Alain Mathieu renvoie Moscovici et Copé dans les cordes
Publié le 12/03/2012
Impôts, compétitivité, coût du travail : le président de Contribuables Associés revient sur le débat entre Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande, et Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP (Les Echos, le 8 mars). Alain Mathieu les renvoie dos à dos : les deux énarques oublient un point capital, les charges trop importantes en France sur les entreprises.
Par Alain Mathieu.
Un article du Cri du Contribuable.
Copé : « La priorité absolue, c’est l’emploi, donc la compétitivité »
Copé a raison de dire que la compétitivité des entreprises françaises est une question essentielle. Mais pourquoi la limiter à l’industrie, qui représente moins de 15 % des emplois ? C’est celle de toutes les entreprises françaises qui est en jeu. Il a raison de dire que le coût du travail est fondamental dans la comparaison avec l’Allemagne. En 2002 notre commerce extérieur était équilibré, alors qu’il est maintenant fortement déficitaire. Depuis 10 ans, ce qui a changé, ce n’est pas notre "compétitivité hors prix" avec l’Allemagne (la réputation de qualité des produits allemands n’a pas changé, ni le système d’apprentissage allemand, supérieur au nôtre, ni leur dynamisme commercial, etc).
Ce qui a changé, c’est le coût du travail, et notamment les charges sociales patronales sur salaires, baissées en Allemagne. L’Allemagne a accordé la priorité à la compétitivité de ses entreprises, la France au social (35h + une dizaine de nouvelles allocations sociales : RSA, CMU, AME, APA, PAJE, etc.). Notre déficit extérieur et notre manque de croissance (- 1,4% par an sur l’Allemagne depuis 2006) viennent en grande partie de cette divergence sur le coût du travail.
Moscovici : « Il faut en France une véritable politique industrielle avec une banque publique d’investissement »
Moscovici s’imagine qu’une "politique industrielle" va changer la donne : la France est le seul pays au monde où il y a encore des partisans du Gosplan. Il croit que le moteur de la croissance est la consommation, alors que c’est l’innovation créée par les entrepreneurs.
Tous les deux oublient un point capital, les charges trop importantes en France sur les entreprises : supérieures de 7 % du PIB par rapport à l’Allemagne, elles sont dues à un coût plus important des fonctionnaires (6% du PIB). Il faudrait que la France réduise massivement leur nombre et leurs privilèges (retraites, horaires, absentéisme, etc).
Ce n’est pas deux énarques qui le diront, alors même que Nicolas Sarkozy a déclaré en 2010 que "[s]on devoir est de défendre la fonction publique" (voir Nicolas Sarkozy à Toulon : une convergence schizophrène). En tout cas, l’augmentation du nombre de fonctionnaires ou quasi-fonctionnaires (enseignants, 150 000 "emplois d’avenir" publics pour les jeunes) préconisée par la gauche ne résoudra pas le problème.
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