Quand Marine Le Pen s’inspire du programme fiscal d’Orban

Marine Le Pen semble s’inspirer des politiques de Viktor Orban dans le domaine fiscal. Si certains aspects sont intéressants, on voit que l’étatisme demeure.

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Viktor Orbán by European People's Party (Creative Commons CC BY 2.0)

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Quand Marine Le Pen s’inspire du programme fiscal d’Orban

Publié le 18 avril 2022
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À l’instar d’Éric Zemmour, Marine Le Pen s’est rapprochée du Premier ministre hongrois ces dernières années. Et tout particulièrement depuis le départ d’Orban du Parti populaire européen, dominé par la droite allemande.

Au-delà des questions européennes, Le Pen semble s’inspirer des positions du gouvernement hongrois en matière fiscale. Comme un certain nombre de pays d’Europe centrale, la Hongrie a cherché à attirer des entreprises avec une fiscalité particulière. Mais jusqu’à quel point Marine Le Pen s’en inspire ?

 

Exemption d’impôts pour les jeunes et aides pour les familles chez Le Pen et Orban

Marine Le Pen a indiqué plusieurs mesures fiscales. L’une d’entre elles est l’exonération d’impôt sur le revenu et d’impôt sur les sociétés (pendant 5 ans) pour les moins de 30 ans (à condition qu’ils soient actifs). La seconde est un ensemble de mesures pour les familles comme instaurer une part fiscale pleine, contre une demi-part actuellement, pour le deuxième enfant, mais aussi un prêt public à taux zéro pour les jeunes couples, dont le capital restant dû serait annulé dès le troisième enfant.

Ces mesures ne sont pas si neuves que ça à l’international. La Hongrie d’Orban et la Pologne de Droit et Justice ont mis en place ces dernières années des exemptions de taxes pour les jeunes de moins de 25 ans et de 26 ans. Le but, qui est aussi celui de Marine Le Pen, est de les inciter à rester dans le pays plutôt que d’émigrer.

La Pologne et dans une moindre mesure la Hongrie ont depuis des décennies un problème d’émigration : la jeunesse quitte le pays pour s’installer dans des pays plus riches, obligeant les dirigeants à créer ces incitations fiscales. Ce problème concerne de plus en plus la France.

Quant aux aides familiales, Hongrie comme Pologne ont un problème de natalité qui ajouté à un certain contrôle de l’immigration les a incitées à mener une politique nataliste. Ainsi en Hongrie et comme le rapporte France Info : « 30 000 euros seront versés sous forme de prêt à toutes les femmes de moins de 40 ans qui se marient. Si elles ont deux enfants, elles n’ont plus que 20 000 euros à rembourser et à trois enfants, la dette est effacée. Et à partir de quatre enfants : exonération totale et à vie de tous les impôts sur le revenu. » Cette mesure se retrouve dans les grandes lignes dans le programme de Marine Le Pen.

 

Une situation différente : l’étatisme reste dominant en France et chez Le Pen

S’il est possible à première vue de se réjouir des exemptions et réductions d’impôts, il faut se rendre compte que ces mesures seront difficilement applicables du fait d’un contexte étatiste en France. Sans oublier le reste du programme économique du Rassemblement national qui est interventionniste.

Les exonérations fiscales accordées à la jeunesse en Pologne et en Hongrie suivent la tendance d’une libéralisation de l’économie amorcée depuis des décennies et partagée par l’opposition. Le marché libre fait consensus dans la classe politique de ces pays d’Europe centrale. Bien qu’illibéraux, les partis au pouvoir conservent des réflexes pro-business.

On peut regretter que la flat tax à 15 % qui a été instaurée en Hongrie, mais aussi en République tchèque (pays bien plus libéral que la Pologne et la Hongrie) n’a pas été retenue par les candidats français.

Inversement en France, l’exemption d’impôt pour la jeunesse risque de se heurter aux principes de droit fiscal. De plus, le reste du programme économique de Le Pen reste fondamentalement interventionniste comme la volonté de mettre fin aux travailleurs détachés, mais aussi la lutte contre les paradis fiscaux dans l’UE. Sur ce dernier point, le programme de Le Pen cite Chypre, l’Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas mais semble oublier qu’avec son impôt sur les sociétés de 9 % la Hongrie est parfois considérée comme un paradis fiscal. De même, la France a sous son contrôle deux paradis fiscaux avec Monaco et Andorre.

Ces éléments n’augurent rien de bon pour de vraies réformes fiscales en France.

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