’il faut vouloir, parce que la seule chose qu’un gouvernement ait à faire, c’est de protéger les libertés individuelles : vous faites le contraire.

J’ai deux enfants de deux femmes que j’aime beaucoup, l’un est Français, l’autre est Belge. Ce qui revient à dire que je fais des allées et venues permanentes entre la France et la Belgique depuis longtemps. À l’époque, on me demandait toujours, à la frontière, si je me rendais dans l’autre pays pour des raisons touristiques ou professionnelles. Je circulais simplement… Et je me demande encore si quelqu’un, en France, se souvient de ce que signifie « l’espace Schengen » à l’heure où le moralisme populiste et nationaliste est partout triomphant.

Je suis un européen de la première heure. Et je ne me sens plus Français. Je ne demanderai pas la nationalité Belge, à quoi me servirait-elle ? À moins que vous ne songiez à redresser les murs entre les pays, ce qui serait pour vous une occasion de relancer la construction…

Je n’ai jamais jalousé la réussite, bien au contraire. À peine imposable, je choisis pourtant l’exil fiscal. Je travaillerai aussi en France, je vous rassure, mais je déclarerai mes revenus en Belgique.

C’est un acte citoyen que fait Gérard Depardieu au moment où vous lui reprochez l’exact contraire, imbu de vous-même au point d’être incapable de battre votre coulpe.

Quand on a l’impression de vivre, en France, sous l’ancien-régime, la monarchie belge en devient enviable.

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