NégaWatt, le délire se chiffre déjà à 36 milliards d’euros pour EDF

L’esprit négaWatt des politiques énergétiques ineptes menées dans ce pays depuis 15 ans s’emploie-t-il à contracter la dette sans cesse grandissante de tous les Français à la sobriété ?

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Electricity By: Eva Cristescu - CC BY 2.0

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NégaWatt, le délire se chiffre déjà à 36 milliards d’euros pour EDF

Publié le 22 février 2023
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Parcourons à livre ouvert la réalisation de la prophétie négaWatt 2011 consolidée 2013, dont la synthèse est accessible au lien.

Se rendre en premier lieu au tableau de la page 6 synthétisant une modélisation de la prescription négaWatt partant des services énergétiques auxquels la société se doit d’imposer un surcroît d’efficacité et de sobriété pour arriver à un besoin d’énergie primaire essentiellement satisfait par les renouvelables et se dispensant largement de nucléaire.

Le cahier des charges des économies à réaliser pour y parvenir est ainsi résumé en page 7 :

«… partant d’une consommation énergétique finale de 1908 TWh en 2010, les économies les plus importantes sont trouvées dans le bâtiment résidentiel et tertiaire, avec près de 400 TWh d’économie en 2050 par rapport au tendanciel, soit une réduction de 49 %. Suivent les transports, avec plus de 450 TWh d’économie soit moins 67 %, puis l’industrie avec 250 TWh d’économie soit 51 %. L’agriculture en tant que telle est marginale dans ce bilan sur les usages qui ne prend en compte que les consommations spécifiques (gazole des tracteurs, chauffage des serre, etc…) : elle est en fait intégrée à la courbe de l’industrie. »

En découle l’évolution comparée des consommations énergétiques finales (en TWh) par secteurs d’activités, entre le scénario ainsi proposé par négaWatt et le scénario tendanciel, illustrée par le graphique de la page 8; la période considérée allant de 2000 à 2050.

Suit la longue déclinaison des moyens réputés accessibles de limiter l’appétit énergétique desdits secteurs d’activités, parallèlement à une montée en puissance soutenue des énergies renouvelables et à une sévère décroissance du nucléaire.

L’exposé de cette mutation prodigue de bénéfices en tout genre et à portée de main de la société française débouche sur ceci, en page 18 :

« La mise en regard de ces objectifs avec la nécessaire cohérence industrielle conduit à un croisement des contraintes au cours des prochaines décennies : dans la première partie de la période, c’est le rythme de développement des efforts sur la consommation et sur les renouvelables qui est dimensionnant ; à l’inverse, vers la fin de la période, c’est le vieillissement du parc qui constitue la principale contrainte avec un « point de resserrement » en 2027.
C’est pourquoi il est indispensable d’engager rapidement le processus d’abandon du nucléaire pour permettre en 15 ans un niveau suffisant de développement des alternatives avant le « mur » des 40 ans du parc. Au final, cette analyse multi-contraintes montre surtout que la fenêtre est étroite : Elle se situe entre 2030 et 2035, et elle se joue dans les prochaines années… »

… et de produire dans la foulée le graphique de l’optimisation des contraintes sur le rythme de fermeture du parc de réacteurs nucléaires, dévoilant sans surprise la préconisation d’une fermeture totale de ce dernier pour 2030, de l’extinction de sa production pour 2035… et d’une consommation électrique française intégralement couverte par le renouvelable électrique et le thermique renouvelable, dès 2045-2050.

Page 25, ne pas manquer ensuite la surréaliste conclusion suivante :

« … Les énergies renouvelables ont des coûts d’exploitation faibles mais sont aujourd’hui plus chères à l’investissement que les énergies fossiles ou nucléaire. Or le coût de ces dernières, qui n’intègrent pas tous leurs coûts externes notamment environnementaux, est appelé à augmenter. À l’inverse, celui des renouvelables baisse rapidement par l’effet des dynamiques industrielles qui sont à l’œuvre et les rendront inéluctablement compétitives à plus ou moins long terme.

D’un strict point de vue économique, la transition énergétique peut être considérée comme un investissement pour la collectivité qui sera nécessairement rentable à plus ou moins brève échéance.

Enfin, l’argent investi dans la transition énergétique ne sera pas jeté par les fenêtres. Il économisera des dizaines de milliards d’Euros sur les importations de pétrole et de gaz. Et il génèrera dans les services énergétiques, les équipements performants et les énergies renouvelables des milliards d’Euros d’activité pour les entreprises, des centaines de milliers d’emplois pour les salariés et des débouchés à l’exportation sur un marché mondial qui ne demande qu’à se développer. L’étude de l’impact sur l’emploi du scénario négaWatt 1 a de ce point de vue clairement montré que la transition énergétique représente une formidable opportunité de relance économique pour notre pays.

C’est tout le contraire pour la mise à niveau de sûreté « post-Fukushima » des 58 réacteurs français qui engloutirait plusieurs dizaines de milliards d’Euros. À l’heure où les fonds publics se font rares, les investissements doivent être prioritairement orientés vers la transition énergétique et non vers des énergies polluantes qui appartiennent au siècle dernier, permettant ainsi de réduire nos besoins d’énergie, d’augmenter notre indépendance énergétique et de favoriser des énergies locales peu polluantes et créatrices d’emplois.

Si nous nous posons la question de savoir combien la transition énergétique rapporte en euros et en emplois avant de savoir combien elle nécessite d’investissement, l’évidence nous saute aux yeux : mais qu’attendons-nous donc pour nous engager sur ce chemin de non-regret ?!  »

 

Douze ans et 36 milliards d’euros de dettes plus tard

Examinons donc le point d’étape 2023 de la feuille de route ci-dessus tracée par les collaborateurs de l’expert autoproclamé inspirant tout ce que ce pays compte d’artisans de la politique énergétique nationale, depuis 20 ans. On aura reconnu un Yves Marignac auquel l’omniprésence médiatique et institutionnelle sert de passeport diplomatique – c’est-à-dire, au sens premier du terme, de certificat d’aptitudes professionnelles – dans l’opinion.

Force est de reconnaître que sa prescription établie peu avant l’élection de François Hollande a été grossièrement respectée, tant en ce qui concerne le tendanciel des consommations énergétiques finales prôné par négaWatt, qu’en ce qui concerne « l’optimisation » des contraintes liées à la fermeture programmée de notre parc nucléaire. Que l’aléa géopolitique et l’impéritie gouvernementale aient largement servi un tel dessein n’a pu que ravir ses promoteurs pour lesquels tous les moyens permettant d’atteindre leurs objectifs semblent bons ? De fait, le pouvoir est en train de ne pas lésiner sur ces moyens, au moins en matière législative.

Mais quels profits l’économie, le confort et le niveau de vie des Français sont-ils censés avoir déjà tirés de l’exécution partielle de ce mirifique programme négaWatt 2011 ?

Prenons au mot ses promesses d’alors en les confrontant à la réalité constatée.

– Les énergies renouvelables sont-elles devenues compétitives par rapport aux énergies fossiles et nucléaire ? Si c’était le cas, le moins qu’on puisse dire est que ça ne se traduit pas encore sur les factures, ni en allègement fiscal ! Et l’article suivant dit précisément pourquoi ça n’est pas près de l’être.

– L’investissement prétendument rentable dans les énergies renouvelables nous a-t-il déjà « économisé des dizaines de milliards d’euros sur les importations de pétrole et de gaz » ? A-t-il déjà « généré des milliards d’euros d’activité et des centaines de milliers d’emplois dans la création d’entreprises et de services énergétiques liées aux renouvelables, y compris à l’export » ? Bref, la transition énergétique en cours commence-t-elle à représenter une « formidable » opportunité de relance économique pour notre pays ? Oser une réponse positive à une seule de ces questions relèverait de la provocation !

 

Complices de négaWatt à tous les niveaux de décisions et d’information


Chez une presse depuis longtemps complaisante, tout d’abord :

« …Yves Marignac, consultant sur ces questions pour l’association négaWatt, opposé à la relance « à marche forcée » d’un programme nucléaire, dénonce quant à lui « l’intention (du gouvernement) […] de lever l’obstacle d’exigences de sûreté trop élevées pour être atteintes par l’industrie… »

Plus grave, la connivence déjà ancienne entre négaWatt, RTE et la théodule Ademe :

« Fin 2021, RTE, l’institut négaWatt et l’Ademe ont publié des travaux prospectifs sur un mix énergétique décarboné à l’horizon 2050. Divers dans leurs approches, ils envisagent tous un développement des énergies renouvelables (EnR) très soutenu, allant de 50 à 100 % du mix énergétique envisagé, le nucléaire ayant, lui, un sort contrasté. Les trajectoires de consommation sont variées, mais une constante favorisant la sobriété s’établit entre 530 et 555 TWh… »

Encore plus grave : la présence de Yves Marignac – antinucléaire notoire – dans le Groupe Permanent d’Experts (GPE) d’une ASN en manquant elle-même cruellement – comprendre de ceux qui savent construire, exploiter et entretenir une centrale nucléaire – et qui, de notoriété publique, en refuse l’accès à des experts historiquement confirmés :

Enfin – un comble ! – une Ségolène Royal confirmant sous serment, devant la Commission Parlementaire Schellenberger, que sa Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTCV) est de forte inspiration négaWatt.

Bilan : c’est à une EDF dont la dette de 29 milliards d’euros en 2011 est passée à 65 milliards d’euros en 12 ans que revient une fois encore d’éponger le coût des avanies infligées au service régalien de l’électricité duquel elle est toujours tenue de répondre seule.

Ainsi, l’esprit négaWatt des politiques énergétiques ineptes menées dans ce pays depuis 15 ans s’emploie-t-il à contracter la dette sans cesse grandissante de tous les Français à la sobriété, combien de temps encore dans l’indifférence générale ?   

 

Article modifié le 22/02/2022 à 9h22

  1. Étude réalisée par le CIRED, téléchargeable sur http://www.negawatt.org/etude:emplois:economie:p120.html
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  • jeancovici lui vous dira que le nucleaire doit entrer dans le régalien parce que;. le nucléaire privé est selon lui « trop cher ».. le prix du kilowattheure étant déterminé en grande partie par le prix du taux d’interet pour construire le machin…

    d’accord sur rien sauf une chose…vous êtes trop cons;. il faut vous forcer à « bien faire »..

    le vrai débat c’est sur le nuc ou les renouvelable;.mais la tyrannie;. justifiée par le climat ou l’environnement;. choses que, elles aussi , vous êtes trop cons pour comprendre;..
    paye jusque de ta vie si necessaire et accepte ce que tu obtiens..car c’est ce dont tu as besoin.

    PS ne pas lire les petites lignes.. ne pas demander d’éclaircissements.

     » contre nous de la tyrannie ..l’etandard sanglant est levé.. ».. la tyrannie c’est les autres..forcement..

    -1
    • et je le répète..subventionner l’energie…de fait c’est violer de fait la concurrence en UE…. je ne suis pas au courant des accords à ce sujet sur le « marché de l’électricté » et je ne veux pas..je tiens à maintenir ma pression artérielle basse.
      la logique de ces zigs est en général franco française. et ..sortir de l’ue à mon opinion..

      non, non, les allemands ne nous imposent pas leur energiewende…ils la marchandent CONTRE les excentricités budgétaires françaises..

      • prendre « vos sous » pour construire un machin;.. « pas cher ».. plus exactement moins cher ..et en pouvant vous expliquer plus tard combien vous en voulez et combien vous devez l’acheter.. mais aussi en vendre..une certaine partie.. à des personnes qui n’auront pas payé pour construire le machin.. pour pouvoir vous le vendre à vous un peu moins cher..ou beaucoup moins cher..

        on ne peut quand même pas laisser des gens cupides…qui aiment le profit..investir…

        Avec beaucoup de libertés  » redistributives » sur la façon de vous prendre vos sous et vendre …

        quand c’est régalien ça signifie que la rentabilité économique « globale  » n’est pas présente.. parce que la « mission » vaut cela…
        éviter les morts du covid « à tout prix »..signez ici..

        si c’est affaire de climat , pardon de fossiles, pardon d’émissions…pas besoin de l’état mais juste d’une taxe carbone ou de quota..ou tout truc cohérent et universel ..

        parfois on a l’impression quand on entend débattre de ces sujets …un type qui vous explique que votre diesel est une idiotie économique car.. le rendement d’un moteur diesel est de 30%… ou que nos déchets sont des »trésors. ».qu’il faut e payer de plus en nous cher pour se débarrasser.. ou de que payer le prix de trois tomates pour éviter d’en mettre une à la poubelle est une excellente idée..

        -1
    • Jancovici peut dire ce qu’il veut, ses délires ne perturbent pas la réflexion de ceux qui réfléchissent effectivement par eux-mêmes

  • Ah, Néga-Tif, il faut couper les cheveux en quatre… continuer à subventionner les énergie renouvelables avec une taxe de 15% sur la conso alors que ce n’est que moins de 10% produit…. (rente pour les opérateurs dits concurrents) continuer à perturber l’écoulement des vents avec les éoliennes, changer l’albédo des champs avec les panneaux voltaïques. Sans oublier de baisser les rendements thermodynamiques des moyens de transport. Mais aussi exploiter plus de minerais pour satisfaire cet impératif de protection de la nature. Ce sont les meilleures méthodes pour assurer une décroissance forte qui coûte encore plus cher économiquement et énergétiquement. Et pour réindustrialiser le pays? ben ce sera pour plus tard…(aurai je mal dormi ?)

    • oups, il manque quelques caractères : s par exemple

    • Comme beaucoup de gens qui s’interrogent sur le bien fondé ( et le non sens ) de la « transition énergétique », vous êtes sans doute bien « éveillé », ce qui explique que vous ayez mal dormi! Nous en sommes malheureusement tous là et ce ne sont pas les nouvelles du monde « d’après » qui vont nous aider à nous rendormir!
      Il faut seulement espérer que plus vite nous irons dans le mur et plus vite on changera de cap!

  • EDF, moins 36 milliards, et d’autres, plus 36 milliards… Rien ne se perd tout se transforme.
    Et cela devrait être pire dans le futur, EDF, entreprise d’état…

  • Le désastre allemand ne leur a toujours pas ouvert les yeux?

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