Dossier médical personnel : « insuffisance grave de suivi financier »

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La création de ces « carnets de santé électroniques » semble pour le moment être un énorme gâchis financier.

La création de ces « carnets de santé électroniques » semble pour le moment être un énorme gâchis financier.

Un article du Cri du Contribuable.

La publication par la presse du résumé d’un rapport de la Cour des Comptes encore non divulgué sur le coût du dossier médical personnel (DMP) en dit long sur la gestion des deniers publics. Le coût de développement de la mise en place aurait vraisemblablement dépassé un demi-milliard d’euros depuis le démarrage du projet.

La création de ces « carnets de santé électroniques » semble pour le moment être un énorme gâchis financier. Alors qu’il devait permettre d’économiser 3,5 milliards d’euros par an, il aura déjà coûté plus de 500 millions d’euros depuis 2004. A la mi-juin 2012, 158.000 dossiers médicaux personnalisés avaient été ouverts. Au rythme actuel des créations (1000 par jour), il faudra encore près de 150 ans pour couvrir l’ensemble de la population française.

Les mots employés par la Cour des Comptes pour qualifier le pilotage de ce projet sont lourds de signification : « Insuffisance grave de suivi financier », « absence d’analyse des coûts induits par son déploiement », « impossibilité à consolider le montant des fonds publics considérables consacrés », « absence de suivi par l’administration de la santé des dépenses », « défaillance de pilotage »… Des accusations à charge contre l’administration de la santé chargée de piloter le projet.

Mais cette gestion à tâtons ne fait pas le malheur de tous. L’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP), principale administration concernée par ce projet reçoit d’ailleurs plus de 65 millions d’euros de subventions par an. Un budget conséquent dont 22 millions d’euros consacrés à la sous-traitance et 4,4 millions à la communication. La revue Acteurs publics révèle d’ailleurs la liste des principales sociétés de conseil et d’informatique qui ont bénéficié de près de 71 millions d’euros de contrats depuis les premiers balbutiements du DMP.

Faut-il encore s’étonner de l’inexorable dégradation des comptes publics à la lumière de cet exemple de mauvaise gestion ?

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