La gestion des finances publiques : la double peine

La France subit, par dogmatisme, un chambardement en matière de gestion de ses finances publiques.
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La gestion des finances publiques : la double peine

Publié le 31 décembre 2021
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Par Arnaud Pineau-Valencienne.
Un article de l’IREF Europe.

En quatre décennies, le déficit public du pays devient vertigineux. Son origine remonte à la première alternance de la Ve République. La France subit par dogmatisme un chambardement en matière de gestion de ses finances publiques. Nos partenaires américains et anglais nous le ferons comprendre lors d’un somptueux dîner à Versailles par leur silence éloquent.

Les promesses démagogiques fleurissent, « flattent les mouvements d’option » et l’addition se paie immédiatement

Cette pratique politique n’est pas nouvelle. Elle est observée sous la IVe République avec des dirigeants de gauche. En décembre 1957 Jacques Rueff adresse au Premier ministre cette observation relative à l’état de nos finances :

« Le déficit prive la France de toute liberté de décision […] et la réduit au statut d’État mineur dépendant de la charité internationale… »

Le 13 mai 1958, une rébellion s’installe en Algérie et paralyse le pouvoir. Tout le monde comprend le caractère insurrectionnel du mouvement, mais personne ne sait comment envisager l’avenir. Les grandes manœuvres se jouent dans l’ombre, le Général de Gaulle sort de sa réserve ; bien qu’interdit de parole sur les antennes françaises depuis Jules Moch, sa conférence de presse du 19 mai n’est pas diffusée sur les antennes et pour cause, mais elle déclenche l’initiative du Président Coty qui propose un mandat de Premier ministre au Général, avec les pleins pouvoirs de l’Assemblée pour réformer les institutions.

De Gaulle accepte sans attendre et engage le redressement des finances par un plan ambitieux, connu sous le nom du plan Pinay-Rueff, adopté fin décembre 1958. Le Général devra tordre le bras des membres du gouvernement pour obtenir leur soutien. C’est le début d’une ère nouvelle de budgets à l’équilibre dont le pays bénéficiera pendant près d’un quart de siècle. En 1981, Raymond Barre remet à son successeur socialiste un budget quasiment à l’équilibre après deux crises pétrolières, une situation des finances qui aujourd’hui ferait pâlir d’envie les gouvernements les plus vertueux !

Les promesses démagogiques fleurissent, « flattent les mouvements d’option », l’addition se paie immédiatement : dévaluations en chaîne, chômage croissant, perte de compétitivité de nos industries. Simultanément, Milton Friedman proclame que « la liberté doit précéder l’égalité pour obtenir plus de justice sociale, sans l’avoir voulue, » nos dirigeants n’entendent pas le prix Nobel.

Le revenu par habitant français, qui dépassait celui des États-Unis et de l’Allemagne en 1981, est aujourd’hui inférieur de 40 %.

Les impôts augmentent sans retenue et le déficit public se creuse

Pour rester populaire et pour la première fois l’impôt se veut punitif, il ne touche qu’une fraction de la population contrairement au dogme constitutionnel précisant que chacun doit y contribuer selon ses moyens.

La double peine : davantage d’impôts et de nouveaux impôts se superposent, le déficit augmente. Comme l’impôt tue l’impôt, la France vit des départs vers l’étranger, avec pour conséquence les sorties d’argent investi ailleurs, le nombre des principaux contribuables dans l’Hexagone diminuent au bénéfice des pays d’accueil.

Tout ceci s’explique par l’état d’esprit ambiant, une confidence du président Mitterrand à son prédécesseur est éloquente, « il dit vouloir supprimer la bourgeoisie française ». Surprenante confidence que celle-ci, consistant à vouloir supprimer une fraction de la population pour ce qu’elle est.

Ainsi prennent corps des antagonismes profonds dans le pays, qui persistent aujourd’hui avec une fiscalité injuste et sélective. Les esprits simples y voient la solution de tous nos problèmes, sans vouloir regarder ce qui se fait autour de nous et qui marche. Personne ne se souvient de ce fait : le franc suisse valait environ un franc français en 1969, aujourd’hui il vaut environ un euro. L’épargnant français a vu son épargne divisée par plus de six, alors qu’elle est inchangée pour le résident Suisse. À qui la faute ? Le Français qui aura maintenu le pouvoir d’achat de son épargne devra acquitter de surcroît l’impôt sur la plus-value, encore une double peine.

Les présidents successifs ne s’attaquent pas à la résolution du problème, après des promesses multiples de réformes, car ils craignent l’électeur. Les pays autour de nous donnent l’exemple d’une fiscalité mieux répartie et plus modérée.

Pendant son passage aux affaires, la droite a opté pour une politique « rad-soc » oubliant que l’amélioration des conditions de chacun, la richesse de tous, découlent de la créativité des entrepreneurs, des ressources qu’ils y consacrent et des risques qu’ils assument.

En 1974 , un article mémorable de Rueff explique comment redistribuer la richesse créée. Il combat « la pharmacopée de Magicien de Cambridge » qui engendre une spirale inflationniste. Loin des pratiques perverses de certains ministres qui « débloquent de l’argent qui n’existe pas … », sources de l’inflation par excellence.

Qui aura la sagesse et le courage de suivre Jacques Rueff lorsqu’il affirme :

« La France, il faut lui faire vouloir son salut, lui dire les moyens de l’obtenir et les raisons de le désirer. »

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