Pourquoi l’euro n’a pas amené la prospérité

L’euro n’a pas amélioré les choses. Au contraire, il a augmenté la déformation, a mis encore plus de pouvoir entre les mains d’une caste d’élites.

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Christine Lagarde by International Monetary Fund(CC BY-NC-ND 2.0) Photograph/Stephen Jaffe

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Pourquoi l’euro n’a pas amené la prospérité

Publié le 1 juin 2022
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Lionel Laurent de chez Bloomberg n’a pas de patience pour les cryptos… Auparavant, il attaquait le Bitcoin pour son utilisation d’énergies.

Il écrit :

« L’énergie représente environ la moitié des dépenses des sociétés qui minent le Bitcoin. »

Aujourd’hui, il revient à la charge, et appelle les autorités à une prise en charge du secteur :

« Il est temps pour les régulateurs de se demander quel est l’impact dans le monde réel du prochain retournement de cycle contre les cryptos. »

Les échanges décentralisés « sont des activités proches d’une banque, et auraient besoin d’être régulées comme les banques. »

Sur le sujet de la consommation d’électricité, les hausses du coût n’ont pas entravé la performance du réseau du bitcoin pour le moment.

En puissance de calcul, il a toujours la santé, comme indiqué sur le graphique ci-dessous.

Pour M. Laurent, les élus sont les protagonistes de l’histoire. Il a le même genre d’attitude que l’historien Adam Tooze, auteur du livre L’Arrêt sur la réponse des pays au virus.

L’auteur explique par exemple que « si les banques centrales, depuis 2008, ont massivement étendu leur pouvoir, elles l’ont fait par nécessité, pour contenir l’instabilité du système financier… »

Laurent évoque lui aussi la crise de 2008 : « Les régulateurs doivent se demander comment faire pour éviter que [la finance sur la blockchain] ne devienne un autre subprime. »

 

Les élus sur le devant de la scène

Les dirigeants représentent les héros de l’histoire, pour la plupart dans les médias. Mais une implication des élus dans les cryptos n’amènera pas la stabilité ni le progrès.

Les données disent plutôt ceci : après la Seconde Guerre mondiale, les États ont réduit leur empreinte dans l’économie. Ils ont réduit leurs dettes, et ont même fait des excédents.

Cette « austérité » a mené à la meilleure performance du siècle pour l’économie.

En France, les revenus des ménages ont grimpé en flèche durant les Trente Glorieuses.

Comme indiqué ci-dessus, les revenus des hommes (en jaune) et des femmes (en bleu) ont environ triplé entre 1951 et 1975, en prenant en compte l’inflation.

Après environ 1975, les choses ont changé. Les revenus ont grimpé de moins d’un quart pour les hommes, et d’un peu plus de moitié pour les femmes (selon la lecture du graphique).

En bref, l’interventionnisme des banques centrales n’a pas aidé les particuliers.

 

Pourquoi est-ce que cela ne marche pas ?

Le contrôle des taux d’intérêts a un objectif : mettre davantage de capitaux à disposition des dirigeants.

Les interventions permettent de continuer à financer les projets que veulent les élus… les éoliennes, la SNCF, ou Air France-KLM (qui a reçu 16 milliards d’euros d’aides et soutiens en deux ans).

Au passage, beaucoup d’autres ont accès à du crédit peu cher.

Les levées de fonds dans la French Tech n’ont jamais atteint de tels niveaux.

Selon PitchBook, les investisseurs capital-risque ont placé 103 milliards d’euros sur des projets en Europe, en 2021, contre seulement 38 milliards en 2019.

Cet argent afflue grâce à la « stabilisation » du système par les banques centrales. Mais il n’augmente pas les revenus de la masse. Il rend très riches quelques fondateurs ou incubateurs, pas les autres.

L’euro n’a pas amélioré les choses, au contraire, il a augmenté la déformation. Il a mis encore plus de pouvoir entre les mains d’une caste d’élites… Mme Lagarde, ou les invités à la conférence de Davos.

En contrepartie, cela a réduit la valeur du travail et de l’épargne des particuliers.

L’auteur Simone Wapler l’explique dans notre interview récente :

« On constate que les banques centrales faussent toutes les organisations de l’économie par les prix. »

Voir les commentaires (2)

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  • «Les données disent plutôt ceci : après la Seconde Guerre mondiale, les États ont réduit leur empreinte dans l’économie. Ils ont réduit leurs dettes, et ont même fait des excédents.»

    J’espère que l’auteur n’inclut pas la France..
    Et puis franchement est-ce que la comparaison avec les trente glorieuses est raison !

  • La prosperité n’est pas dans la Monnaie, mais dans le travail, la production, l’intelligence, et la bonne gestion.
    Les Etas unis impriment le papier monnaie qu’ils imposent comme officiel, par la force militaire.
    Toute reference au dollar et ou aux USA en matiére de monnaie ne peut etre qu’absurdité.

  • Les commentaires sont fermés.

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