Forum économique mondial à Davos : ne nous trompons pas de cible

Les hommes du forum de Davos ne sont pas responsables de notre déclin. C’est notre personnel politique national qui a choisi d’abdiquer depuis des décennies.

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Forum économique mondial à Davos : ne nous trompons pas de cible

Publié le 18 janvier 2023
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Le forum économique mondial (WEF) s’est ouvert lundi à Davos en Suisse, sur fond de guerre en Ukraine, de crise de la mondialisation et urgence climatique. Les élites politiques et économiques du monde entier se bousculent autour de la figure énigmatique de Klaus Schwab, son fondateur au physique mêlant curieusement la bonhomie de François Hollande à celle de Blofeld dans James Bond.

Gouvernement mondial ? Great Reset ? Entente au sommet pour asservir l’humanité, ou du moins lui imposer une direction en accord avec les intérêts de la « superclasse mondiale » ou au contraire rencontre philantropique entre puissants ?

 

L’influence de Davos est réelle mais ce n’est que de l’influence

Les accusations et les fantasmes vont bon train quand il s’agit d’imaginer l’influence du fameux groupe de Davos sur la direction des États occidentaux. Il suffit de faire une recherche Google pour constater l’influence prêtée à Klaus Schwab et à ses écrits.

Les inquiétudes populaires touchant les ententes au sommet ne sont toutefois pas dénuées de fondements : la coordination mondiale ou du moins occidentale des politiques publiques existe dans beaucoup de secteurs, que ce soit environnemental, sécuritaire ou sanitaire, en particulier via les organismes internationaux (FMI, banque mondiale, OMS, etc.).

Les animateurs du forum controversé sont également des militants qui défendent activement un agenda idéologique alliant « justice sociale », écologie et transformation économique (la quatrième révolution industrielle). Lors de la crise sanitaire, ils ont vu une opportunité de transformation globale du monde pour atteindre leurs fins sans passer par la case « démocratie libérale ». La crise économique, politique et énergétique d’aujourd’hui, à laquelle nos élites mondiales éclairées ne sont pas totalement étrangères, a refroidi un peu leurs ardeurs réformistes et exacerbé le sentiment de dépossession des citoyens ordinaires par ces groupes plus ou moins formels.

Comme tous les pince-fesses internationaux, le WEF attire aussi les génies, les charlatans et les illuminés persuadés d’avoir la possibilité de réorganiser le monde depuis une station de ski en chuchotant à l’oreille des puissants. Il est difficile d’évaluer l’influence de ces individus et de leurs réseaux discrets sans succomber aux sirènes du complotisme ou au contraire, de surévaluer la communication publique des élites qui voudraient nous gouverner. Davos est à la fois un parloir discret et un théâtre mondial où les figures médiatiques se succèdent sans déboucher sur quelque consensus que ce soit.

Dans le domaine sanitaire, on ne peut pas dire que les idées qui ont perlé des arrangements internationaux (où qu’ils se tiennent) aient été géniales  : on pense en particulier à la catastrophe de la gestion de crise sanitaire par les confinements, le pataquès de la campagne vaccinale et l’émergence post-covid d’une société encore plus quadrillé par le Politique et plus fragmentée que jamais. Si la planification gouvernementale est une catastrophe au niveau national, on se demande comment elle pourrait fonctionner au niveau mondial.

Pour parler d’urgence climatique, le forum a invité cette année à la fois Donald Trump et Greta Thunberg, ce qui ne promet pas vraiment autre chose que du spectacle pour amuser les foules. On se souvient que l’année dernière c’était le duo George Soros – Henry Kissinger qui avait assuré le spectacle.

Sur la guerre en Ukraine, il semblerait que nos élites en soit au stade des lamentations. Elle a marqué la fin de la mondialisation économique et du libre-échange et ouvre sur une période sombre de guerres économiques, de protectionnisme et de rivalités exacerbées pour l’hégémonie mondiale. C’est ici le cœur de la philosophie du WEF qui est impacté, le fameux « globalisme », qui double la mondialisation économique d’une volonté d’établir une gouvernance mondiale minimale afin de régler les problèmes jugés planétaires.

On notera au passage, crise de la mondialisation oblige, l’absence de Joe Biden, de Xi Jinping ou encore de Vladimir Poutine pour réaliser cette ambition qu’on peut trouver sinistre quand on ne se trouve pas du côté du manche. L’année 2023 ne sera donc pas celle de Davos comme capitale mondiale du gouvernement global. Caramba, encore raté !

Comme quoi une catastrophe économique réelle, la crise de la mondialisation, peut aussi avoir des effets politiques positifs, la crise de ceux qui voudraient en bénéficier politiquement.

 

Ce n’est pas Davos qui décide mais notre classe politique

Seulement, une remarque un peu basique s’impose. Le forum économique mondial n’a aucun pouvoir de décision réel en France, ni d’ailleurs sur aucun pays dont elle rassemble les élites. Il n’est pas l’exécutif, ne peut pas créer de loi ou employer la coercition étatique pour faire respecter ses mots d’ordre. Il s’agit principalement d’une sorte de salon entre élites mondiales, d’où peuvent émerger accords et désaccords discrets entre puissances étatiques, monde du business et de la finance.

Pour que ses idées se retrouvent au sommet de l’État, il faut que la classe politique nationale les accepte et qu’elle fasse sienne ses grandes orientations.

En d’autres termes, il s’agit de ne pas se tromper de cible : les politiques publiques nationales, qu’elles soient inspirées par les hommes de Davos ou la foultitude de groupes de pression qui se pressent pour quémander des faveurs, sont le produit des décisions de notre personnel politique national. C’est lui qui choisit ou non de les implémenter, de résister ou de céder aux pressions indirectes des lobbies et groupes de pression, et qui est comptable devant le peuple français. Nous résumonsi ici à grands traits l’esprit libéral de la démocratie représentative.

C’est qu’il existe une pente idéologique glissante à fixer son attention sur le WEF, celle de la déresponsabilisation de nos élites politiques locales. Il ne faudrait pas invoquer Klaus Schwab et les hommes de Davos comme la gauche utilise le néolibéralisme, la mondialisation ou encore la finance apatride et vagabonde. Manière subtile de dédouaner un personnel politique national qui depuis plus de 40 ans conduit le pays sur la route de la servitude, ces entités vaporeuses sont surtout invoquées par ceux qui espèrent un jour reprendre la main sur leurs concurrents politiques supranationaux.

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  • David est avant tout un lieu de rencontres. De même que le CES de Las Vegas permet aux acteurs de la tech de se rencontrer, le WEF permet aux puissants de ce monde de se retrouver pour échanger discrètement et plus efficacement qu’à distance. C’est une foire politique comme le CES est une foire business. Un lieu de rencontre entre une offre ( des projets politiques) et une demande (des dirigeants qui cherchent à conquérir ou garder le pouvoir).

  • J’exprime un désaccord avec cet article car cette réunion courue à un prix exorbitant (abonnement annuel variable autour de 600.000$ et ticket d’entrée à 24.000$) n’est jamais réglé par des bourses personnelles et si autant de gens « importants » s’y pressent 379 décideurs mondiaux sur 2.700 participants c’est bien pour y apprendre quelque chose ou y recevoir un(des) message(s) à …huit clos. Sinon pourquoi ?
    Au fait des bouquins comme La grande réinitialisation de Klaus Schwab et Le mythe du déficit de Stéphanie Kelton ont bien été achetés par ces décideurs et non les blogueurs sans culture, car nous y retrouvons des applications communes et répétées par presque tous les pays occidentaux malgré les formations économiques et monétaires si elles ont été suivies et que dire des leçons de l’histoire qu’aucun dirigeant ne semble avoir retenu à se demander s’ils les ont même rencontré dans leurs études.
    C’est très éprouvant pour ceux qui ont fait des études équivalentes de ne rien retrouver d’académique en ces gens là.
    Mais Davos imprime du CO2 à l’an 2100 sinon « la terre brûle «  d’après l’excellent J Chirac devenu un moment d’euphorie collective un voyant scientifique de pacotille car nous apprendrons tous, quand le moment sera venu, que le CO2 que nous aurons combattu à coup de milliers de milliards n’y était pour rien.
    J’espère que vous passez une bonne journée

    • Je n’ai pas souhaité écrire Davos imprime mais incrimine. Le correcteur IA me joue souvent de mauvais tours sans être drôle parfois

    • « Sinon pourquoi ? » Ça les regarde, après tout. Hormis le fait que le contribuable finance probablement les séjours des technocrates à Davos, le fait qu’ils y profèrent souvent des bêtises ne doit pas nous scandaliser particulièrement : on a l’habitude.

      -1
  • de notre personnel politique national […] qui est comptable devant le peuple français.
    Quelle blague ! Tous ces passeurs de patates chaudes ne sont, à la rigueur, comptables que devant les médias acquis à leur cause. En France comme ailleurs, les dirigeants ne suscitent aucune adhésion, et seraient virés instantanément si le peuple avait les moyens effectifs de leur demander des comptes.

    • Certes, affirmer que notre démocratie fonctionne bien serait idiot, mais ce n’est pas ce que fait l’auteur. Cependant, affirmer qu’elle n’existe pas ne le serait pas moins.

  • « Les hommes du forum de Davos ne sont pas responsables de notre déclin. C’est notre personnel politique national qui a choisi d’abdiquer depuis des décennies. »
    Je comprends que vous incriminez les corrompus (notre personnel politique) plutôt que les corrupteurs (les hommes du forum de Davos). Si c’est le cas, je ne partage pas votre point de vue : je crois que la cause première du déclin, ce ne sont ni les hommes du forum de Davos, ni le personnel politique. Je pense que ce n’est pas un problème de personnes, mais de principes et que ce problème persistera tant que le principe personnaliste (qui s’oppose à l’usage de la contrainte par quiconque) ne sera pas respecté. Pour être plus précis : tant que la population légitimera le recours à la contrainte par le personnel politique (l’État), ledit personnel sera corruptible et il se trouvera toujours des riches pour (les hommes du forum de Davos, Big-Pharma, etc.) pour le corrompre.
    C’est la raison pour laquelle Syndicatho vise à faire connaître et promouvoir le principe personnaliste, principe de base de la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église) auprès de la population et du personnel politique.
    Thierry Jallas, président de Syndicatho

  • « Les hommes du forum de Davos ne sont pas responsables de notre déclin. C’est notre personnel politique national qui a choisi d’abdiquer depuis des décennies. ».
    Mais justement non !!! Nos hommes politiques sont les leurs, désignés par le WEF comme Young-Leaders, que la ploutocratie opaque va ensuite promouvoir : Macron, Pécresse, Edouard Philippe, Attal, Montchalin, Schiappa, Villani, Calan, Aubert, etc … Tous promus par une organisation soutenue par Blackrock et McKinsey.
    Vous ne voyez toujours pas le rapport entre le WEF dépecage de notre économie ?

  • Bravo et merci. Plus qu’utile : salutaire.

  • « Il n’est pas l’exécutif, ne peut pas créer de loi ou employer la coercition étatique pour faire respecter ses mots d’ordre ».
    Pour avoir accès à la coercition étatique G. Soros a financé me campagnes électorales de District Attorneys aux USA.

  • Cet édito du jour est une réponse intéressante à celui de h16. Vive la pluralité d’opinions !

  • Les commentaires sont fermés.

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