Macron et la stratégie du chaos

Moi ou le chaos ? Cette interrogation résume en trois mots toute la politique macronienne.

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Macron et la stratégie du chaos

Publié le 20 juin 2022
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Moi ou le chaos ? Cette interrogation résume en trois mots toute la politique macronienne.

Elle est à la fois juste et fausse. Juste, parce que ne s’opposent à l’option d’une majorité présidentielle que deux délires irresponsables et démagogiques. Fausse, parce que cette absence de choix raisonnable est avant tout la résultante d’une entreprise de démolition en règle de toute opposition crédible.

Si le paysage politique n’offre plus aujourd’hui qu’une seule option : Macron ou le grand n’importe quoi, on ne le doit qu’au président de la République qui n’a eu de cesse depuis 5 ans de détruire toute force d’opposition crédible, les plaçant une à une devant un dilemme existentiel : se fondre dans la masse ou s’exiler et cesser d’exister.

 

Exit PS, LR et autres

Ainsi avons-nous pu voir fondre en l’espace de 3 mois la tentative d’échappée de la comète Éric Zemmour et du parti Reconquête, aussi vite montée au firmament que redescendue et perdue dans le vide intersidéral.

Bien sûr, Emmanuel Macron n’a pas payé ou manipulé Éric Zemmour, Philippe de Villiers ou Guillaume Peltier. Il n’a pas eu besoin de cela pour susciter l’envie d’essayer de sauver la droite, quelle que soit la justesse de la solution proposée. Il a juste fait tout ce qui était possible de faire depuis 5 ans pour convaincre la France entière que la droite française avait besoin d’être sauvée et que le sauveur, c’était lui : Emmanuel Macron.

Il lui a fallu moins d’énergie pour convaincre l’opinion d’une autre de ses vérités, celle que la gauche « raisonnable » c’était lui également. Mais le résultat est le même : le PS, les verts et même le parti communiste se sont retrouvés devant le même choix cornélien : se fondre dans la masse ou disparaître, n’ayant devant eux que deux options, deux pelotons auxquels se raccrocher : soutenir la majorité ou aller vendre leur âme à l’admirateur des massacres sanglants de Robespierre ou de Fidel Castro.

 

Diviser pour mieux régner

Emmanuel Macron fait ici plus fort que François Mitterrand. La France se retrouve en 2022, non pas avec une, mais avec deux forces politiques qualifiées d’anti-républicaines, ultra-minoritaires sociologiquement mais omniprésentes politiquement et médiatiquement.

Ces deux formations qualifiées d’extrême, droite et gauche, partagent toutes deux les mêmes caractéristiques :

  • Elles proposent des analyses totalement biaisées et soutiennent avec sérieux des solutions totalement farfelues qu’il est très facile de démonter.
  • Elles se prêtent plus que volontiers au jeu de la comédie et remplissent parfaitement leur rôle d’épouvantail à moineaux.
  • Elles cultivent savamment l’ambiguïté entre accéder au pouvoir et vivre confortablement des rentes accordées avec largesse au personnel politique.
  • Elles sont épaulées par un club de supporters fanatiques, aussi bruyants que totalement inoffensifs.
  • Elles sortent régulièrement des grosses bêtises qui permettent de divertir les médias et évitent ainsi soigneusement de parler des choses importantes.

 

La fin d’un cycle

On comprend parfaitement la manœuvre : celle-ci a été au centre de toutes les analyses politiques depuis 1981.

Sous le premier septennat de François Mitterrand, le parti de Jean-Marie Le Pen est sorti de l’ombre et est passé de 0,18 % aux législatives de juin 1981 à 14,38 % à la présidentielle de 1988. Depuis, son ombre plane sur la politique française et tous les partis, droite en premier ont eu à intégrer ce facteur dans leur logique.

Aux élections européennes de 2009, le Front de gauche, précurseur de l’union de la gauche autour des idées les plus radicales avait péniblement obtenu 6,48 % et donné deux sièges au parti communiste Français. NUPES a été au centre de toutes les discussions depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle.

La bonne nouvelle, c’est que l’on arrive au bout de cette dynamique mortifère. Si on regarde froidement les chiffres du premier tour des élections législatives, on se rend compte tout de suite que les premiers perdants de cette dynamique ont été les partis arrivés au pouvoir.

 

La représentativité de la majorité lors des élections législatives successives a été divisées par trois. Si ce mouvement continue, il est évident que le pays deviendra bientôt totalement ingouvernable, si ce n’est pas déjà le cas.

 

La nécessaire réforme

On entend beaucoup de parallèles entre la situation actuelle de la France et les situations prérévolutionnaires : France 1788, Allemagne 1931, Russie 1916. Il est vrai que la Cinquième République française partage sur le papier bon nombre de similarité : dette abyssale, coût exorbitant de la dépense publique et de l’accumulation de déficits, corporatisme omniprésent, écart gigantesque entre le peuple et les individus au pouvoir, généralisation des privilèges…

Mais la comparaison s’arrête là. La France de 2022 est très loin de vivre le niveau de violence qui existait à l’aube de ces révolutions. Même le chaos des manifestations durement réprimées lors de la récupération des Gilets jaunes n’a absolument rien à voir avec les effusions de sang qui ensanglantaient quotidiennement les rues de Paris, de Berlin ou de Moscou.

À l’inverse, les Français sont dans une très large majorité totalement dégoûtés de cette comédie politique orchestrée par des fanatiques ridicules qui ne représentent qu’eux-mêmes, tout en étant persuadés du contraire.

 

Vers une réforme libérale

La nature a horreur du vide. L’espace politique de l’abstention finira bien par être représenté d’une façon ou d’une autre. Certainement pas en exhumant les fantômes du passé, mais tout simplement en transformant en message clair et intelligible les opinions des 52 % d’abstentionnistes.

Cette vision, les libéraux la portent depuis longtemps : moins d’État, moins de politique, moins d’idéologie mais des réponses concrètes, qui fonctionnent et qui surtout ne procèdent pas systématiquement du prélèvement fiscal et de l’augmentation du nombre de fonctionnaires et de privilèges.

Le système actuel, où le moins pire n’est évalué qu’à l’aune des bêtises proférées par ces opposants ne peut avoir d’avenir. Il est irrémédiablement condamné à s’effondrer. Les deux choses qui le maintiennent encore debout sont le culte voué à l’héritage gaulliste et la nostalgie des concessions accordées au communisme lors des négociations du Conseil National de la Résistance.

Les institutions actuelles pourront peut-être maintenir ce régime brinquebalant encore quelques années, mais le moindre changement : élections de l’Assemblée à la proportionnelle, crise gouvernementale à mi-mandat, crise financière de l’État, réveil d’une force politique libérale… le fera irrémédiablement basculer.

 

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  • Les électeurs qui ont voté ont mis de la proportionalité dans l’AN. On verra avec le temps jusqu’à quel point.. soit cela entraînera de l’immobilisme, soit on se dirige progressivement vers l’art du compromis et un rééquilibrage du pouvoir entre la Présidence et l’Assemblée. Au final c’est toujours l’histoire qui décide.

    • L art du compromis n a jamais fait partie de la tradition française tres axée sur l affrontement et l idéologie. La 3 ème et 4 ème république nous ont montré dans quel état de délabrement était tombée par2 fois ( 1939 et 1958) la France après des décennies de régimes parlementaires. Heureusement le GdG nous a sorti de cette chienlit parlementaire avec la résistance en 1940 et 5 ème république en 1962 qui a permis depuis 50 ans a la France d etre gouvernée même si elle a qq défaut.
      Les français ont la mémoire bien courte et toujours prêts à foncer tête baisser dans des fantasmes et des délires…….😂😂😂.

      • Délabrement entre 1946 et 1958 ? Des délabrements de ce genre avec une croissance économique telle qu’elle fait sortir des millions de gens de la misère (et jusqu’à la faim) provoquée par « la guerre », j’en redemande ! On vous a vendu l’idée qu’il faut un pouvoir fort pour que le peuple se porte bien alors que c’est exactement le contraire, l’idéal étant pas de pouvoir du tout.

        • @Guy : revoyez l’Histoire de France, nom d’un chien !
          La croissance exista quasiment partout en Europe de l’ouest, en gros de 1945 à 1975 (cf. « Les Trente Glorieuses » en France) quel que soit le régime.
          Par contre. c’est au régime d’assemblée de la IVe République que sont dus, entre autres, les « exploits » suivants :
          – incapacité, par indécision, blocages parlementaires, absence de majorité stable, etc. de trouver une solution en Indochine, laquelle passait par l’indépendance, ce qu’avait compris le général Leclerc qui fut quasiment le seul, avec Jean Sainteny, de tenter de négocier avec Ho Chi Minh ; résultat du marécage parlementaire : 8 ans d’une guerre atroce, notamment pour les Vietnamiens et pour nos soldats, « couronnée » par le désastre de Diên Biên Phu en 1954 ;
          – incapacité de traiter la question algérienne qui nous valut encore 8 ans de guerre, qui fit presque tomber la France entre les mains d’une junte militaire en 1958 ; il fallut 4 années au Général pour mettre un terme à ce gâchis mais l’héritage des IIIe et IVe République qui n’eurent jamais la force de réformer (seul le Front Populaire le tenta en 1936 mais l’infirmité du régime bloqua tout) fit que l’indépendance de l’Algérie en 1962 fut – inévitablement – une horrible vivisection ;
          – absence d’indépendance vis-à-vis des États-Unis : les monstrueux projet de la CED (« Communauté Européenne de Défense ») transformant nos forces armées, comme celles de l’Allemagne criminelle et vaincue, en piétaille au service des États-Unis : là encore, le Général sauva le pays en contribuant fortement au rejet de ce projet en 1954 ;
          NB : il suffit de consulter le traité de Lisbonne et de scruter le contenu de la « politique » de l’UE en matière de Défense depuis des décennies pour constater que ces orientations atlantico-otano-européïstes sont plus puissantes que jamais, comme on peut le constater notamment à l’occasion de l’actuelle crise russo-ukrainienne ;
          – dans ce contexte, même si certains ministres lucides, secondés par des hauts-fonctionnaires et des militaires, lancèrent les bases de l’arme nucléaire française, on n’imagine pas un instant les nains de jardin de la IVe République en tirer les fantastiques réalisations et conséquences que nous devons au Général, le tout sur des fondements solides et restant d’actualité comme le concept de « pouvoir égalisateur de l’atome » développé par le général Gallois ;
          – en bref, entre 1946 et 1958, la France, avec son régime grotesque et corrompu qui faisait rire le monde entier, fut l’ « homme malade de l’Europe », avec ses 2 Gouvernements par an et parfois même son incapacité de voter le budget dans les temps, …
          Ce régime d’assemblée invertébré et irresponsable représentait un bouillon de culture idéal pour les politiciens soucieux de grenouiller et de profiter du système, comme, entre autres, un certain François Mitterrand qui fut 11 fois ministre ; on comprend donc que M. Mélanchon rêve de retourner à ce genre de régime qui lui permettrait nuit et jour de nous abreuver de ses propos et projets irresponsables.

          • @ griesmar
            1) Il n’y eut aucune croissance économique durant cette période à l’Est, ce qui illustre le fait, démontrable par le raisonnement que le régime politique a bien une influence sur l’économie. l’Allemagne de l’ouest, exangue, dévastée et occupée après la guerre, grâce à l’une des constitutions des plus libérale de l’histoire, connu un redressement spectaculaire de 1946 à 1965 environ. Toutes choses égales par ailleurs, plus un peuple est libre, plus il est à même de créer des richesses.
            2) Tous les crimes et désastres que vous décrivez sont exacts. Mais qui vous dit qu’un pouvoir fort aurait fait mieux ? Ces tragédies ont toutes été le résultat d’aventures étatiques passées, notamment la colonisation à laquelle Frédéric Basttiat s’était déjà opposé en son temps. Enfin, De Gaulle était un homme d’État exceptionnel, comme on en connaît peu dans l’histoire, ce qui ne l’empêcha pas de commettre plusieurs erreurs criminelles comme l’abandon des Harkis, alors que la guerre était militairement gagnée.

  • Le point très positif de cette élection c’est que enfin Macron est privé de majorité absolue pour le reste le financement des partis, le professionnalisme en politique favoriseront toujours les partis de gauche et les fonctionnaires donc aucun espoir de voir une force libérale émerger

  • Finalement avec cron c’est Moi ET le chaos…

  • Osera-t-il un coup d’Etat pour se maintenir au pouvoir?

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