Pas de libertés sans autorité, M. Mélenchon !

Mélenchon a multiplié les déclarations contre les forces de l’ordre ces derniers jours, notamment après qu’un équipage de policiers a fait feu sur une voiture refusant de se soumettre à un contrôle à Paris.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 1
Mélenchon mars 2018 by Bachellier Christian(CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pas de libertés sans autorité, M. Mélenchon !

Publié le 9 juin 2022
- A +

Le chef de l’alliance de gauche, la NUPES, coutumier du fait, a multiplié les déclarations contre les forces de l’ordre ces derniers jours, notamment après qu’un équipage de policiers a fait feu sur une voiture refusant de se soumettre à un contrôle à Paris.

 

Les faits

Samedi 4 juin, à Paris, dans le 18e arrondissement, un équipage de trois policiers en vélo remarque que l’un des passagers d’une voiture ne porte pas de ceinture de sécurité et décide d’effectuer un contrôle. Le conducteur aurait alors fait mine de couper le contact puis aurait redémarré pour prendre la fuite, faisant chuter l’un des policiers à vélo. Les policiers ouvrent le feu. La passagère à l’avant du véhicule est morte des suites de ses blessures. Les deux passagers arrière n’ont pas été touchés et ont été interpellés.

L’enquête a progressé ce mardi 7 juin. Les trois fonctionnaires, une femme et deux hommes sont ressortis libres des locaux de l’IGPN après leur garde à vue, a annoncé leur avocat, Me Laurent-Franck Liénard :

« Ils sortent libres de toute charge. L’enquête va se poursuivre sous une autre forme et ils donneront tous les éléments de réponse afin que la vérité se manifeste pleinement. Ils n’ont rien à cacher et démontreront leur respect des règles et la légitimité de leur action. »

Les trois agents n’ont donc pas été déférés devant un juge d’instruction, ce qui signifie qu’ils ne sont pas mis en examen ni poursuivis à ce stade.

 

La polémique

Jean-Luc Mélenchon profite du drame et déclare le samedi même :

 

Le lendemain, il enfonce le clou sur Twitter :

 

Invité ce mardi 7 juin matin sur France Inter, le député sortant à Marseille a affirmé : « C’est mon devoir de le faire », et il justifie son second tweet :

« Ce que je disais ne rencontrait aucun écho. Comme ça n’a rien donné, j’ai monté le ton. Et j’obtiens ce que je veux. Des milliers de gens entendent qu’il y a un responsable politique qui n’accepte pas l’évolution de l’usage de la force de police telle qu’elle est définie par le pouvoir politique qui commande.»

Le chef des Insoumis a précisé :

« Si vous votez pour moi, je changerais la doctrine d’usage de la force de police dans notre pays et je dis que ce n’est pas normal qu’on tue quelqu’un parce qu’il refuse d’obtempérer. »

Jean-Luc Mélenchon s’est ensuite défendu d’être anti-flic :

« Je l’ai jamais été. Je suis contre un usage disproportionné de la violence. »

 

Les réactions publiques

Matthieu Valet, secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires de police :

« Il y a 72 % des Français qui aiment la police, qui soutiennent la police. Et il y a cette minorité qui déteste la police, qui est plus du camp des voyous que des policiers. »

Loïc le Couplé, dont le syndicat a annoncé vouloir porter plainte mardi contre Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé : « Nous avons été élus, et à travers nous c’est des milliers de policiers à qui il s’attaque»

Sans le nommer, Gérald Darmanin a répondu, lundi, sur twitter aux accusations de Jean-Luc Mélenchon :

 

Sur France Bleu, la Première ministre Elisabeth Borne a jugé les propos de Jean-Luc Mélenchon « très choquants » et « outranciers », rappelant que « les policiers exercent une mission difficile au service des Français ».

Bernard Cazeneuve, chef du gouvernement sous François Hollande, a twitté :

« La police nous protège. Des policiers tombent chaque année pour assurer la protection des Français. Ils méritent notre respect. Les insulter et les salir par électoralisme et par pur cynisme est irresponsable et indigne. »

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a estimé les propos de Jean-Luc Mélenchon « inqualifiables » :

« Il faut le mettre hors d’état de nuire. S’attaquer à la police, c’est nuire à la République et à la démocratie. »

Le maire du Mans, Stéphane Le Foll, a jugé « indignes » les déclarations de « quelqu’un qui prétend vouloir gouverner la France. »

« Mélenchon persiste et signe dans l’outrance et le mépris de nos forces de l’ordre », a reproché Robin Reda, candidat macroniste dans l’Essonne.

Du côté des NUPES, c’est le silence radio. On s’interroge notamment sur la réaction de François Ruffin, député sortant de la Somme proche des Insoumis, qui, il y a quelques jours, avait publié un texte exhortant son camp à se saisir de l’insécurité du quotidien.

 

La problématique

Ce n’est pas la première fois que le leader de la France Insoumise s’en prend ainsi aux forces de police. Au cours de la campagne présidentielle, il avait dénoncé « une police violente […] qui fait ce qu’elle veut quand elle veut ». En mai dernier également, après une manifestation de soutien à un policier ayant fait usage de son arme sur le Pont-Neuf, il avait qualifié le syndicat Alliance de « factieux », réclamant « le droit de pouvoir tirer sur les gens sans que le ministre de l’Intérieur ne dise un mot ». 

Mais au-delà des déclarations outrées, il faut renvoyer dos à dos toute la caste politique dans son ensemble, ainsi que la haute hiérarchie policière. La droite dite républicaine a laissé le sujet de la sécurité à l’ultra-droite (RN et Reconquête). À gauche, les sujets d’insécurité restent tabous. Les élus doivent se saisir des sujets régaliens !

Depuis longtemps, on laisse les policiers et les gendarmes seuls devant leur responsabilité, sans ordre et sous-équipés. On attend toujours une grande réforme du Code de procédure pénale, une application effective des peines prononcées, une adaptation du régime de légitime défense pour les forces de l’ordre. En attendant, nous assistons impuissants à la prise en otage de population entière par des petites frappes des banlieues. Chaque semaine, on égrène le nom de ses femmes et de ses hommes qui mettent fin à leurs jours.

N’oublions jamais qu’il n’y a pas de libertés sans autorité.

Je vous invite à lire deux textes rédigés par l’avocat pénaliste Maître Laurent-Franck Liénard :

Voir les commentaires (20)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (20)
  • Quand je vois les forces de l’ordre, (police gendarmerie), j’ai peur…. non pas à cause de ces représentants de l’ordre, mais parce que leurs tenues sont passées en quelques décennies de la chemise au gilet pare-balle….

  • « Pas de libertés sans autorité »…
    ??
    Article dont la conclusion est maladroite.
    Un « Etat policier » par exemple fait preuve d’autorité au détriment des libertés individuelles.
    Ce n’est pas « d’autorité » dont on a besoin, mais de sécurité et de sûreté.
    « L’autorité » de l’Etat peut nuire à la liberté des individus si elle n’est pas encadrée, c’est tout le propos du libéralisme.
    Pas de liberté sans… Etat de droit, qui permet d’éviter les dérives des fonctions régaliennes de l’Etat.

    • J’ai tiqué également, puis j’ai décidé d’accepter le terme « autorité » dans son second sens, càd organisme auquel est confié un pouvoir légalement défini, ce qui me met d’accord avec vous et avec l’auteur. Après, je peux me gourer, je ne suis pas un télépathe omniscient.

      • @moi. Un organisme « légalement défini » ne suffit pas à le qualifier comme conforme à l’état de droit, dans le sens rule of law. Les dictatures sont pleines de trucs infectes légalement définis. Largo a raison, dans tous les acceptions du terme « autorité », je ne comprends pas.

  • Deux choses qui m’inquiètent:
    -72% des gens aiment la police. Seulement 72%, donc 28% ne l’aiment pas. Donc parmi 28%, ceux qui n’obéissent pas à la loi, et ceux qui considèrent la police incapable dangereuse etc… 28%, c’est inquiétant.
    -Les flics ont tué la passagère. Les tirs étaient à courte distance. Ils ont donc tués la passagère par erreur à quelques mètre de distance. Leur capacité au tir est inquiétante…

    • Vu le nombre de délinquants britanniques qui circulent, on leur a demandé de considérer que les voitures sont des conduites à droite…
      Plus sérieusement, s’ils avaient visé, ça n’aurait plus été un tir réflexe mais un tir prémédité.

      • Il me semble également que face à une surface plane comme un pare-brise, le réflexe est de tirer droit sur la surface comme si un tir en biais allait être dévié. Les réflexes, ça ne se commande pas…

  • Cela fait bien longtemps que le but de la police est d’opprimer la population, et de proteger l’état contre cette même population.

    La police n’a plus vocation à protéger les citoyens, c’est juste le bras armé de l’état pour punir et violenter.

    C’est flagrant dans les faits divers, et encore plus si vous avez eu affaire avec eux.
    Par exemple lors de plainte pour cambrilolages, on vous rit presque qu nez et la flicaille vous dit clairement qu’ils savent qui à fait le coup, mais ne les retrouveront pas et ne feront rien (c’est du vécu).

    Ca fait plaisir de payer des impôts.

    La police devrait être supprimée et remplacée par des milices ou des groupes des sécurité privés, choisi par les citoyens et avec un contrat avec la population et non l’état.

    -4
    • Ne reportez pas sur la police le problème de la justice. Il est normal que la police vous rie au nez quand vous lui demandez de risquer sa vie pour interpeller un délinquant qui sera ressorti avant la fin de leur service avec une invitation à un stage de citoyenneté auquel il n’ira pas. N’en déduisez rien d’autre quant au but de la police, mais réfléchissez un peu au système qui les emploie si mal.

    • Copain 😁

    • Amusant votre score de moins quand on peut constater que votre suggestion est ce qui est réclamé à longueur de colonnes dans Contrepoints.

      Sur le fond de l’affaire, les 28% qui n’aiment pas la police ne sont pas forcément des supporters des délinquants, ce sont pour certains des délinquants eux-mêmes, du genre de ceux qu’on pourchasse parce qu’ils sont à 90 km/h au bas d’une descente déserte, qui glissent un stop en rase campagne où on a une visibilité panoramique ou qui ont été victime des brigades-limonades lors des mesures covid comme les appelait plaisamment h16. Et quand on a besoin d’eux, ils vous rient effectivement au nez.

      Il est étonnant que les syndicats de police ne s’insurgent pas contre ces dévoiements de leur mission, qui leur donnent une image pitoyable auprès du citoyen qu’ils sont censés protéger. Certes, c’est un problème de justice, mais c’est aussi un problème de police.

      • Que la police s’insurge contre ceux qui les missionnent si mal ? Non, le principe est que la police ne doit pas s’insurger, pour ne pas risquer de le faire contre ceux qui les commanderaient bien. En revanche, c’est à vous de vous insurger contre ces mauvais chefs, au lieu de désigner des boucs émissaires. S’il y a des fautes, il faut vous en prendre à la tête et pas au bras.

      • Quoi ! CP réclame à longueur de colonnes des milices privées ?
        C’est évidemment la dernière phrase du commentaire de turlututu qui n’a pas récolté l’adhésion, sur le reste de ce qu’il dit, je crois sans trop prendre de risque qu’on est quelques un à être d’accord avec lui. Moi, je le suis, si je ne chipote pas. Et puis avant je pensais comme lui, je suis donc bienveillant ( j’ai mis +1 pour l’essentiel et j’ai répondu à ce qui me posait problème, la dernière phrase, mais chacun fait comme il veut, je n’ai lu nulle part de règles concernant l’utilisation des +1 )
        Ce qui est certain c’est qu’il VOUS a bien troller le turlututu 😂

      • Dans les colonnes de Contrepoint, ce qui est reproché, c’est essentiellement le système de justice et sa non application stricte de la loi, pas la police en elle-même.
        En effet, son activité a évolué par forcément dans le bon sens du régalien, mais au moins, le fait qu’elle soit gérée par un service publique permet (théoriquement) d’avoir une certaine impartialité, contrairement au privé. Il suffit de voir certaines vidéos sur les « anglais » qui passaient les portiques du SDF devant les « stadiers », censés faire la sécurité et entre « c’est bien parce que c’est toi ! »… C’est ce qui risque de se passer avec les milices des zones « à risque » à mon avis (et ce n’est que mon avis personnel)

    • @turlututu
      Je suis ancap également dans mes rêves les plus fous, plutôt minarchiste en réalité.
      Dans le cas qui nous préoccupe, en anarcapie ( respectant les droits naturels, celle où je consentirais à vivre ) un policier privée qui aurait abattu la passagère de ce triste équipage aurait eu à rendre des comptes à la justice privée ou une guerre privée aurait éclaté entre le service de police privée du policier et le service de police privée de la victime ( et oui, elle aussi en a une )
      L’anarcapie ce n’est pas le droit de tuer sans devoir rendre compte, même en cas de légitime défense suite à une agression. Justice doit être faite ( sans que je ne présume de la décision qui serait prise )

  • Grossiers et vulgaires, les melenchonistes. Comme toujours. De l’engeance dont on fait la racaille ou les despotes.

    • Fondamentalement, je ne vois pas de différence entre un voleur qui me braque pour me voler mon argent et un autre voleur qui me braque en me menaçant de me prendre mon argent si je ne lui donne pas.

    • Fondamentalement, je ne vois pas de différence entre un violeur qui prend de force ce que je refuse de lui offrir et un autre qui me menaçe de me violer si je ne consens pas à lui offrir ce qu’il va de toute façon me prendre.

      Art 2 de la ddhc 1789 :
      Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

      Je considère donc LFI et les autres parties politiques comme des bandes de voyous dans l’illégalité la plus totale.

      • …les autres partis politiques…
        Sinon, il y a une couille dans l’orthographe 😉

      • Le voleur non institutionnel se la joue plus discret, il la ramène moins, voire culpabilise d’être ce qu’il est. On peut lui trouver des excuses, une enfance difficile, un accident de la vie…
        Pas l’autre.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
gouvernement remaniement
0
Sauvegarder cet article

Ce lundi à 16 heures Emmanuel Macron a convoqué un Conseil des ministres à l'Élysée, quelques heures après la nomination du nouveau gouvernement. Il pourrait notamment y être évoquée la question de confiance que la Première ministre Élisabeth Borne peut poser à l'Assemblée à l'issue de sa déclaration de politique générale prévue mercredi. La cheffe du gouvernement n'a pas encore dit si elle engageait ou non sa responsabilité.

L'Élysée annonce que la p... Poursuivre la lecture

Victorieuse à la présidentielle mais fortement contestée après les élections législatives, la Macronie va devoir transiger, négocier et réinvestir le champ parlementaire. Et ce n’est pas vraiment dans ses habitudes.

Le triomphe d’Emmanuel Macron en 2017 est aussi le triomphe de l’hyperprésidentialisation du régime. Porté en triomphe par les médias et bénéficiant d’une confortable majorité à l’Assemblée, le nouveau président peut s’imaginer Jupiter. Il s’entoure de technocrates chargés d’appliquer à la lettre ses consignes et exige l’ob... Poursuivre la lecture

Héros en 2015 suite aux attentats terroristes, zéros depuis 2019 avec les manifestations des Gilets jaunes, depuis 7 ans la police fait le yoyo dans le cœur des Français. Journées décalées, rappels à répétition pendant les jours de congés, désordres dans le commandement, lieux de travail vétustes, moyens matériels inadaptés, absence de soutien de la hiérarchie, le malaise de la police est palpable. Pourtant la sécurité publique, avec l’affaire dite « des piqures » est au cœur de la population.

Le phénomène des piqûres en soirée, toujou... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles