Le coût d’un élève, ou comment gagner des milliards

Sur les 25 dernières années, le coût de l’élève n’a cessé d’augmenter pour des résultats toujours plus médiocres. Vincent Peillon poursuit cette politique de l’échec.

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Le coût d’un élève, ou comment gagner des milliards

Publié le 4 septembre 2012
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Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, annonce fièrement à l’occasion de la rentrée scolaire que son ministère est « le seul budget qui s’est trouvé augmenté dans le collectif budgétaire » notamment parce qu’il prévoit « une augmentation notable du nombre d’enseignants et d’encadrants scolaire ». Faut-il s’en féliciter ? Au vu de l’évolution du coût de l’élève sur les 25 dernières années et des résultats du système éducatif toujours plus médiocres, certainement pas.

Par Jean-Baptiste Noé.

Tous les chiffres cités dans cet article sont issus de Repères et références statistiques sur les enseignements, l’information et la recherche, Éducation Nationale, 2011. Ce sont des chiffres officiels du Ministère.

Combien coûte un élève en 2009 ? En 2009, un élève d’une école coûte 5 690€ par an, un élève du collège, 8020€ et un élève de lycée général et technologique, 11 400€.

Combien coûtait un élève en 1985 ? En 1985, le même élève coûtait 3 490€ à l’école, 5 530€ au collège, et 7 310€ au lycée général et technologique.

Précisons que ce sont des euros constants de 2009, c’est-à-dire que c’est la même monnaie en 2009 et en 1985, l’inflation ne rentre pas en compte.

Entre 1985 et 2009, quelle a été l’augmentation du coût d’un élève ? Pour l’école : +2200€, soit +63%. Pour le collège : +2490€, soit +45%. Pour le lycée : +4090€, soit +56%.

Si l’on prend 1980 comme année de départ, l’augmentation est la suivante : École : +2760€, soit +94,2%. Second degré (collège + lycée) : +3530€, soit +60,3%.

Cette augmentation faramineuse des dépenses fait de l’Éducation Nationale le premier budget de l’État, représentant 17% des dépenses du pays. Si l’on avait dépensé autant d’argent pour améliorer notre système éducatif, on pourrait s’en satisfaire, mais connaître 50% de hausse en 24 ans pour aboutir à 30% d’illettrés est un gâchis d’argent public monumental.

D’autre part, à partir des années 1980, l’État s’est désengagé de la gestion des bâtiments puisque les écoles sont désormais à la charge des communes, les collèges des départements et les lycées des régions. « À ce titre, elle en assure la construction, la reconstruction, l’extension, les grosses réparations, l’équipement et le fonctionnement. » L’augmentation du coût d’un élève n’est donc pas imputable à l’investissement dans le foncier, bien au contraire, il s’est fait en dépit du désengagement de l’État dans la gestion des bâtiments scolaires.

Personne ne pourra contester que le « niveau » scolaire était supérieur en France en 1985, aussi bien dans les filières générales que les filières techniques. Plus nous avons dépensé d’argent, plus nous avons produit des illettrés. En fait, en introduisant massivement les méthodes pédagogistes à partir des années 1980, et en réduisant le contenu des programmes à leur plus simple expression, le système a créé une génération de cerveaux vides, que l’on a cherché à remplir par des dépenses somptuaires qui ont tenté d’acheter la paix sociale. Nous conseillons vivement aux parents de comparer leurs manuels scolaires avec ceux qu’utilisent leurs enfants, ils pourront ainsi constater par eux-mêmes la baisse réelle du niveau. Les manuels de français d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les Lagarde & Michard d’hier, que l’on se dépêche de racheter à chaque nouvelle édition pour les lire en cachette à la maison. Les textes du ministère interdisent en effet leur emploi en classe.

Comparons maintenant ce que coûte l’école par niveau avec les coûts de 2009, et ce qu’elle coûterait si nous avions encore les coûts de 1985.

École : Nombre d’élèves en 2010 : 6 664 300 – Coût par élève en 2009 : 5690€ – Coût total en 2009 : 38 milliards d’euros.

Collège : Nombre d’élèves en 2010 : 3 126 400 – Coût par élève en 2009 : 8020€ – Coût total en 2009 : 25 milliards d’euros.

Lycée général et technologique : Nombre d’élèves en 2010 : 463 248 – Coût par élève en 2009 : 11 400€ – Coût total en 2009 : 5,3 milliards d’euros.

Coût total : 68,3 milliards d’euros.

Si nous avions maintenu les coûts de 1985, les dépenses seraient de cette nature-là : École : 23,2 milliards. Collège : 17,2 milliards. Lycée : 3,4 milliards. Coût total : 43,9 milliards d’euros.

En revenant au coût de 1985, le gouvernement économiserait ainsi la somme de 24,3 milliards d’euros. En revenant aux méthodes pédagogiques de 1985, le gouvernement réduirait fortement l’illettrisme et l’inculture qui ronge la génération perdue.

24,3 milliards d’économisés, c’est autant de charges patronales et salariales en moins, donc une compétitivité renforcée de nos entreprises, et une augmentation immédiate des salaires. Moins d’illettrisme, plus de culture, et des entreprises plus performantes ; voilà une vraie politique.

Un dernier point sur les origines de la hausse des coûts. Certains invoquent la massification de l’éducation pour justifier l’augmentation des dépenses et expliquer la baisse du niveau scolaire. Cet argument ne tient pas car, entre 1985 et 2010, le nombre d’élève n’a cessé de baisser.

Voilà ce que dit le document en page 94 : « Les effectifs du premier cycle ont crû de 42,2 %, de 1960 à 1985, puis ont baissé, de 1985 à 1990, du fait de l’entrée au collège de générations moins nombreuses. Après quelques années de hausse, ils ont été de nouveau orientés à la baisse de 1995 à 2007, suivant ainsi l’entrée au collège de générations moins nombreuses. »

Voici donc les chiffres du nombre d’élèves (en milliers) :

1990 : 5594,5 – 2010 : 5257,7

Soit une baisse de 336,8 milliers ou 6% de baisse. Donc moins il y a d’élèves, plus les élèves coûtent. Et moins il y a d’élèves et plus il y a d’échec scolaire.

La politique éducative en France a fonctionné selon le même modèle que la politique de la ville récemment épinglée par la Cour des comptes : des mesures désastreuses que l’on savait à l’avance vouées à l’échec, et un accroissement des dépenses pour appliquer du désinfectant sur la plaie et acheter la paix sociale à prix d’or. Cette politique est un échec à tous les niveaux ; mais personne n’envisage d’en changer.

—-
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  • La propagande bureaucratique dit l’inverse !

  • j’ai fait une terminale S et j’ai comparé avec les livres de ma mère qui a arrêté le lycée en seconde générale et je n’ai pas trouvé de différences significatives. Je trouves cet article un peu flou à vrai dire bien que tres interessant ^^

  • Un sujet n’est pas mentionné dans cet article => l’inflation phénoménale des diplômes.
    Cette inflation, se résume à:
    – augmentation de nombre d’années de scolarité, ce qui permet de justifier un effectif pléthorique. Ne pas oublier les coûts de l’infrastructure nécessaire, universités etc.
    – obligation de posséder un diplôme élevé en rapport du poste => exemple personnel: il faut être ingénieur pour faire le travail que je faisais avec mon CAP + BEPC.
    – désappointement de ces ingénieurs lorsqu’ils voient le peu de responsabilité qu’on leur confie et le salaire qu’on leur offre, par rapport à ce que leurs profs leur mettaient en tête.
    – mépris et rejet par la gauche depuis plus de 30 ans de l’apprentissage et de tous métiers manuels => manque de main d’oeuvre et chômage à la clef, de plus ces gens là ne coûtaient pas cher à l’éducation nationale.
    – augmentation exponentionnelle de la déliquance, sans formation, sans emploi, ils se débrouillent pour vivre à leur façon. En apprentissage les patrons et employés leur apprenaient la discipline, le respect, et un métier. La mafia enseignante s’est donc trouvée spoliée ils ont estimé que c’était leur rôle, on voit ce que ça a donné comme résultat.
    – Le bac est donné à tous, ce qui leur permet d’entrer en université sans concours, la motié échoue au bout d’un an, ils ont coûté fort cher pour rien, et se retrouvent les mains nues, aucune qualification donc pas d’emploi etc. Un concours permettrait de faire un tri et d’éviter tous ces échecs et des coûts prohibitifs pour la société donc sur nos impôts ou sur la dette. Mais la mafia n’en veut surtout pas => réduction des enseignants à la clef, réduction de tous ces rentiers qui vivent sur notre dos et qui de plus se plaignent sans cesse.
    – Comme tous fonctionnaires cette mafia voit ses salaires en augmentation en rapport de leur ancienneté, et non d’une responsabilité accrue etc. comme dans le privé. Il leur suffit de rester accrocher à leur fauteuil pour voir leur pouvoir d’achat grimper, même s’ils ne font rien ou s’ils n’ont que des mauvais résultats.
    Le mamouth n’a fait que s’ancrer de plus en plus et coûte de plus en plus cher pour un résultat négatif.
    Ne pas oublier leurs retraites à tous, si j’avais leur statut j’aurais 3 fois plus que ce que l’on me donne à la retraite, mais c’est nous et la dette qui leur payons ces vacances éternelles royales.
    La Mafia enseignante a tout organisé pour en arriver là

    • Les calculs de l’article sont par élève-an, donc insensibles à la massification de l’enseignement. Il montre qu’il y a donc des causes supplémentaires à l’augmentation du coût de l’enseignement.

  • Surement d’accord avec la thèse de l’article, je ne le suis pas du tout avec l’approche par comparaison des coûts.

    On ne peut comparer aussi simplement les coûts de 1985 et de 2010, même si on les retraitent de l’inflation.

    Pour un économiste, ce serait raisonner en équilibre local, en considérant l’activité économique qu’est l’enseignement coupée des autres marchés. Ce qui est évidemment faux.

    Il y a peu de gains de productivité dans l’enseignement, ce qui veut dire qu’effectivement lorsqu’on augmente les salaires des professeurs, on perd en rapport qualité/prix.

    Mais la hausse du salaire des professeurs vient du marché du travail en général. La productivité du travail dans l’ensemble de l’économie a augmenté considérablement depuis 1985, et les salaires ont au moins en partie suivi. Or le salaire d’un enseignant ne dépend pas seulement de sa productivité en tant qu’enseignant, qui a peu changé depuis 1985, mais de la productivité qu’il pourrait avoir dans un autre secteur (son « coût d’opportunité »).

    Comme une entreprise, l’éducation nationale est en compétition avec les autres secteurs de l’économie pour le recrutement de personnel (ou d’autres éléments de sa structure de coûts d’ailleurs) à l’évolution générale de l’économie, ce qui se répercute sur son rapport productivité/coûts. Cela ne permet en rien de conclure quant à son efficacité. C’est un raisonnement de mauvais comptable, pas d’économiste.

    Pour prendre une comparaison simple. Imaginons que je produise le même raisonnement que vous pour juger de la qualité d’une voiture. Je trouverais que depuis 1985, le coût d’un km, même ajusté de l’inflation, a considérablement augmenté. Est-ce que je pourrais de ceci conclure que les moteurs ont perdu en efficience ? Evidemment que non…

    Une méthode plus judicieuse est de rapporter le qualité de l’enseignement à une variable de coût « réelle » plutôt que monétaire. Combien d’heures de travail un contribuable donne-t-il au financement d’un élève du primaire, et pour quel résultat ? Vous êtes historiens, c’est la méthode utilisée par les historiens…

    • Mais mes fautes d’orthographes attestent que vous avez raison sur la baisse qualitative 😉

      Avant avant dernier paragraphe, supprimer « à l’évolution générale de l’économie »

    • En voilà un commentaire qu’il est pertinent!

    • @ Acrithene

      J’ai d’ailleurs lu, il y a quelque temps déjà, un article fort intéressant sur le phénomène de coût d’opportunité pour les salaire. Je ne suis pas sûr que ce soit sur Contrepoints.
      As-tu une idée de quel article je parle, et si ou, serais-tu capable de remettre la main dessus?

    • Acrithene, une solution est d’utiliser des valeurs relatives, par exemple le poids du budget de l’éducation nationale dans le PIB, valeurs qui suppriment les effets indésirables (inflation, coût d’opportunité) puisque ce sont des ratios. Ces valeurs relatives sont ensuite à comparer au nombre d’élèves dans le système puis à leurs résultats (cf Pisa). Si le ratio dépenses/PIB progresse tandis que le nombre d’élèves baisse, on devrait s’attendre en toute hypothèse à une hausse spectaculaire du niveau des élèves.

    • Totalement faux de A à Z.
      Le salaire d’un professeur démarre à un prix qui correspond à un salaire du privé pour un dilpôme égal, puis il augmente en fonction de son acienneté ce qui n’existe nulle part ailleurs, comme tout fonctionnaire. Et je ne parle pas de leur retraite, 2 à 3 fois supérieure au privé.
      Il a le droit de ne rien faire, de n’obtenir aucun résultat, il est indéboulonnable, et Lebranchu vient de leur donner un bon coup de main pour qu’ils continuent à nous coûter même s’il n’y a plus rien à leure faire faire.
      Archi faux , le prix du km a considérablement baissé et non augmenté par rapport à 85, et pour ça il faut faire un travail d’historien et de comptable pour s’en rendre compte.
      Tout faux sur la productivité => Si la productivité a augmenté, ce n’est pas grâce au travail mais grâce à la robotisatisation, c’est pourquoi les entreprises ont robotisé au maxi car seuls les salaires sont chargés par l’état pour payer des fonctionnaires inutiles.
      L’éducation nationale en compétition avec le secteur économique ????, c’est à pleurer ou éclater de rire. Dites à un prof d’environ 30 ans d’aller dans le privé et vous verrez sa réaction, là on pourra parler de compétition. Pour être prof il faut avoir l’esprit fonctionnaire, bien au chaud, pouvoir être malade quand on veut, n’avoir aucune responsabilité etc. etc., dans le privé le pauvre est sous terre 3 mois après être rentré, ou à pleurer à la porte de l’école pour revenir.
      Combien d’heures travaillons nous pour un élève du primaire est d’un ridicule absolu, ce que l’on voit c’est le budget de l’enseignement qui est le 1er du pays et qui ne redonne pas à la nation ce qu’il reçoit, et qui de plus exige toujours plus, inconscients qu’ils sont de l’état désastreux de nos finances, et ce provoqué par l’ensemble des 5 millions de fonctionnaires, dont 2 millions au minimum peuvent être dégagés.
      Vous n’êtes ni Historien ni comptable, mais sûrement prof, ça signifie beaucoup de choses, et dire qu’on vous confie l’instruction des enfants le résultat n’est donc pas surprenant.
      L’illétrisme augmente à la vitesse grand V, j’ai vu des ingénieurs qui écrivaient si mal qu’on ne comprenait pas ce qu’ils voulaient dire, chapeau beau résultat, quelle responsabilité vous supportez !!!!!!!

      • Mon Dieu ! Je suis découvert ! Tout le monde sait désormais que je suis un agent double au service de l’éducation nationale ! Personne jusque-là ne m’avait suspecté ! Comment avez-vous fait ? A l’évidence vous êtes un génie.

      • Je suis aide-soignant. Quand mes collègues critiquent les enseignants sur leurs soi-disant avantages, je leur demande pourquoi ils, elles, n’ont pas fait l’effort d’étudier pour devenir prof….J’ai élevé 4 enfants, de la maternelle à la fac, j’ai rencontré des professeurs consciencieux, bosseurs, à l’écoute de leurs élèves.
        Il faudrait voir un peu ce qui se passe du côté des administrations : des planqués, parfois fils de ministres, il y en a dans les rectorats….Voir les salaires de ces bureaucrates…Et celui des chefs d’établissements dont la moitié sont incompétents (des profs en dépression, des CPE incapables, juste là pour la carrière) et ne gèrent pas les caïds qu’ils se repassent d’un établissement à l’autre, avec leur marchandise….

  • Merci pour cet article pertinant, le systeme educatif français s’est lamentablement ecroule ces 30 dernieres annees. Il est interessant de constater l’inflation des depenses publiques ( un Etat ne sait que depenser nn?) et la baisse du niveau des eleves en moyenne avec en prime une baisse des effectifs. Contrairement a certains je pense que ce sont les technocrates, les syndicats et les reseaux d’influences qui ont pourri l’ecole française, l’ecole n’est plus une construction pour les eleves mais pour ces parasites cites precedemment. Il faudrait egalement se pencher sur l’heterogeneite etniques des eleves, l’immigration de masse a profondement modifie l’enseignement en France, en favorisant les discriminations sociales et un systeme educatif a deux vitesses. Ainsi l’immigration de masse voulu par les gouvernants est en partie responsable de la fin de l’ascenseur sociale qui existait sous la generation des bb.

  • Sur la conclusion et la direction générale de l’article (les coûts augmentent, le niveau baisse), 100% d’accord.

    Quelques précisions cependant :

    – Sauf erreur les coûts mentionnés par élèves incluent bien les dépenses sur les bâtiments, malgré leur transfert à la responsabilité des collectivités locales. Ce sont des coûts totaux qui agrègent les différents coûts à tous les étages.

    – il est à noté que dans l’enseignement privé sous contrat, les chiffres sont légèrement inférieurs.

    – Acrithène a raison de dire qu’il faut prendre en compte l’augmentation de la richesse du pays entre les deux dates : quand un pays s’enrichit, on ne peut pas s’attendre à ce que les coûts de l’éducation, ou du médecin, ou du coiffeur, demeurent au même niveau. Maintenant, entre 80-85 et 2009, le PIB par habitant a augmenté de 50%, quand les dépenses d’éducation par enfant scolarisé doublaient presque. On a bien clairement une augmentation très nette des dépenses d’éducation, supérieur à la croissance, à l’inflation, à l’enrichissement des individus. La part de nos budgets employé dans l’éducation à très clairement beaucoup augmenté, et toujours augmenté, quelles que furent les discours répétés par les syndicats enseignants sur l’abandon de l’école, la casse du service public, les suppressions de poste etc …

    – 5690€ par élève au primaire, ça veut dire que le budget d’une classe de 26 élèves est de presque 150 000 euros par an. Avec ce budget, je peux louer un local neuf en plein coeur de paris, payer un enseignant sur un temps plein rémunéré 30% de plus qu’un professeur des écoles de l’éducation national (salaires chargés bien entendu), payer des extras en cas d’absence sans sourciller, inscrire tous les élèves de la classe au club med gym en guise de cours de sport, et il me reste encore une énorme marge pour toute dépense somptuaire que vous voudrez bien suggérer … Où passe cet argent dans les rouages de l’éducation nationale ??? honnêtement c’est un mystère.

    – le dernier point, c’est akpoonne qui le fait valoir à raison : vous voulez très facilement diminuer de 30% les coûts de l’éducation nationale ? comme ça, d’un coup, du jour au lendemain, sans magie ? virez 30% de la masse des étudiants du lycée à l’université, les 30% qui n’y on rien à faire, n’y apprennent rien, n’ont pas envie d’y être, pourrissent souvent la vie des 70 autres pourcent, et qui auraient mieux à faire sur le marché du travail plutôt qu’à se bercer d’illusion sur des emplois qu’ils n’auront jamais le niveau d’assumer. Et je suis gentil en disant 30%.

    • ST : « quand un pays s’enrichit, on ne peut pas s’attendre à ce que les coûts de l’éducation, ou du médecin, ou du coiffeur, demeurent au même niveau. »
      —————————————-
      Le coût n’est pas forcé d’augmenter quand un pays s’enrichit (on raisonne en prix constants bien sûr). Le coût de l’information, d’une voiture, d’une télé ou d’un voyage en avion a dramatiquement baissé ramené au salaire horaire. Et quelque part, ce serait logique parce que si les coûts augmentaieent au lieu de baisser, ça signifierait que le pays s’appauvrit et non s’enrichit.

      L’ironie extrême, c’est que là où les coûts augmentent, c’est presque toujours quand ce n’est pas délocalisable et quand c’est de la main-d’oeuvre : médecin, coiffeur, éducation. Ca devrait donner à réfléchir aux propagandistes de la « relocalisation » (qui ce que ça entraîne inévitablement en matière de surcoûts) et du mythe de la surpopulation (si on est si nombreux, pourquoi la main d’oeuvre coûte toujours plus cher ?), si tant est qu’il leur arrive de réfléchir.

      A noter qu’il n’y a pas que la comparaison des coûts/élève dans le temps qui révèle l’ampleur du désastre de l’EdNat. Il y a aussi la comparaison des coûts/élève par rapport aux autres pays. Un pays comme la Finlande, qui se place à 20 places devant la France dans les tests PISA, a un coût/élève de presque la moitié du notre.
      Les chiffres sont implacables ! Mais avec le système de propagande médiatique qu’on a, le Français moyen ne risque pas de les voir.

      • « Le coût n’est pas forcé d’augmenter quand un pays s’enrichit (on raisonne en prix constants bien sûr).  »

        Le coût, non: économies d’échelle, délocalisation, automatisation etc. Le coût du travail, si, en moyenne, même pour les secteurs ne pouvant profiter des économies d’échelles, de la délocalisation, de l’automatisation etc. C’est justement le cas du coût horaire d’un prof (aujourd’hui en tout cas). Le commentaire d’Acrithene est parfaitement exact.
        Les autrichiens (entre autres?) ont bien décrit le phénomène.

        Par contre, si on ramène cela au salaire horaire (lequel? minimum? moyen? médian?), je pense que tu as raison: il DEVRAIT baisser.

         » Un pays comme la Finlande, qui se place à 20 places devant la France dans les tests PISA, a un coût/élève de presque la moitié du notre. »

        Là oui. C’est une bien meilleure comparaison. Par contre, il serait bien de sourcer cette affirmation.

    • @ ST

      Même question que pour Acrithene:

      J’ai d’ailleurs lu, il y a quelque temps déjà, un article fort intéressant sur le phénomène de coût d’opportunité pour les salaire (et il me semble qu’il y avait l’exemple du coiffeur). Je ne suis pas sûr que ce soit sur Contrepoints.
      As-tu une idée de quel article je parle, et si oui, serais-tu capable de remettre la main dessus?

    • « 5690€ par élève au primaire, ça veut dire que le budget d’une classe de 26 élèves est de presque 150 000 euros par an. Avec ce budget, je peux louer un local neuf en plein coeur de paris, payer un enseignant sur un temps plein rémunéré 30% de plus qu’un professeur des écoles de l’éducation national (salaires chargés bien entendu), payer des extras en cas d’absence sans sourciller, inscrire tous les élèves de la classe au club med gym en guise de cours de sport, et il me reste encore une énorme marge pour toute dépense somptuaire que vous voudrez bien suggérer … Où passe cet argent dans les rouages de l’éducation nationale ??? honnêtement c’est un mystère.  »

      Dans notre merveilleux système, il doit y avoir autant d’employés non enseignant que de profs… Ça pourrait être une « explication ».

      • un prof est un improductif donc il peut etre seulement note sur ses resultats avec ses eleves. Et comme les resultats en lecture, calculs etc sont mauvais on peut dire que les hausses de salaires des profs ne sont pas justifies mais cette hausse tient a leur statut de fonctionnaire. J’ai cru comprendre que selon les matieres un prof pouvait gagner plus a cause d’une pseudo penurie ( comme les profs d’allemand).

        • « on peut dire que les hausses de salaires des profs ne sont pas justifies »

          Justement, pas forcément (prof ou pas): entre en compte le phénomène rappelé par Acrithene: même si telle ou telle profession / personne ne crée pas plus de richesse par unité temporelle qu’avant, que sa productivité (que ce soit grâce à des améliorations des techniques, l’automatisation, la délocalisation, les économies d’échelles etc.) n’augmente pas, son salaire lui va avoir tendance à augmenter si la productivité générale augmente, coûts d’opportunité oblige.

          Bon, pour les profs en particulier, leur statut de fonctionnaire fait que leurs revenus n’auront effectivement quasiment aucun rapport avec leurs performances…

          • « on peut dire que les hausses de salaires des profs ne sont pas justifies »

            De toute façon cette question ne se poserait pas si le niveau de salaire des enseignants était fixé par un marché, et non le bon vouloir du prince et la pression syndicale.

            C’est toujours un débat qui m’a sidéré d’ailleurs : les profs sont ils trop ou trop peu payé ? Mais comment le savoir s’ils sont hors le marché. Laissons chaque établissement recruter comme bon lui semble et négocier les salaires au cas par cas, on saura vite en fonction de l’offre et la demande quel est le niveau du prix d’une heure d’enseignement. Ce sera peut etre plus, peut etre moins, sans doute surtout plus varié qu’aujourd’hui, et ne variera pas de manière rectiligne tout au long de la carrière comme aujourd’hui. Mais au moins ce sera juste.

    • à ST, je suis en accord avec votre post.
      Toutefois j’attire votre attention sur l’utilisation du PIB comme référentiel.
      Les coûts des fonctionniares étant incorporés dans le PIB, il suffit d’augmenter d’1 million le nombre de fonctionnaires pour sérieusement augmenter le PIB.
      C’est ce qu’a fait la gauche au pouvoir, ce qui leur a permis d’emprunter sans cesse davantage tout en restant dans les 3% du PB, par ailleurs ces 3% ont été inventé par eux lorsqu’il leur a fallu (Fabius) emprunter 100 milliards de Francs alors qu’auparavant l’état ne dépassait pas 50 milliards, ils ont trouvé ce subterfuge verbal et médiatique pour le faire passé aux investisseurs et au peuple.
      Le seul référentiel à prendre en compte est le revenu de l’état, qui correspond aux impôts et taxes qu’il perçoit, et là ça change sérieusement la donne et les calculs, environ 30% d’écart.
      Les politicards de tous poils aiment bien le PIB, mais seules les ressources comptent.
      Quand l’état est obligé d’emprunter pour payer les fonctionnaires, et que cet emprunt rentre dans le PIB, est-ce bien sérieux toute cette mascarade comptable ??, je crois pouvoir dire que non.

      • « Les coûts des fonctionniares étant incorporés dans le PIB, il suffit d’augmenter d’1 million le nombre de fonctionnaires pour sérieusement augmenter le PIB. »
        ——————————–
        Le PIB est calculé sur la production de richesse, estimée par exemple à partir de la TVA récoltée. Le fonctionnaire qui produit quelque chose soumise à la TVA, ça ne court pas les rues. En tout cas, il y en a ZERO à l’EdNat.
        Donc plus de fonctionnaires n’augmenterait donc pas le PIB, AMHA. Plus de dettes à la rigueur, oui.

        • En fait les services non marchands fournis par les administrations publiques sont comptabilisés dans le PIB à leur coût de revient.

          Pour autant lorsque l’Etat emprunte pour payer des fonctionnaires, cela n’accroît pas le PIB pour autant.

          – Soit l’emprunt lève l’épargne nationale, auquel cas les investissements privés sont diminué d’autant. Or l’investissement est une composante positive du PIB.
          – Soit l’emprunt lève de l’épargne étrangère, et auquel cas ce sont les importations qui augmentent d’autant. Or les importations sont une composante négative du PIB.

          Ne jamais oublier qu’en comptabilité, il y a toujours deux écritures pour une seule action !

          • « En fait les services non marchands fournis par les administrations publiques sont comptabilisés dans le PIB à leur coût de revient. »
            ——————————
            Effectivement, je l’ai oublié.
            A noter que ce coût de revient est principalement du salaire et que comme l’Etat est systématiquement obligé d’emprunter pour le payer même avec la masse salariale existante, augmenter celle-ci ne fait pas augmenter le PIB.
            Mais n’empêche que

          • « Pour autant lorsque l’Etat emprunte pour payer des fonctionnaires, cela n’accroît pas le PIB pour autant. »
            Hélas…
            Le PIB réel évidemment non, mais le PIB nominal, si. Les effets sur l’épargne et les importations que tu indiques seront des effets dérivés qui viendront à terme rééquilibré les deux, au prix d’une inflation ou d’une dévaluation ou d’un appauvrissement (cession en capital foncier etc.) , mais ça prendra du temps (et des souffrances multiples).

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut#D.C3.A9finition_donn.C3.A9e_par_l.27Insee

  • Précisons que ce sont des euros constants de 2009, c’est-à-dire que c’est la même monnaie en 2009 et en 1985, l’inflation ne rentre pas en compte.

    Tiens donc ? La terre entière serait curieuse de savoir qui se permet ainsi des affirmations aussi péremptoires ! Et qui donc tient la machine magique en mesure de définir ce qui est inflationniste et ce qui ne l’est pas ?

    Selon la Théorie Relative de la Monnaie seule la quantité monétaire par citoyen tient lieu de base monétaire indiscutable dans l’espace et dans le temps car la TRM place l’individu et les trois libertés économiques comme seuls fondements valides d’une monnaie fondamentalement libre, une monnaie qui ne fait aucune discrimination entre les individus, qu’ils soient proches de la mort, à peine nés, ou ayant atteint la 1/2 espérance de vie.

  • @ Acrithene
    Vos objections sont très théoriques, alors que le raisonnement de Noé est corroboré par deux autres calculs, différent mais qui donne peu ou prou le même résultat :
    1) le résultat des études sur la comparaison France-Allemagne, qui donne un surcout d’au moins 10 milliards
    2) la comparaison des cout de l’enseignement privé et de l’enseignement public ( selon les chiffres officiels
    http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/ressources-documentaires/lois-projets-de-lois-et-documents-annexes-par-annee/exercice-2011/lr-et-rap-2011-mission-enseignement-scolaire.html#resultat )
    Par exemple, on y apprend qu’en 2011 la partie collège privé a couté
    2 458 846 721 € (admirez la précision !) quand le collège public a couté 13 038 424 522 € ; le privé représente 15% de la dépense alors qu’il scolarise 20 % des élèves, c’est à dire que le public coute soit 1/3 de plus que le privé, où autrement dit, qu’on pourrait économiser 1/3 sur 80 % des élèves, c’est à dire 1/4 de la dépense.
    Vous pouvez faire le calcul sur toutes les cases (écoles, collèges, lycées ) , le résultat est toujours le du même genre : un surcout entre 1/4 et 1/3 du total.
    Alors que le privé offre un meilleur service, en général (bien que les établissements de super-élite sont publics).

    Sur les 60 milliards de la mission, ça fait 15 à 20 milliards que le mammouth ne couterait pas si il avait une performance parfaitement à sa portée puisque le privé français le fait.

    • Nombre de fonctionnaires dans l’Education Nationale 1 418 744
      Nombre d’enseignants et pourcentage sur le total de fonctionnaires: 906 657 (64%)
      http://www.ifrap.org/Ecole-privee-Ecole-publique,56.html

      Que font les 1/3 des fonctionnaires de l’éducation nationale qui ne sont pas enseignants?

      • ils sont cuisiniers, agents d’entretien, comptables, pions etc.

        NB : vous citez un article qui date de + de 10 ans. Pour des chiffres plus récent voyez la réf que j’ai donné plus haut.

        • @P

          Précision : Les cuisiniers et agents d’entretien sont des employés des collectivités territoriales, par de l’éducation nationale. Il ne sont donc pas compris dans les 1.4 millions de fonctionnaires de l’education nationale.

          • contre-précision : ces gens n’ont été transférés qu’à partir de 2007 ; l’article cité en référence datant de 2000, ils étaient à l’époque employés du mammouth et donc comptés dans les 1.4 millions de fonctionnaires mentionnés.

  • Bon, après avoir lu avec intérêt l’article et ses commentaires, je dois avouer que les questions se bousculent au portillon.
    Afin de contribuer au débat, je suis allé à la pêche aux infos sur google:

    Voilà un document super intéressant sur l’évolution des dépenses de l’Éducation Nationale: ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/rers02/chap10.pdf

    Pour ceux qui veulent pas se farcir tout le document, voilà un bref résumé:

    Budget du ministère l’Éducation Nationale en 1982: 3.8% du PIB, soit environ 17% du budget de l’État

    Budget du ministère de l’Éducation Nationale en 2002: 4.0% du PIB, soit environ 23% du budget de l’État

    A coté de ça, il faut prendre en compte la montée en puissance des collectivités territoriales & co. dans la prise en charge des dépenses intérieures d’éducation (DIE). D’après le rapport, elle représentait déjà 7.0% du PIB en 2001, soit à peu près 100 Mds euros. C’est deux fois plus qu’en 1974 (en euros constants of course).

    Bref, si on fabrique 30% d’illettrés par an, on ira pas me dire que c’est simplement un problème de moyens…

    • Pour garder une note positive de tout cela, nous avons la chance d’avoir une jeunesse nombreuse qui nous donnera bientôt un avantage certain sur nos voisins, même si son éducation n’aura pas été optimisée.

      • Beurk. Les jeunes ne nous appartiennent pas et donc ne nous confère aucun « avantage certain sur nos voisins ». « Nous » ne seront pas plus riches (ni plus pauvre) que nos voisins du même pays se multiplient plus vite ou plus lentement que nos autres voisins de pays voisins ou lointain. Le fameux « nous » dont vous parlez, existe-t-il seulement, en réalité ?

  • Je fais m école a la maison pour mes 3 enfants ce qui veut dire que je fais économiser plus de 16000€/an a la france. Mes enfants ne feront pas partie des 30% d illetres. Mais je paie les mêmes impôts que tout le monde en participant au financement de l école publique, jusque la rien d abberhant. Ce qui me choque c est le comparatif entre ce que je fais gagner a la france et que celle ci me refuse l allocation de rentrée scolaire qui ne rentre pas dans les calculs cités et qui est versée a tous écoliers des la primaire!!alors que mes enfants utilisent aussi des stylos des cahiers et que les livres et supports pédagogiques sont entierement a ma charge… Cela ne me coûterait pourtant pas du tout 5000€/an….mais bon, a croire que la mauvaise éducation de masse prime sur l alternatif de qualité qui est tout sauf encouragé ! Longue vue a ce système jusqu’à ce que mort s en suive

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