Ça gaze toujours pour la propagande du vent

La situation vis-à-vis de l’énergie renouvelable reste globalement préjudiciable aux consommateurs et aux contribuables.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ça gaze toujours pour la propagande du vent

Publié le 22 avril 2022
- A +

Par Serge Houdbine et Michel Gay.

Un article publié le 13 avril 2022 dans le journal régional, Le courrier de l’Ouest, (appartenant au groupe Ouest France) relaie le discours du Syndicat France énergie éolienne (FEE) représentant les promoteurs et exploitants des éoliennes.

D’où vient l’argent magique ?

Selon eux, « le solaire et l’éolien c’est du pouvoir d’achat » et les énergies dites vertes grossiraient désormais le budget de la France.

Sans vergogne, en ces temps de campagne électorale, ils appellent l’État à en faire profiter les Français et en déduisent qu’il faut accélérer le déploiement des renouvelables…

Selon la FEE, entre 2021 et 2022, le solaire et l’éolien devraient permettre aux finances nationales d’économiser ou d’engranger plus de 14 milliards d’euros : 3,3 milliards représenteraient le trop-perçu des aides de l’État en 2021, 5,1 milliards n’auraient pas à être financés (?!) en 2022, et les exploitants d’énergies renouvelables intermittentes (EnRi) ajouteraient 6 milliards (dont 3,7 milliards pour l’éolien).

Pourquoi une telle générosité ?

Le soutien au développement des EnRi a conduit l’État à engager environ 150 milliards d’euros, dont 30 milliards ont déjà été dépensés… aux frais des clients et des contribuables.

Cette aide financière au développement des EnRi s’effectue notamment par le biais de juteux contrats d’achat garanti de leur production.

À partir de 2017 un système de « complément de rémunération » entre le prix de marché et un prix cible est mis en place pour les nouveaux projets malgré l’opposition des promoteurs.

Pourtant, jusqu’en 2021, ils ont été encore grassement rémunérés, même si rien ne laissait prévoir le jackpot actuel à la faveur de la hausse importante du prix de l’électricité résultant de celui du gaz en Europe.

Depuis plusieurs mois, les prix de marché de l’électricité sont très supérieurs aux prix cibles fixés pour la rémunération des producteurs. Ils ont atteint 231 euros par mégawattheure (€/MWh) au premier trimestre 2022, en passant par 108 €/MWh en 2021, alors qu’il était de 50 €/MWh jusqu’à la pandémie de Covid-19.

Ces prix de l’électricité sont sans rapport avec ceux du marché européen par le passé et en complet décalage avec le coût de production moyen pondéré du mix électrique français.

En quoi les EnRi sont-elles à l’origine de cette manne ?

Les promoteurs et exploitants des EnRi exaltent les vertus de leur industrie parce que c’est leur métier. Mais ils oublient de dire que le recours au gaz pour la production d’électricité résulte en grande partie de la réduction des capacités de production nucléaire, en Allemagne notamment, car les EnRI sont incapables de garantir la fourniture permanente d’électricité à la hauteur des besoins.

C’est ainsi qu’à défaut de nucléaire et d’hydraulique suffisants afin de limiter les émissions de CO2, les centrales à gaz sont devenues incontournables pour garantir la stabilité de l’équilibre production-consommation.

Quant à la compétitivité des EnRi, elle ne se mesure pas à l’aune d’un coût « brut » de production, mais par le coût du service qu’elles rendent au système électrique.

Il faut tenir compte des surcoûts qu’imposent leur raccordement aux réseaux (à cause de leur capacité de production maximale très supérieure à leur production moyenne), des moyens de production conventionnels supplétifs (gaz, charbon…), et du coût énorme du stockage-déstockage (hydrogène et/ou batteries électrochimiques de capacité suffisante pour écrêter leurs pointes de production).

À ces mesures s’ajoutent encore le coût des effacements et/ou reports de consommation qui peuvent atteindre des coûts vertigineux.

Faut-il se réjouir ?

Les promoteurs d’EnRi peuvent se réjouir de bénéficier d’une opportunité financière exceptionnellement favorable à leurs intérêts. Mais la situation reste globalement préjudiciable aux consommateurs et aux contribuables.

Que les promoteurs des énergies renouvelables prennent leur part du fardeau des EnRi ne leur permet pas de s’en attribuer les mérites et surtout de conclure qu’il faudrait aller encore plus vite vers un mythique « 100 % renouvelables éolien et solaire ».

L’augmentation du prix de l’électricité et du gaz reflète l’incomplétude de l’offre inadaptée aux besoins nationaux des productions des EnRI qui ne sont pas les chevaliers blancs de l’économie et du climat.

 

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Dans la profession de foi du deuxième tour du président Macron, Il est dit que MLP, si elle est élue va construire des centrales au Charbon. (Je l’ignorais jusqu’a ce jour) Il eut été judicieux que dans le débat il nous précisat si ce serait avec du Charbon Russe ! ?
    Le niveau de Médiocritude de cette campagne est effrayant.

  • Encore un fois, pourquoi un tel poids de l’Allemagne sur l’Europe ? Choquant à force. France et Allemagne forment-t-elles un vrai tandem ? Qui aide l’Allemagne au sein des institutions européennes ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

N’avoir école que l’après-midi, nous en avions tous rêvés lorsque nous foulions les bancs de l’école. Pourtant, ce qui était un doux rêve pour beaucoup s’apparente aujourd’hui à un cinglant cauchemar.

L’annonce nous vient du ministre de l’Éducation nationale, Pap N’diaye, lors de l’Educatech Expo qui s’est tenue en fin de semaine Porte de Versailles à Paris. Ce rendez-vous incontournable de l’innovation éducative a donc été paradoxalement l’occasion pour le ministre de faire une des annonces les plus régressives pour le secteur : la fi... Poursuivre la lecture

Par Jean-Pierre Riou et Michel Gay.

Notre système énergétique serait bien meilleur aujourd’hui sans l’impéritie des dirigeants de ces 25 dernières années. Il est nécessaire de reconnaître les fautes passées afin de donner aux jeunes l’envie de faire autrement et de fournir les efforts nécessaires pour construire un monde plus confortable pour tous car la décroissance n’est pas une fatalité.

 

Interroger le passé

Seule une analyse honnête des fautes du passé permet la justesse du diagnostic présent et la mise en place... Poursuivre la lecture

Sapin de Noël
7
Sauvegarder cet article

Youpi, un Noël austère !

On l’a vu dans un précédent billet : en France, l’inflation n’est pas vraiment un sujet et avec Bruno Le Maire aux commandes, on sait que tout se passera au mieux dans les prochains mois. Néanmoins, lorsqu’on prend la peine de demander leur avis aux politiciens dont l’intelligence n’est pas un obstacle et notamment aux maires, la belle assurance fait place à une prudence teintée d’inquiétude.

En effet, selon une récente enquête, la plupart (77 % des 3700 maires interrogés) se disent au moins préoccupés par cette hausse des coûts qui co... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles