La laïcité, principe essentiel du libéralisme

Publié Par Patrick Aulnas, le dans Libertés publiques

Par Patrick Aulnas.

À l’heure où une religion, l’Islam, connaît des dérives violentes et totalitaires, les hommes épris de liberté doivent réaffirmer leurs principes de tolérance. Être libéral, c’est d’abord admettre, avec Benjamin Constant, qu’aucune vérité ne doit être définie par l’État : « Prions l’autorité de rester dans ses limites. Qu’elle se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux. » Cette justice qui ne prend pas parti entre les religions et les idéologies s’appelle la laïcité.

Nous venons d’un monde sans liberté

La laïcité prend naissance au siècle des Lumières, le XVIIIe, avec Kant, Rousseau, Voltaire, Diderot et bien d’autres. Elle est fondée sur deux principes, l’un concernant le fondement du pouvoir politique : le dualisme ; l’autre définissant la place de l’individu : l’autonomie. Le pouvoir politique était auparavant dévolu à un souverain par un dieu. Quel dieu ? Le dieu local, celui des chrétiens en Occident, celui des musulmans en terre d’Islam, les dieux de l’Égypte ancienne pour les pharaons.

Le lien entre pouvoir et divinité était universel, mais chacun avait son dieu. Le pouvoir, puisqu’il émanait d’un ou plusieurs dieux, n’était pas contestable. Toute opposition constituait une rébellion lourdement sanctionnée. La liberté individuelle était un concept inconnu car l’individu n’avait aucune autonomie.

Il devait adhérer à la religion officielle et se conformer à ses préceptes dans tous ses actes. L’hétéronomie était sa loi. L’homme subissait le joug du souverain et de la religion sans jamais pouvoir manifester une quelconque indépendance.

« Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui »

On comprend aisément le défi incommensurable qu’a pu représenter la contestation du caractère sacré du pouvoir. Il s’agissait d’un sacrilège pour tous les croyants ! Pourtant, des hommes clairvoyants et courageux s’y sont risqués. Les philosophes du XVIIIe siècle ont renversé l’ancienne conception du monde et ont fondé en raison notre liberté. Ce sont les principaux inventeurs du libéralisme, même si l’on peut trouver avant eux des penseurs de la liberté. Le monisme du pouvoir politique devient alors dualisme.

Ce n’est plus un dieu qui désigne un souverain tout puissant, mais l’ensemble de la population qui délègue provisoirement l’exercice du pouvoir à des gouvernants. Il y a donc d’une part le peuple souverain, d’autre part le gouvernement procédant de l’élection. Il en résulte nécessairement que l’individu devient autonome. Il pense librement puisqu’il désigne ceux qui gouvernent la société.

Emmanuel Kant apporte une contribution essentielle à la réflexion philosophique de l’époque : « Les Lumières se définissent comme la sortie de l’homme hors de l’état de minorité où il se maintient par sa propre faute. » L’homme, désormais adulte, doit donc agir avec discernement, s’appuyer sur la réflexion et ne plus se laisser abuser par les pouvoirs et les préjugés.

L’être humain n’est plus un enfant soumis à la tutelle divine. C’est la raison qui devra désormais le guider. Cet orgueil de l’homme occidental, libre de ses pensées et de ses actes, est aussi une modestie. Si aucune parole sacrée ne limite sa liberté, rien ne lui permet de considérer sa pensée comme supérieure à celle de quiconque. Jean-Paul Sartre l’a exprimé magnifiquement dans Les mots en se définissant comme « Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui ».

La liberté appartient à tous ou n’appartient à personne

Mais quiconque prétend imposer à cet homme une vérité intangible, éternelle, universelle, entre en conflit avec les fondements même d’une société libre et doit être traité pour ce qu’il est : un opposant à la modernité politique, un ennemi de la liberté. L’orgueil de se définir comme un homme libre ne peut aller sans l’impératif catégorique de réciprocité. La liberté appartient à tous ou n’appartient à personne.

L’État ne peut imposer aucune morale, ne donner aucune leçon aux citoyens. Il n’y a pas une bonne façon de penser ou de vivre définie par le pouvoir politique. Mais les religions ou les idéologies elles-mêmes, si elles prétendent détenir une vérité absolue, ne peuvent avoir l’ambition de l’imposer à tous.

La laïcité pérennise la liberté à une condition : le pouvoir ne choisit jamais entre les doctrines et les croyances mais laisse l’individu autonome faire ses choix.

Les croyants doivent aussi devenir modestes

Il ne faut pas hésiter à le dire : les religions ont beaucoup tardé à admettre cette liberté que l’homme occidental a conquise contre elles. Rien de plus normal puisque la laïcité les prive de leur relation privilégiée avec le pouvoir politique. La France n’est plus la fille aînée de l’Église, mais un simple État qui entretient des relations diplomatiques avec le Vatican. Les catholiques peuvent se trouver confrontés à des lois qu’ils réprouvent parce que la majorité les approuve.

Ils doivent s’y plier, mais cela ne va pas de soi, même aujourd’hui. L’Église catholique s’est prononcée contre la contraception orale dans les années 1960, contre l’IVG dans les années 1970, contre le pacte civil de solidarité en 1999 et contre le mariage homosexuel en 2013.

Il est tout à fait normal d’émettre une opinion défavorable à ces nouvelles lois, mais il est tout à fait abusif de tenter d’en empêcher l’adoption par la majorité démocratiquement élue ou d’en saboter la mise en œuvre par des manœuvres indignes, comme ce fut le cas pour l’IVG. La liberté des catholiques n’est pas en cause. Personne ne leur interdit de suivre leurs préceptes religieux. Mais ces lois accroissent incontestablement l’autonomie de l’individu et réduisent corrélativement le champ de la morale commune. Elles sont par essence libérales.

Le principe de laïcité veut que l’Église ne puisse désormais imposer son éthique à personne mais laisse toute liberté à chacun de l’adopter. Les croyants doivent aussi devenir modestes.

La liberté ne peut être au service de l’asservissement des femmes

La laïcité est exigeante. Elle ne se limite pas à une posture sociale : offrir l’image de la tolérance en acceptant des comportements diversifiés. Elle suppose une ascèse philosophique : toujours douter, ne jamais ériger ses propres convictions en absolu. Mais également, rester discret publiquement et ne pas infliger à autrui l’image omniprésente de ses choix.

Afficher publiquement ses croyances par le vêtement ou tout symbole ostentatoire (ou simplement ostensible comme dit la loi française) heurte la modestie laïque. Mais il faut aller plus loin : de tels comportements représentent en réalité une forme de prosélytisme contre l’autonomie de l’individu, base absolument essentielle du libéralisme. Les femmes portant le voile intégral ou le burkini ne sont que des instruments de propagande de l’islamisme radical. Admettre leur servilité n’est pas défendre leur liberté mais encourager leur abaissement.

Sur ce dernier point, d’ailleurs, l’arrogance des ennemis de la liberté rencontre parfois la grandeur d’âme de certains libéraux qui se targuent de purisme doctrinal pour donner des leçons de liberté. Au diable les doctrines lorsqu’elles prétendent à la pureté ! La stricte orthodoxie est toujours une faute. Il faut savoir déroger pour ne jamais s’imaginer détenir une quelconque vérité.

Pourrait-on désormais admettre la liberté du maître de réduire autrui en esclavage ? Voilà exactement ce qui révulsait les philosophes des Lumières. Il ne suffit pas d’affirmer que l’on ne transgresse pas les lois de la cité pour être respectueux de la liberté d’autrui.

La totale dépendance économique et l’emprise morale peuvent conduire à l’asservissement. Il ne peut y avoir de communauté séparée choisissant un autre mode de vie afin de remettre en cause la liberté des femmes. Il n’y a ici, en France, que l’universalisme républicain qui érige en principe inviolable la liberté individuelle.

Un humanisme républicain

La laïcité n’est pas un dogme ou une doctrine mais un pragmatisme qui s’adapte en permanence aux réalités émergentes. Un laïque ne se réclame d’aucune idéologie et il n’existe pas d’idéologie laïque. Tout au plus peut-il se sentir proche d’une forme de pensée en veillant toujours à prendre ses distances par rapport à toute tentation dogmatique.

Aussi n’y a-t-il pas de prosélytisme laïque mais seulement quelques conseils : examiner toute proposition avec sa raison, se défier des enthousiasmes politiques, idéologiques, religieux, respecter les positions d’autrui si elles ne portent pas atteinte à la liberté.

La laïcité est un humanisme qui comporte une éthique rigoureuse faite de tolérance, de modestie, de discrétion et même de compassion. Une leçon particulièrement précieuse aujourd’hui.

  1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

    Dans cet article, Patrick Aulnas montre encore une fois qu’il ne comprend rien à ce qu’est la laïcité. Ou alors déforme sciemment ce concept afin d’y faire entrer aux forceps ses préjugés liberticides.

    Non, Patrick Aulnas, la laïcité n’est pas un humanisme, même pas une philosophie. Encore moins une méthode de développement personnel. La laïcité est un principe politique qui vise à interdire à l’État d’imposer ou interdire la pratique d’une religion. Ainsi, contrairement à ce que vous dites, la laïcité ne vise pas à empêcher l’Église catholique d’imposer son éthique à la population, elle vise à empêcher l’État d’imposer l’éthique catholique à la population.

    Puisque le propos qui sous-tend votre article est la liberté religieuse des musulmans en France, la laïcité, c’est simple, Patrick Aulnas : c’est empêcher l’État d’imposer le port du voile aux femmes et c’est également empêcher l’État de prohiber le port du voile. Et non pas laisser entendre que, bon, OK, les musulmans ont le droit de vivre en France, mais qu’ils ont lourdement intérêt à être des plus discrets, voire invisibles.

    Alors, s’il vous plaît, Patrick Aulnas, cessez de torturer les mots afin de faire passer la pilule de votre intolérance. Cela vous évitera de nous refiler des non sequitur du genre « modestie laïque »… La laïcité ne concerne que l’action de l’État pas celle des individus. Ces derniers n’ont pas à être « laïcs ». Et encore moins le devoir d’être « modeste ». Si quelqu’un ne faisait pas preuve de « modestie laïque », l’État serait légitimé à violer ses libertés fondamentales de pensée, d’expression, de religion, de culte, etc. ? Non, n’est-ce pas ? Alors évitez donc ces sauts lacantiques de compétition et tout ce fatras magmatique conceptuel consistant in fine à dire que certains seraient plus libres que d’autres.

    Alors, oui, Patrick Aulnas, la laïcité est bien un des principes politiques fondamentaux du libéralisme car il limite l’action de l’État afin de préserver les droits naturels et les libertés fondamentales des individus. C’tou.

    1. Je ne me permettrais pas de douter, cher monsieur, que votre savoir dépasse le mien de très loin. Puisque vous le dites…
      Mais votre manière binaire de raisonner sur des sujets de philosophie politique conduit le lecteur à s’interroger. Les commentaires ne reflètent pas tout le lectorat, vous le savez. Je reçois d’ailleurs d’autres appréciations fort éloignées de vos petites leçons.
      Vous n’avez pas raison et je n’ai pas tort. Nous ne sommes pas d’accord, c’est tout. Il n’y a pas de dogme libéral dont vous seriez le gardien. En vous attribuant ce rôle ingrat, vous vous ridiculisez quelque peu. Un peu de modestie vous ferait grand bien.
      Mais pour en revenir à l’essentiel, je considère, avec bien d’autres, que la laïcité ne se réduit pas à la loi de 1905. Cette loi n’a pu exister que parce que les Lumières l’ont précédée. Fondamentalement, la laïcité est la remise en cause du caractère sacré du pouvoir politique. Le pouvoir est laïque parce qu’il plus octroyé par un dieu mais par le peuple souverain. Tout le reste en découle.
      La laïcité ce n’est pas quelque chose de simple, contrairement à votre affirmation hasardeuse. C’est très compliqué, comme tout ce qui relève de notre imaginaire : croyances, valeurs, principes philosophiques, doctrines. Il est vrai que je me sens à des années-lumière de vos dogmatiques leçons et que probablement nous n’appartenons pas au même univers.
      Pour ce qui est de l’Islam radical et de son refus d’admettre la liberté des femmes, je suis incapable de vous comprendre. Les tenues vestimentaires imposées n’ont rien à voir avec cette religion puisque beaucoup de musulmanes ne les portent pas. Il s’agit simplement de maintenir la domination masculine sur les femmes et d’en afficher le symbole sur la place publique. Vous confondez liberté religieuse et prosélytisme liberticide. Seriez-vous naïf ou êtes-vous un sous-marin de je ne sais quelle chapelle intégriste ?

      1. Eh bien moi , M Aulnas , je partage complètement votre analyse .

      2. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

        « Il n’y a pas de dogme libéral dont vous seriez le gardien. »

        Nous ne parlons pas de libéralisme ici, mais de laïcité. Dont vous déformez à dessein le concept pour y introduire de nébuleuses notions liberticides.

        « …la laïcité est la remise en cause du caractère sacré du pouvoir politique. »

        Nous sommes d’accord. C’est un des fondements de la laïcité, avec la tolérance religieuse. Car, rappelons-le, la laïcité vise à l’origine à pouvoir pratiquer en paix une religion différente de la religion d’État et non pas chasser la pratique religieuse de l’espace public. Et pratiquement, dans la vie de la Cité, cela se traduit par la séparation entre l’Église et l’État. C’est-à-dire que l’État n’est plus habilité à se mêler de religion, en aucune manière – ni pour l’imposer ni pour l’interdire. Et, oui, c’est très simple à mettre en oeuvre. Aussi simple que le premier amendement de la constitution américaine. Mais j’imagine que vous pensez pouvoir en remontrer aux Pères fondateurs américains en matière de liberté.

        Bien entendu, je comprends bien que cela ne vous intéresse pas, vous, qui êtes intéressé à ce que, justement, l’État intervienne dans les affaires religieuses des gens. Afin qu’il impose votre vision de la vie en société :là où les croyants pourraient vivre, mais en se taisant, là où les adeptes d’une religion ne pourraient pas faire du prosélytisme, là où l’État serait habilité à violer la liberté d’expression et de religion des musulmans, etc.

        Sinon, afin de défendre l’indéfendable, vous vous mêlez les pinceaux dans vos contradictions liberticides. Soit le voile n’est pas un vêtement recommandé par l’islam. Alors l’État n’a pas plus le droit d’en interdire le port au prétendu nom de la laïcité que le port du jeans par les femmes. Soit le voile est une recommandation religieuse de l’islam et l’État n’a pas plus le droit d’interdire à une femme de pratiquer pacifiquement sa religion.

        Enfin, ce que vous dénoncez comme « prosélytisme », c’est simplement la liberté d’expression. Que les idées exprimées ou véhiculées vous paraissent liberticides ne peut légitimer l’intervention de l’État pour brimer cette liberté fondamentale. Un communiste véhicule des idées autrement plus liberticides que le port du voile. Pour autant, l’État n’est pas plus légitimé à interdire le parti communiste, les logos du marteau et de la faucille, le poing levé, etc. Bon, il est vrai que je me réfère à un État de droit… on se demande de quel État vous rêvez.

        1. Votre argumentation me rappelle cruellement celle de tous les militants. Vous pensez convaincre en caricaturant grossièrement la pensée d’autrui. Et vous serez applaudi par les convaincus, comme il se doit.
          Je respecte profondément la liberté religieuse. Il ne me viendrait pas à l’esprit de limiter la diffusion des écrits, de quelque religion qu’ils puissent se réclamer. S’il advenait qu’un pouvoir s’y risque, je prendrais la défense des croyants opprimés par ce pouvoir. Et je ferais de même pour toute pensée ne prônant pas la suppression de nos libertés.
          Par contre, votre assertion selon laquelle « un communiste véhicule des idées autrement plus liberticides que le port du voile » m’a fait un peu sourire, je m’en excuse. Ne discutons pas sur l’idée « port du voile » (??) ni même sur ce qu’il reste des communistes. Je vous rappelle quand même que j’ai évoqué dans mon article le voile « intégral » et le « burkini ». Vous êtes libre de penser et d’exprimer qu’il s’agit d’une manifestation de la liberté religieuse que nous avons le devoir de respecter. Jamais, je ne préconiserai que l’on vous interdise de le penser et de l’écrire, contrairement à ce que vous suggérez.
          Mais je pense tout autrement. Il ne vous a pas échappé que nous sommes victimes d’attentats odieux provenant de factions rattachées à l’Islam. Il se trouve que beaucoup de gens, de droite, de gauche ou de nulle part pensent qu’il y a un lien entre le terrorisme islamique et la poussée de fondamentalisme religieux en Europe. Vous pouvez les traiter de suppôts du totalitarisme anti-religieux, mais, ce faisant, vous ne représentez qu’une des manières de penser cette question, une manière très dogmatique. Que faire quand les ennemis de la liberté utilisent la liberté pour dominer ? A cette question difficile il n’y a pas de réponse simpliste. Personne, sauf vous bien sûr, ne peut prétendre détenir la solution.
          Malgré votre puissance intellectuelle assez peu commune, accordez donc à tous le droit d’analyser une situation sans la contrainte préétablie d’un dogme. Cela s’appelle la liberté de pensée et vous avez négligé de la pratiquer depuis fort longtemps. Vous n’êtes pas encore trop vieux. Vous pouvez progresser.

          1. « Il se trouve que beaucoup de gens, de droite, de gauche ou de nulle part pensent qu’il y a un lien entre le terrorisme islamique et la poussée de fondamentalisme religieux en Europe. »

            Bel exemple d’ argumentum ad populum.

            Par ailleurs, la liberté (d’expression, de religion, …) est un droit naturel, pas un dogme.

          2. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

            « Il ne me viendrait pas à l’esprit de limiter la diffusion des écrits… »

            La liberté religieuse, ce n’est pas seulement la liberté de diffuser des idées religieuses. C’est aussi, mais avant tout la liberté de pratiquer en paix sa religion, y compris en public, sans que quiconque, État ou individu, ne vous l’empêche dès lors qu’on ne viole les droits de personne ce faisant. Relisez, par exemple, la loi e 1905 qui sanctionne les atteintes à la liberté du culte.

            « …votre assertion selon laquelle « un communiste véhicule des idées autrement plus liberticides que le port du voile » m’a fait un peu sourire… »

            Vu l’historique des méfaits causés tout au long du 20e siècle par un nombre incalculables des partisans de ce totalitarisme, je crains que votre sourire ne se fige rapidement sur votre visage.

            « Il ne vous a pas échappé que nous sommes victimes d’attentats odieux provenant de factions rattachées à l’Islam… »

            De la même manière que les Occidentaux ont été victimes d’attentats « provenant de factions rattachées » à l’anarchisme, au socialisme, au communisme, etc. Cependant, ces attentats n’ont jamais justifié de violer les libertés fondamentales des socialistes, communistes et autres d’exprimer leur idées, de s’associer, de diffuser par toutes les voies possibles leurs idées liberticides, etc. De la même manière, quelques attentats commis par des criminels au nom d’un islam dévoyé ne peuvent justifier, via l’intervention de l’État, de violer la liberté d’une femme musulmane de pratiquer en paix sa religion en France. Et si cette pratique implique pour elle de porter le voile, l’État n’a aucune légitimité pour l’en empêcher.

            « Que faire quand les ennemis de la liberté utilisent la liberté pour dominer ? »

            Cette question n’a strictement rien à voir avec la laïcité : dès lors qu’ils violent les droits naturels d’autrui, ces gens sont à combattre. Le seul moment où l’État est légitimé à limiter les libertés fondamentales d’un individu, c’est lorsque ce dernier les emploie pour violer les droits d’autrui. Mais une femme qui porte le voile en rue ou le burkini sur une plage ne viole les droits naturels de personne. Ergo, l’État doit se plier au principe de la laïcité et s’abstenir d’intervenir et encore plus d’interdire ce comportement.

        2. Merci josé.
          J’ai l’impression que dans les propos de l’auteur, il y a une confusion entre l’espace publique et la sphère publique.

          « L’idée cléricale, c’est de croire que l’on connaît mieux qu’eux ce qui est bon pour les autres, qu’on peut les libérer malgré eux, parce qu’on serait soi-même totalement libre et éclairé, libéré de préjugés et de déterminations. » Jean BAUBEROT

          http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/11/25/1905-et-les-tenues-religieuses.html

        3. Cher Patrick,
          Ha le caractère sacré du pouvoir ! C’est super pratique. En effet, comme Dieu est tout puissant par nature, le pouvoir sacré l’est tout autant. Remettre en cause le caractère sacré du pouvoir c’est donc certes séparer religion et pouvoir politique mais c’est plus que cela. C’est aussi faire perdre au pouvoir sa toute puissance pour le maintenir dans des limites les plus étroites possibles (ici : vif débat), comme le voulaient les Pères Fondateurs américains. Remettre en cause le caractère sacré du pouvoir ce n’est sûrement pas le retirer au Roi de droit divin pour le refiler à une bande de guignols (les politiques) autoproclamés oracles du peuple souverain, ce qui est aussi immodeste que de prétendre accomplir la volonté divine et qui produit les mêmes dérives. J’ai bien peur que prétendre réglementer les tenues vestimentaires fasse partie de ces dérives.
          De toutes façons ces femmes voilées seront imperméables à vos arguments. C’est religion qu’il faut leur parler. Personnellement je doute fort que le port du voile soit suffisant pour arguer de son humilité devant le Tout Puissant au jour du Jugement Dernier, inquiétude que Chrétiens et Musulmans partagent. L’exigence divine est vraisemblablement d’une difficulté supérieure. Votre croisade est liberticide en ce qu’elle restreint une liberté sans justification. Elle est aussi, et surtout dirais-je, vaine. Vous ne convaincrez pas ces femmes avec la charte de la laïcité en bandoulière. C’est soit inopérant car a-religieux, soit à côté de la plaque car elles ont peur. Comme vous je partage cette crainte, je ne suis pas ni naïf ni aveugle. Mais je ne partage pas votre avis quand à la manière d’aider ces femmes apeurées (par les hommes, pas par Dieu).
          Ce que doit faire l’Etat et ses gendarmes ce n’est pas se ridiculiser en chassant le burkini devant les photographes. C’est faire respecter l’ordre public, pilier de la Liberté. C’est mettre au pas les petits branleurs qui terrorisent les cités pour imposer leur pouvoir. Une femme se plaint d’être menacée si elle ne se voile pas ? Allez, rouvrons le bagne de Cayenne, un traitement à base de moustiques et de cailloux à casser qui a fait ses preuves.

      3. @ Patrick Aulnas,

         » Pour ce qui est de l’Islam radical et de son refus d’admettre la liberté des femmes, je suis incapable de vous comprendre.  »

        C’est bien simple de le comprendre. Du moment que vous interdisez le port d’un vêtement pour une femme sous prétexte que c’est forcemment imposé vous interdisez automatiquement tout choix qui serait volontaire. Bref vous n’avez savez aucunement la preuve de façon individuelle de savoir si toutes les femmes en burqa l’ont été de force ou non.

         » Il s’agit simplement de maintenir la domination masculine sur les femmes et d’en afficher le symbole sur la place publique.  »

        Mais qu’en savez-vous que ces femmes en burqa seraient forcement mal traitée par leur mari même si le port est une obligation familiale pour certaine. Vous pouvez dés lors interdire le mariage puisque beaucoup de femmes mariées non musulmanes sont aussi pour d’autres raisons sous la domination de leur mari en plus d’être battue par certain.

         » Vous confondez liberté religieuse et prosélytisme liberticide. »

        On pourrait en dire de même pour les libéraux qui défendent à ce que les socialistes aient aussi le droit le droit de faire passer publiquement leurs idées politiques. Ce serait confondre liberté politique avec propagation d’idées liberticides.

        @ José,

         » La laïcité est un principe politique qui vise à interdire à l’État d’imposer ou interdire la pratique d’une religion.  »

        Exact et je rajouterais que la laïcité c’est aussi que l’état ne doit pas favoriser une religion par rapport à une autre. Le problème c’est qu’aujourd’hui la laïcité est devenu pour certain un instrument politique visant à interdire tout signes religieux visibles sur la voie publique par des règlements municipaux jusqu’au jour ou ce type d’interdiction ira jusqu’à votre propre domicile.

        D.J

        1. N’est-ce pas l’ultra-libéral Sarkozy qui veut imposer la laïcité au sein même des entreprises privées ? On commence aussi à en parler de plus en plus dans les CHSCT, et pas forcément par le côté que l’on croit, mais trop souvent par ceux qui ont envie de régler des comptes. Et la laïcité « administrative », certains parlent de laïcisme, fournit tout l’arsenal qu’il faut pour y arriver. A mon avis, commencer à vouloir aller réglementer l’intimité des gens, ce n’est qu’une preuve supplémentaire que la France a abandonné depuis fort longtemps déjà l’idée que chacun a droit à sa conscience et surtout son libre-arbitre.

          1. Juste pour information, monsieur Sarkozy est tout sauf « ultra-libéral ».
            De plus, ce terme n’a aucun sens. Il n’y a pas d’extrême dans la liberté, il y a la liberté, point barre!

            Quand vous évoquez le laïcisme, vous parlez de l’absence complète de symboles religeux? Si c’est le cas on assiste encore une fois à une violation totale de la sphère privée.

            1. Juste pour votre information, quand un libéral utilise le terme « ultra-libéral », vous devriez comprendre que c’est plus pour se moquer 🙂
              La prochaine fois, j’utiliserai « giga-libéral », c’est plus approprié, surtout pour Mr Sarkozy.

      4. « Fondamentalement, la laïcité est la remise en cause du caractère sacré du pouvoir politique. » … s’il ne fallait retenir qu’une seule bêtise parmis toutes celles écrites, c’est bien celle là.

        Non Monsieur Aulnas, la laïcité n’est pas l’anarchie loin de là, ça c’est du pur hold up gauchiste.

        1. Le sacré n’est pas le religieux

          Wilipedia :  » Le sacré est une notion d’anthropologie culturelle permettant à une société humaine de créer une séparation ou une opposition axiologique entre les différents éléments qui composent, définissent ou représentent son monde : objets, actes, espaces, parties du corps, valeurs, etc. Le sacré désigne donc ce qui est mis en dehors des choses ordinaires, banales, communes ; il s’oppose essentiellement au profane, mais aussi à l’utilitaire. »

      5. Patrick Aulnas parle de liberté de la femme que lorsque ça l arrange.

        75 000 viols par an en France, c est du à l « Islam radical »?

        Inégalités salariales à job et competences identiques – c est de l islam radical?

        Propos sur les jupes et string de députés (accessoirement représentants du Peuple) – c est de l islam radical?

        http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20160705.OBS3961/on-dine-ensemble-les-journalistes-politiques-face-au-sexisme.html

        http://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/sexisme-et-harcelement-les-rennaises-se-mobilisent-04-10-2016-11242066.php

        Les propos de M Trump sur les femmes, c est de l Islam radical?

        etc…

        Je pense que vous surfez sur le nationalisme bon marche à la mode (bien de chez nous, of course) et que vous utilisez la liberte religieuse comme décor en papier mâché.

    2. Tres bonnes interventions de Jose.

  2. Pourquoi ne pas simplement admettre que vous souhaitez imposer votre modèle de société, vous souhaitez simplement que VOTRE humanisme soit imposé, votre malhonnêteté (socialisme) est triste à voir.

  3. « la tutelle divine » … est une fumisterie. Citez moi un seul exemple de personne que Notre Père ait jamais foudroyée sur place pour avoir transgressé sa Loi. Des exemples de personnes martyrisées par d’autres personnes soit disant au nom d’un dieu sont bien sûr légion, mais ce n’est pas la même chose. Faire passer sa volonté personnelle, sa soif de pouvoir, pour celle d’un dieu supérieur a tout jours été le paravent idéal pour les puissants. Il permet de camoufler la vraie base de leur pouvoir : la contrainte. « Mon royaume n’est pas de ce monde » répond Jésus à Pilate.

  4. Fidèle lecteur de contrepoints, je ne commente jamais les articles. Cependant celui ci me laisse quelque peu amer, surtout avec la manière avec laquelle vous tordez « le concept », mais surtout le droit fondamental de liberté.
    Je pourrais reprendre les divers concepts avariés (modestie laïque…), de votre article mais je préfère vous inviter à relire les débats sur le port de la soutane en 1905.

  5. Personnellement, en tant que catholique, je trouve votre vision de la laicité très éloignée de ce qui se fait actuellement en France et surtout ce que les croyants, qu’ils soient musulmans, juifs,chrétiens ou autres vivent réellement. La laicité était certainement un bon concept lors de son instauration il y a plus d’un siècle, mais à l’heure actuelle, elle me fait plus penser à une sorte de secte républicaine, un outil fort pratique pour tous ceux qui ont un problème avec la religion. Gommer le fait religieux, pour moi ce n’est ni de l’humanisme, ni l’expression d’une quelconque forme de liberté. Et pour argumenter mes propos, sachez qu’à la rentrée scolaire, ma fille a été menacée d’exclusion de son collège, parce que ma femme et moi-même avons refusé de signer cette fameuse charte de la laicité. Et des exemples comme cela, je pourrais vous en sortir des kilomètres. Alors, non, Monsieur Aulnas, cette laïcité-là n’a strictement rien à voir avec la Liberté !

    1. Comment ça on vous a demandé de signer la charte de la laïcité ? Je ne crois pas savoir qu’une telle procédure soit obligatoire; en fait l’acceptation de cette charte est tacite si vous inscrivez votre enfant dans un établissement scolaire, comme pour le règlement intérieur. La charte doit être portée à la connaissance de toutes les personnes concernées pour que chacun connaisse les interdits qui y figurent (prosélytisme, habits ostensiblement religieux), c’est tout.

      1. Circulaire n° 2015-085 du 3-6-2015. « Un parcours citoyen, appuyé notamment sur la mise en place à tous les niveaux d’enseignement à la rentrée 2015 de l’enseignement moral et civique, devra être organisé de l’école élémentaire à la terminale. Il doit permettre aux élèves de comprendre le principe de laïcité, en s’appuyant notamment sur la Charte de la laïcité à l’École, qui sera présentée aux élèves et à leurs parents à la rentrée scolaire et signée par eux pour attester la reconnaissance par chacun de ses principes. »

        Accepter et respecter un principe est quelque chose. Y adhérer en est une autre.

  6. Le couplet sur « l’asservissement des femmes » est d’un ridicule achevé.

    Vous êtes prêt à faire subir à celles qui vivent le regards d’autrui comme une souillure la pire des humiliations et c’est nous les dogmatiques…

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