La Banque publique d’investissement dote l’État d’un nouvel arrosoir budgétaire

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C’est hier 11 septembre qu’ont été posées les fondations de la Banque publique d’investissement (BPI), promise par François Hollande durant sa campagne.

C’est hier 11 septembre qu’ont été posées les fondations de la Banque publique d’investissement (BPI), promise par François Hollande durant sa campagne. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, a présidé une réunion à ce sujet à Matignon vers 16h30 avec une dizaine de ministres.

Un article du Cri du contribuable.

La BPI, beaucoup de Français la connaissent déjà avec le différent qui a opposé Arnaud Montebourg et Pierre Moscovi quant au choix de la banque Lazard comme conseil impliqué dans la création de la future enseigne.

Arnaud Montebourg déclarait alors que la BPI ne devait pas être réalisée par des banquiers « (…) parce que faire une banque qui ressemblerait à d’autres banques, c’est vraiment pas ce que l’on cherche à faire ».

Les arbitrages rendus hier vont engager un processus d’investissement public. Quelle que soit sa forme, la nouvelle excroissance bancaire brassera des milliards d’euros avec 2 objectifs : améliorer le dispositif de financement des PME et augmenter les moyens d’investissement en capital dans les entreprises.

Au démarrage, la BPI devrait être dotée d’une trentaine de milliards d’euros.

BPI : LDD et Livret A mis à contribution

Son contrôle a fait l’objet d’une âpre bataille, les présidents socialistes de Région étant soucieux de s’arroger la possibilité de distribuer des subsides dans leur zone de chalandise.

Les prêts ou les prises de participation réalisées avec cet argent public (le livret de développement durable et le Livret A pourraient être mis à contribution) seront réservés aux PME opérants dans des « secteurs d’avenir : transition énergétique, numérique, économie sociale, financement à l’export ».

Ce pari sur l’avenir et l’emberlificotage futur de participations, réalisées avec la bénédiction des barons locaux, repose sur la conviction que l’État fera mieux que le privé. Qui le prouve ? Pas les chiffres en tout cas.

Agence des participations de l’État

L’État détient déjà une Agence des participations de l’État (APE). Elle veille sur ses intérêts patrimoniaux et le représente en tant qu’actionnaire dans les entreprises qu’il contrôle directement ou indirectement qu’il soit majoritaire ou non.

En 2011, l’APE gérait 660 milliards d’euros et reversait un écot de 5 milliards d’euros de dividendes à l’État, soit un rendement assez modique même en période de troubles boursiers.

Pour la petite histoire, on retiendra que cette masse de dividendes a été arrondie à coups de schlague : selon la Cour des Comptes, les entreprises relevant de l’APE se sont vues réclamer un taux de distribution de 57% en 2010 contre 50% pour les sociétés entièrement privées.

Par ailleurs, entre septembre 2010 et septembre 2011, la valeur boursière des entreprises en partie privatisées – mais conservant un actionnariat public – a reculé de 21%, alors que sur la même période le CAC cédait environ 10%, rappelle l’économiste Jean-Marc Daniel, professeur à l’ESCP-Europe.

Selon le rapport 2011 de l’APE, le portefeuille de participations cotées de l’État est passé de 88 à 69 milliards d’euros entre septembre 2010 et 2011.

Que ce soit dans la rentabilité ou la valorisation de ces investissements patrimoniaux, l’État n’affiche donc que d’une efficience moyenne. C’est de mauvais augure pour la BPI !

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