Les Français, enfants gâtés du socialisme

Publié Par Patrick Aulnas, le dans Sujets de société

Par Patrick Aulnas.

By: BethCC BY 2.0

Les Français sont souvent considérés à l’étranger comme un peuple léger et instable. La légèreté apparaît dans le comportement face à l’argent, considéré comme le mal, et à la sexualité, considérée comme un jeu. Les Français sont volontiers considérés comme dispendieux et volages. Les Anglo-saxons, du fait de l’influence protestante qui a marqué leur histoire, inversent les propositions : la sexualité est un mal auquel nous succombons par nature (nous sommes des mammifères) et l’argent est une chose sérieuse avec laquelle on ne plaisante pas. Business is business.

Quant à l’instabilité française, elle apparaît dans l’histoire politique et sociale du pays. À partir de 1789, les régimes politiques succèdent aux régimes politiques à vive allure : Première République, Directoire, Premier Empire, Restauration, Monarchie de juillet, Seconde République, Second Empire, Troisième République, Régime de Vichy, Quatrième République et enfin Cinquième République. Ouf ! Peu de peuples ont connu pareille diversité.

Des réactions d’enfants gâtés

Les Français d’aujourd’hui n’ont pas vraiment changé. Alors que les autres pays d’Europe ont entrepris des réformes de structure pour, enfin, prendre acte de la fin de la période exceptionnelle de forte croissance économique qui a suivi la seconde guerre mondiale, la France renâcle, manœuvre, promet et ne respecte pas ses promesses. Bref, la France ment à ses partenaires européens avec l’aplomb d’un enfant gâté. Les Portugais, les Espagnols, les Italiens ont rencontré des difficultés bien réelles, mais ils ont réformé. Ne parlons pas des Irlandais qui, en libéralisant leur économie, connaissent aujourd’hui des taux de croissance dignes des Trente Glorieuses (6,9% en 2015). Ne parlons pas non plus des Allemands qui ont accompli des efforts considérables pour réunifier les deux Allemagne tout en réformant leur marché du travail et en rééquilibrant leurs budgets publics.

Le maternage étatique

Pendant ce temps, les Français manifestent, font grève. Certains rêvent de révolution, manie bien française ! D’autres accusent le gouvernement d’ultra-libéralisme pour une réformette totalement marginale du Code du travail. Les Français vivent sur la dette publique depuis des décennies et se plaignent de la stagnation de leurs revenus, de l’absence de perspectives d’avenir et du libéralisme mondial qui les assiège. Ils veulent des salaires plus élevés, des congés plus longs, un âge de la retraite plus bas, des dirigeants d’entreprise moins bien rémunérés. Mais qui doit leur apporter tout cela ? L’État, évidemment. Un enfant capricieux et mal élevé se comporte exactement de la même façon avec papa-maman. Nos concitoyens rêvent ainsi d’un maternage étatique. Des crises de larmes assez violentes et des insomnies surgissent lorsqu’ils se sentent abandonnés. C’est Nuit Debout.

Qui sont les riches ?

dessin politique510Nos concitoyens réclament bruyamment confort et sécurité à l’État tutélaire. Au lieu de demander plus de liberté pour pouvoir agir, se prendre en charge, faire face, les Français pleurnichent auprès de leurs politiciens pour obtenir de la redistribution. Ils sont entendus cinq sur cinq. Pourquoi voudriez-vous que les politiciens leur fassent la morale ? Les gouvernants ont trop à gagner à être compréhensifs, à se mettre apparemment au service de leurs concitoyens pour accumuler du pouvoir en prétendant les servir. Ainsi va la France.

À la fin de l’Ancien Régime, l’aristocratie de cour vivait largement de pensions royales. Aujourd’hui, tout le pays vit de prestations diverses financées sur prélèvements obligatoires. Avec des dépenses publiques représentant 57% du PIB, il faut évidemment une quantité faramineuse d’allocations, subventions, aides, investissements publics et tutti quanti. Tout le monde en profite. Vous me direz que les heureux bénéficiaires de revenus élevés payent beaucoup plus qu’ils ne reçoivent. Sans aucun doute, mais ils sont si peu nombreux. Selon Le Figaro, 5% des Français seulement gagnent plus de 4300 euros par mois. Ce n’est pas la fortune, loin s’en faut, mais ces personnes sont perçues comme des riches par beaucoup d’autres (95% ?). Il en résulte qu’il apparaît tout à fait normal de les ponctionner pour corriger cette insoutenable injustice. Si la justice, c’est l’égalité, pourquoi en effet y aurait-il des riches ? Même des riches aussi modestes.

Réglementer et encore réglementer

Vous comprenez donc que tout s’enchaîne. Il est légitime de quémander auprès de l’État, c’est-à-dire des politiciens, puisque le monde est injuste et qu’il appartient aux gouvernants de le rendre juste. On ne leur demande pas de changer la nature humaine, si elle existe, mais tout simplement d’égaliser les revenus et les patrimoines. Il suffit de voter des lois et le tour est joué. Tout cela est archi-simple.

Prenez un patron de groupe automobile jugé trop gourmand en termes de rémunération. Vous votez une loi plafonnant les rémunérations des dirigeants d’entreprises françaises et, à l’avenir, tout cet argent gaspillé sera beaucoup mieux employé. Des textes, des lois, des règlements, il n’y que ça de vrai. Les politiciens sont là pour réglementer. Pourquoi donc se posent-ils parfois tant de questions ? Cela, les Français ne le comprennent pas bien. Un peu de bonne volonté normative et la société deviendra un Eden de justice, un paradis, une société sans classes. De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. Étienne Cabet, Kropotkine et même Karl Marx l’ont écrit. Alors ?

Attention à 2017 !

Vous pensez que le raisonnement est un peu généralisateur. Il y a Français et Français. Tous ne pensent pas ainsi, sans aucun doute, mais globalement, le tableau est plutôt réaliste. Atavisme aristocratique, tradition de l’État fort depuis Louis XIV et même Louis XI, logique cartésienne un peu courte, allez donc chercher dans les profondeurs de l’Histoire les dominantes d’un peuple. L’actuel Président de la République sait utiliser à merveille et à son profit les caprices infantiles des Français. Il a été élu en 2012 sur la peur de la réélection de Sarkozy. Il prévoit déjà pour 2017 une campagne axée sur la peur du libéralisme. « La droite va casser le modèle social français, alors cessez un instant vos caprices et votez pour moi ». Attention ! La peur est très efficace avec les enfants indisciplinés.

  1. prem s !!

  2. Excellente analyse, je partage a 100% et la droite est tombé dans le piege Macron tendu par Hollande et fait dans la surenchère de promesse liberale qu’ils ne tiendraient jamais d’ailleur.
    S’ il est faciile de constater a quel point Hollande est un incapable en terme de gouvernant, il reste un vrai « Miterandien » dans l’habileté politique pour concentrer et conserver les pouvoirs…

  3. message que l’on trouvait sur les blogs Yahoo sport et qui me semble, illustre bien le propos
    1942 a fait beaucoup pour notre misère actuelle mais effectivement la tendance est ancrée plus profondément
    la saint Barthélemy serait elle l’acte fondateur du socialisme en France ?

  4. La vraie question est de savoir s’il y aura une majorité de Français pour se rendre compte que 1) notre système est intenable, 2) que les vrais profiteurs ne sont pas les patrons mais ceux qui nous gouvernent. Pas gagné.

    1. Pas intenable juste injuste et les profiteurs ne sont pas que ceux qui nous gouvernent mais leur clientèle électorale aussi

  5. Merci à Patrick AULNAS pour son analyse.
    Il s’agit en fait de l’explication synthétique du « mal français » qui ronge notre pays et qui l’empêche d’évoluer vers plus de prospérité et vers plus de démocratie.

    1. Danièle Cosson-Schéré

      +1. j’allais précisément laisser un commentaire pour citer Peyrefitte qui diagnostiqua ce  » Mal français » atavique, il y a 40 ans. Réédité il y a 20 ans ( avec une préface verbeuse de cardère d’Encausse qui a fait bien mieux), cet ouvrage n’a pas pris une ride. Nos compatriotes sont les éternels rejetons braillards de l’Etat-nounou. Qui donc viendra leur siffler la fin de la récré? Et surtout quand? car la France « danse sur un volcan ».

  6. Article bourré de clichés et d’amalgames.
    Les allusions par ex aux régimes politiques qui se sont succédés en France qui serait la conséquence de l’esprit instable des français ; Nos voisins n’ont -ils pas connus des crises bien plus graves avec des révolutions et l’avènement du fascisme qui a détruit leurs pays ! Le reste est tout aussi déplorable ne faisant pas la part de ce qui est possible dans un régime libéral pour réduire ses effets négatifs, des mesures nécessaires que l’auteur assimile abusivement à du socialisme.

    1. Danièle Cosson-Schéré

      Ce qui est grave, c’est de savoir aussi mal lire qu’écrire et de confondre le nombre de régimes qui se sont succédé ( sans s), ce que dit P. Aulnas, et la gravité des crises qui ont provoqué ces changements de régimes. Il suffit de compter sur ses doigts pour savoir que tous nos voisins ont un palmarès infiniment plus limité que le nôtre en ce domaine. Merci pour cette manifestation d’antilibéralisme et de jacobinisme qui sont les principaux symptômes du « Mal français », lequel est tout aussi viscéral et atavique que Peyrefitte le décrivait il y a quarante ans. Les Français restent les gosses braillards de l’Etat-nounou. Qui donc viendra leur siffler la fin de la récré en leur flanquant une belle raclée? Bébé Cadum Macron? Sûrement pas. Et surtout, quand?

    2. Stéphane Boulots

      Quels effets négatifs ? Le capitalisme de connivence n’a absolument rien à voir avec le libéralisme.

      Ou peut être vous utilisez la définition médiatique : si les syndicats détestent, c’est du libéralisme…

  7. On ne peut plus clair et plus lucide !

  8. Il faudrait arrêter de nommer « Les Français » ces zadistes des nuits de boue. Il n’y a que le gouvernement pour les prendre au sérieux.

    1. De même « Les Français vivent sur la dette publique ». Non. Il y a ceux qui financent et ceux qui profitent, ceux qui prennent des risques et ceux qui attendent tout de maman-Etat, etc. Cette généralisation consistant à mettre tous les Français dans le même sac est répugnante. Et la dette publique ne sera pas payée par les futures générations, comme certains aiment à le dire, mais par les économies des « bons élèves » actuels et passés. Les cigales et leurs enfants, n’ayant rien à perdre, ne seront pas spoliées.

    2. Stéphane Boulots

      Absolument, quelques centaines de gauchistes manipulés ne sont pas « les Français »

      1. Il faut plus que quelques centaines de gauchistes pour angloutir 57% du PIB, mathématiquement les profiteurs sont majoritaires, donc une majorité de français ne vois aucun intérêt dans un retour à la réalité :
        Trop tard, pays non reformable par la raison, les lois économiques naturel feront le boulot c’est juste que ça fera plus mal.

  9. Excellent! une bouffée d’oxygène dans ce pays asphyxié!

  10. les français , sans leur tutut à la bouche et leur hochet , ils ne savent plus ou ils campent ;

  11. Stéphane Boulots

    Tout ce battage médiatique, ainsi que la gueguere intra PS ne montrent qu’une chose : le pouvoir socialiste est aux abois et ses ficelles pour manipuler l’opinion par la peur et la comédia dell’arte deviennent de plus en plus grosses.

    Reste l’arrogance et la prétention (la France championne du monde de tout) qui risque bien de faire fureur prochainement. Préparons nous à l’avalanche de déclarations tonitruantes (on va gagner, tous ensemble, le changement etc…)

    Ce pays est foutu

    1. Ce qui et triste c’est que ceux d’en face ne valent pas mieux!

  12. pourquoi faire des reformes, tout va bien pour 90% de la population, on va pas s’embêter pour les 10% qui , de toute façon ne peuvent pas disparaitre , c’est un minimum dans une société….et comme l’essentiel de la vie est la reproduction on laisse les tracas financiers aux autres , nous on est au top , qu’en disent nos champions allemands ?
    le jours où les autres arrêteront de bosser comme des malades faute de bras , on retroussera nos manches!

  13. Ecire « Les enfants gâtés », c’est encore bien trop gentil. J’aurais écrit « Les enfants pourris »!

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