Démantèlement d’une centrale nucléaire : facile et pas cher

Techniquement maîtrisé, le démantèlement des centrales nucléaires françaises peut s’envisager sereinement sur une période courte et à faible coût.

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La centrale nucléaire de Cattenom By: Gilles FRANCOIS - CC BY 2.0

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Démantèlement d’une centrale nucléaire : facile et pas cher

Publié le 26 novembre 2021
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Par Dominique Grenèche et Michel Gay.

Techniquement maîtrisé, le démantèlement des réacteurs à eau pressurisée (REP) français peut s’envisager sereinement sur une période courte (moins de 15 ans) et à un coût faible lorsque sera venu le temps de les arrêter dans 10 ans ou dans… 60 ans (le dernier réacteur a été délivré en 2000).

Un parc facile à démanteler

Les REP français sont techniquement faciles à démanteler car les compétences et le tissu industriel existent aussi en France, y compris pour la gestion des déchets. 

Le parc nucléaire mondial compte près de 450 réacteurs électrogènes nucléaires en fonctionnement répartis entre 32 pays. 

S’y ajoutent environ 200 réacteurs définitivement arrêtés, dont 140 sont en cours de démantèlement, 20 sont entièrement démantelés et leurs déchets parfaitement gérés.

Le retour d’expérience international du démantèlement de ces réacteurs est donc important, contrairement aux affirmations mensongères de certains opposants au nucléaire. 

15 ans pour le démantèlement d’une centrale nucléaire

La durée du démantèlement d’un REP est d’environ 15 ans, réhabilitation des sols comprise, à compter de l’obtention du décret de démantèlement. 

Aux États-Unis, 6 REP similaires aux REP français ont été totalement démantelés et déclassés en moins de 15 ans. 

En France, la démonstration de la faisabilité du démantèlement d’un réacteur électrogène est faite sur l’opération pilote du réacteur de Chooz A (dans les Ardennes) mis à l’arrêt en 1991. Le démantèlement de la cuve du réacteur (dernière étape) devrait s’achever en 2022, 15 ans après l’obtention du décret de démantèlement et avec 5 ans d’avance sur le planning de référence de cette opération prototype.

Par ailleurs, plusieurs réacteurs de recherche ont déjà été totalement démantelés (Siloé, Mélusine, Triton,..).

Les réacteurs antérieurs de première génération, peu nombreux et arrêtés (appelés « UNGG, Eau lourde et RNR sodium ») sont plus difficiles à démanteler. Mais les technologies nécessaires sont accessibles, même si le traitement de certains de certains déchets spécifiques à ces filières requièrent encore des développements techniques. 

Gestion des déchets 

Pour la gestion des déchets provenant de la déconstruction de centrales nucléaires, tous les pays européens définissent un seuil dit « de libération » en dessous duquel les déchets ne présentent plus de danger… exceptée la France qui considère encore actuellement que tous les matériaux, sans distinction, sont susceptibles d’être radioactifs.

Cette pratique française n’est pas cohérente avec le Code de l’environnement qui préconise la valorisation des déchets par le réemploi ou le recyclage. Elle contribue de plus à augmenter leur volume alors que le risque sanitaire est imperceptible, voire nul. 

Un consensus se dégage actuellement sur la nécessité d’assouplir rapidement cette réglementation française avant le démarrage du démantèlement des deux réacteurs Fessenheim. 

La charge financière

Les charges financières de démantèlement sont couvertes par des provisions (des « actifs dédiés ») constituées par un prélèvement sur les factures d’électricité. C’est donc bien la génération actuelle bénéficiant de l’électricité d’origine nucléaire qui en supporte les coûts. 

EDF a indiqué lors d’une audition au Sénat en mars 2020, que le taux de couverture de ces provisions était de 105,5 % à fin 2019. L’audit indépendant commandité en 2016 par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a conclu qu’elles étaient d’un bon niveau. 

Ce système est donc aujourd’hui satisfaisant, même si le processus pâtit de lourdeurs administratives selon la Cour des comptes (février 2020) : « Une simplification des décrets de démantèlement serait souhaitable, au profit d’un pouvoir de décision accru de l’ASN pour leur mise en œuvre. »

Cette dernière a confirmé en mars 2020 la qualité de la mise en œuvre du système français par les exploitants tout en émettant des recommandations pour améliorer la prise en compte des aléas, ainsi que l’évolution du taux d’actualisation utilisé pour le calcul de ces provisions. 

Le coût de démantèlement d’une centrale nucléaire

L’audit de la DGEC de 2016 a conforté l’estimation de 350 et 450 millions d’euros faite par EDF du coût de démantèlement d’un réacteur REP bénéficiant à la fois de l’effet de série (réacteurs de même type dans le parc) et de la mutualisation (plusieurs réacteurs sur un même site). 

Cette somme représente environ 10 % du coût de l’investissement initial et moins de 5 % du prix du kWh produit durant la vie de la centrale. 

Ni la DGEC, ni le Sénat, ni la Cour des comptes ne contestent que ce coût de démantèlement reste faible en regard de l’apport économique du nucléaire.

EDF estime à environ 60 milliards d’euros le coût total du démantèlement de son parc actuel de 58 réacteurs REP en incluant le traitement et la gestion des déchets radioactifs associés à ces opérations. 

Ce chiffrage est cohérent avec l’évaluation américaine faite par le Callan Institute,  soit 88,8 milliards de dollars en 2018 pour le démantèlement des 99 réacteurs en exploitation et des 9 déjà arrêtés.

Pour un réacteur actuel d’une puissance électrique de 900 mégawatts (MW) fonctionnant au minimum pendant 40 ans, il en résulte que le coût du démantèlement est compris entre 1,5 et 2 euros/MWh, soit moins de 5 % du coût de production de l’électricité de 42 euros/MWh adopté pour l’ARENH

Et ce pourcentage diminue encore si le temps de fonctionnement des réacteurs est augmenté jusqu’à 60 ans ou 80 ans.

Ces faits incontestables montrent que le démantèlement des réacteurs nucléaires n’est ni irréalisable, ni ruineux, ni dangereux, contrairement aux mensonges assénés continuellement dans presque tous les médias par des militants antinucléaires. 

Il est donc inutile de démanteler Fessenheim « pour acquérir un savoir-faire » déjà acquis en France et dans le monde, et il est illusoire de vouloir « préempter ce marché mondial » du démantèlement qui n’attend pas les Français !

 

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  • tout est relatif..

    je suis curieux de voir ça fait sans energie fossile.
    et je sis curieux de ce pourrait inventer un président vert en termes réglementaires pour prouver qu’il avait raison de dire que ce serait hors de prix..

    • Bah, sans énergie fossile on peut faire ça avec de l’électricité nucléaire (bah oui, on démantèle une vieille centrale pour la remplacer par une nouvelle, plus sûr, efficace, etc.)

      • et hop …on élude le prix.. .. le nucleaire est une façon de valoriser ce qui est incontournable…l’énergie fossile..

        ce que je dis est que la diabolisation des fossiles pour promouvoir le nucléaire est une fable… c’est bancal.

        parler d’un futur cout de quoique ce soit est une farce.. le prix de toute chose en France est directement lié au prix des fossile et à leur disponibilité.

        le monde décarboné est une farce…une utopie…

        les fossiles sont toujours la clef..et incontournables..

        la promotion du nucléaire doit commencer par raconter que notre projet de nous passer de fossile est une escroquerie.

        le nucleaire est une façon de limiter l’impact d’une raréfaction des fossiles..
        car ça valorise cette ressource ..

    • Vu que une centrale nucléaire fait éviter de bruler quelques dizaines de millions de tonnes de petrole, on peut bien consacrer quelques tonnes à sa démolition….

  • Le lobby nucléaire est aux manettes : les Allemands refusent le risque d’un Tchernobyl ou d’un Fukushima (ils sauteront quand même avec nous quand une catastrophe arrivera). Ce ne sont pas les capsules d’iode à distribuer aux environs des centrales qui sauveront la population du risque statistique, étant donné le nombre de réacteurs en France !

    • Il y a bcp plus de risques de manquer d’energie que de voir sauter une centrale. Les 2 catastrophes que vous mentionnez n’ont tué personne.

      • @baby foot
        « l avantage » du nucleaire c est que les gens ne meurent pas de suite (contrairement par ex a ce qui se passe dans une mine de charbon). mais c est fallacieux de dire que les soldats envoye a tchernobyl avec quasiment aucune protection ne sont pas mort de l accident. ils ont ete irradié et une bonne partie doivent etre mort aujourd hui.
        un peu comme avec l essai nuclaire qui a mal tourne (https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9ryl_(essai_nucl%C3%A9aire))

        • Les morts, les sauveteurs évidement, ils ont pris d’énormes risques, URSS oblige.. Dernièrement en Russie des sauveteurs ont aussi péri dans une mine de charbon…

        • Non c’est pareil. Le gros des morts du charbon sont dus à la pollution, le grisou c’est anecdotique.
          Le charbon est beaucoup plus dangereux, il tue des milliers de fois plus que le nucléaire.

          Concernant Tchernobyl, aujuourd’hui, une partie des liquidateurs sont morts effectivement (c’étais en 1986) mais dans les mêmes proportions que le reste de la population russe qui n’ont pas liquidé tchernobyl…. On ne devient pas immortel quand on reçoit des radiations artificielles ou naturelles .

      • À Fukushima, l’accident nucléaire n’a tué personne.
        À Tchernobyl, ce n’est pas tout à fait pareil. En tout cas, la ville de Tchernobyl aujourd’hui est impressionnante, elle montre à quel point la nature reprend ses droits quand on la laisse tranquille pendant 30 ans…

    • @ Roen :

      Tchernobyl, c’est un accident du socialisme soviétique.
      Fukushima, c’est un tsunami.

      Il n’y a pas d’accident lié à la technologie nucléaire dans ces 2 cas…

    • En attendant la catastrophe nucléaire toujours à venir, je vous conseille déjà d’y regarder deux fois avant de prendre un ascenseur dans les prochains mois d’hiver les jours de haute pression atmosphérique. Cela dit, je peux évidemment comprendre qu’on ait plus la trouille de manquer de capsules d’iode.

    • Roven, vous êtes de ceux qui croient encore qu’une centrale peut « sauter ».
      Une centrale n’explose pas. Un cœur n’est pas configuré comme une bombe, loin s’en faut. Tout au plus peut-on assister à une fusion du cœur et, il est vrai, à l’explosion de l’hydrogène alors dégagé dans la réaction combustible/eau comme à Tchernobyl. Rassurez-vous, des mesures sont prises pour écarter ce type de phénomène en France.
      Plus généralement les mesures de prévention sont suffisamment poussées pour protéger le personnel des centrales, labos et usines, l’environnement et le public dans l’état actuel des connaissances et pour un coût social et économique acceptable. Ainsi pour une réacteur, le risque de fusion du cœur (accident réputé le plus grave) est rejeté à 10-5 fois /an grâce à un système de prévention comprenant trois barrières (de natures diverses et redondantes afin d’atteindre le niveau de risque précité) auquel on ajoute des dispositions de limitation des conséquences si un accident survient néanmoins.

      • En fait a Tchernobyl, il y a bien eu un emballement de la réaction, provoqué volontairement certes mais elle a bien eu lieu (donc on peut parler d’explosion nucléaire).
        Les sources divergent quant à l’ampleur exacte (de la rupture de quelques barres au soulèvement du couvercle) mais toutes s’accordent sur le fait que l’explosion nucléaire fut très peu puissante comparativement a l’explosion chimique qui a suivi.

    • quel « risque statistique » ? Il n’y a jamais eu d’accident nucléaire majeur « normal »… Tchernobyl c’est de la stupidité socialiste poussé à son extrême, pas un problème technique lié au nucléaire, Fukushima c’est un tsunami et l’envie de continuer à produire de l’énergie jusqu’au bout pour aider la zone sinistrée. Et de toute façon, si Fukushima c’est le sommet de la crainte nucléaire, on peut se détendre : une « catastrophe industrielle » qui ne cause pas de morts c’est bonnard (pas comme les 10 000 décès causés par le tsunami).

    • le retour d’experience est que le risque est faible et gérable…et concerne surtout la perte de zones habitables en cas d’accident..

      non le nucléaire ça « marche  » techniquement..et c’est raisonnablement sûr.

      moins de morts pas unité d’energie électrique produite que les autres sources..

      on a le droit de ne pas accepter cette métrique, nimby par exemple…

      le problème du nucléaire d’état est la spoliation.et la coercition.. comme tout ce qui est d’état…
      les arguments pour l’action de l’éta sont discutables..prix ,indépendance énergétique .. car ils ne sont pas absolus..

      le risque industriel en tant que tel est gérable, on le sait maintenant assez bien.

      michel gay élude ce qui fâche

      je veux accès à vos sous..et je veux accès à votre terrain…le veux aussi emprunter en votre nom..

  • On parle toujours de démanteler des centrales nucléaires pour pouvoir construire à la place une école ou un hôpital, mais jamais pour y reconstruire une autre centrale nucléaire. Bizarre, bizarre.

  • Les estimations de coût d’EDF sont fondées sur l’expérience de Maine Yankee qui a été ramenée à l’herbe (« to the green field ») pour 495 M$ soit environ 420 M€ hors installation de stockage du combustible dont les centrales françaises n’ont pas besoin puisque nous avons La Hague.
    On a tenu compte d’un effet de série pour ramener cette valeur à 300-350 M€.
    Je crois que malheureusement cette évaluation est optimiste pour trois raisons:
    1) L’ANS sera plus sévère que les autorités de sureté américaines, en particulier la destruction de l’enceinte à l’explosif est inenvisageable
    2) Tout ce qui est sur le site est considéré comme déchet nucléaire et doit être géré comme tel même si la radioactivité résiduelle est nulle ou inférieure à la radioactivité naturelle moyenne (2,4 mS/an) C’est évidemment stupide car on pourrait récupérer l’acier des turbines et des tubes du condenseur, le cuivre des transfos, les diesels qui n’ont pratiquement jamais tourné sauf pour les essais périodiques, etc….Des députés ont souligné cette aberration, ils ont été renvoyés dans leur but par ceux qui souhaitent que ça coûte le plus cher possible pour étayer leur thèse.
    3) Il y aura fatalement des recours devant les tribunaux qui conduiront à de coûteux stop and go, toujours par les mêmes qui souhaitent augmenter les coûts pour apporter de l’eau à leur moulin.
    Cependant ces sommes qui paraissent faramineuses sont étalées sur des dizaines d’années et même si EDF s’est trompé d’un facteur 2 ça n’augmenterait le prix de l’électricité que de 5%, il y a eu une excellente analyse de Jean Fluchère sur ce sujet.

    • Ces démantèlements sont stupides, seul le cœur est à virer et à remplacer,.. Un bon coup de dynamite devrait faire l’affaire… Plutôt une implosion, je n’aime pas la poussière,… Étonnant que l’option démantèlement facile n’a pas été prise à la construction.. J’espère qu’ils y ont pensé pour nos epr.

    • Il existe de grandes scies circulaires. Efficaces.
      Il y a peut-être des intérêts, mais je m’avance.

    • Je pense que l’idée de base est surtout de faire disparaître le site pour effacer de la mémoire collective que l’énergie nucléaire existe.

      Difficile quand on va grelotter une semaine suite à une panne de vent inopinée.

    • Raoul, je reviens sur le point 2 de votre commentaire. Historiquement la DGSNR, précédant l’ASN, avait promu la notion de déchets TFA (très faible activité). A l’inverse d’autres pays (Belgique, Allemagne..) qui pratiquaient un seuil de libération des déchets, option citée dans l’article, la France a choisi de conserver sous contrôle tous les déchets sortant d’une centrale, en exploitation ou en démantèlement d’ailleurs. Ce qui implique la création de décharges TFA, dans lesquelles la radioactivité présente est en effet généralement nulle ou très faible.
      Pour deux raisons :
      1) Un seuil de libération implique un contrôle des déchets générés à 100 %. Or on ne savait pas ce qu’il fallait faire passer au contrôle radiologique, chaque tonne, chaque kilo, chaque gramme…ce qui impliquait soit des trous dans la raquette soit un coût très élevé. On a alors choisi des contrôles un peu allégés et un stockage total des déchets, ce qui économiquement se tenait et devrait se tenir encore pour répondre à l’article.
      2) Des trous dans la raquette ont été rencontrés chez nos voisins (casseroles radioactives dans des cuisines allemandes…) et il n’était pas question de prendre ce risque en France, quand les écolos étaient à l’affût de ce genre d’incident, et je crois que c’est encore vrai aujourd’hui.
      Ce n’était donc pas pour que « ça coûte le plus cher possible ». En fait tout réside dans l’analyse détaillée qui conduit au choix précis des déchets à inclure dans la zone déchets nucléaires, une zone qui n’est pas que surfacique. Vos suggestions sont bonnes et sont déjà a priori prises en compte dans ladite analyse par les ingénieurs qui préparent les opérations de démantèlement et qui, je l’espère, ne sont pas plus déraisonnables aujourd’hui qu’hier.

  • Le problème existe avec tous nos déchets : certains veulent gagner l’argent sans assumer le travail ; et c’est là le soucis si par hasard EDF ou un sous traitant espéraient empocher les 60 milliards sans faire réellement tout le boulot !!!!!

  • Cette article me pose problème. La plupart des réacteurs nucléaires démantelés dans le monde sont des installations de recherche construites précisément pour être simple ou des réacteurs à graphite de puissance intermédiaire à ma connaissance. La France n’a donc pas d’expérience de réacteurs à eau pressurisée de production de grande taille ce qui est volontairement omis ici. Hors, EDF lui même reconnaissait des difficultés dans ces études techniques de processus de démantèlement.
    Si dire que c’est impossible est effectivement exagéré, sous entendre que ça va être une partie de plaisir me paraît pas plus honnête. Par ailleurs, si le coût de 5% du coût de production est déjà important, on oublie que EDF a du mal à ne pas multiplier par trois et demi le coût des ses chantiers en cours.
    Donc la question n’est pas « les gens pense blabla que l’on ne sait pas blabla les cons blabla».
    Il faudra démanteler, donc la question est « qu’elle est la maîtrise des coûts d’EDF pour ne pas plomber la note et qu’elle la capacité à le faire proprement ? »
    Pour rappel, toutes les installations « démantelées » gardent peu ou prou un bâtiment de déchets quelque part en attente faute de traitement possible.

    • Le démantèlement des installations nucléaires n’en est plus à ses débuts, et on sait déjà que cette activité ne pose pas de problème technique. Ce n’est d’ailleurs pas un problème pour les centrales qui, sauf accident, n’affichent que des radioéléments à vie courte, mais plutôt pour les labos de recherche ou usines de retraitement qui manipulent des radioéléments à vie longue (plutonium…). Mais là aussi on sait faire et, au total, on sait juger des bonnes dispositions relatives aux doses radiologiques prises par les intervenants et aux caractéristiques des déchets produits.
      « On garde un entreposage de déchets faute de traitement possible ».
      Pour les déchets à vie courte on dispose des centres de stockage de surface (Aube, TFA).
      Il n’y a pas de problème de stockage de déchets ultimes à vie longue, qui seraient au demeurant fort réduits en volume avec les futurs réacteurs de génération IV. Le stockage en couche géologique profonde est une très bonne solution technique, il ne pose qu’un problème d’acceptation du public. Les seuls incidents à redouter sont à considérer pendant les 100 ou 150 ans d’exploitation du stockage (introduction des déchets), mais sont parfaitement maîtrisables car assimilables à ceux d’une installation nucléaire classique en exploitation (incendie, inondation, ventilation, etc.). Après la fermeture du stockage en couche profonde, les premières sorties d’activité à l’exutoire arriveront dans 200 000 ans à doses très faibles. Serons-nous encore là ? Arroserons-nous encore des salades avec l’eau de la source concernée ? Rappelons que notre civilisation (Cro-Magnon) n’a que 40 000 ans et que celle qui nous a précédés (Néandertal) a duré 200 000 ans.

      • Il faut en sus mettre cela au regard de la radioactivité naturelle.
        Pourquoi devrait on garantir une exposition artificielle quasi Zéro quand l’exposition naturelle a certains endroits du monde est sans commune mesure et ce sans qu’on y détecte un probleme particulier?

    • @ informix Ce n’est pas la puissance qui est dimensionnante dans les difficultés et coûts induits, c’est le volume de matériaux irradiés. Une tranche graphite-gaz de 500 MW contient beaucoup plus de matériaux irradiés (2500 tonnes de graphite) qu’une tranche PWR de 1300 MW où seule la cuve est significativement irradiée. Je rappelle également que la France possède une bonne expérience de travaux délicats à l’intérieur de l’enceinte acquise lors des chantiers de remplacement des générateurs de vapeur où il faut couper quatre grosses tuyauteries (eau primaire chaude et froide, eau alimentaire et vapeur), extraire des pièces de 400t, introduire les GV neufs et procéder aux soudures. Restera in fine la cuve réacteur accrochée au béton par ses ajutages d’entrée et sortie qu’il faudra découper par des robots, rien d’infaisable.

  • C’es d’une clarté absolue. Rien à ajouter et vive le nucléaire !

    • Disons que si on fond un réacteur et qu’on est aussi « empoté » que les japonais pour gérer le sinistre, ça peut quand même dégénérer en quelque chose de très chiant…

  • non non non..

    en ce qui me concerne…si on me dit compte tenu que l’avenir c’est une augmentation de l’acces aux fossiles..
    vive le nucleaire car c’est une façon de les valoriser pour produire de l’electricté .. ..je dis ok…

    et cela me semble une spéculation acceptable .. ( sur les fossiles)

    si on me laisse à penser à un monde SANS fossile… je dis non…folie à un horizon pluri décennal. ce n’est pas un hasard si gay adhère au politiques anti fossiles….

  • Démantèlement d’une centrale nucléaire : facile et pas cher ! J’ai l’impression de revivre un crash boursier à l’époque où je gérais et administrais une fondation communautaire retraite complémentaire des salariés obligatoire, par capitalisation en Suisse. La veille du crash boursier aucun voyant à la boule de cristal n’est venu me dire de vendre les actions il y aura une immense baisse demain. C’est ainsi que je vois l’affirmation facile pas cher. Ayant observé le début de démantèlement de Brennilis, et de ce qui se fait dans le monde, je compare cela aux mêmes affirmations gratuites des analystes et vendeurs d’actions des banques. Il s’agit de lobbysme pur, personne ne peut prétendre savoir et chaque situation est différente. N’étant pas opposant au nucléaire, j’ai confiance au projet prometteur Myhrra en Belgique. Si BKW a déjà provisionné 3 milliards pour le démantèlement d’un petit réacteur en Suisse, montant jugé bien insuffisant, le retraitement stockage à un coût inconnu et pour quelle durée ? il serait plus sage et crédible de dire qu’il y aura un coût important qu’il faut assumer, et cesser de vendre le produit à un coût inférieur à celui qu’il devrait être. La population n’est pas dupe, elle adhérera à l’idée du coût réel de l’énergie électrique lorsque cessera la stupide distribution à crédit de subventions des énergies renouvelables aléatoires que l’on ne peut stocker, ou seulement à grande perte; 6 KW pour 1 KW d’hydrogène ! 2-4 KW pour pomper l’eau du lac du bas vers celui du haut pour reproduire 1 seul KW.

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