La meilleure énergie, celle qu’on ne consomme pas. Vraiment ?

La meilleure énergie est celle qui permet de répondre à nos besoins au meilleur coût. Mais nos politiciens aiment organiser la disette.

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La meilleure énergie, celle qu’on ne consomme pas. Vraiment ?

Publié le 26 décembre 2022
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La meilleure énergie est celle qui permet de répondre à nos besoins au meilleur coût. Mais nos politiciens aiment organiser la disette plutôt que favoriser l’abondance. Avec eux, la crise énergétique que nous traversons est loin de se terminer.

Certains se souviendront peut-être du grossier sophisme macronien « la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Évidemment, les élites ne s’appliquent pas leurs propres préconisations. Emmanuel Macron s’est ainsi rendu en avion pour assister à la demi-finale et la finale du championnat du monde de football. Sa « trace carbone » ne le préoccupe pas mais au moins sa présence ne pouvait perturber ni l’équipe ni le match.

On ne peut pas en dire autant, hélas, de l’économie. Dans ce domaine, l’ingérence continuelle du pouvoir ne cesse de créer des nuisances.

 

Une crise énergétique provoquée

Les langues commencent à se délier : le massacre de la filière atomique française a débuté dans les années 1990, par électoralisme et pour plaire aux écologistes ; de surcroît des politiciens incompétents techniquement se sont fait rouler dans la farine par l’Allemagne et ont accepté des inepties au motif d’une concurrence bidon.

Quelques morceaux choisis du témoignage devant le Sénat de Henri Proglio, ancien directeur d’EDF (issus de cet article de Contrepoints) :

 

« On a assisté à la recherche pathétique d’un accord électoral avec un parti antinucléaire. On en voit les prémisses dès 1997-1998 avec l’abandon de la filière des réacteurs à neutrons rapides qui remettait en cause la logique du système nucléaire français. […].Et puis l’apogée avec la campagne [présidentielle] de 2012 avec son cortège de joyeusetés. La fermeture annoncée de 28 réacteurs nucléaires, rien que ça, qui s’est transformée par l’engagement de fermeture de Fessenheim, et l’abaissement à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique. […] J’ai assisté à la mise au point d’une théorie absurde qui m’a été imposée avec beaucoup d’insistance par les pouvoirs publics : la théorie de la décroissance électrique. Il fallait considérer que la demande électrique allait baisser en France et que par conséquent il fallait diminuer la puissance du nucléaire surpuissant.

La deuxième loi géniale, c’est la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité) qui consiste à imposer à EDF la vente à prix cassé, puisque inférieur au coût de revient, de 25 % de sa production électronucléaire à ses propres concurrents pour qu’ils puissent vendre leur énergie aux clients d’EDF. Ça a très bien fonctionné, ils sont devenus riches. C’est d’une pertinence absolue et je l’ai dénoncé pendant des années avec l’efficacité que vous voyez.

Pour couronner le tout, il fallait définir un prix de marché qui a été indexé sur le prix du gaz. Pourquoi, alors qu’on n’en utilise pas ? Parce que les Allemands utilisent le gaz et que toute la démarche est allemande et que la réglementation européenne est allemande.

[…] C’est clair et cohérent pour l’Allemagne. Ils ont tenté leur Energiewende [la transition énergétique allemande] qui s’est transformée en catastrophe absolue puisqu’elle s’est traduite par un affaiblissement des opérateurs allemands quasi en ruines.

Comment voulez-vous que ce pays qui a fondé sa richesse, son efficacité, sa crédibilité sur son industrie accepte que la France dispose d’un outil compétitif aussi puissant qu’EDF à sa porte ? »

 

Relativisons : EDF est une entreprise publique en situation de monopole mais l’ouverture à la concurrence n’est qu’un simulacre. La production d’électricité en mode continu (nucléaire) n’est pas une activité concurrentielle. Quant à la production d’énergie en mode intermittent (éolien et solaire), elle est largement subventionnée et inadéquate comme le prouve l’échec allemand.

L’abandon du nucléaire voulu par les politiciens va provoquer un renchérissement durable de l’énergie et le renversement de tendance – s’il se fait – prendra probablement plus d’une décennie.

 

La crise énergétique accélère la désindustrialisation

La désindustrialisation de la France est le résultat de la politique fiscale et du droit du travail. Les entreprises en France payent plus d’impôts et taxes qu’ailleurs, la main-d’œuvre y est moins compétitive du fait des 35 heures et du poids de la législation. Elles ont donc décidé de produire ailleurs. La crise énergétique accélère ce phénomène de délocalisation.

En novembre 2022, la consommation électrique a chuté selon EDF :

« Sur les 4 dernières semaines, la consommation d’électricité en France à température normale affiche une diminution structurelle (6,6 %) par rapport au minimum des années précédentes (2014-2019) sur la même période ».

Certaines entreprises ont ralenti leurs productions, ne pouvant plus assumer les coûts, d’autres l’ont stoppé. C’est le cas, par exemple, de Cofigeo (conserves William Saurin) mais aussi de cimentiers, des industriels de la métallurgie, des fabricants d’engrais, détaille L’Usine Nouvelle.

Une réflexion est désormais engagée dans de nombreuses entreprises encore installées en France et en Europe qui songent à se délocaliser là où l’énergie est la plus avantageuse, notamment aux États-Unis.

Le sophisme de Macron fonctionne à plein : nous consommerons moins d’électricité, les cheminées des usines ne fumeront presque plus en France. Elles fumeront dans d’autres pays où les gens n’auront pas besoin d’aides car ils occuperont des emplois bien payés.

 

Encore plus de tout ce qui n’a pas marché

Loin d’envisager un retour en arrière, nos décideurs multiplient leur interventionnisme brouillon :

  • Taxe carbone et bouclier tarifaire qui renforceront la pression fiscale à terme ;
  • Politiques d’aide aux entreprises sous forme de subventions accordées à ceux ayant les faveurs du pouvoir (programmes France Relance et France 2030) qui renchériront ce que nous payons en tant que consommateur.

 

Pour illustrer l’ineptie de la taxe carbone qui frappe les matières premières et produits semi-finis, prenons l’exemple du couteau, cité dans l’émission Les Experts de Nicolas Doze : un couteau entièrement en acier va subir la taxe carbone s’il est fabriqué en France avec de l’acier importé. Il ne sera pas taxé s’il est fabriqué à l’étranger. Les amateurs de couteaux Laguiole ou de Thiers apprécieront…

Pour revenir en arrière, il faudrait remettre en cause le fantasme de la lutte contre « le changement climatique » et admettre que des milliers de milliards d’euros de dettes et de taxes ont été gaspillés en vain. Nous en sommes bien loin.

C’est pourquoi – sans nous préoccuper des fluctuations des cours du pétrole, du gaz et du charbon au jour le jour – nous pensons que notre transaction de la décennie portera ses fruits : les énergies fossiles resteront utiles, rentables et continueront à être demandées. La meilleure énergie, c’est celle qui permet de produire au meilleur coût ce que nous choisissons de consommer.

(L’auteur Simone Wapler a rédigé cet article pour la lettre d’information d’Henry Bonner. Suivez nos écrits ici.)

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  • A mauvais diagnostic, mauvais remède. Tant que la religion du réchauffement climatique sera basée sur la croyance de l’influence unique du Co2, on ne s’en sortira pas.

  • L’Allemagne fabrique de l’acier avec du charbon et des voitures avec cet acier. Si l’UE taxe l’acier importé, l’acier allemand sera moins cher bien que tout aussi polluant. Idem pour leurs voitures face à la déferlante des voitures électriques chinoises plus performantes.
    Quant aux Laguioles, les Allemands n’en fabriquent pas et Macron qui espère que sa candidature à l’Europe sera aidée par l’Allemagne en 2027, s’en contre fiche.
    Merci à nos présidents de défendre la France et les intérêts du peuple français.
    Peut-être feront-ils les veuves effarouchées lorsque, comme en Italie, l’extrême droite sera au pouvoir.

  • mais non voyons c’est celle que l’état consomme à votre place…
    ça c’est le prétendu credo des tous les politiques français..
    le véritable étant .. c’est moi dui doit décider.

  • L’écologie n’est rien d’autre que nous ouvrir les yeux sur les limites déjà dépassées de l’extraction des matières premières avec ses rendements décroissants et des pollutions en tout genre. Ex: La voiture électrique c’est admirer son nombril, pour notre mobilité nous avons nos jambes, le vélo, la trottinette, le cheval etc. par contre nos marchandises ne se déplacent pas toutes seules et dépendent des énergies fossiles et rien ne peut les remplacer. L’agriculture est aussi 100 % fossiles, engrais, phytosanitaires, tracteurs, moissonneuses électriques ? (100 litres de diesels par hectare cultivé) et toute la logistique, froid, emballage jusqu’aux consommateurs. Depuis 2015 les investissements dans les fossiles sont passés de 800 à 350 Milliards de dollars par an à cause du manque de financement dû au changement climatique, donc en déclins volumiques. Les découvertes sont 1/10 de la consommation. Nous avons donc le choix maintenant entre la sobriété voulue ou la pauvreté imposé avec le même résultat.
    https://imgur.com/a/6dEDt

  • Stupide expression que « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas » ! Allez le dire aux peitits vieux qui ne peuvent se payer de quoi se chauffer !
    Le seul slogan honnête, si on aime les slogans, est « la meilleure énergie est celle que l’on ne gaspille pas ».

  • Et le meilleur article, c’est celui qu’on n’écrit pas ? !

  • « les énergies fossiles resteront utiles, rentables et continueront à être demandées. La meilleure énergie, c’est celle qui permet de produire au meilleur coût ce que nous choisissons de consommer. »
    Oui mais pour combien de temps ? Même si on ne se préoccupe pas du tout des émissions de CO2, pétrole, charbon et gaz finiront par s’épuiser.
    Le nucléaire pourra-t-il prendre complètement le relais ?

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