Comment la santé mentale disparait avec les restrictions (2)

lonelyless of blue's by monica mitrione (Creative Commons CC BY-NC-ND 2.0)

Les Français avaient l’espoir que les malheurs allaient prendre fin un jour. Mais les restrictions continuent et la santé mentale disparait.

Par Patrick de Casanove.

Arraché à ses liens sociaux, à son écosystème social, l’humain dépérit. La vie sociale comprend l’école jusqu’à l’université, le travail, le tourisme, les associations, les clubs, les amis, la famille, etc. Bref, tous les échanges libres.

C’est une erreur de croire que la vie en société n’entraîne que des sacrifices. Dans une société libre, la vie est source non seulement d’amélioration des conditions d’existence, matérielle et de sécurité, mais aussi d’épanouissement personnel.

La contrainte sociale entraîne la destruction des liens sociaux, et de la société elle-même, ce qui facilite la création d’un Homme nouveau dans une société nouvelle.

Pour éviter l’anxiété et la déprime pendant le confinement « Limportant est de maintenir à tout prix le lien social » précise Chantal Henry. Certes, mais l’objet du confinement est de le détruire. Les premiers mots utilisés lors de la mise en place des mesures de coercition ont été « distanciation sociale » ce qui trahissait son objectif de dislocation de la société.

La personnalité est niée, la personne est réifiée

L’État a privé chacun de la liberté de choisir sa vie. L’autorité centrale s’est bien gardée de respecter leur libre arbitre. Elle a supprimé le libre choix et a décidé à la place des gens ce qui était bien ou est essentiel pour eux. Quand une activité est décrétée non essentielle, c’est la personne à la source de cette activité qui est considérée comme non essentielle. C’est la renvoyer au néant. Sa vie est décrétée inutile, ce qui est un profond traumatisme et un manque de respect total envers un être humain.

Une des affirmations mises souvent en avant est que les jeunes ont été sacrifiés pour les vieux. Pour ce faire l’État a soigneusement évité de demander l’avis des individus. Si on interroge par exemple les personnes âgées en EHPAD, elles n’approuvent pas ce qu’elles ont subi ni ce que l’autorité centrale a fait subir à leurs proches au prétexte de les protéger. Elles revendiquent qu’à leur âge on leur foute la paix.

Tout le monde a été sacrifié pour tout le monde.

C’est la traduction de ce que Bastiat écrit :

L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. – L’État (1848).

Dans ce domaine précis, une épidémie, c’est la grande fiction qui fait souffrir tout le monde aux dépens de tout le monde. Exprimé différemment, c’est la grande fiction qui vole la vie/le projet de vie, de tout le monde et nuit à tout le monde. L’État a volé des vies au sens physique, intellectuel et psychologique. Les projets de vie ont été réduits à néant sans que personne n’en tire un bénéfice sanitaire quelconque.

Les individus réagissent selon leur conscience du préjudice et de ses conséquences sur leur vie. Pour beaucoup l’adaptation se fait sans trop de dégâts. Pour d’autres elle se fait bien malgré eux sur un mode pathologique, dépressif par exemple. Pour eux les conséquences psychiatriques et psychologiques sont désastreuses.

De plus, si celles qui souffrent sont minoritaires, elles sont considérées comme des dégâts collatéraux acceptables, parce que présentés comme très inférieurs aux dommages réels ou supposés de l’infection dans l’ensemble de la population. Leurs souffrances sont négligées pour ne prendre en compte que les maux directement attribués à la covid. Comme si certaines souffrances valaient plus que d’autres. Tout le monde perd.

La personnalité est niée et réifiée. Les individus ne sont pas considérés comme des personnes intelligentes, dignes et uniques, mais comme des pièces interchangeables de la mécanique sociale à la disposition de l’autorité centrale. Dès lors, l’idée qu’elles puissent souffrir psychiquement est totalement étrangère au raisonnement étatique.

Cela explique que la réaction du gouvernement ne soit pas à la hauteur.

Des rustines

Macron rend hommage et Véran s’alarme. C’est le service minimum. Il n’y a pas d’empathie ni de compassion.

Le gouvernement pose des rustines, par exemple un remboursement des consultations avec un psychologue.

Ces derniers mois, avec l’isolement dû à l’épidémie de Covid-19, les angoisses et les violences intrafamiliales ont été exacerbées. Aujourd’hui, c’est un Français sur 5 qui est sujet à un trouble psychique, soit 13 millions de personnes. Particulièrement touchés par les effets de la crise sanitaire, 15 % des jeunes en France connaissent un épisode dépressif caractérisé entre 16 et 25 ans.

Sauf que ce n’est pas « la crise sanitaire » ni l’isolement « dû à l’épidémie de covid » qui sont la cause de la tragédie, mais la politique de coercition sociale gouvernementale. Tant que personne n’acceptera de regarder cette vérité en face les problèmes perdureront.

La politique responsable de ces tragédies est maintenue. Il aurait été plus sain de supprimer la cause du trouble que de traiter matériellement ses conséquences en laissant persister sa cause.

De la peur à la sidération psychique

Les mesures de coercition sociales, irrationnelles ou absurdes, bourrées de dérogations, ont désorienté les gens, majoré leur incompréhension, leur sentiment d’injustice, leur angoisse. C’est voulu.

Si les mesures étaient sensées, cohérentes, rationnelles, il n’y aurait pas besoin de contrainte. L’absence de tout bon sens et la violence coercitive du gouvernement n’ont d’autre but que de soumettre les populations, de les briser en les faisant obéir à des injonctions contradictoires et aberrantes.

En imposant l’insensé, l’autorité centrale teste son pouvoir mais aussi le degré de soumission et de résistance à l’oppression des populations. Elle leur enlève tout esprit critique et toute idée de rébellion. Tous les recours en justice ont à ce jour échoué. Un certain épuisement psychologique se fait sentir.

C’est pourquoi toutes les mesures totalitaires prises et aggravées lentement n’ont entraîné que peu de réactions de défense. De plus une grande partie de la population, apeurée, a été rassurée par ces mesures et y adhère. Autrement dit peu de grenouilles se rendent compte que l’eau finira par bouillir et les cuire. Pire, beaucoup la trouvent bonne et réclament que l’État la chauffe davantage.

Aveuglement

La gestion du pays par les politiciens ne prend en compte qu’un seul élément. Aveugles, ils restent obnubilés par le coronavirus. Ils ne se remettent jamais en cause. Si l’épidémie disparaît c’est grâce à leurs mesures, si elle s’aggrave c’est parce que leurs mesures n’ont pas été suivies, ni assez sévères ou assez longues.

Le « modèle social français », système de santé, système politico-administratif et économique, est en décrépitude. Pendant la crise beaucoup de Français ont pallié les défaillances de l’État. Par exemple, si le système de santé ne s’est pas complètement écroulé, c’est grâce à ceux qui ont porté à bout de bras les services de soins, rongés par la pénurie depuis des années.

Ces Français avaient l’espoir que les malheurs allaient prendre fin un jour ou l’autre. Beaucoup aujourd’hui n’en voient plus le bout et ont l’impression d’être broyés par le monstre froid qu’est l’État, lequel persiste dans l’utilisation de la peur et de la coercition.

Les dégâts psychologiques sont énormes. Si les individus craquent, tout craque.

Pendant ce temps le monde continue de tourner, les problèmes s’accumulent, la France s’enfonce. Le régalien part à vau-l’eau.

Un effondrement matériel se corrige plus facilement qu’un effondrement du moral.

Nul ne sait aujourd’hui comment cela finira.

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