Essai sur le néo-racisme de la gauche au XXIe siècle, de Drieu Godefridi

Le néo-racisme de la gauche est aussi authentiquement un racisme que l’ancien. Retour sur le livre de Drieu Godefridi.

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Essai sur le néo-racisme de la gauche au XXIe siècle, de Drieu Godefridi

Publié le 3 novembre 2021
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Par Francis Richard.

Disons-le sans ambages, je soutiendrai qu’il ne faut pas se payer de mots, éviter les néologismes de type « racialisme » qui participent de distinctions que rien ne fonde en réalité, et qualifier ce discours et cette nouvelle idéologie pour ce qu’ils sont: un racisme au sens strict. Tout juste me permettrai-je de lui accoler le suffixe néo, pour le distinguer de ses devanciers.

Drieu Godefridi, Estampillés : essai sur le néo-racisme de la gauche au XXIe siècle

Trois matrices théoriques

Le néo-racisme dont il s’agit est issu de trois matrices théoriques, propres à tous les racismes, tels que le nazisme :

Essentialisme : l’être humain est défini par une caractéristique qui échappe au pouvoir de celui qui la porte, en l’occurrence la couleur blanche de son épiderme.

Responsabilité collective : l’homme blanc est comptable des crimes de tous les Blancs – sans rémission.

Responsabilité historique : l’homme blanc est comptable des crimes commis par tous les Blancs à travers les âges.

Tous les Blancs sont racistes

Le Blanc est raciste en tant qu’héritier et dépositaire d’une culture et d’une civilisation qui ont institué et instituent la race blanche en race supérieure, ravalant les « gens de couleur » aux échelons ancillaires.

Les néo-racistes ne seraient donc pas racistes puisqu’ils n’imputent pas les crimes des Blancs à leur race biologique mais à leur culture, à laquelle ils ne peuvent échapper.

Les griefs

Quels griefs font aux Blancs les néo-racistes américains, parmi lesquels l’auteur cite Robin DiAngelo ou Kimberlé Crenshaw ? Ils leur reprochent :

– D’avoir fondé l’Occident sur l’esclavage, sauf que le mot esclave vient de slave, que les premiers esclaves étaient des Blancs d’Europe centrale et orientale, et que l’esclavagisme n’a rien de spécifiquement occidental ; l’abolitionnisme tout.

– D’être les privilégiés d’un racisme systémique, qui serait issu d’un racisme initial, sauf que les seuls privilèges légaux, au sens strict, sont en faveur des « personnes de couleur ».

La preuve se trouverait dans toute différence statistique entre Noirs et Blancs, puisque le privilège blanc n’est pas juridique. Sauf que, par exemple, les Américains d’origine asiatique gagnent en moyenne davantage que les Américains blancs, noirs et hispaniques. Sauf que qui est blanc ?, alors que nous vivons dans les sociétés les plus diverses de l’histoire humaine.

– De profiter, lorsqu’ils sont définis et perçus comme blancs, d’un système de domination socio-politique et économique basé sur les catégories raciales, c’est-à-dire de la white supremacy (expression intentionnellement dérivée du white supremacism des tenants de la supériorité raciale blanche). Sauf que, dans tous pays, une norme ou un standard reflète le groupe majoritaire, sans que ce soit pendable.

Pourquoi tant de haine ?

Les néo-racistes, dont l’auteur a beau jeu de démonter les sophismes en fin d’ouvrage :

– Refusent l’objectivité parce que ce serait une idéologie occidentale.

– Utilisent le story-telling, c’est-à-dire le fait de conter des récits individuels et singuliers de racisme, au lieu d’en discourir de façon synthétique et rationnelle : les victimes y sont toujours de couleur et les bourreaux blancs.

– N’écoutent que le point de vue des victimes et ne permettent pas à un Blanc de donner son avis, c’est la standpoint epistemology.

– Considèrent que la structure est déterminante, quel que soit le contenu : oppressive à l’origine, quelle que soit son évolution, elle ne peut que le rester.

Ce refus de la rationalité, ils le doivent notamment à Herbert Marcuse pour qui le système américain opprimait les minorités dissidentes, ce la plupart du temps de façon inconsciente, et qui ne voyait d’autre solution que la violence, réponse légitime à celle de ce système, nettement plus grande et généralisée, au point que même le silence d’un Blanc peut être violence :

Le Blanc n’étant jamais agi que par sa race, le simple fait de parler – se taire ! – devient un acte porteur de racisme systémique donc impactant pour les personnes de couleur.

L’ancien et le nouveau racisme

L’ancien racisme, celui d’Arthur de Gobineau ou de Georges Vacher de Lapouge, différait du nouveau racisme. L’ancien se voulait scientifique, tandis que le nouveau se revendique de la culture.

Mais l’ancien et le nouveau ont en commun leur inanité rationnelle, leurs aberrations logiques auxquelles des postulats fumeux ne peuvent que mener, le développement d’une herméneutique de l’essence, la preuve de l’injustice dans la moindre divergence de revenu, l’exaltation de la haine raciale.

Le néo-racisme est donc aussi authentiquement un racisme que l’ancien. Et les néo-racistes sont estampillés !

 

Estampillés – Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle, Drieu Godefridi, 160 pages, Texquis. Lien Amazon


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  • ceci dit il ya bel et bien des mécanismes essentiellement inconscients qui font que certaines personnes ne sont pas « reconnues  » à ce qui pourrait être considéré comme leur valeur..

    les préjugés raciaux mais aussi religieux et physiques.. existent bel et bien..

    il y a bien du racisme dans le système mais le racisme n’est PAS systémique.. sauf justement les lois récentes introduites …

  • Parmi les aberrations des théories wokistes se trouve la négation de tout racisme noir, les haines intertribales omniprésentes en Afrique, ne pouvant, à leurs yeux, pas être assimilées à du racisme.

    Si on applique la même chose aux blancs, la haine anti-Juifs n’est pas du racisme, et il n’y avait aucun racisme dans les relations entre Serbes et Croates

  • Seul l’islamophobie doit subsister à l’heure actuel il faut laisser de coté la couleur est se cantonner à combattre l’islam, les musulmans , les islamistes et les islamo-gauchistes !!!

  • Heureusement les socialistes de couleur ne sont pas racistes.
    Un blanc qui dirait que des réunions sont interdites aux gens de couleur serait condamné par la justice. Un blanc qui dirait que des gens de couleur peuvent participer à des réunions mais se taire serait condamné par la justice. Curieusement, Mme A. Pulvar n’est pas condamnée… Pourquoi ??
    Mme Taubira qui fait un déni d’esclavage par les Arabes ne fait pas de racisme. Pourtant l’histoire est très claire et très documentée sur ce sujet. Soit-elle lire ?
    La gauche caviar qui ne veut pas voir que la colonisation a créé des routes, des hôpitaux, des écoles, des industries, des ports, des états modernes… ferait mieux de se documenter avant d’attaquer les blancs.
    La gauche wokiste qui rejette la civilisation gréco-romaine car blanche devrait nous montrer des écrits des peuples d’Afrique noir décrivant leur civilisation.
    Mais tout ça n’est pas du racisme anti blanc. Bien sûr. C’est du bien pensant.

    • la gauche wokiste serait-elle capable de citer les inventions et progrès techniques ( chemin de fer, avions, électricité, électronique et informatique, etc.) inventées en dehors de la culture occidentale ? Toutes ces inventions sont des faits, elles ne relèvent pas du « racisme systémique ».

  • Si l’on se plonge dans tous les écrits des « penseurs » (celles et ceux qui se disent des intellectuels!!!) de la gauche nous retrouvons toujours une certaine forme de racisme quand ce n’est pas du racisme à l’état pur.
    Les « penseurs » de gauche, en général, rejettent toutes celles et tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Aujourd’hui, nous avons un bel exemple de leur cynisme avec ce qui se passent dans nos universités.
    De même, nous avons un autre bel exemple avec Mélenchon et un autre avec hidalgo :  » Je ne veux pas débattre avec toi car tu ne penses pas comme moi !!! »
    Autrefois, la gauche ostracisait les catholiques comme elle l’a fait également avec les juifs. D’ailleurs, à ce propos, la gauche est devenue amnésique.
    Pour ma part, je réfute qu’une personne qui se dit de gauche puisse dire aussi qu’elle adhère aux valeurs de l’humanisme.
    Etre de gauche c’est son droit, se dire humaniste c’est un mensonge.

    • Mon cher Baudoin,
      On reprend et complète l’écrit de Jacques Lemiere
      « les préjugés raciaux mais aussi religieux physiques et POLITIQUES.. existent bel et bien.. »
      de Baldovinos « Autrefois, la gauche ostracisait les catholiques comme elle l’a fait également avec les juifs. D’ailleurs, à ce propos, la gauche est devenue amnésique. »
      De bons blancs catholiques ont bien ostracisés les juifs à petit et grand feu (voir dame Isabelle de Castille) et le gauchiste Louis XIV (et pas que lui) a bien ostracisé les huguenots par exemple…
      Qui est amnésique?: c’est en particulier oublier l’affaire Dreyfus, l’affaire Salengro…, le gauchiste Pétain et son équipe, et tout le venin jeté sur Pierre Mendès-France et on en passe beaucoup trop…
      Qui a mené en esclavage jusque très récemment des milliers et peut être quelques centaines de milliers d’orphelins britanniques vers les « cousins développant » l’Australie? Au nom de la couronne Windsor… gauchiste d’Europe…. géographiquement parlant!
      Et dans nos universités, il y a une énorme majorité non cynique qui travaille, étudiants et encadrants..
      C’est vrai que depuis le Titanic, on en veut bien plus aux icebergs qu’à la banquise… les deux étant, nonobstant….. blancs.
      Etre humaniste et tolérant c’est ouvert à tout le monde.. en principe !

  • Merci pour ce résumé qui donne envie de lire le livre. Comme l’auteur, et pour toutes les raisons énoncées, je pense qu’il convient de nommer ce « nouveau » racisme pour ce qu’il est : du racisme. Pourquoi le précéder par néo ? Un extrait mérite d’être modifié : les « blancs » sont aujourd’hui accusés de tous les crimes passés, réels ou supposés, commis par une infime minorité de leurs encêtres, minorité qu’on peut classer parmi les hommes de l’État, où ayant bénéficié de privilèges par eux octroyés. De tous les temps, dans toutes les cultures, partout, il se trouve des gens prêts à utiliser la violence pour imposer leur volonté aux autres par la force. Ce sont ces gens et cette volonté qui doivent être dénoncés. La couleur de la peau et autres caractéristiques physiques fortuites indépendantes de la volonté des individus ne sont pas des critères. Enfin, si le « blanc » n’a plus ni le droit de parler ni celui de se taire, autant se préparer à la suite logique : son massacre. Qui définira qui est « blanc » et qui ne l’est pas ?

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