Depardieu : la paille, la poutre et le député Jérôme Lambert

Photo de Jérôme Lambert à l'Assemblée Nationale

Jérôme Lambert, élu charentais, donne aux Français, par sa réaction au départ de Gérard Depardieu, l’occasion de comprendre la rhétorique étatiste dans toute sa splendeur.

Jérôme Lambert, élu charentais, donne aux Français, par sa réaction au départ de Gérard Depardieu, l’occasion de comprendre la rhétorique étatiste dans toute sa splendeur.

Par Baptiste Créteur.

Le député Jérôme Lambert, élu charentais, donne aux Français l’occasion de comprendre la rhétorique étatiste dans toute sa splendeur.

« C’est la surenchère chez les députés socialistes au sujet de l’exil fiscal de Gérard Depardieu. Plus fort que son collègue qui propose de lui retirer son passeport, qu’il a de toute façon décidé de rendre, Jérôme Lambert a une autre idée: « pour l’exemple, je pense que nous devrions confisquer les biens de ce monsieur, lui qui mord la main de la patrie qui l’a nourri et fait prospérer. Ce ne serait que justice après un tel comportement honteux », écrit l’élu charentais sur son mur Facebook.

« Quand on a autant d’argent qu’un homme comme lui, argent gagné grâce aux Français et à la France qui aide tant le cinéma et la création sur son territoire, il est parfaitement honteux de fuir au moment où l’on a besoin de toutes les énergies et contributions pour redresser notre pays si mal en point », justifie-t-il. « Je ne supporte pas ce comportement de la part d’un homme qui doit tout à la France et aux Français. » »

Monsieur Lambert, souffrez que j’apporte à votre propos quelques corrections. J’espère qu’elle vous aideront à vous rendre compte de l’ampleur de votre bêtise au moment où vous avez écrit ces quelques lignes.

Qu’on ait de l’argent ou pas, on a jusqu’à nouvel ordre le droit d’aller résider où on le souhaite. Cet argent, il l’a gagné lui-même. Certes, l’État aide le cinéma et la création artistique, et bien d’autres choses encore, et je le déplore au moins autant que vous. Mais avez-vous pensé à le dénoncer plus tôt ?

L’État a besoin de toutes les énergies et contributions, mais cela ne lui donne aucun droit sur la vie ou la richesse des Français. Au cas où vous l’auriez oublié, ce sont les impôts des Français qui financent l’État et non l’inverse. Les Français ne doivent rien à l’État et doivent tout à eux-mêmes ; l’État doit, lui, tout aux Français. Le pays est mal en point à cause de gens comme vous qui n’avez jamais su compter assez bien pour refuser de voter des budgets déficitaires. C’est vous qui mordez la main de ceux qui vous ont longtemps nourri par l’impôt et refusent aujourd’hui de le faire. Pensiez-vous que l’argent gratuit tombait du ciel, que les poches des Français seraient toujours à proximité pour que vous puissiez vous servir à l’envi ?

L’expropriation que vous proposez est une remise en cause des principes fondateurs de la France, que vous prétendez pourtant aimer. J’espère que vous rougissez à l’heure qu’il est et vous fendrez, comme nombre de vos amis l’ont fait à demi-mot, d’excuses. Cela ne suffira pas.

Les Français, Monsieur, ne vous rendront pas leur passeport, ils vous le jetteraient à la figure s’ils n’en avaient tant besoin pour partir.