Le dollar n’a pas fini de se renforcer… la faute au Quantitative Easing !

Rien n’est moins mystérieux que cette appréciation continue du dollar américain.

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Le dollar n’a pas fini de se renforcer… la faute au Quantitative Easing !

Publié le 6 octobre 2022
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Le dollar poursuit son ascension inexorable face aux principales devises : depuis le début de l’année, il a augmenté de 20 % contre la livre, 16 % contre l’euro, 26 % contre le yen, 12 % contre le yuan et même contre le franc suisse depuis la décision de la Réserve Fédérale américaine de remonter les taux d’intérêt initiée en mars dernier.

Rien n’est moins mystérieux que cette appréciation continue de la devise américaine. À tous ceux qui l’avaient oublié, l’hégémonie du dollar est la conséquence de la domination de son marché financier sur l’échiquier mondial. Cet état de fait a des effets non négligeables dès lors que les principales banques centrales décident de poursuivre le même resserrement monétaire après presque 15 années de politique d’assouplissement monétaire.

 

La fin de la récré sifflée par la FED 

Après avoir pensé pendant un temps que l’inflation était à tort transitoire (écouter le discours du gouverneur de la Réserve Fédérale – J. Powell – à Jackson Hole en août 2021), la Réserve Fédérale est revenue à la raison et a débuté une série d’augmentation des taux d’intérêts accompagnée de la fin de son programme de rachat de dettes majoritairement publiques ainsi que de la politique de réinvestissement systématique du produit des titres échus – politique de tapering. Cette politique très restrictive avait été à peine entamée en 2018 juste avant la crise liée au covid mais avait été stoppée dès les premiers signes de turbulence sur le marché financier compte tenu de la faible inflation de l’époque. Les autorités voulaient éviter à tout prix une répétition de 2008.

La situation à laquelle font face les banques centrales aujourd’hui est totalement inédite comme l’a été la politique d’assouplissement monétaire adoptée en 2008, à ceci près qu’il est plus facile d’injecter des milliards que de les retirer. En effet, nous assistons aujourd’hui à une stratégie des banques centrales qui peu ou prou va dans la même direction : resserrement monétaire et redimensionnement de la taille de leur bilan. Les taux d’intérêt sont donc sous forte pression par ces actions conjuguées.

La Réserve Fédérale américaine a été la seconde banque centrale – la banque d’Angleterre avait la première en décembre 2021 – à ouvrir le bal en annonçant une série de hausse de taux et une baisse programmée de la taille de son bilan à raison de 47,5 milliards par mois avec un doublement de ce montant à partir de septembre. L’objectif est de retrouver la taille de bilan de l’avant covid d’ici trois ans grâce à une baisse de 1100 milliards par an. Le dollar a donc bénéficié d’un écart de taux favorable, une parfaite illustration de la théorie de la parité des taux d’intérêt. Les investisseurs peuvent emprunter à faible taux en zone euro ou yen et ensuite investissent aux USA, tirant bénéfice de l’écart de taux, pur profit d’arbitrage. C’est la première explication pour la hausse du dollar.

 

Le marché financier américain… roi de la liquidité et de la profondeur ! 

Néanmoins, la situation s’est dégradée à la rentrée avec l’accentuation du renchérissement du dollar alors que la plupart des grandes banques centrales se sont mis en ordre de bataille et ont initié des hausses de taux –  la BCE en juillet et la banque suisse en septembre à l’exception du Japon.

Cette situation dépasse en effet le seul profit d’arbitrage des investisseurs et fait apparaître clairement la préférence des investisseurs pour la liquidité et pour les instruments monétaires disponibles sur marché monétaire américain qui domine grâce à sa liquidité et sa profondeur. Rien d’étonnant, sachant que le taux d’intérêt américain à 6 mois a presque atteint 4 % comparable au taux à 2 ans et supérieur au taux à 10 ans alors que le taux d’intérêt à 6 mois en zone euro est à moins de un.

La crise de la livre sterling la semaine dernière est une cruelle illustration des conséquences d’une telle domination du marché américain en plus de la défiance exprimée à l’encontre du mini budget décidé par la nouvelle équipe dans un contexte où les banques centrales se retirent comme acheteur récurrent de dette souveraine et alors qu’elles en détiennent une part significative – en moyenne environ 25 % en zone euro et 20 % aux États-Unis. Toute perspective d’augmentation de la dette publique pose l’épineuse question de savoir qui sera en face pour la financer. La réponse du marché a été brutale : pas grand monde !

L’épisode qui s’est joué en Angleterre est un avant-goût de ce qui pourrait arriver aux pays les plus dispendieux de la zone euro et ce malgré l’adoption en juillet dernier par la BCE du nouvel outil anti-fragmentation – le TPI – qui lui permet d’acheter davantage de dette publique et privée d’un pays sous pression. C’est une sorte d’officialisation de ce qui s’est passé lors du déploiement programme d’urgence face à la pandémie (PPEP) où les clefs de répartitions au capital de la BCE qui déterminent le pourcentage de titres de dette publique par pays acheté par la banque centrale n’étaient plus respectées.

La zone euro risque de souffrir de la préférence pour la liquidité en cette période d’inflation et de fortes incertitudes… et le Fly to quality va continuer à renforcer la position du dollar !

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  • Ce n’est pas dû au quantative easing mais bien à la hausse des taux plus élevée qu’ailleurs et aux incertitudes géopolitiques qui rendent les USA plus sûrs. En plus contre l’euro joue la détérioration de la balance commerciale de la zone qui oblige à acheter des dollars (et vendre des euros) pour payer les importations, principalement l’énergie

  • Le probleme de l’Europe est qu’elle suit les USA au lieu de proposer une alternative. On l’a vu lors de la crise de 2008 qui etait un événement d’origine américaine; l’Europe a propose les meme solutions que les USA. Maintenant l’Europe vas suivre les USA, a la traine, et remonter ses taux, avec du retard, avec un EUR au fond du trou. Les américains en attendant, achètent tout ce qu’ils peuvent a bas prix. Toutes ces elites vont dans les memes écoles, appliquent les meme « solutions » mais l’Europe n’a jamais l’initiative.

  • Aucune réaction de la BCE Madame Lagarde hésite à contrarier la haute finance US et Biden, malgré tout, elle pourrait imiter la FED, un certains président d’un pays que je citerais pas serait totalement d’accord

  • Je suis désolé..mais en tant que crétin de base.. et esprit simple…

    ou bien on a une clef ou une matrice de décision fixe pour créer ou détruire des unités monetaires..et on s’y tient..
    ou on en a pas..et on admet que c’est arbitraire..

    Il me semble que le discours , fumeux à mon opinion , sert avant tout à justifier la monnaie papier.. même chez ceux qui critiquent ….c’est similaire discuter des réformes des retraites, de l’hopital public ou des programmes de l’ed nat .. d’ailleurs la création ou destruction de monnaie ressemble fort à une redistribution ;
    si tu ne connait pas ce que le banquier central a à l’esprit , tu subis .à profit ou perte.

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