Paul Ryan est un étatiste de droite

Mitt Romney a choisi comme colistier un ami de l’État-guerrier-providence.

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Paul Ryan est un étatiste de droite

Publié le 31 août 2012
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Mitt Romney a choisi comme colistier un ami de l’État-guerrier-providence.

Par Sheldon Richman, depuis les États-Unis.

Article en contrepoint de Qui est Paul Ryan ?

Paul Ryan peut bien être un conservateur parmi les conservateurs, mais comprenons bien ce que cela veut dire : il est là pour sauver l’État-guerrier-providence de sa propre insoutenabilité. Ce n’est pas un partisan d’un État limité.

L’esquisse budgétaire de Ryan, au mieux, n’équilibrerait pas le budget avant trois décennies, et entre temps, ajouterait des milliers de milliards à la dette publique. Il ne ferait que ralentir les augmentations budgétaires prévues par Obama. Si les recommandations de Ryan étaient suivies, les dépenses fédérales rapportées au PIB reviendraient à 20%. Elles étaient à 18% quand Bill Clinton a fini son mandat en 2001. Et Ryan veut plus de dépenses militaires.

Mais il y a davantage à dire sur Ryan. Dans à peu près tous les autres sujets, il soutient un État obèse.

Durant les années Bush, Ryan a tout voté : No Child Left Behind (qui a davantage centralisé l’éducation), le remboursement des médicaments de prescription par Medicare, les subventions à l’immobilier, l’extension de l’indemnisation du chômage, les sauvetages de banques, et les subventions de 2008 pour sauver Chrysler et General Motors, alors au bord de la faillite. En votant en faveur du TARP (littéralement, le programme de secours face aux actifs douteux), Ryan déclarait « Madame la Présidente, ce projet de loi contrevient à mes principes, mais je voterai en sa faveur pour préserver ces principes ».

Ryan est aussi engagé pour un État envahissant dans d’autres domaines. Il a soutenu les guerres de Bush en Irak et en Afghanistan, et a voté les énormes dépenses attenantes. Quand la Chambre a voté pour la fin progressive de l’occupation en Irak, Ryan a voté contre. Il défend l’empire américain, qui met en danger les Américains physiquement et fiscalement.

Le passif de ses votes sur les libertés civiles est horrible. Il a voté pour rendre le Patriot Act, un ensemble de pouvoirs d’exception violant les libertés, permanent ; il a voté pour que les actions de surveillance se passent de mandat, après que Bush se soit fait attraper à en réaliser illégalement ; et il a voté en faveur des détentions sans limite de durée, sans procès ni accusation.

Comment alors peut-on expliquer Paul Ryan ? La crise fiscale est toute la clé. À moins que l’État ne réduise la croissance des dépenses ou ne collecte davantage de revenus (ou les deux), d’ici quelques années l’État fédéral ne pourra plus rien payer d’autre que les intérêts de sa dette. Selon la commission budgétaire du Congrès, la Social Security et Medicare devraient compter pour plus de 40% du budget d’ici 2020 (ils en sont à 37% actuellement) et continueront à croître, consommant la moitié du budget en 2030. Aujourd’hui, les prestations de ces programmes excèdent leurs entrées d’argent. (Jusqu’à récemment, ces programmes dégageaient des bénéfices, que les politiciens ont dilapidés). Leur fonds supposé contient des reconnaissances de dette du Trésor qui devront être payées avec encore plus d’argent emprunté et donc d’intérêts sur la dette (au total, l’ensemble de ces dettes dépasse déjà le PIB). Le passif cumulé sur 75 ans de ces programmes se monte à présent à plus de 30.000 milliards de dollars, et l’estimation est prudente.

En d’autres mots, ça ne peut pas durer éternellement, et comme le disait l’économiste Herb Stein, tout ce qui ne peut pas durer éternellement finira par s’arrêter.

Aucun politicien ne peut se satisfaire de cette perspective. Un budget entièrement dilapidé par les intérêts de la dette, la Social Security et Medicare ne laisserait rien pour la guerre, les occupations, et le reste d’une politique étrangère impérialiste. Il n’y aurait pas d’argent non plus pour acheter sa clientèle électorale au moment des élections. Un politicien sans fonds à dépenser à sa discrétion est un politicien malheureux, en effet. D’où le désespoir de faire quelque chose.

Le problème des politiciens, c’est qu’il n’y a pas grand-chose qu’ils puissent faire. Le grand public n’a aucun appétit pour de larges coupes budgétaires. Même les gens du Tea Party disent de ne pas toucher à Medicare et à la Social Security. Les conservateurs n’aiment pas couper dans les dépenses militaires. Le choix de Ryan comme colistier de Mitt Romney implique qu’il pense que les gens sont prêts pour quelqu’un qui semble fiscalement rigoureux (même si Ryan ne l’est pas vraiment), mais ça pourrait se révéler être une erreur fatale.

Et l’État ne peut pas non plus sortir de son pétrin en augmentant les impôts. Non seulement des impôts plus élevés sont une mauvaise idée dans un marasme économique. Non seulement une hausse d’impôt est une mauvaise idée quand l’économie stagne (et à tous les autres moments), mais les revenus occupent une part du PIB à peu près inchangée depuis la Seconde guerre Mondiale (à part durant les récessions), quel que soit le taux d’imposition. Ce qui signifie que des taux plus élevés stimulent surtout l’évitement fiscal, l’évasion fiscale, et le choix d’activités de loisirs plutôt que de production de richesse.

Maintenant nous pouvons mieux voir ce que Ryan défend. Au mieux, son plan stabiliserait simplement la situation fiscale de l’État à de hauts niveaux de dépense sans engendrer de changement significatif dans l’État-guerrier-providence.
Notre liberté et notre prospérité, cependant, nécessitent que l’État soit radicalement réduit, ce qui demande à ce que l’empire soit liquidé, les libertés civiles respectées, et les droits-créances convertis en systèmes d’aide mutuelle et en d’autres organisations privées.

—-
Publié sur The Future of Freedom Foundation le 15.08.2012 et sur Reason.com le 22.08.2012 sous le titre Paul Ryan Is a Big Government Conservative.
Traduction : Benjamin Guyot pour Contrepoints.

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  • Et avec tout ça (les faits, les lois qu’il a votées), il y a encore des libéraux pour soutenir le tandem Romney-Ryan?

    • Oui. Voir l’artice de John Stossel sur contrepoints.

      • Je l’ai lu. Et il montre bien que le type est une véritable girouette. En ce moment il a un « beau » discours sur les limites de l’État etc.
        Mais moi ce qui m’intéresse, ce ne sont pas les beaux discours, ce sont les actes, les faits. Et les faits sont là: il a voté des lois toutes plus anti-libérales les unes que les autres. Et il fera certainement de même si son boss est élu et que le vent va dans ce sens.

  • Article intéressant mais qui a faux sur un point capital: Le pacifisme.

    Trop de libéraux rejoignent les socialistes pour refuser ce fait: Nos choix politiques doivent être défendus.
    Aucune fonction sociale n’est plus importante que celle du militaire, sans qui aucune de nos idées ne peut être réalisée.
    Également importante est la transmission de nos valeurs, sans quoi les systèmes concurrents les supplanteront – Reagan disait qu’on n’est jamais à plus d’une génération de perdre la liberté.

    Les USA ont consacré une énorme partie de leurs ressources à leur suprématie militaire, employée à imposer un ordre mondial qui s’avère globalement libéral, malgré des difficultés considérables et bien des erreurs.
    Je ne pense pas qu’un autre pays soit capable d’un tel effort et disposé à le fournir: Le repli stratégique américain réclamé par la France laisserait un vide désastreux – même en géopolitique nos élites sont nulles.
    Il n’existe qu’un autre force politique universaliste: La charia. Mais elle ne s’impose pas par les États – en fait elle anéantit la notion même d’État puisque l’islam est indissociable de la notion de fatwa universelle et exécutable par des civils.

    Sous W eut lieu la prise de conscience de la montée islamique diagnostiquée par Malraux dès 1956, et fut prise la décision de livrer bataille loin de l’Amérique plutôt que d’attendre l’inéluctable attaque – car la charia doit régner sur le monde entier.
    On peut contester ce choix, mais le désarmement n’est pas une option, ni l’isolation pour un pays qui représente 25% du PIB mondial.
    De toutes façon, la charia et le libéralisme sont en concurrence pour l’ordre mondial, et aucun peuple ne peut se tenir à l’écart de ce conflit.

    Le déni des dangers qui pèsent sur la liberté à une époque de surabondance de l’information laisse pantois et renvoie à la lecture de « La connaissance inutile » de J-F Revel.

    Revel se désolait du déni forcené de la gauche devant les faits.
    Je suis encore plus consterné d’avoir à observer le même déni chez des prétendus libéraux.

    Donc, puisqu’il le faut, répétons encore: Le libéralisme n’existe que chex une société qui adhère majoritairement à une certaine anthropologie.
    C’est la paradoxe qui déroute les « libertariens »: L’individualisme est un choix collectif.
    Si vous ne me croyez pas, dites au fisc que vous ne voulez pas payer des impôts qui correspondent à vos idées libérales !

    Le libéralisme est donc, en Occident, indissociable du conservatisme.
    L’État fédéral devrait se consacrer uniquement à protéger les États fédérés, conformément au plan initial, et se désengager de toute politique sociale. Les politiques sociales sont en contradiction avec les fonctions régaliennes et transforment les États en ennemi de leur peuple.

    • Rarement lu un tel ramassis de bêtises… En même temps c’est peu étonnant de la part de Con et sa monomanie islamophobe.

    • « imposer un ordre mondial qui s’avère libéral » : ça pique les yeux, comme dirait l’autre. Fucius doit être un libcon, un positionnement que je n’ai jamais compris. Idem pour Ryan.

    • oui bien sûr, et ron paul est un sacré communiste islamiste qui veut en finir avec l’interventionnisme américain juste pour laisser la voie libre à la charia, c’est connu.

      par contre mitt romney lui c’est un vrai libertarien : preuve, il propose d’attaquer l’Iran.

  • Bill Clinton est plus libéral que Rommney

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