NUPES et Mitterrand : même situation

Le contexte macro-économique favorisant la montée de la NUPES ressemble à celui de 1981 mais avec des règles du jeu qui ne sont plus les mêmes.

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Jean-Luc Mélenchon (Crédits ActuaLitté, licence Creative Commons)

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NUPES et Mitterrand : même situation

Publié le 9 juin 2022
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En somme, les médias sont partagés entre ceux qui ont interprété la NUPES comme un remake du Programme Commun de la gauche et ceux qui ont pu y déceler des innovations politiques majeures. L’important n’est pas là ; il est dans le fait que le contexte macro-économique ressemble à celui de 1981 mais avec des règles du jeu qui ne sont plus les mêmes.

C’est en juin 1972, il y a juste 50 ans, qu’était signé un Programme Commun entre le parti communiste et le parti socialiste. Après un épisode de petite brouille entre les deux partis, le programme s’est transformé en « 110 propositions pour la France », un texte d’orientation politique présenté par le Parti socialiste et François Mitterrand pour l’élection présidentielle de 1981. Peu de différences essentielles peuvent être relevées entre les deux documents, sinon la disparition de la « renonciation à la force de frappe nucléaire stratégique sous quelque forme que ce soit » qui n’apparait plus parmi les 110 propositions. L’intégrité des dimensions économiques, sociales et sociétales de 1972 a donc été préservée au point que la politique mise en œuvre en 1981 est le plus souvent désignée comme celle du Programme Commun.

En dépit de l’effort de quelques plumes de gauche pour souligner les innovations de la NUPES, la parenté de ce programme avec son lointain prédécesseur est difficile à cacher ainsi que l’illustre le tableau ci-dessous.

Quelques ressemblances 50 ans après
Programme commun NUPES
Salaire minimum à 1000 francs

(710,65 francs en 1972 soit + 40 %).

Smic à 1500 euros net

(1269,45 euros net en janvier 2022 soit + 18 %)

Retraite à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes. Retraite à 60 ans
Pas de pension vieillesse inférieure au SMIG Porter a minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions pour une carrière complète
Création d’un impôt sur la fortune Rétablissement de l’ISF et abrogation de la flat tax
L’État organisera le contrôle des prix des produits de première nécessité Blocage des prix des produits de première nécessité
Passage aux 35 heures Passage aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit immédiatement, et généralisation par la négociation collective
Augmentation massive des prises en charge et remboursements de santé et des pensions d’invalidité ; pas de pension vieillesse inférieure au SMIG Recruter et valoriser 100 000 soignants pour l’hôpital, 300 00 dans les EHPAD
Les loyers seront stabilisés et les droits des occupants garantis

Production de 700 000 logements sociaux par an

Encadrement des loyers à la baisse
Nationalisation du secteur bancaire et financier ainsi que d’un large pan du secteur industriel. Nationalisation des banques généralistes, des autoroutes, des aéroports, et de certaines grandes entreprises comme Engie ou EDF

 

Il convient de lire la première colonne comme un projet politique et non comme la stricte liste de ce qui a été effectivement mis en œuvre en 1981. Certaines politiques sont en effet restées loin du compte tel le passage aux 35 heures après la décision officielle de 1982 d’en rester à 39 heures. Tel encore le projet de 700 000 logements sociaux par an qui sera divisé par 10 dans la réalité de la législature 1981-86 (au lieu des 700 000 logements sociaux par an; il y en aura 420 000 de 1982 à 1989).

 

La tendance lourde de réduction des inégalités sera interrompue dans ce début des années 1980

L’essentiel du projet politique sera cependant mis en œuvre en maintenant formellement le cap de ses objectifs économiques et sociaux.

Ils sont résumés dans les dernières lignes du Programme commun :

« Cette croissance nouvelle assurera un essor considérable des équipements collectifs et le progrès régulier du niveau de vie, dont bénéficieront en priorité les catégories les plus exploitées et défavorisées ».

La réalité sera cruelle dans la mesure où ce début des années 1980 sera marqué par une inflexion contraire à cet objectif : après trois décennies de réduction sensible des inégalités, le processus est quasiment stoppé, que l’on considère les écarts entre le premier et le dernier quartile des revenus ou les écarts entre premier et dernier décile (ou encore au sens de la baisse de l’indice de Gini qu’utilisent les statisticiens pour caractériser les inégalités).

Bien entendu, la donne économique en sera l’explication et sera jalonnée par des péripéties significatives, en particulier les trois dévaluations du franc français dans les deux ans ayant suivi l’élection de François Mitterrand : le 4 octobre 81 dévaluation de 3 % ; le 12 juin 82 dévaluation de 5,75%, assortie d’un premier plan de rigueur ; le 21 mars 1983 à la faveur d’un réajustement de toutes les monnaies du système monétaire Européen, le franc est dévalué de 8 % par rapport au mark et au florin néerlandais. En moins de deux ans, le franc a ainsi perdu 17,6 % de sa valeur par rapport au mark. C’est à peu près ce que la France a perdu en PIB par habitant par rapport à l’Allemagne en moins de deux ans alors que les deux pays étaient à parité au milieu des années 1970. Ce décrochage n’a pas été rattrapé et la différence restait supérieure à 14 % en 2019 à la veille des années covid (en dépit du coût économique de la réunification allemande dans les années 1990).

Les deux premières dévaluations n’ont pas profité aux exportations françaises mais elles ont augmenté le prix des importations et contribué à relancer l’inflation ; les taux d’intérêt ont augmenté pour limiter la fuite de capitaux effrayés par cette inflation et par les déficits publics ; l’emprunt est devenu plus coûteux, l’État s’efforçant de se financer majoritairement sur les marchés étrangers pour rééquilibrer la balance des paiements.

Devant le risque du déclenchement d’une spirale incontrôlée et auto-entretenue de dépréciation monétaire, le ministre des Finances Jacques Delors a convaincu l’Élysée de rester dans le système monétaire européen et de s’en donner les moyens.

La troisième dévaluation a ainsi été associée à un plan d’économie budgétaire et de ponction sur les revenus qui témoignait de la volonté de l’État d’asseoir sa monnaie sur des fondamentaux assainis. La mesure la plus importante, que la droite n’avait même pas envisagée en rêve, a été le renoncement à l’indexation des salaires sur les prix qui avait été, de facto, la grande conquête sociale des Trente Glorieuses.

Le bilan économique et social de ces premières années Mitterrand a ainsi eu pour principal effet celui d’infléchir de manière très significative ce que l’on appelle le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits comme l’illustre le graphique ci-après.

 

 

Après une augmentation tendancielle de cette part salariale pendant plus de 30 ans, elle va ainsi connaitre une chute de 9 % de part du PIB en 6 ans, chute évidemment autorisé par ce découplage des salaires et de l’inflation. C’est peu dire qu’elle n’était pas inscrite dans le Programme commun de la gauche.

 

Un Programme commun rigoureusement incompatible avec l’écart inflationniste

Il est à noter quelque chose d’important dans l’augmentation tendancielle de la part des salaires observée avant 1983.

Il s’agit de l’inflexion vers le haut des années 1970. Elle a clairement résulté de la transformation du SMIG (avec le G de garanti) en SMIC (avec le C de Croissance) par le gouvernement Chaban-Delmas en 1970 ; le salaire minimum, se trouvant ainsi toujours indexé sur les prix, mais aussi sur une part de la croissance. Ce dispositif, ajouté aux chocs pétroliers de 1993 et 1999 a favorisé un incontestable écart inflationniste. Nous entendrons ici cette notion au sens d’un excès de la demande globale (consommation et investissement) sur la production intérieure. Ce déséquilibre se traduit par des importations supérieures aux exportations et, évidemment, par une tension sur les prix.

En 1980, la France était ainsi déjà dans une situation d’écart inflationniste : elle enregistrait un déficit commercial de 60,4 milliards de francs (qui représentait un pourcentage encore modeste mais significatif du PIB de 1,54 %) et connaissait une inflation de 13,5 %, soit plus du double de celle de l’Allemagne. En 1982, la contraction spectaculaire de la facture pétrolière (et plus généralement de celle des matières premières) a permis d’enregistrer des excédents commerciaux en Allemagne, mais aussi en Italie ou en Espagne. Seule la France, avec ses distributions de revenu sans contrepartie productive est restée en déficit extérieur jusqu’aux ponctions de revenu du plan de rigueur de 1983. La résorption de l’inflation a été moins rapide : elle était encore proche de 6 % en 1985 alors qu’elle était tombée à moins de 2 % en Allemagne.

En caricaturant à peine, on peut imaginer que le Programme commun n’aurait pas volé en éclats en moins de deux ans si Mitterrand avait gagné les présidentielles de 1974, à un moment où notre balance commerciale était en excédent et notre inflation (à près de 7 % certes en raison du premier choc pétrolier de 1973) était au même niveau que celle de l’Allemagne. Dans ce scénario fictif, un Delors aurait sans doute mis davantage de temps à convaincre l’Élysée qu’il est vain (et dangereux) de distribuer ce que l’on n’a pas. Il reste que l’écart inflationniste qui était déjà là en 1981 nous suggère de bien réfléchir à celui d’aujourd’hui.

 

La NUPES et l’écart inflationniste de 2022

Il n’échappe à personne que les deux premiers signes d’un écart inflationniste situent la situation de la France.

D’une part, le déficit commercial a battu son record historique en 2021 en s’établissant à 84,7 milliards d’euros, soit 3,7 % de notre PIB. Ce déficit pèse donc, en regard du PIB, plus du double de ce qu’il pesait en 1980.

D’autre part, l’inflation est de retour en dépit de la protection relative assurée par l’euro qui est par construction une monnaie forte au sens où elle a été conçue comme un clone du deutsche mark. Le graphique ci-après témoigne même d’une sorte d’explosion.

Il ne faut certes pas sous-estimer la part de l’inflation mécaniquement provoquée par la dérive des prix des hydrocarbures et par leurs conséquences sur d’autres prix, ce qui renvoie à une inflation par les coûts qui n’est plus alors la marque d’un écart inflationniste au sens qui a été précisé plus haut. L’Italie et surtout l’Allemagne connaissent ainsi une inflation supérieure à celle de la France avec 6,8 % et 7,8 % pour les derniers mois connus, mais avec des excédents commerciaux respectifs de 50,4 et 173 milliards d’euros ce qui exclut une interprétation en termes d’écart inflationniste. Les différentiels d’inflation par les coûts sont intimement liés au mix énergétique de chaque pays et il appartient à ceux qui ont récusé le nucléaire d’en payer le prix.

Il reste que le diagnostic pour la situation française est sans appel concernant l’écart inflationniste qui la caractérise. L’excès de la demande globale sur ses capacités de production est sans doute plus lourd qu’il ne l’était en 1980 si l’on se fie au poids relatif du déficit extérieur.

Que serait, dans de telles circonstances macroéconomiques, l’effet d’une mise en œuvre du projet de la NUPES ?

 

Quel effet du projet de la NUPES sur une économie marquée par un écart inflationniste ?

Je passerai vite sur les ordres de grandeur par rapport à la production nationale que représentent les coûts des propositions de la NUPES.

Entre les évaluations présentées par Jean-Luc Mélenchon (250 milliards) et celles de l’Institut Montaigne (352 milliards), il n’y a pas lieu de s’appesantir : dès lors que la plus basse des deux représente déjà un choc de l’ordre de 11 % du PIB, il importe peu de savoir si la réalité est supérieure à 14 %. Dans l’estimation la plus basse il s’agit d’un poids relatif dans le PIB cinq fois supérieur à ce qu’ont représenté les dépenses supplémentaires induites par le Programme commun en 1981. Les effets ne seraient certainement pas moins importants. Ils ne seraient pas pour autant identiques, dans la mesure où la régulation macro-économique a été profondément modifiée, au tournant du siècle, par la création de l’euro et par le dispositif qui lui est lié.

Ainsi que cela a été rappelé, les premières forces de rappel en 1981 ont été les manifestations de défiance vis-à-vis du franc et les dévaluations qui en ont résulté. S’en est suivi le « tournant de la rigueur » de 1983, juste à temps pour prévenir une spirale inflationniste et un effondrement de la monnaie incontrôlés. Cette fois, l’ajustement par la dévaluation n’est plus possible car la France ne maitrise pas la parité de l’euro. Si l’on considère comme très particulier l’épisode covid, l’ajustement a été assuré le plus souvent par des mesures permettant un retour vers des situations respectant les « critères de Maastricht ». Laissons de côté l’hypothèse dans laquelle un gouvernement NUPES renoncerait très vite à son projet et considérons plutôt les ajustements venus d’ailleurs et qui se produiront mécaniquement après les premières mesures mises en œuvre (ajustements que l’on désignera évidemment comme venant du « mur de l’argent »). Ils concernent en tout premier lieu les taux d’intérêt des emprunts d’État.

La confiance quant à la solvabilité d’un pays lui permet d’emprunter à bas coût. À l’inverse, les inflations excessives, les déficits des finances publiques ou encore celui de la balance des paiements, provoquent une augmentation des taux d’intérêt, à commencer par ceux des emprunts d’État. Ces taux sont certes descendus à un plus bas historique en 2021, en particulier dans la zone euro. Le tableau ci-dessous permet cependant de comprendre qu’il y a des différences dans l’espace et dans le temps qui appellent un peu de réflexion.

Quelques taux d’intérêt des emprunts d’État
(obligations assimilables à 10 ans)
Allemagne France Italie
Août 2021 -0,54 % -0,11 % +0,63 %
Décembre 2021 -0,38 % +0,05 % +1,05 %
Mars 2022 +0,26 % +0,79 % +1,95 %

 

Entre août 2021, dernier mois pour lequel le taux était encore négatif pour la France, et mars 2022, on note une augmentation générale liée à un contexte incertain, qu’il s’agisse des perspectives d’inflation ou, plus généralement, des conséquence économiques du conflit en Ukraine. On peut aussi relever les différences entre les trois pays qui ne sont guère mystérieuses. On voit bien comment se situent les récompenses des bons élèves. On entrevoit aussi le danger que peuvent représenter de telles évolutions, sachant qu’au mois de mai, le taux représenté ci-dessus était encore monté (+1,54 % en France).

Il faut savoir qu’une augmentation des taux d’intérêt a des conséquences lentes mais lourdes sur la charge de la dette. Lentes car le taux augmenté ne concerne que les nouveaux emprunts (pour remplacer ceux qui sont arrivés à maturité et qu’il faut rembourser ou pour couvrir les déficits de l’année) ; lourdes car chaque année la part s’accroit des emprunts à taux plus élevé. L’excellent site Fipeco reprend des simulations liées à la Loi de Finance 2022 et montre qu’une simple augmentation de 1 % des taux des nouveaux emprunts entraînerait « une augmentation de la charge d’intérêt de la seule dette négociable de l’État (76 % de la dette publique) de 2,5 milliards d’euros la première année, de 6,1 milliards la deuxième, de 15,4 milliards la cinquième et de 29,5 milliards la dixième ». Pour faire simple, un total de 165 milliards sur 10 ans.

On peut imaginer ce que donnerait une augmentation de 3 ou 4 % (ou plus) de ces taux d’intérêt, qu’il s’agisse de la résultante du contexte international, de la conséquence d’incongruités gouvernementales ou, pire encore, de leur synergie qui fonctionnerait comme celle du Programme commun et de l’écart inflationniste préexistant en 1981. On n’entrevoit aucune issue permettant d’éviter un scénario d’insolvabilité de l’État. La première question serait alors de savoir si l’aventure de la NUPES irait jusqu’à faire défaut sur notre dette, comme en 1797 sous le directoire, ou si elle exploserait avant.

La deuxième question serait ensuite de savoir si les plus démunis (ou les salariés) s’en sortiraient mieux qu’il y a 40 ans et ce que deviendrait l’affirmation de Thomas Piketty dans une tribune récente : « L’accord conclu par les partis de gauche marque le retour de la justice sociale et fiscale ». Comme en 1981 ?

Mise à jour 09/06/2022

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  • Démonstration brillante, et qui fait froid dans le dos !

  • Au-delà des comptes publics, entre les impôts augmentés par rapport à un niveau déjà insupportable et le nivellement par la base des services qu’on peut se procurer, la vie personnelle de tous ceux qui s’en sortent un peu mieux que la moyenne serait foutue, et dans une proportion sans commune mesure avec 1981. Dans notre monde d’internet et de smartphones, le retour au troc et au système D ne passerait pas comme une lettre à la poste (et pourtant, La Poste ne fait plus passer les lettres comme en 1980 !).

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