Charlie Hebdo : 8 ans après, la liberté d’expression en berne

Si l’on part du principe que « Je suis Charlie » était un soutien à la liberté d’expression, certaines tendances sont problématiques.

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Charlie Hebdo : 8 ans après, la liberté d’expression en berne

Publié le 12 janvier 2023
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Il y a 8 ans a eu lieu l’attentat contre Charlie Hebdo. En réaction à celui-ci des manifestations de soutien à la liberté d’expression avaient été organisées. L’expression « Je suis Charlie » comme slogan de soutien au journal satirique est restée dans l’opinion publique.

Huit années plus tard, un sondage IFOP interroge la population française : l’esprit Charlie est-il encore présent ? Dans l’absolu, il existe toujours mais la jeunesse et la gauche radicale l’ont de moins de moins.

 

Un « esprit Charlie » majoritaire mais qui s’affaiblit

En 2016, soit un an après l’attentat, 71 % des Français se sentaient Charlie. En 2017, ce pourcentage était de 61 %. En 2023, il n’est plus que 58 %. Au niveau politique, se sont les sympathisants du parti socialiste qui se sentent le plus Charlie (84 %), suivis des Verts (69 %) et des sympathisants de LREM (69 %). Inversement, ceux proche de la France Insoumise sont les moins attirés par l’esprit Charlie avec une courte majorité de 53 %. Les républicains et les sympathisants du Rassemblement national se situent dans la moyenne avec un soutien de 58 % et 57 %.

Ironiquement ce sont les partisans d’Éric Zemmour qui à droite se sentent le plus Charlie avec 68 %.

Politiquement, on constate que le sujet divise. La droite nationaliste d’Éric Zemmour pourtant plus conservatrice que celle de la RN, se sent davantage Charlie que le RN plus progressiste. Et à gauche, la gauche mélenchoniste est moins Charlie que la gauche traditionnelle.

 

Les indépendants sont Charlie, la jeunesse beaucoup moins

Parmi les catégories socioprofessionnelles ce sont les commerçants et artisans qui se sentent le plus Charlie (75 %), les employés non ouvriers étant les moins Charlie (52 %).

Mais c’est surtout l’opinion des jeunes de moins de 35 ans qui montre une particularité. Ils se sentent majoritairement pas Charlie (54 %).

Si l’on part du principe que « Je suis Charlie » était un soutien à la liberté d’expression, certaines tendances sont problématiques. La jeunesse est moins attachée à celle-ci tout comme l’électorat de la gauche radicale. Le centre gauche, les Verts et les zemmouristes se sentent actuellement les plus concernés.

 

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Créer un compte Tous les commentaires (5)
  • Rien de très surprenant quand tout ce qui est susceptible d’offenser doit être banni

  • Les socialistes sont tous Charlie en façade. Mais quand il s’agit de lutter contre le prosélytisme musulman et pour la laïcité à l’école, bizarrement on ne les entend plus du tout : ils se rallient z la NUDES. Idem pour lutter dans les quartiers sensibles dont l’électorat musulman devient majoritaire.
    Les socialistes, comme les écolos, privilégient le clientélisme islamo-gauchiste à la laïcité. Mais comme il reste quelques non musulmans susceptibles de voter pour eux pour avoir la majorité, ils affichent un un « je suis Charlie » du bout des lèvres.

  • « Vous personnellement aujourd’hui, 8 ans après les attentats de 2015, vous sentez-vous Charlie ? »

    La formulation de la question posée dans ce sondage permet de douter de l’extrapolation de ses résultats à la liberté d’expression en général.

  • Pour se faire une idée, il me semble que « Je suis Mila » a été beaucoup moins populaire…

  • À titre personnel, si on me demandait : « êtes-vous Charlie », je répondrais « non » sans hésiter.
    Mais si on me demandait : « êtes-vous pour une liberté d’expression inconditionnelle » je n’aurais pas plus d’hésitation à répondre « oui ». Je préfère voir la bêtise au grand jour et savoir à quoi m’en tenir, plutôt que devoir la débusquer à demi mot.

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