Gaz de schiste : le gouvernement abroge trois permis

L’exploitation du gaz de schiste en France s’éloigne de plus en plus.

Puits à gaz de schisteAprès l’interdiction en juin d’utiliser la fracturation hydraulique — une technique qui permet d’extraire du gaz des schistes et assurer ainsi l’indépendance énergétique de la France — l’État a abrogé unilatéralement trois permis d’exploitation, à Nant (Aveyron), à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) et à Montélimar (Drôme).

Le gouvernement a courageusement saboté trois opportunités supplémentaires pour les Français de disposer d’une énergie peu coûteuse et indépendante de pays instables politiquement en remettant en cause les permis qu’il avait lui-même accordé à l’Américain Schuepbach et le Français Total.

Comme on pouvait s’y attendre, les deux petits mois imposés aux deux industriels pour trouver une nouvelle technique d’exploitation n’ont pas suffi pour fournir un projet à même de convaincre la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le pouvoir d’achat personnel ne souffrira pas trop cet hiver lorsqu’il s’agira de chauffer son appartement républicain, ni lorsqu’il faudra remplir le réservoir à taxe de sa voiture de fonction. Elle a d’ailleurs déclaré :

« Dans les deux rapports Schuepbach était explicitement mentionné le projet d’utiliser la fracturation hydraulique. Total, lui, annonçait vouloir continuer à rechercher du gaz de schiste avec des techniques qui ne sont pas la fracturation hydraulique, or on sait aujourd’hui que ces techniques ne sont pas opérationnelles. Le rapport n’était pas crédible. »

Il reste cependant encore 61 autres permis, dont 49 d’hydrocarbures conventionnels, 4 pour les huiles de schiste et 8 pour les gaz de houille. Officiellement, pour le moment, ces permis ne devraient pas être inquiétés puisque, comme l’explique le ministère :

« Tous ont pris l’engagement formel de ne pas recourir à la fracturation hydraulique. »

On imagine sans mal que les associations écologistes et la ministre de l’Écologie sauront cependant trouver les raisons de mettre fin à tout espoir de voir un jour se développer une nouvelle source d’énergie ou même les recherches et développements qui permettraient son exploitation dans des conditions environnementales optimales. Et si ce n’est pas la ministre, on pourra compter sur le président de la République Nicolas Sarkozy, qui se déplace ce mardi dans le Gard et pourra se permettre, à peu de frais, de redorer son blason vert à moins de sept mois de la présidentielle.