Personne n’a autant taxé l’épargne que Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy continue dans son obstination à mener une politique plus étatiste encore que celle des socialistes français.

Y aura-t-il des libéraux qui voteront pour Nicolas Sarkozy en 2012 ? S’il y en a, ils seront probablement une espèce rare, quand on voit l’obstination du président actuel à mener une politique plus étatiste encore que celle des socialistes français.

Sarkozy

Y aura-t-il des libéraux qui voteront pour Nicolas Sarkozy en 2012 ? S’il y en a, ils seront probablement une espèce rare, quand on voit l’obstination du président actuel à mener une politique plus étatiste encore que celle des socialistes français. Car, même si la qualification de l’UMP en « socialistes de droite » fait sourire les non-lecteurs de Contrepoints, les chiffres montrent qu’elle est amplement méritée.

En voici un nouvel exemple, avec la taxation de l’épargne depuis cinq ans. L’épargne, cette valeur éminemment « de droite », n’a jamais connu une hausse de sa taxation aussi élevée que sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a porté au niveau record de 39,5% la taxation de l’épargne une hausse de onze points en cinq ans, un assassinat en règle des épargnants. Extraits d’un article de Philippe Mabille dans la Tribune.

Jamais l’épargnant n’aura subi une telle curée. C’est donc sous Nicolas Sarkozy et une majorité de droite que la taxation des revenus financiers aura le plus fortement augmenté au cours de notre histoire, subissant un choc fiscal sans précédent, même quand la gauche était au pouvoir.

En annonçant son intention de relever de 2 points la CSG sur les produits financiers, en complément de la hausse de 1,6 point du taux normal de TVA ( à 22,1%), pour financer la baisse de 13 milliards d’euros des cotisations patronale de la branche Famille, le chef de l’État fait mentir son engagement de ne pas augmenter les impôts.

Et encore :

Au total, sur l’ensemble du quinquennat, Nicolas Sarkozy aura augmenté les prélèvements sociaux sur l’épargne de 3,4 points, les faisant passer de 12,1% à 15,5%. ils s’ajoutent à une fiscalité d’État qui a porté le niveau du prélèvement libératoire de 16% à 24% au cours du quinquennat (21% pour les dividendes). En clair, un placement qui était imposé à 16% de prélèvement libératoire plus 12,1% de prélèvements sociaux en 2007 ( soit 28,1%) le sera désormais à presque 40%… 11,4 points de hausse en cinq ans… Même Jospin avait la main plus légère en ne relevant la taxation des revenus du capital que de 2,1 points pendant ses cinq années de cohabitation avec Jacques Chirac.

Cette hausse de la CSG sur les revenus financiers est d’autant plus étonnante qu’elle entre en totale contradiction avec l’affichage, purement factice il est vrai, de la fiscalité entre la France et l’Allemagne. Vaccinée depuis la fin des années 1980 contre tout excès de taxation du capital (qui avait à l’époque fait fuir les capitaux massivement au Luxembourg), notre voisin taxe de façon beaucoup plus légère les épargnants. Selon les statistiques 2010 d’Eurostat, avant donc les hausses annoncées en France depuis cet automne, la France taxait le capital à 38,8% contre 23,1% pour l’Allemagne.Outre-Rhin, la retenue à la source unique sur les revenus d’intérêts, de dividendes, et de plus values (à l’exception de l’immobilier) a diminué sous Angela Merkel, passant de 30% en 2008 à 25% à partir de 2009.

En revanche, notre voisin a un impôt sur le revenu plus lourd qu’en France, avec un taux marginal supérieur de 45% exactement le taux annoncé par François Hollande dans son projet présidentiel. C’est à ne pas se demander qui converge vraiment avec la fiscalité allemande… !

Avec un taux de TVA passant de 19,6% à 22,1% (contre 19% en Allemagne), une taxation de l’épargne de 39,5% (contre 25% outre-Rhin) et enfin, un taux de prélèvements obligatoires qui va remonter au- dessus de 45% (contre 39,5% outre-Rhin), la France est en train de s’éloigner à grande vitesse du modèle allemand dont le président nous a tant vanté les mérites dimanche soir.