Les cryptomonnaies de Banque Centrale : un poison

Les cryptomonnaies d’État vont-elles détruire Bitcoin ?

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Xi Jinping by Global Panorama(CC BY-SA 2.0)

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Les cryptomonnaies de Banque Centrale : un poison

Publié le 12 février 2022
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Article disponible en podcast ici.

La Chine vient de lancer son crypto-yuan, une monnaie nationale basée sur une blockchain. D’abord regardée avec beaucoup de scepticisme par la communauté internationale, l’idée semble avoir conquis les pays occidentaux qui se penchent tous sur un crypto-euro ou un crypto-dollar.

Pourquoi un tel engouement de la part de nos technocrates ? Ces nouvelles monnaies vont-elles être meilleures ou pires que les monnaies existantes ?

Un nom flou pour une idée contradictoire

En période de propagande généralisée, les mots se vident de leur sens.

Rappelons la volonté du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal de lier des restrictions à la notion de liberté, en disant cet été : « Le pass vaccinal c’est la liberté ». Une phrase qui ressemble bizarrement au slogan du Parti de Big Brother : la liberté c’est l’esclavage.

Or avec les monnaies numériques de banque centrale, ou les cryptomonnaies de banque centrale ou encore les crypto-yuan il y a bien cette volonté de lier la notion de cryptomonnaies, soit une monnaie décentralisée anarchique, à la notion totalement opposée de banque centrale.

On comprend pourtant fort simplement qu’une cryptomonnaie contrôlée par un seul acteur n’est plus une cryptomonnaie, encore plus si le seul acteur est l’État.

Aussi nous allons voir que rien de bon ne peut venir d’un tel changement soigneusement caché derrière une novlangue orwellienne.

Pourquoi les États veulent tous leur MNBC ?

Le Bitcoin est un système financier complet, avec seulement quelques milliers de lignes de code. Le protocole bitcoin régule la création monétaire, gère les dépôts et les comptes des usagers, garantit les transactions entre les comptes.

Dans le système bancaire classique, ces rôles sont divisés car trop complexes pour être gérés par une seule personne. L’État régule la création monétaire. Les banques gèrent les comptes des clients. Les réseaux Swift, Visa ou Mastercard permettent les transferts d’argent.

Bien que tous ces acteurs sont autorisés et doivent collaborer avec l’État, ils ne sont pas l’État. Ainsi, la banque européenne ne garde qu’un contrôle partiel sur l’euro, sa propre monnaie.

Xi Jinping a donc vu dans la blockchain, le protocole derrière Bitcoin, un moyen de surveillance. En effet, si l’on conserve la blockchain, mais qu’on retire l’anonymat, l’immutabilité des transactions et la décentralisation, on retire évidemment tout ce qui fait la force libérale et anarchique d’une cryptomonnaie, en créant un système monétaire complet entre les mains de l’État.

Il n’y a donc plus rien de cryptomonnaie derrière une MNBC, juste la volonté d’un État de réunir entre ses mains, les rôles de création monétaire, gestion de compte et transfert d’argent. Rôles auparavant divisés entre plusieurs acteurs.

Malheureusement, aujourd’hui, les idées liberticides chinoises telles que la surveillance d’internet, la reconnaissance faciale ou le crédit social s’exportent facilement dans la tête de nos technocrates européens.

Le crypto-yuan de Pékin fait donc des envieux à Bruxelles comme à Bercy pour son potentiel de surveillance totale de la monnaie. Afin, comme toujours, de lutter contre le trafic, le blanchiment, le terroriste ou la pédophilie…

Quel avenir pour les vraies cryptomonnaies ?

Comme toujours, prédire l’avenir est compliqué, mais vu la situation économique, la perfidie de l’État durant la crise covid et les réponses des gouvernements aux inflations passées, je veux bien me risquer à prédire l’avenir des vraies cryptomonnaies.

La crise sanitaire commence à partir, que déjà une nouvelle crise provoquée par l’inflation montre le bout de son nez. En effet avec une inflation record en occident (7 % aux États-Unis 5 % dans l’UE), il est possible que cette situation dérape en hyperinflation.

Dans ce cas, comme à chaque fois que sa monnaie se dévalue, l’État crée une nouvelle en promettant que celle-ci sera bien plus solide que l’ancienne. C’est le cas au Venezuela en 2018 en passant au Boliavar Souverain (ratio 100 000:1), en France en 1958 en passant au nouveau franc (ratio 100:1), ou en Allemagne en 1924 en passant au reichsmark (ratio 1 000 000 000 000:1). Un nouvel euro, ou un retour au franc est donc possible.

Une autre manie de l’État est de piocher dans la caisse à technologies pour en choisir une et la vendre comme solution miracle. Avec le covid, nous avons eu le droit aux vaccins comme solution technologique miraculeuse. Avec l’inflation, il est fort possible que le nouvel euro soit un crypto-euro. Une monnaie vendue comme bien supérieure à toutes les précédentes, car reposant sur la technologie magique de la blockchain.

Avec comme argument massue, si la blockchain a permis au bitcoin d’être une monnaie solide, alors elle permettra au crypto-euro d’être à l’abri de l’inflation.

Argument parfaitement fallacieux, car ce n’est pas la blockchain qui permet au bitcoin d’être solide, mais son bon usage. La solidité du bitcoin vient de son émission monétaire limitée à 21 millions de bitcoins, la décentralisation, sa transparence dans son fonctionnement.

Autant de points qui ne seront pas partagés avec une MNBC, le nouveau crypto-euro ne saura donc pas plus solide que l’euro actuel.

Autre argument implacable, maintenant que l’on a mis le meilleur de Bitcoin dans l’euro, pourquoi encore utiliser le bitcoin ? Et c’est sur ce point que l’avenir des vraies cryptomonnaies se gâte.

Quand on voit à quel point les résistants à la vaccination sont traités, il faut se préparer à l’idée que les cryptomonnaies et leurs utilisateurs se prennent le courroux du gouvernement.

D’abord la manière douce, en propageant sur toutes les ondes que l’utilisation d’une monnaie autre que le crypto-euro est égoïste, va contre le bien être collectif, les résistants ne jouant pas le jeu des nouvelles règles monétaires.

Puis les restrictions tomberont rapidement contre les récalcitrants du nouvel euro. Et enfin, si l’inflation galope encore malgré le crypto-euro, il sera temps d’interdire la détention des autres monnaies.

Dans cette optique on rappellera toutes les interdictions actuelles du bitcoin en Égypte, en Irak, au Qatar, en Oman, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Bangladesh et désormais en Chine.

Dans cette optique également, on rappellera toutes les interdictions sur l’or avant-guerre. Roosevelt par l’executive Order 6102 de 1933 qui obligea tous les citoyens à redonner leur or sous peine de prison. Suivi par l’Italie en 1935 lors des opérations dites jour de la foi, donnez l’or à la Patrie. La France suivra en 1936. Toute détention de plus de 200 grammes d’or était illégale.

Il ne faut donc voir aucun remède des MNBC. Une monnaie étatique dont la création est entièrement décidée par l’État ne deviendra pas plus solide en prononçant le mot blockchain. Pire, une MNCB est un poison pour notre vie privée, elle annonce l’arrivée d’un communiste 2.0 dont nous évoquerons plus en détail dans une deuxième partie.

 

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  • En téléchargeant l’APP E-CNY, sans donner votre nom ou une copie de votre passeport ou CNI, vous permet d’avoir un wallet maximum de 10 000 yuans anonyme, soit environ 6 mois de salaire d’un smicard Chinois.
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    -Si vous connecter votre compte bancaire le wallet passe a 500 000 yuans (65 000 euros)
    -Si vous visitez votre banque qui confirme votre nom, ID, et compte bancaire, les montants sont illimités.

    Quand je visite une banque française et que je veux veux faire un transfert bancaire de 10 000 euros, on me pose tout un tas de question, dans tous les cas Tracfin sera mis au parfum, et le fisc aussi.

  • La notion de bitcoin d’état rappelle assez « l’inventeur de génie qui a réussi à supprimer du caoutchouc, cette élasticité qui le rend impropre à tant d’usages »…

  • le bitcoin n’est pas une monnaie… ce n’est pas largement utilisé pour effectuer des achats, et c’est logique car une des qualité d’une monnaie courante, est de peu varier de cours eu égard aux temps caractéristiques des transactions qu’elle est supposée payer..

    c’est le franc suisse.. pour un français..

    le bitcoin est un objet numérique..qu’on présente comme limité en nombre ( par la difficulté croissante en terme energetique à en produire) et authentifiable.. il échappe à la taxe surtout car sont traçage est difficile..( attention à l’argumentdes gouvernement puisque le bitcoin est un mankagangé le gouvernement doit contrôler TOUS vos bidules de communication numérique…)
    ce qui fait que cela nécessite d’avoir la foi dans les dire et l’infalliibilité des programmeurs pour l’accepter.. je sais que je ne trouve pas de l’or sous le pied d’un cheval.. sauf si on découvrait une montagne d’or..quelque part..
    mais je dois le croire pour le bitcoin..

    tant que je n’ai pas regardé l’algorithme, que je n’ai pas mathématiquement démontré impossibilité d’une back door par exemple , et dune capacité à produire du bitcoin authentique à moindre cout energetique..le bitcoin est un pur objet de speculation dont un des atouts est d’échapper à la rapacité monétaire des gouvernements..la foi dans les geeks..le fait que je constate que la majeure partie des nouveaux bitcoins semble sortir à un cout croissant energie.. ne prouve pas la possibilité que certains disposent depuis le départ la clef d’une montagne de bitcoins..

    je le répète ou vous « croyez  » au bitcoin ou vous avez fait la demonstration; et non le constat  » historique » ; que le bitcoin est authentifiable et limité en nombre.. (qualité qui n’a rien de bien particulier, je suis limité e nnombre et authentifiable)

    alors du bitcoin d’état.. c’est une blague;. sinon de l’ironie..

    • Certes on peut avoir des doutes sur la fiabilité et la sécurité du bitcoin mais il ne fait aucun doute que le $ et l’€ sont des fausses monnaies, alors si on peut choisir …

  • Excellente analyse. Hélas gâchée par la dernière phrase, qui tombe comme un cheveu sur la soupe (assortie d’une grosse erreur grammaticale) . L’étatisme, même forcené, n’est pas le communisme. Ce serait plutôt l’inverse, le projet du communisme visant à l’élimination de l’État.
    Ça me rappelle ce jeu de gosses : faire n’importe discours comprenant un mot fixé par avance.

    • « le projet du communisme visant à l’élimination de l’État. »
      Le projet théorique peut-être sur le papier.
      Dans la réalité et les applications pratiques, cela a surtout donnée un étatisme absolu omnipotent et liberticide.
      En théorie, les idées socialistes et communistes, c’est tjrs merveilleux avec le pain et le miel pour demain. Dans la réalité, c’est tjrs misère, pénurie, totalitarisme et suppression des libertés. Sauf pour les élites éclairées qui ont vendu le projet au peuple.

  • Qui plus est, une cryptomonnaie de banque central permettra plus facilement d’éliminer le cash…

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