Pologne et Hongrie : vers une discorde énergétique en Europe

La Pologne et la Hongrie affirment que leurs approvisionnements énergétiques pour l’hiver sont sécurisés. Une potentielle source de discorde dans l’UE si les pénuries arrivent.

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Viktor Orbán by European People's Party (Creative Commons CC BY 2.0)

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Pologne et Hongrie : vers une discorde énergétique en Europe

Publié le 20 octobre 2022
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Si l’hiver inquiète en Europe à cause de l’approvisionnement énergétique, certains pays sont plus confiants que d’autres. Les Anglais se préparent à des risques de blackout, tandis que la Pologne et la Hongrie affirment de leur côté que leurs approvisionnements énergétiques pour l’hiver sont sécurisés.

Les deux pays d’Europe centrale ont choisi des stratégies différentes, conséquences de leurs divergences sur la Russie, mais semblent arriver à trouver des solutions pour le court terme voire le long terme.

De bonnes nouvelles pour ces pays, mais une potentielle mauvaise nouvelle pour la cohésion européenne en cas de scénario catastrophe de pénuries : les pays dits illibéraux pourraient s’en sortir renforcés politiquement.

 

Approvisionnement russe de la Hongrie contre réduction de la dépendance russe polonaise

Comme le rapporte le site oilprice :

« L’entreprise énergétique polonaise PGNiG a déclaré vendredi dans un communiqué qu’elle avait assuré son approvisionnement en gaz pour la saison de chauffage 2022/2023 et qu’elle utiliserait 100% de la capacité du nouveau projet de gazoduc de la Baltique dont l’exploitation devrait commencer le 1er octobre. Le Baltic Pipe transportera le gaz produit au large de la Norvège vers les centres de demande en Pologne. »

Le gazoduc baltique étant l’aboutissement d’un long projet commencé il y a 20 ans et qui a été accéléré cette dernière décennie pour réduire la dépendance au gaz russe.

Une partie du charbon, principale source du mix énergétique polonais, est produit sur place, le reste est importé de multiples sources, et s’ajoute une potentielle livraison provenant d’Ukraine. Le président ukrainien ayant conscience de l’importance de réduire les problèmes énergétiques de ses principaux soutiens comme la Pologne afin d’éviter un retournement d’opinion publique en défaveur de l’Ukraine.

Du côté hongrois, la politique reste la même : un approvisionnement énergétique venant de Russie avec Gazprom. Le transit se fait par le sud avec Turkstream, une route passant par la Turquie, mais aussi la Serbie. Ce lien économique entre Moscou et Budapest est parti pour durer, des contrats de longues durées ayant été conclus au niveau du gaz, mais aussi du nucléaire. Cette position s’explique par la dépendance énergétique de la Hongrie à la Russie.

 

Un risque de discorde politique en Europe

Des imprévus peuvent toujours arriver et mettre à bas la stratégie polonaise et hongroise. Ces choix placent les deux pays dans une situation actuellement optimiste.

Mais si les autres pays se retrouvaient cet hiver dans une situation beaucoup plus défavorable, ce serait une source de division politique. Si des restrictions importantes ont lieu en Europe de l’Ouest et pas pas ou peu en Pologne et en Hongrie, ces deux derniers pays en sortiraient en position de force.

Leur réputation de perturbateurs au sein de l’Union européenne pourrait fortifier les populistes et affaiblir les pro-Européens, d’autant plus que les dirigeants polonais et hongrois n’hésiteront pas à profiter de l’occasion pour mettre en avant leur modèle illibéral.

Mais en Pologne, cet hiver pourrait aussi être un enjeu national. Les futures élections législatives se tiendront en 2023 avec un gouvernement actuel en difficulté. Si l’hiver se passe mal en Pologne, l’issue sera fatale politiquement au gouvernement eurosceptique de Droit et Justice. Au contraire, si la situation est meilleure en Pologne qu’en Europe de l’Ouest (qui sert d’exemple à l’opposition), le parti Droit et Justice augmenterait ses chances de victoire.

 

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  • L’Allemagne aussi sécurise son énergie : son petit toutou, la France, va lui fournir une partie du gaz qui lui manquera. Juste retour des choses envers un pays qui a décidé que sa défense serait tout sauf d’origine européenne.

  • Il y aurait donc 2 pays en Europe qui se préoccupent de la défense de leurs intérêts.
    Si ça peut faire exploser cet attelage de plus en plus incohérent qu’est devenue l’UE, tant mieux !

  • Avatar
    The Real Franky Bee
    21 octobre 2022 at 5 h 25 min

    Les dirigeants polonais et hongrois actuels sont des hommes et des femmes qui ont grandi dans un système soviétique fait de pénuries, de soumission à un pays, et bien entendu de répression féroce. En face d’eux, ils ont des générations et générations d’apparatchiks (notamment français) influencés par les radicaux chics de salon qui n’ont jamais cessé de soutenir les Mao, Pol Pot, Fidel Castro ou autres Nicolas Maduro.

    Celui qui comprend ça comprend aussitôt pourquoi l’UE ne peut pas fonctionner entre l’Ouest et l’Est. Les uns rêvent de liberté, là où les autres veulent imposer la soumission aux principes bureaucratiques de Paris.

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