François Hollande, le prisonnier de l’Élysée

S’il venait à être élu, François Hollande serait sous la pression permanente des communistes et des Verts, une pression de bien mauvaise augure pour la France.

S’il venait à être élu, François Hollande serait sous la pression permanente des communistes et des Verts, une pression de bien mauvaise augure pour la France.

Article publié en collaboration avec l’Aleps.

François Hollande, stylo dans la joueDans le cas où il serait élu, François Hollande annonce des mesures importantes dès la fin mai. C’est pure fantaisie, puisque la nouvelle Assemblée Nationale ne sera connue qu’au soir du 17 juin. Il est impensable et anticonstitutionnel d’utiliser la procédure des ordonnances, donc aucune décision ne saurait être prise pendant la période de gestation du nouveau régime. En revanche, François Hollande pourrait organiser un referendum, ou provoquer un sommet européen, pour accompagner dignement son entrée à l’Élysée.

Mais il risque en fait d’entrer dans une prison. Le report des voix de gauche lui est indispensable pour assurer sa victoire au second tour. A la différence de Nicolas Sarkozy qui peut légitimement compter sur des abstentionnistes du premier tour, François Hollande n’a aucune réserve car la gauche aura fait le plein de ses voix au premier tour. Donc, il doit passer par les fourches caudines des communistes et des verts. Jean Luc Mélenchon peut émettre deux prétentions : la première est d’avoir des ministres, la deuxième est d’avoir des circonscriptions pour les législatives. Or, beaucoup de circonscriptions ont été offertes aux Verts dans les accords passés avec le Parti Socialiste, et certaines « appartenaient » aux communistes. De toutes façons, les communistes, dès le mois de mai, seraient présents dans la vie politique, et la pression exercée sur l’Élysée serait permanente. Avec des Verts qui se braqueraient sur le nucléaire et la pollution, François Hollande aurait du mal à imposer quoi que ce soit à ses « amis ». Il faudrait un raz de marée PS aux législatives pour donner à l’Élysée une certaine liberté de manœuvre. Liberté qui serait toujours surveillée, de l’intérieur du PS par la vigilante Martine Aubry, et de l’extérieur par les partenaires européens et les marchés. Hollande pourrait devenir le préposé aux chrysanthèmes…