L’année 2023 va être violemment sobre

L’année 2023 s’annonce être celle de la récession douce, la dépression amortie, du chômage apaisé et pour beaucoup, de la misère tranquille.

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L’année 2023 va être violemment sobre

Publié le 4 janvier 2023
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Décidément, 2023 commence sur les chapeaux de roues et pas seulement parce que le premier janvier est tombé un dimanche : au vu des petites nouvelles passées discrètement, presque inaperçues, pendant la période des fêtes, voilà une année qui ne pourra qu’accumuler les bonnes surprises !

Mentionnons déjà l’arrivée, dès ce premier janvier, de la Croatie parmi les pays membres de la zone euro : ayant fait le choix bizarre de rejoindre le groupe des pays européens qui se sont attachés un gros boulet à la cheville en espérant courir plus vite, la Croatie abandonne donc la kuna pour l’euro et pourra bientôt goûter aux joies des bidouilles infernales de Christine Lagarde et ce alors que les taux d’emprunt des différents pays de la zone n’arrêtent pas de grimper et que l’écart entre les principaux pays (Italie, France, Allemagne) continue de croître gentiment. Alors que les dettes des pays concernés n’ont cessé de grossir suite aux dernières crises, on se demande un peu ce qui pousse la Croatie à venir rejoindre des pays comme la France notamment dont la santé économique laisse de plus en plus perplexe.

Et cette constatation n’est pas une simple figure rhétorique : des signaux évidents s’empilent calmement derrière les petits articles de la presse de grand chemin et pour qui veut les voir ils indiquent clairement l’état de délabrement avancé du pays.

On pourrait citer la dernière intervention d’Emmanuelle Wargon, l’actuelle présidente de la Commission de régulation de l’énergie, énième bidule chargé de fourrer ses doigts bureaucratiques boudinés dans le marché pas du tout libre et concurrentiel de l’énergie en France, par ailleurs passablement saboté par toute l’élite politique depuis plus de 30 ans et dont la corruption et l’iniquité sont en train d’exploser au museau de tous les Français dans l’odeur de prout gêné d’une classe dirigeante en dessous de tout.

Titillée par un gros micro mou radiophonique, Wargon a ainsi frétillé d’aise en expliquant que « l’appel à la sobriété énergétique » (lire : la propagande du rationnement) avait été entendu, constatant joyeusement que la consommation électrique avait baissé en France de 9 % sur les quatre derniers mois par rapport à la même période l’année dernière. Concédant malgré tout que les températures clémentes de la fin d’année ont probablement aidé à réduire cette facture (non, sans blague !?), elle ne va tout de même pas jusqu’à relier cette baisse de consommation pourtant historique dans son volume avec un effondrement pourtant évident de l’économie française.

Pour elle (et d’ailleurs comme pour le reste du gouvernement, complètement aux fraises), il s’agit du résultat réfléchi d’un effort consenti par les consommateurs particuliers et les entreprises pour aboutir à ce résultat. Que c’est confortable ! Au moins ne s’agit-il pas du tout (mais non mais non) du résultat nettement moins glamour de l’évaporation de toute marge de manœuvre financière de la part des ménages qui, faute de pouvoir payer leurs factures, arrêtent de se chauffer purement et simplement, ou de la fermeture pure et simple d’un nombre statistiquement significatif d’artisans, de commerçants et d’industriels qui ne peuvent tout bonnement plus travailler.

Pour certains, rouvrir après les fêtes est un non-sens économique : les prix sont montés si haut qu’il n’est tout juste plus rentable de continuer à produire. Alors que Wargon y voit une sobriété qui s’installe, l’observateur réaliste verra des entreprises qui licencient, des artisans qui cessent leur activité et des commerçant qui ferment.

Et qui dit fermetures, licenciements et autres abandons de la part des entreprises dit aussi chômage : et alors que les journaux de révérence n’hésitent pas à louanger une baisse officielle du chômage en France, laissant certains ministricules évoquer sans pouffer des notions aussi grotesques que celle du plein emploi pour la France, les petits détails statistiques montrent quant à eux qu’à force d’éliminer différentes catégories de statistiques et de radier à tour de bras les demandeurs d’emploi, on ne peut en effet qu’obtenir des chiffres véritablement rosifiés mais plus trop en rapport avec la réalité tangible d’un pays qui s’enfonce.

Et qui dit chômage dit aussi augmentation de la misère : alors que Macron prétendait par son action améliorer le pouvoir d’achat des Français, tout indique qu’il est en train de le leur évaporer à grande vitesse. En témoigne l’augmentation de 17 % sur l’année des vols à l’étalage, qui concerne surtout… du beurre, des morceaux de fromage, des boîtes de conserve ou des denrées alimentaires dont le prix  dépasse rarement quelques euros.

En somme, l’année 2023 n’a que quelques heures mais on sait déjà que la trajectoire n’est pas la bonne : les dettes accumulées ces dernières années sont devenues impossibles à porter, les déficits budgétaires abyssaux ne faisant que l’obésifier avec obstination ; les décisions politiques géostratégiques et notamment énergétiques qui ont été prises ces vingt dernières années et surtout ces douze derniers mois portent à présent leurs fruits empoisonnés au point que même la remise en marche de toutes les centrales nucléaires n’épargnera pas aux Français de payer de façon exorbitante une énergie pourtant bon marché ; la lourdeur administrative, la bureaucratie galopante, l’absolu détachement aux réalités du pays des dirigeants français conduisent l’ensemble de l’industrie française à la ruine complète.

Au-delà d’un numéro vert qu’on nous a pour le moment épargné (mais qui est probablement dans les cartons d’un de ces énarques en roue libre), le seul début de solution que cette bande de saboteurs (dont une partie est, il faut bien le dire, parfaitement idiote) parvient à émettre est la distribution grotesque de chèques divers et variés attachés à l’habituelle usine à gaz de conditions et de démarches : comme un lapin Duracell de la fiscalité délirante, l’État prélève de façon de plus en plus frénétique des taxes et impôts toujours plus lourds afin de financer la distribution de chèques toujours plus nombreux, en lieu et place de réduire ses dépenses et ses ponctions.

Moyennant un peu d’enrobage rhétorique typique de la macronitude actuelle, l’année 2023 s’annonce donc être celle de la récession douce, la dépression amortie, du chômage apaisé et pour beaucoup, de la misère tranquille.

 

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  • La terrifiante existence de l’administration qui sait mieux que nous créer, gérer une entreprise et notre quotidien comme si nous étions inconscients du coût de l’électricité avant la frénésie d’économie citoyenne demandée aux zozos que nous sommes, pourvu que l’Allemagne de Merkel continue de profiter de l’ARENH signé par un certain N Sarkozy et j’en passe…
    Belle année à tous

  • J’ai goûté l’emploi du qualificatif saboteur

  • Notons qu’Emmanuelle Wargon a été récompensée par la légion d’honneur. Il est à craindre que son mari médecin nous fasse une crise de jalousie et se venge sur les soignants suspendus…
    Si les familles ont économisé 9% d’énergie, peut-être faudrait-il nous réjouir du réchauffement climatique !
    Dans ce cas, il est temps de revenir sur les engagements que nous prenons à chaque nouvelle COP.

  • A mon avis j’en connais un qui se mare comme un bossu de ses coups tordus contre les français… Même pas encore déconnecter le prix du gaz du prix de l’électricité ! Et ils se sont acharner à prendre le gaz le plus cher pour remplir une réserve qui n’en voulait pas autant d’un coup..

  •  » Alors que les dettes des pays concernés n’ont cessé de grossir suite aux dernières crises, on se demande un peu ce qui pousse la Croatie à venir rejoindre des pays comme la France  » Si elle le fait, c’est qu’elle y a intérêt, financier. La crise et la misère, c’est pour le peuple, pas pour les dirigeants.
    Cela dit, bienvenue et meilleurs vœux à H16.

  • « Wargon a ainsi frétillé d’aise en expliquant que « l’appel à la sobriété énergétique » (lire : la propagande du rationnement) avait été entendu, constatant joyeusement que la consommation électrique avait baissé en France de 9 % sur les quatre derniers mois »
    On devrait peut-être lui annoncer une autre bonne nouvelle: La consommation électrique va baisser encore plus ( % à deux chiffres) quand toutes les boulangeries, petits commerces, industries diverses auront mis la clé sous la porte pour émigrer vers des climats plus cléments, et sans intention de retour!
    CPEF

    • D’où l’inutilité pour le gouvernement de revenir sur les 50% de mix énergétique entre le nucléaire et les éoliennes. Si plus personne ne travaille, inutile de produire de l’électricité : seulement pour chauffer les fonctionnaires.

      • Certes, mais les fonctionnaires vont se retrouver comme la cigale quand la bise sera venue, car électricité intermittente, transports aléatoires, marchandises indisponibles, chauffage absent quand il est nécessaire ( l’hiver, la nuit, quand il n’y a pas de vent et que ça caille pour cause d’anticyclone)! Je pense qu’assister à ce spectacle devrait être assez rigolo! (avoir prévu bien sûr rations de survie et tout ce qu’il faudra pour passer ce cap difficile sans les services publics de l’Etat nounou!

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Un article de l'Iref-Europe.

 

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