Principe de précaution : des effets pervers sous-estimés

Loin de diminuer les risques, l’application politique du principe de précaution débouche souvent sur des « remèdes pire que le mal ».

Un article de l’Institut économique Molinari.

Le recours au principe de précaution (PP) est devenu au cours des dernières années de plus en plus systématique. Pourtant, il justifie des interventions non seulement néfastes sur le plan de l’économie et de l’innovation, mais aussi parfois dangereuses pour la santé et l’environnement. Loin de diminuer les risques, l’application politique du PP débouche souvent sur des « remèdes pire que le mal ».

Insécurité juridique et obstacle à l’innovation

Adopté initialement afin d’éviter des dommages irréversibles pour l’environnement, le PP est devenu une sorte de « passe-partout ». Il justifie l’intervention des pouvoirs publics même quand cela n’est pas scientifiquement fondé et que le risque pour l’environnement est inexistant.

Au nom du PP, des produits de tous les jours ont été visés, tels que :

  • des « cornflakes » fortifiés en vitamines (Norvège) ;
  • des jus de fruit avec ajout de vitamine C (Danemark) ;
  • des boissons énergisantes (France)
  • ou encore la cigarette électronique.

Ce climat arbitraire est délétère pour l’activité économique, l’innovation technologique et le progrès scientifique.

Mais ce n’est pas tout. Le paradoxe du PP est qu’en dépit de son objectif, son application peut augmenter les risques pour plusieurs raisons.

Un principe qui peut tuer

Les bénéfices des produits ou des activités visés par le PP ont tendance à être ignorés. Les risques ainsi créés sont d’autant plus importants que les produits visés sont la référence dans leur secteur respectif.

Deux exemples permettent d’illustrer ce type d’effets inattendus du PP :

  • Le DDT : une référence dans la lutte contre le paludisme au milieu du 20ème siècle. Soupçonné notamment de nuire à certains oiseaux, son utilisation est abandonnée. Or, cet abandon s’est accompagné d’une résurgence de la maladie dans de nombreux pays, causant 756 000 morts en moyenne par an (2000-2010) dans le monde.
  • Le Bisphénol A (BPA) : un produit chimique largement utilisé depuis plus de 50 ans notamment pour protéger la nourriture dans les boîtes de conserves, les bocaux, etc., de possibles contaminations. Alors que son interdiction de tous les contenants est prévue en France pour 2015, les substituts pourraient ne pas présenter les mêmes performances dans la lutte contre les intoxications alimentaires et le botulisme (une autre maladie mortelle).

De nouveaux risques

Antennes-relais : exposition accrue de 90% des Français

L’application du PP peut aussi se révéler la source de nouveaux risques. Le gouvernement français actuel envisage, par exemple, de réduire la puissance des antennes-relais. Or, cela obligera les opérateurs à multiplier leur nombre pour compenser la réduction des zones de couverture. Par conséquent, une telle mesure augmentera, selon les avis scientifiques, l’exposition de 90% des Français, la puissance d’émission du portable s’intensifiant chaque fois qu’on change de zone.

Biocarburants : doublement possible des émissions de CO2 sur 30 ans et responsables jusqu’à 75% de la hausse des prix agricoles entre 2002 et 2008

Au nom du PP et de la lutte contre le réchauffement climatique, les pouvoirs publics font la « promotion » des biocarburants. Favorisés fiscalement et réglementairement, ils causent pourtant des distorsions économiques (gaspillages dans l’utilisation des sols, de l’énergie, de l’eau, en termes de pesticides et fertilisants, etc.).

Ils contribuent de surcroît à la flambée des prix agricoles et augmentent les risques de crises alimentaires. Ainsi, l’indice des prix agricoles du FMI a augmenté de 130% entre 2002 et 2008 et il est estimé que jusqu’à 75% de cette augmentation serait due aux politiques de biocarburants.

Même leur impact carbone – pourtant leur principale justification officielle – serait négatif. Ils pourraient causer, selon les estimations, jusqu’à un doublement des émissions de CO2 sur une période de 30 ans en comparaison aux émissions causées par l’utilisation d’énergies fossiles.

Le bilan de tous les effets pervers du PP est tel qu’ils ne peuvent plus être ignorés. La prudence doit être de mise chaque fois que des décisions politiques sont mises en avant en son nom.


Pour aller plus loin, lire l’étude de l’IEM intitulée Bilan économique, sanitaire et environnemental du principe de précaution : des effets pervers sous-estimés, disponible sur le site web de l’IEM.

  1. Comme toujours l’excès nuit en tout.
    C’est vrai que le principe de précaution est parfois trop largement utilisé.
    Mais les exemples que vous donnez ne l’illustrent pas très bien.
    Concernant le DDT, il a été victime de son succès. Si son utilisation c’était cantonnée à la lutte contre le paludisme ( où il reste un des meilleurs agents de lutte) et si on ne l’avait pas utilisé à tort et à travers même où ce n’était pas nécessaire comme en Europe du nord ou en Amérique du nord, il n’aurait pas eu cette mauvaise réputation.
    Le DDT est encore utilisé pour la lutte contre le paludisme mais en pulvérisation intérieure des habitations.

    Pour le Bisphénol A, ce n’est pas un conservateur comme il semblerait que vous vouliez le montrer, mais un composant des résines époxy tapissant l’intérieure des boîtes de conserves métalliques, il n’est pas indispensable d’autres revêtements sont possible. Il n’est pas présent dans les conserves en bocaux. Il est présent dans les biberons en plastique (composant du plastique) mais pas dans ceux en verre. L’agent du botulisme comme les autres germes responsables d’intoxication alimentaire peuvent contaminer des conserves mal stérilisées, mal préparées.

    Dans le cas du réchauffement climatique, je vous accorde que l’excès de  » catastrophisme  » ,dont font montre les organisations écologiques avec le soutien des médias et la manière dont celà influence les politiques ,risque de provoquer beaucoup plus de dégât à coup sur qu ‘un éventuel réchauffement.

  2. C’est la pire invention du siècle !

    Avec le principe de précaution, on devient gratte-papiers dans un Ministère, plutôt que créateur d’entreprise.
    On ne fore pas en grandes profondeurs selon des techniques non éprouvées et donc on n’apprend rien de ces techniques.
    On vieillit dans son cocon, entouré de choses obsolètes, et en combinant le plus tôt possible comment entrer dans une bonne maison de retraite …

    Comme disait un grand Président américain, « le seule chose dont nous devions avoir peur, c’est de la peur » !

  3. c’est le signe de la décadence de l’occident: s’enterdir de faire ce qui n’existe pas déja. en fait, c’est une attitude ultraconcervatiste généralement promu par les mouvement écolo, qui montre la, leur vrai visage ( une idéologie a l’origine à la droite de la droite ).
    cette forme de conservatisme existait dans l’empire chinois à l’époque ou il a décroché par rapport au nations occidentales: quand un inventeur avait trouvé quelques choses, il devait prouver que ça avait déja existé auparavant. sinon, son invention était purement et simplement interdite. on a vu le résultat.
    aujourd’hui, quand on parle de progrés à un chinois moyen, il tient généralement le discour suivant: les gens ou les états qui refusent d’aller de l’avant, sont les grand perdant. ils ont été apparement instruit par l’histoire de leur propre pays.

  4. Le Principe de Précaution (« Piège à cons » disait Allègre) n’est pas tombé par hasard. Il a pris son véritable envol lors du « Sommet de la Terre » de 1992 à RIO.

    Sa formulation, par les environnementeurs dirigés par l’escroc ONUsien Maurice Strong, a été bien étudiée pour qu’il devienne un « Principe de Paralysie » que l’on peut invoquer à propos de tout et de rien, pour « ne pas faire »

    La pire action qui sera retenue de Jacques Chirac est sans nul doute d’avoir fait inscrire ce PP dans la constitution Française.

    1. Dans l’absolu, c’est une mesure fondamentale. Le tout est de savoir comment interpréter cette notion de mesure du risque, et ainsi ne pas tomber dans le principe de paralysie.

      1. C’est bien sûr à chacun d’estimer lui-même les risques qu’il court et de faire ses choix en conséquence. Si on laisse la puissance publique l’aider à estimer les risques, il n’y a pas d’exemple où elle n’en profite pas pour faire aussi les choix à la place des personnes concernées. Les professions qui sont très dépendantes de certains risques se gardent bien de les faire estimer par l’état, ils montent des organismes indépendants et privés pour le faire.

  5. très bon article montrant ce qui peut amener à de nombreux délires même mystiques comme cette obsession de tout reycler en croyant à l’immortalité de l’âme.Puisque chez les bouddhistes tout objet est sensé représenter un sujet à caresser voir à qui parler ou considéré comme entité vivante dans d’autres religions.Il faut aussi savoir garder raison et ne pas tomber dans le oui.oui -béni des ordures ancien terme pour déchets et que les sociologues ou autres sectes ont décidé de transformer pour mieux appâter le commun des mortels .En ayant bien pris soin grâce à la publicité montrant des films apocalyptique de développer de nombreux sentiments de culpabilité ou quand la religion des déchets s’empare des esprit afin de broutiller davantage d’humains entre eux .Ce qui est le challenge de toutes sectes ,diviser pour mieux régner

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