La dimension morale de la crise financière

Le jour où nos politiciens, cesserons de s’exonérer de toute responsabilité dans cette crise, alors nous serons prêts de nous en sortir

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La dimension morale de la crise financière

Publié le 31 octobre 2011
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Le jour où nos politiciens, de droite comme de gauche, cesserons de s’exonérer de toute responsabilité dans cette crise, alors nous serons prêts de nous en sortir.

Par Alain Dumait

Les responsables politiques français se repassent la responsabilité de la dette publique comme ils le feraient d’une patate chaude.

La vérité est qu’ils le sont tous, puisque, depuis 1973, la dette publique n’a cessé d’augmenter, croissance ou pas. Nos dirigeants se sont d’ailleurs relayés pour proclamer les bienfaits supposés de la dette !

Et encore maintenant, quand ils nous parlent de «prélèvements obligatoires» (de l’ordre de 44% du PIB), ils ne comptent pour rien l’endettement. Pour essayer de nous cacher que la dépense publique (financée à 25% par de la dette) représente 57% de ce PIB…

Il serait plus simple de chercher, dans le paysage politique, les rares Cassandre qui ont crié casse cou !

Mis à part les économistes libéraux orthodoxes – emmenés par Jacques Garello et Pascal Salin – dans la mouvance desquels se situe Alain Madelin, et quelques associations, dont Contribuables Associés, je n’en vois guère.

Maintenant, même les socialistes théorisent sur la nocivité intrinsèque de la dette…

Le bourrage de crânes semble efficace…jusqu’au moment où il se brise sur le mur des réalités !

Il y a pourtant, pour un État comme pour une entreprise, de la bonne et de la mauvaise dette. Quand, à partir de 1973, sous l’impulsion d’hommes comme Valery Giscard d’Estaing, Pierre Giraud ou Michel d’Ornano, la France se dote d’un parc unique au monde de centrales nucléaires (32 des 58 actuelles centrales mises en construction sous le septennat de VGE ! ) on peut dire qu’EDF s’endette positivement.

Remarquons quand même que le financement par la dette, même productif, est toujours moins performant que par l’épargne préalable. C’est durant cette période qu’EDF a mené une politique de laxisme social qui fait que notre KWH serait encore moins cher, de l’ordre de 30%, sans les avantages exorbitants de nos chers «électriciens».

Le problème est que, dans le même temps, dans la ligne de la politique voulue par Georges Pompidou en fin de parcours, le mot d’ordre demeurait : «ne pas inquiéter les Français». On s’endette aussi, à la même époque, pour «soutenir la consommation»…

Telle a été l’idéologie économique dominante de ces 40 dernières années : la croissance serait tirée par la consommation. Et donc, la dette favorisant la consommation, fournirait automatiquement, miraculeusement, la solution au problème qu’elle pose. Voila ce que les politiciens avaient retenu des enseignements de M. Keynes…

En 2007 Nicolas Sarkozy disait : «la dette sera remboursée par la croissance»…

Et hier encore, François Baroin déclarait : «le modèle économique français est basé sur la consommation»…

Le vrai responsable de la dette est là : dans ce modèle économique qui marche sur la tête.

L’histoire de l’humanité nous enseigne pourtant que le progrès commence avec l’épargne. Que celle-ci est le préalable incontournable de la croissance, et donc de l’augmentation des revenus disponibles.

La vraie leçon de la crise financière que nous vivons – et qui est évidemment très très loin d’être terminée – est là : il nous faut revenir à un modèle économique orthodoxe.

C’est à dire, au plan macro-économique :

  • Une sphère publique limitée.
  • Une fiscalité supportable, qu’elle soit appliquée sur la consommation ou sur les revenus. Avec des taux uniques.
  • Une épargne libre de tout prélèvement (pas «d’impôt sur l’impôt», donc plus d’impôt sur des revenus provenant de placements réalisés grâce à de l’épargne issue de revenus déjà fiscalisés)
  • Une monnaie échappant aux manipulations étatiques et dont la valeur, donc, doit être indexée sur l’or, seul référent universellement acceptable.

Et, au plan micro-économique, une politique mettant l’entreprise – seule créatrice d’emplois durables – au cœur de toutes les priorités. Nous pas tant en aidant quelque entrepreneur que ce soit. Mais plutôt en cessant de lui mettre des bâtons dans les roues.

Le jour où nos politiciens, de droite comme de gauche, cesserons de s’exonérer de toute responsabilité dans cette crise, préférant accuser les marchés financiers, les banques, les agences de notation…, quand ils reconnaitront qu’ils sont, au contraire, les premiers et d’ailleurs les seuls responsables de cette crise, pour avoir mener des politiques erronées. Et de l’avoir fait non pas par erreur intellectuelle, mais par intérêt, pour accroitre leur main-mise, leur pouvoir et finalement leurs avantages, alors nous serons prêts de nous en sortir. Avec ou sans eux.

Mais aussi longtemps que nous serons dans le déni de cette responsabilité, continuera la crise. Qui est, comme toujours, de l’ordre de la morale, avant d’être de l’ordre du politique et de l’économique.

—-
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  • Bravo pour ce très bon article.
    Juste une petite remarque personnelle: je ne pense pas du tout que s’endetter pour fabriquer des centrales nucléaires soit une bonne dette.
    Tout d’abord parce que si c’était le cas, le privé aurait déjà mis la main dessus, ce qui est loin d’être le cas.
    Et ensuite car EDF est publique donc ce sont les contribuables qui ont été forcé de payer pour créer des centrales non rentables.

    • Dans l’absolu c’est vrai. mais en France jusqu’à très récemment EDF avait le monopole de la production d’électricité donc : pas de producteur privés possible. De plus j’imagine volontiers le maquis inextricable de réglementations et autre autorisations qui seront mis en travers de la route des éventuels investisseurs privés dans le nucléaire. maquis qui conduiront immanquablement à rendre non rentable une telle production. quand les règles du jeux sont faussés, le marché devient inopérant.

  • Excellent article, néanmoins, je ne dirais pas « Le jour où nos politiciens, de droite comme de gauche, cesserons de s’exonérer de toute responsabilité dans cette crise », mais :
    « Le jour où les français cesseront de cautionner par leur vote ou leur apathie les politiciens de droite comme de gauche… »
    Car il existe des politiciens français qui proposent ce que vous préconisez à juste titre : Alain Cohen-Dumouchel ou Vincent Benard, par exemple.
    Il est vrai qu’ils ne sont ni de droite, ni de gauche.

  • je crois que vous avez oublié que c’est aussi la corruption et l’impunité des élus qui fait les déficits.exemple récent les vaccins antigrippe de mme bachelot grande representante du lobby pharmaceutique devant l’eternel.cout deux milliards d’euros.interdisons le lobbyisme.

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