Augmenter le point d’indice des fonctionnaires : du clientélisme coûteux

Publié Par Aurélien Véron, le dans Politique, Pushmobile

Par Aurélien Véron, président du Parti Libéral Démocrate.

Manifestation contre l'austérité dans la fonction publique à Strasbourg (Crédits Rue89 Strasbourg, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

Manifestation contre l’austérité dans la fonction publique à Strasbourg (Crédits Rue89 Strasbourg, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

La hausse de 1,2% de la valeur du point d’indice est un mauvais signal pour le pays. Cet achat de votes des 5,4 millions de fonctionnaires concernés, à un an de la présidentielle, sera financé par des contribuables et des PME exsangues, affaiblissant les chances de reprise de l’activité. Ce « coup de pouce » clientéliste achève les derniers espoirs de retour du déficit public sous les 3% du PIB, tout en n’empêchant pas le dépeçage en règle de la loi Travail. La majorité ne retiendra finalement que cette dépense publique non financée supplémentaire et, peut-être, une nouvelle taxe sur les CDD.

Les salaires des agents de l’État progressent en moyenne plus vite que l’inflation, à valeur du point d’indice figée, par les mécanismes d’ancienneté automatique et les mesures catégorielles ponctuelles. Il ne s’agit donc pas de compenser une prétendue absence de progression des salaires, mais d’offrir un véritable bonus sans contrepartie de performance aux bénéficiaires du statut de la fonction publique. La réforme des primes des fonctionnaires (passage au RIFSEEP) a en outre acté l’année dernière la quasi-suppression de la rémunération à la performance.

Nous sommes l’un des derniers pays à offrir un tel statut aux agents de l’État, indépendamment des métiers pratiqués. Un enseignant n’est pas un juge, un policier n’est pas un bureaucrate culturel. Nombre d’entre eux méritent des rémunérations bien plus élevées que leur niveau actuel, c’est vrai. Mais à condition de limiter le poids de leur bureaucratie environnante et d’abroger leur statut sclérosant.

La vraie réforme proposée par le PLD consiste à aligner le statut de la fonction publique et toute l’organisation planiste qui en découle, sur celui du droit commun permettant l’individualisation des embauches, des évaluations, des rémunérations et des carrières. Des agents moins nombreux, plus autonomes, plus efficaces, mieux rémunérés

  1. C est pas cher c est l état qui paye ?

  2. Pierre Kirool (futur émigré)

    En début d’année, c’était 500 000 formations. Aujourd’hui, c’est la revalorisation des salaires des fonctionnaires. Demain, on nous annoncera des embauches dans le public.

    Quand on vise la réélection, on ne compte pas. En plus, c’est gratuit, c’est la génération suivante qui paiera.

    Petit a parte : « Nombre d’entre eux méritent des rémunérations bien plus élevées que leur niveau actuel, c’est vrai. » C’est discutable, le seul moyen de le savoir serait qu’ils aillent bosser dans le privé.

    1. Tout à fait, ce que les fonctionnaire mérite c’est de devoir proposer leur travail sur le marché et ainsi trouver une rémunération correspondant à leur véritable utilité.

  3. « (…) à valeur du point d’indice figée, par les mécanismes d’ancienneté automatique et les mesures catégorielles ponctuelles »

    Bon déjà si c’est ponctuel cela ne s’applique pas à tous, ensuite le mécanisme d’ancienneté automatique j’avais cru comprendre qu’il n’était pas linéaire.

    Ainsi au premier échelon la revalorisation intervient au bout d’un an, puis deux ans, puis etc … pour se retrouver à attendre cinq ans pour le dernier échelon, soit le 9ème ou le 13ème suivant le grade.

    Et après le dernier échelon et bien il faut attendre d’être proposé au grade supérieur, ce qui n’est pas automatique.

    Donc je suppose que des salaires ont réellement baissés et que des fonctionnaires ont eu leur pouvoir d’achat décliné.

    Information à vérifier car j’ai la flemme de re-chercher … 🙂

    Le problème c’est fondamentalement les fonctions non régaliennes et le copinage d’embauche et de placement. Et je reste persuadé que la rémunération à la performance voir au mérite ne serait que le grand retour des promotions canapés et le renforcement du copinage existant …

    1. « Donc je suppose que des salaires ont réellement baissés et que des fonctionnaires ont eu leur pouvoir d’achat décliné. »

      Bienvenue au club! c’est comme ça dans le privé depuis 15 ans…

      1. @Laurent
        « Bienvenue au club! c’est comme ça dans le privé depuis 15 ans… »

        C’est donc que vous reconnaissez que les fonctionnaires ne sont pas des salauds de profiteurs, dont acte 🙂

  4. « le salaire progresse plus vite que l’inflation » FAUX
    enseignant titulaire depuis 1986 j’ai recalculé mais salaire net en euro 2015 : il a progressé jusqu’en 1998
    depuis il a baissé de 10% en 17 ans
    Il y a bien longtemps que les progressions d’échelon ne compensent plus la baisse de pouvoir d’achat
    quand au soit disant primes, elles n’existent pas pour nous

    1. Prof de francais ? Ou pas, vos commentaires méritent un zéro et pour le moins aucune prime

  5. Modération : commentateur banni pour spam

    1. Votre analyse est fausse.

      1. si vous pouviez m’expliquer pourquoi…

        1. car on ne peut rien comparer pour commencer…
          un salaire n’est jamais trop haut ou trop élevé il est ce qu’il est il est le résultat du marché… du moins en théorie…

          excusez moi mais comment déterminer le salaire d’un fonctionnaire?????
          on peut parler la retraite aussi…

  6. On peut penser que les fonctionnaires ne sont pas assez stupides pour se faire acheter pour 1% de plus.Les bons fonctionnaires sont victimes de la politique égalitariste. Les personnes motivées sont victimes d’une politique RH désastreuse et de managers souvent incapables. Les personnes qui souhaitent ne pas perdre leur temps sont victimes de la non performance des organisations publiques. Les personnes peu absentes sont victimes de ceux qui exagèrent et sont absents sans bonne raison etc ….
    La corde est tendue et elle menace de casser. A force d’aller trop loin la fonction publique s’écroulera et là c’est – 30 % qu’ils devront encaisser. D’un point de vue rationnel les fonctionnaires devraient en grande partie voter pour des politiques capables de réformer la fonction publique, donc certainement pas les dinosaures du PS.

    1. Si c’est si abominable, pourquoi ne démissionnent-ils pas ?

      1. Parce que les fonctionnaires ont beau se plaindre a longueur d’année de leur horrible situation ils ont encore la lucidité nécessaires pour voir que la situation du privé est beaucoup moins enviable globalement et surtout pour les revenus faibles à moyen. Si on factorise la sécurité de l’emploie, les retraites, les avantages divers, le temps de travail et tous les avantages induits (essayer d’obtenir un crédits quand vous êtes en CDD) alors la situation devient clair comme de l’eau…

        1. Laurent : je me retrouve tout à fait dans le commentaire de Prolux. Sans vouloir me lancer des fleurs ( un peu quand même hein, on est jamais mieux servit que par soi-même 😉 ), je pense être efficace dans mon job de fonctionnaire… Je suis du style à venir bosser dans une civière si y a besoin ( absente 45 jours en 15 ans et encore absence due par une opération d’urgence avec complications et aucune possibilité « physique » d’aller au bureau dans la mesure où j’ai faillis finir entre 4 planches).

          La politique RH est désastreuse, les « chefs » incapables de ne pas titulariser des personnes qui ont montrés leur incapacité à effectuer le boulot au mieux paresseux, au pire paresseux et incompétents… Des « brebis galeuses » en somme que l’Etat va traîner durant 40 ans et donneront la mauvaise image de ces « fichus nantis de fonctionnaires »…
          Et par là une ambiance de travail pour les agents « normaux » assez dure à vivre.
          Alors je ne « pars pas » pourquoi ? Là je te rejoins Laurent, pour avoir de la famille qui bosse en alignant les CDD, je pense avoir les « pieds sur terre » du point de vue marché de l’emploi…
          Et par contre j’ai envie de dire pourquoi ce serait à moi de partir ? Du reste, si on démissionne on a « rien du tout » ( pas de chômage)… Alors bon… A moins d’être « suicidaire »…
          Et que les « présents et consciencieux » vont se prendre les « invectives du public » en pleine figure…

          Pour le reste, Laurent, la sécurité de l’emploi existe on va pas le nier… Il y a cependant la contre partie d’accepter de « bouger » (on nous demande notre avis sur les mutations mais on ne l’obtient pas forcément. Je peux te le dire en connaissance de cause)…. Mais si on accepte pas le principe d’avoir le « risque » d’être nommé à 500 bornes de chez soi on passe pas le concours….
          Les avantages heu bof bof
          Le temps de travail : je suis à 36h12 par semaine…. Avec ( et heureusement y a pas de raison …) la retenue d’une journée « solidarité »…
          Les retraites : vrai sur le mode du calcul sur 6 mois… Faux sur la base de calcul ( certains constituants du salaire ne sont pas pris en compte. Avec ma simulation de calcul je n’aurais que 850 €/mois) et sur les « petits » fonctionnaires qui ont un salaire au ras des pâquerttes…
          Autres avantages dont tu parles : trouver un appartement, on me demande TOUJOURS une caution solidaire… un crédit : certes on est ok, plus facile d’avoir un accord de principe que le CDDéiste mais pour le reste encore une fois, faux pour les « petits » fonctionnaires…

          Quant au sujet de l’article:
          1.2% ne serviront pas à m’acheter je peux te le dire ! Quand on aura enlevé le relèvement des cotisations retraite et mutuelles, au final il ne devrait en rester que 0.4 % …
          Je ne m’en plains pas, s’est un constat…
          Le fait est aussi qu’à côté de ça: le pacte de responsabilité des entreprises coute 50 milliards d’euros, le CICE en coute 20… Et pour des résultats plus que « mitigés » sur l’emploi, tu en conviendras ?

          Pour ce qui est du nombre de fonctionnaire… Vaste sujet, vaste débat…
          Je conçois, pour « être dedans », qu’il y a des économies d’échelles possibles… Après y a des choses de faites en ce moment mais l’efficacité est limité ( exemple suppressions d’agent « C », voir « B » mais augmentation de « A »… Cherchez l’erreur ! Globalement effectif « largement rogné » mais la masse salariale est identique car un « A » est biennnnnn mieux payé qu’un « C »)…
          Bref, y a des choses à revoir on est ok…

          Quant à « casser » le statut de fonctionnaire, je suis sceptique ( certes je suis dedans et donc « partisan » là aussi on est ok 😉 je ne vais quand même pas dire le contraire, ce serait de la malhonnêteté intellectuelle ) Mais quand même:
          On cotise actuellement, par une solidarité que je trouve tout à fait logique, 1% reversé pour le chômage… Si je ne me trompe pas le privé cotise 2.4 %. Il faudrait donc rien que pour ça que l’Etat verse pas loin de 5 milliards d’euros pour que l’on soit « au niveau du privé » ( et bien oui 3.4 % pour 1% déjà affecté aux caisses chômage du « privé » plus une cotisation de 2.4% pour que les agents de l’Etat aient une cotisation suffisante) si on risque d’ « être viré ».
          Il n’y a aucun comité d’entreprise, il faudrait en créer un ( même si on « dégraisse » les effectifs on restera malgré tout dans l’obligation d’en avoir un). Coût ? Aucune idée…
          Création d’une vraie caisse de retraite: ce n’est pas le cas actuellement…

  7. Tant que les banques prèteront des montagnes d’argent à l’état la gabergie continura.

    1. Holland à démontré que cela ne suffira pas, si les banques ne prête plus on augmentera les impôts. Nous somme actuellement dans une dictature technocratique, les fonctionnaires sont au pouvoir (80% des élus sont des fonctionnaires, 95% des politiciens sont des fonctionnaires), jamais ils ne consentirons à réduire leur pouvoir et leur emprise sur la société, il faudra le leur retirer de force.

  8. Autre illustration de l’hypocrisie de la mesure : dans le même temps il est demandé aux hôpitaux publics des efforts d’économie (répercutant sur leurs ressources les objectifs Touraine de maitrise des dépenses d’assurance maladie), cette mesure démagogique réduit pratiquement à néant tous ces efforts (laborieux), et je vous prédis une multiplication des déficits d’hôpitaux en 2016 et 2017 (forcément, plus de 60 % de leurs dépenses c’est du personnel…)

  9. Ce qui est curieux, c’est de prétendre que l’ancienneté comble l’inflation !

    En effet, si l’ancienneté moyenne des fonctionnaires augmente, mécaniquement, le niveau moyen de leur salaire augmente aussi. Dans un tel contexte, si ensuite la fonction publique rajeunit, ce qui pourrait finir par arriver, mais seulement après une cure d’amaigrissement, on verrait le salaire moyen diminuer : que dirait-on ?

    – Comme le personnel de la fonction publique est appelé à vieillir en moyenne pour quelques années encore, du fait très probable de la cure d’amaigrissement qu’il faudra bien finir par mettre en route, on devrait assister à une hausse des salaires, … à salaires bloqués.

    – Mais d’un autre coté, si on suit l’auteur, on bloque les salaires de la fonction publique : combien d’années faudra-t-il pour voir démarrer par exemple un enseignant au SMIG ?

    – Tout chef d’entreprise sait pourquoi il augmente les salaires de ses salariés qualifiés, sauf à aimer le Turn Over… pourquoi s’offusquer de voir l’ancienneté prise en compte dans la fonction publique ? (c’est la caractère général et uniforme qui serait à revoir, pas le principe).

    1. Pourquoi confier la gestion des carrières aux syndicats comme à l’EdNat ?

  10. Allez, une petite pour sourire :

    C’est un type qui a un copain ministre. Il va le voir.
    – He, mon ami, j’ai un fils qui est un glandeur et qui a tout raté, pourrais-tu lui trouver un poste où il aurait du travail à fournir ?
    – Bien sûr, chef de mission, 8000 € par mois, pas grand-chose à faire, ça te va ?
    – Non, non, il faut quelque chose où il est surveillé.
    – OK, adjoint chef de mission, 6000 € par mois, c’est bien ?
    – Non, non, il en profiterait encore pour glandouiller à l’ombre du chef
    – OK, aide de l’adjoint de chef de mission, 4000 € par mois, facile, pas de responsabilités
    – C’est encore trop, trouve lui un poste de base, avec un chef sévère, et 1500 € par mois, il faut le dresser.
    – Ah ça, je ne peux rien faire pour toi
    – Pourquoi ?
    – Parce que, pour ces postes, il faut passer des concours et les réussir !

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