Essai sur le néo-racisme de la gauche au XXIe siècle, de Drieu Godefridi

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Le néo-racisme de la gauche est aussi authentiquement un racisme que l’ancien. Retour sur le livre de Drieu Godefridi.

Par Francis Richard.

Disons-le sans ambages, je soutiendrai qu’il ne faut pas se payer de mots, éviter les néologismes de type « racialisme » qui participent de distinctions que rien ne fonde en réalité, et qualifier ce discours et cette nouvelle idéologie pour ce qu’ils sont: un racisme au sens strict. Tout juste me permettrai-je de lui accoler le suffixe néo, pour le distinguer de ses devanciers.

Drieu Godefridi, Estampillés : essai sur le néo-racisme de la gauche au XXIe siècle

Trois matrices théoriques

Le néo-racisme dont il s’agit est issu de trois matrices théoriques, propres à tous les racismes, tels que le nazisme :

Essentialisme : l’être humain est défini par une caractéristique qui échappe au pouvoir de celui qui la porte, en l’occurrence la couleur blanche de son épiderme.

Responsabilité collective : l’homme blanc est comptable des crimes de tous les Blancs – sans rémission.

Responsabilité historique : l’homme blanc est comptable des crimes commis par tous les Blancs à travers les âges.

Tous les Blancs sont racistes

Le Blanc est raciste en tant qu’héritier et dépositaire d’une culture et d’une civilisation qui ont institué et instituent la race blanche en race supérieure, ravalant les « gens de couleur » aux échelons ancillaires.

Les néo-racistes ne seraient donc pas racistes puisqu’ils n’imputent pas les crimes des Blancs à leur race biologique mais à leur culture, à laquelle ils ne peuvent échapper.

Les griefs

Quels griefs font aux Blancs les néo-racistes américains, parmi lesquels l’auteur cite Robin DiAngelo ou Kimberlé Crenshaw ? Ils leur reprochent :

– D’avoir fondé l’Occident sur l’esclavage, sauf que le mot esclave vient de slave, que les premiers esclaves étaient des Blancs d’Europe centrale et orientale, et que l’esclavagisme n’a rien de spécifiquement occidental ; l’abolitionnisme tout.

– D’être les privilégiés d’un racisme systémique, qui serait issu d’un racisme initial, sauf que les seuls privilèges légaux, au sens strict, sont en faveur des « personnes de couleur ».

La preuve se trouverait dans toute différence statistique entre Noirs et Blancs, puisque le privilège blanc n’est pas juridique. Sauf que, par exemple, les Américains d’origine asiatique gagnent en moyenne davantage que les Américains blancs, noirs et hispaniques. Sauf que qui est blanc ?, alors que nous vivons dans les sociétés les plus diverses de l’histoire humaine.

– De profiter, lorsqu’ils sont définis et perçus comme blancs, d’un système de domination socio-politique et économique basé sur les catégories raciales, c’est-à-dire de la white supremacy (expression intentionnellement dérivée du white supremacism des tenants de la supériorité raciale blanche). Sauf que, dans tous pays, une norme ou un standard reflète le groupe majoritaire, sans que ce soit pendable.

Pourquoi tant de haine ?

Les néo-racistes, dont l’auteur a beau jeu de démonter les sophismes en fin d’ouvrage :

– Refusent l’objectivité parce que ce serait une idéologie occidentale.

– Utilisent le story-telling, c’est-à-dire le fait de conter des récits individuels et singuliers de racisme, au lieu d’en discourir de façon synthétique et rationnelle : les victimes y sont toujours de couleur et les bourreaux blancs.

– N’écoutent que le point de vue des victimes et ne permettent pas à un Blanc de donner son avis, c’est la standpoint epistemology.

– Considèrent que la structure est déterminante, quel que soit le contenu : oppressive à l’origine, quelle que soit son évolution, elle ne peut que le rester.

Ce refus de la rationalité, ils le doivent notamment à Herbert Marcuse pour qui le système américain opprimait les minorités dissidentes, ce la plupart du temps de façon inconsciente, et qui ne voyait d’autre solution que la violence, réponse légitime à celle de ce système, nettement plus grande et généralisée, au point que même le silence d’un Blanc peut être violence :

Le Blanc n’étant jamais agi que par sa race, le simple fait de parler – se taire ! – devient un acte porteur de racisme systémique donc impactant pour les personnes de couleur.

L’ancien et le nouveau racisme

L’ancien racisme, celui d’Arthur de Gobineau ou de Georges Vacher de Lapouge, différait du nouveau racisme. L’ancien se voulait scientifique, tandis que le nouveau se revendique de la culture.

Mais l’ancien et le nouveau ont en commun leur inanité rationnelle, leurs aberrations logiques auxquelles des postulats fumeux ne peuvent que mener, le développement d’une herméneutique de l’essence, la preuve de l’injustice dans la moindre divergence de revenu, l’exaltation de la haine raciale.

Le néo-racisme est donc aussi authentiquement un racisme que l’ancien. Et les néo-racistes sont estampillés !

 

Estampillés – Essai sur le néo-racisme de la Gauche au XXIe siècle, Drieu Godefridi, 160 pages, Texquis. Lien Amazon


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