Le MEDEF entonne un air connu

« Besoin d’aire » : ce document programme du Medef fait dans le politiquement correct

« Besoin d’aire » : ce document programme  du Medef fait dans le politiquement correct.

Un article de l’aleps.

Madame Parisot avait inauguré son mandat à la tête du Medef en signant un ouvrage intitulé « Besoin d’air ». Le thème : les entreprises étouffent sous le poids de la réglementation, des impôts et des charges sociales. Très bien. Voici qu’elle présente aujourd’hui « Besoin d’aire » pour dire que nos entreprises doivent s’ouvrir à la mondialisation grâce à un regain de compétitivité. Très bien, au moins on s’écarte du consommer ou du produire français qui envoûte les candidats.

Mais les 23 recommandations contenues dans les 18 pages du livre électronique (www.besoindaire.com) peuvent surprendre par leur conformisme et leur pusillanimité. Le Medef voit « les États-Unis d’Europe à portée de la main » et recommande d’ « oser le fédéralisme ». S’agit-il d’une aire de total libre-échange ? Point du tout, mais de la mise en place d’un Commissaire aux PME, puis à l’Économie et aux Finances. On voit mal une gouvernance réunissant Papandreou, président de l’Internationale socialiste et Vaclav Klaus, émule de Margaret Thatcher. Toujours sur ce sujet, le Medef veut « finaliser l’harmonisation », alors que le secret de la convergence ne peut être que dans la concurrence institutionnelle.

À la mode encore, le désir de « lutter contre les excès de la finance », un objectif à mener dans le cadre d’un « travail à l’échelle mondiale » et, toujours dans le vent, une économie « plus verte » (éoliennes ?). S’il faut « faire bouger le marché du travail », ce que le Medef a eu beaucoup de mal à réaliser depuis cinq ans, c’est en améliorant « l’employabilité » des salariés – mais quid du SMIC et de la Sécurité Sociale ?

Si le Medef se sent concerné par la réforme systémique des retraites, il n’a apparemment que peu d’intérêt pour la refonte du droit du travail et le financement des syndicats, pour la progressivité fiscale qui pénalise ceux qui réussissent, pour les privatisations et le logement social. Le Medef appelle de ses vœux une « doctrine économique européenne ». Ce ne sera peut-être pas le libéralisme !

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