Lettre de Bayrou: Cher Père Noel, faites-nous rêver après la Saint-Nicolas

Je me permets de vous écrire après le désastre de la Saint-Nicolas, dans la nuit du 5 au 6 décembre

Par Aurélien Véron

Cher Père Noël,

Je me permets de vous écrire après le désastre de la Saint-Nicolas, dans la nuit du 5 au 6 décembre. Il faut dire qu’avec un nom pareil, il n’est pas surprenant que l’Europe ait reçu la visite du père fouettard, S&P pour les intimes, pour mettre la France sous surveillance négative avec peut-être deux crans de baisse à la clef. Bien joué Nicolas. Et encore merci. Voilà pourquoi je compte sur vous pour faire retrouver le sourire à tous. Mais comme vous le savez bien, pour offrir, il faut d’abord produire.

Ce n’est pas un hasard si vous vous êtes transformé en multinationale au cours des siècles. Votre entreprise globalisée gère tout, de la production en atelier à la distribution dans chaque cheminée, et même au service après livraison. Pour procurer toujours autant de bonheur à ceux qui reçoivent vos cadeaux, je suppose que vous vous renouvelez constamment pour vous adapter à la diversité des usages des nouvelles générations et des nouvelles contrées qui vous ont adopté. Vos lutins doivent donc innover pour satisfaire cette multitude de nouvelles préférences. Ceci signifie que l’exigence de compétences ne cesse d’augmenter.

Si je suis élu en avril prochain (le Père Noël sonne toujours deux fois, non ?), mon engagement à mettre la priorité sur l’enseignement dans notre pays devrait vous intéresser au plus haut point. Instruire n’est pas tant une question de moyens que de valorisation des talents par une organisation flexible et décentralisée. Je risque d’avoir bien besoin de votre aide dans ce domaine. Car il faut vraiment croire au Père Noël comme moi pour imaginer reformer l’Éducation Nationale sans avoir un million d’éternels grincheux dans la rue. D’ailleurs, je n’en ai pas encore trop parlé autour de moi.

Je souhaite aussi tout faire pour vous inciter à venir produire en France. Car j’espère bien que vous pensez à la France pour installer vos ateliers. Vous n’êtes pas sans savoir que la France dispose de talents sans équivalent dans le monde. Sans être aucunement hostile aux merveilles produites ailleurs, notre main d’œuvre hautement qualifiée aussi bien dans la conception, l’ingénierie, la production ou le commerce, mérite toute votre attention. Les réformes que je propose devraient hautement faciliter votre développement et vos embauches sur notre sol.

Enfin, vous devez savoir que votre nom est très régulièrement usurpé. À chaque élection, qui se tient généralement entre avril et juin, nous avons droit à un ersatz de Noël. Les promesses de pères Noël de pacotille affluent, suscitant des espoirs forcément déçus. Voulez-vous vous engager avec moi à lutter contre cette pratique déloyale de vos concurrents qui n’ont hélas pas votre compétence ? Cette surenchère autour du culte de la gratuité n’est plus tenable.

Il vous faut agir, votre image est en jeu. Il n’y a qu’un Père Noël, c’est vous. Moi par exemple, je ne promets aucun cadeau illusoire mais seulement un discours de vérité (« du sang et des larmes » aurait dit Churchill; je sais que ça agace l’UMP qui ne cesse de critiquer les Rosbeefs) pour remettre notre beau pays sur les rails (« retrouvez notre compétitivité » aurait dit Merkel; je sais que ça agace le PS qui ne cesse de critiquer les Boches) dans une Europe ouverte (ça me fait penser qu’il faudrait un peu plus de femmes à la tête des gouvernements pour abaisser le taux de testostérone dans les sommets européens; mais d’ailleurs, que fait la Mère Noël ? C’est un job pour elle, ça !).

Le 22 avril, aidez-moi à parvenir au second tour, je me charge du reste.

François Bayrou

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