Bisphénol A : quand le gouvernement « sabote » la sécurité alimentaire

Le Sénat a décidé d’entériner l’interdiction du Bisphénol A de tous les contenants alimentaires pour le 1e janvier 2015. Est-ce bien raisonnable ?

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Bisphénol A : quand le gouvernement « sabote » la sécurité alimentaire

Publié le 20 octobre 2012
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Le Sénat a décidé d’entériner l’interdiction du Bisphénol A de tous les contenants alimentaires pour le 1e janvier 2015. Est-ce bien raisonnable ?

Par Valentin Petkantchin.
Publié en collaboration avec l’Institut économique Molinari.

Imaginez que les couteaux de cuisine, les voitures ou les parachutes soient interdits parce qu’ils seraient susceptibles de causer des coupures, des accidents de la route ou des défaillances lors des sauts dans le vide. Vous conviendrez sans doute qu’il serait absurde d’ignorer leurs nombreux bénéfices, en se focalisant sur leurs seuls risques théoriques potentiels. Pourtant, c’est ce qui vient de se passer dans le cas du Bisphénol A ou BPA.

Regardez autour de vous. Votre niveau de vie dépend de nombre de produits qui en contiennent : boîtes et vaisselle micro-ondables, bonbonnes d’eau réutilisables, équipements médicaux, DVD, CD, téléphones portables, appareils photos, ordinateurs, TV, automobiles, etc.

Mais le BPA est aussi utilisé depuis plusieurs décennies dans des résines époxy afin de protéger nos aliments et nos boissons sous la forme de vernis. Ces résines, c’est à l’heure actuelle notre « parachute » en matière de sécurité alimentaire !

En effet, ils recouvrent les canettes et autres contenants alimentaires en métal, mais aussi les couvercles des bocaux ou les capsules des bouteilles en verre. Ils sont le seul « rempart » pour lutter contre les intoxications alimentaires, liées à des bactéries comme l’E. Coli ou le botulisme, une maladie paralytique grave potentiellement létale.

Or, voilà que le gouvernement a décidé de supprimer ce « parachute » sous prétexte qu’il pourrait aussi théoriquement présenter des dangers : le Sénat a ainsi décidé d’entériner l’interdiction du BPA de tous les contenants alimentaires pour le 1er janvier 2015.

Peu importe que sa dangerosité n’ait pas été confirmée par une évaluation rigoureuse des risques et que les autorités dans les autres pays confirment régulièrement son innocuité dans les conditions d’utilisation réelle. C’est d‘ailleurs ce qu’a fait en septembre dernier l’autorité sanitaire du Canada – pourtant le premier pays à avoir interdit le BPA des biberons. Pendant ce temps les autorités françaises prévoyaient son interdiction.

Le BPA vient d’être interdit alors qu’on ne sait pas exactement par quel autre produit il sera possible de le remplacer dans des conditions de sécurité au moins identiques. En effet, la mise au point de A à Z d’un nouveau vernis prendrait, en cas de succès à tous les niveaux, entre 5 à 8 ans. Par quoi remplaceriez-vous les parachutes, s’ils tombaient sous le coup d’une interdiction brutale ?

Certes, des solutions de rafistolage existent, et encore pas pour la totalité des usages du BPA si on veut maintenir le niveau de sécurité alimentaire actuelle. Un retour massif en arrière vers par exemple les oléorésines – la norme avant les années 60 et l’arrivée des résines époxy – est aussi possible, mais n’oublions pas qu’elles adhèrent moins bien au métal, sont moins résistantes à la corrosion et réduisent la durée de vie des produits conservés. D’autres substituts au BPA ont été essayés mais il n’est pas sûr que les dangers pour la santé soient moindres.

Il s’agira de compromis, inférieurs d’un point de vue économique et industriel. Quant à leurs effets sanitaires, ils sont moins connus, à la différence du BPA, si on venait à les utiliser à grande échelle et sur de longues périodes.

Bref, avec cette interdiction, en tant que consommateurs, nous risquons d’y perdre largement sur le prix et sur la qualité des produits, mais aussi en matière de sécurité alimentaire.

Voir l’étude de l’Institut économique Molinari, disponible sur notre site.

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Sur le web.

Lire aussi : Ces peurs mauvaises conseillères

Voir les commentaires (7)

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  • Il fallait empêcher Chirac de mettre le principe de précaution dans la constitution. Maintenant on en met partout.

  • Sauf que le principe de précaution a été dévoyé. L’usage actuel c’est d’interdire dès lors qu’il y a un risque, fusse-t-il infime. Le principe de précaution constitutionnalisé en 2004 ce n’est pas ça. La précaution dont il était question, c’était de continuer à faire de la recherche lorsqu’il y avait doute, ou risque. Le problème c’est qu’aujourd’hui, et c’est ultra explicite dans le cas des OGM par exemple, on ne peut plus faire cette recherche, puisque les champs sont plus ou moins systématiquement détruits par des extrémistes écolos. Ces gens font donc OBSTACLE à l’application de la Constitution, en plus de se rendre coupables des délits dont on les accuse régulièrement (violation de propriété privée, vandalisme etc)

    • Bien sûr il en est de même pour ce fameux BPA. On utilise l’argument de la « précaution » pour l’interdire alors que l’esprit du principe qui avait été constitutionnalisé, ça aurait été de continuer à faire de la recherche sur le BPA. Ca ne sera bien entendu pas le cas. Après reste la question de savoir si ce genre de chose avait matière au sommet de la hiérarchie des normes. La réponse est évidemment non.

    • Khemas : « L’usage actuel c’est d’interdire dès lors qu’il y a un risque, fusse-t-il infime.  »
      ——————————————
      « L’usage actuel » n’a jamais interdit quelque chose quand il y a un risque infime, sinon, on aurait interdit tous les médicaments (risque d’effet secondaire), tous les anesthésiques (2% de morts), toutes les voitures (4.000 morts par an sans compter des dizaines de milliers d’estropiés), tous les avions, voire tous les piétons.

      Le principe de précaution, que ce soit dans la constitution ou ailleurs est complètement stupide, inapplicable et nocif, point barre.

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      Khemas : « On utilise l’argument de la « précaution » pour l’interdire alors que l’esprit du principe qui avait été constitutionnalisé, ça aurait été de continuer à faire de la recherche sur le BPA.  »
      —————————————————————-
      Mais rechercher QUOI, grand Dieu ??? Le BPA a été testé en grandeur réelle depuis des décennies sur des milliards d’être humains et de milliers de millards d’êtres vivants sans qu’on ait trouvé un seul effet nocif aux doses utilisées. Continuer à vouloir y chercher quelque chose, c’est d’autant de moyens détournés de recherches utiles dans les vaccins, les maladies dégénératives, la biotechnologie, les cellules souches, les antibiotiques …
      Dans un monde aux ressources limités, gaspiller les moyens pour des motifs alarmistes futiles, c’est le meilleur moyen de discréditer le science.

      • @Minitax :

        Inutile de vous emporter comme ça, je suis d’accord avec vous. Je vomis tout comme vous ce type d’immobilisme moral. Ce que j’expliquais, c’est simplement que l’esprit du texte avait été détourné à des fins électoralistes et que la presse n’a il me semble pas réellement compris ce que « principe de précaution » signifie pour le Constituant.
        Je pensais pourtant avoir été clair : ce texte, s’il a valeur constitutionnelle, n’a probablement pas matière à y figurer. A ce sujet, il y a un consensus assez net dans la littérature juridique.

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