Obligation vaccinale : le personnel de santé pris en otage

L'obligation vaccinale des personnels de santé est le symptôme d'un problème pris de la mauvaise manière depuis le début de la crise du COVID
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Obligation vaccinale : le personnel de santé pris en otage

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 octobre 2021
- A +

Par Bernard Kron.

« L’esprit de l’homme a trois clefs qui ouvrent tout : le chiffre, la lettre, la note. Savoir, penser, rêver. Tout est là. » Victor Hugo.

Obligation vaccinale des personnels de santé : quelles conséquences ?

Avec la Covid le rêve est devenu un cauchemar. La pénurie de personnels soignants et la crise de l’hôpital ont éclaté au grand jour. Elle était déjà en cours avant la pandémie. Le manque de soignants était déjà effarant. Et pire aujourd’hui, ils seraient 15 000 à être rebelles à la vaccination et écartés des soins. Certains démissionnent ou sont en arrêt maladie. D’autres partent ou choisissent l’intérim, paralysant les blocs opératoires des grands hôpitaux déjà en manque de personnels.

Le Sénat vient de rejeter la proposition de loi visant à instaurer l’obligation vaccinale pour tous par 262 voix contre 64. Alors les soignants se sentent brimés.

L’ hôpital habitué à travailler à flux tendu et à développer l’ambulatoire ne peut plus faire face à la demande avec cette pénurie de personnel.

Le budget social est pourtant considérable : plus de 750 milliards d’euros par an dont 270 milliards pour les soins. La dette sociale et hospitalière est considérable malgré ce poids financier. Le redressement sera donc difficile sans une véritable révolution. En effet la reprise de dette de la sécurité sociale par la Caisse d’amortissement de la dette sociale à hauteur de 136 milliards d’euros (CADES) n’a pas remis les compteurs à zéro car le déficit des hôpitaux et de la Sécu atteint 70 milliards.

Pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là, il faut se tourner vers le passé.

Deux formidables réformes avaient fait monter notre système de soins jusqu’à des sommets 

Il s’agit de la création de la Sécurité sociale en 1945 et la réforme hospitalière en 1958 avec la création des Centres Hospitaliers Universitaires. Malheureusement leur force contenait leur propre faiblesse. On leur en a toujours demandé plus. Soigner et rembourser tous les soins et pour tout le monde sans aucun arbitrage ni contrôle menacent de faire écrouler ce bel édifice.

À la libération : création de l’ENA, de la Sécu et de la Haute école de santé publique (HESP). Ce triumvirat toujours en place va s’emparer de tous les leviers.

En 1958, la réforme des hôpitaux (Robert Debré) est à l’origine de la création des CHU et du plein temps hospitalier.

Elle va mettre dix années à se mettre en place et 20 ans à montrer ses effets pervers car la triple mission soins-enseignement-recherche est amputée par le travail administratif et les réunions.

Le temps a passé sur ces réformes et la crise de la santé s’est installée car elles ont été viciées par une cascade de contraintes avec des lois de plus en plus liberticides pour les soignants.

L’étatisation de la santé

L’étatisation de la santé risque d’atteindre un point de non retour. Les grands capitaines d’industrie sont majoritaires à vouloir encadrer drastiquement les honoraires des médecins afin de ne pas augmenter leurs salaires et rester compétitifs. A contrario ils ne veulent pas que l’on touche à leurs avantages parfois monstrueux quand ils ne sont pas ailleurs…

Avec ses agences et ses directeurs l’État va conduire ce système suradministré vers l’abîme. Les médecins deviennent otages des administrations et des organismes de tutelle, leur carrière dépendant davantage de leur soumission que de leur prestige. 

Pour comprendre ces 50 ans de conflits et de désamour entre les médecins et les politiques je vous renvoie à mon livre Blouses Blanches colère noire dans lequel je développe des solutions afin que le système de soins retrouve un équilibre.

Quel candidat à l’élection présidentielle relèvera le redoutable défi de le sauver ?

Pour plus d’articles sur l’obligation vaccinale des personnels de santé et la gestion de la crise du COVID, vous pouvez consulter notre dossier spécial COVID-19.

Voir les commentaires (18)

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  • « La pénurie de personnels soignants et la crise de l’hôpital ont éclaté au grand jour. »

    non la non adaptation.. mais comment serait ce possible quand on a supprimé les mécanismes de marché!!!

    il n’y a rien de choquant à ce qu’un marche connaisse des crise en cas de phénomènes qui le bouleversent.

    la pénurie ..n’a quasiment pas entrainé de mécanisme pour la compenser , c’est les « besoins des gens qui ont u s’adapter à l’offre de santé..

    des tas de gens qui râlent continuent de penser « sécu » et dirigisme… il suffit de changer les personnes ..

  • Laurent Lenormand
    19 octobre 2021 at 8 h 24 min

    Le système de soins est un pion sur un échiquier qui le dépasse. Cette pandémie sert de paravent à la mise en place d’un système de contrôle social numérique, et les soignants sont dans le premier wagon d’un train qui va engloutir toute la société si rien n’est fait pour le bloquer. Ceux qui sont à l’initiative de ce changement mondial se moquent bien des patients, de la qualité des soins et de tous ces détails qui ne concernent que le petit peuple. Ils ont largement les moyens de bien se soigner, croyez-moi !
    Personne parmi le personnel en place ne viendra résoudre les problèmes du système de santé français. Il a servi de levier à la plus formidable extorsion de l’histoire. Il sert de moyen de chantage pour amener toute une population à abdiquer des droits conquis durant des siècles. Vous pensez sérieusement que ceux qui ont mis ça en œuvre vont gentiment arrêter ?

  • « Le Sénat vient de rejeter la proposition de loi visant à instaurer l’obligation vaccinale pour tous par 262 voix contre 64. Alors les soignants se sentent brimés. »

    brimés, non, cocus, oui !!!

    mais je suis surtout surpris de voir un chirurgien n’avoir aucun sens critique sur ce « vaccin » !

  • Nous sommes beaucoup plus que les 15000 annoncés fièrement par Veran et repris en choeur par une presse aux ordres…
    Et nous serions encore plus nombreux sans les menaces directes, le chantage à l’emploi, etc… Plusieurs d’entre nous ont cédé à l’injection uniquement pour pouvoir continuer à manger.
    Ce que nous vivons dans les hôpitaux est horrible, inhumain et indigne d’un pays qui se dit démocratique. Je ne parle même pas du chantage exercé sur les patients qui ne souhaitent pas le vaccin.
    J’ai honte !!!

    • Le patient me semble bien muet dans votre système. Normalement, ses souhaits importent peu, et en priorité ce sont ses besoins qui devraient être pris en compte.

      • Vous avez raison, la plupart font confiance aux médecins sans se poser aucune question. J’ai entendu récemment l’une de mes patientes âgée expliquer qu’elle avait eu la 3ème dose sans qu’on lui demande son avis, son médecin l’a fait (bien avant les recommandations officielles d’ailleurs) « pour son bien »… Le problème est que nombre de praticiens hospitaliers ont oublié la base du soin : la sécurité du patient avant tout. Comme le disait un PU-PH de mon secteur, le meilleur traitement, c’est celui que le patient supporte et accepte. On en est très loin aujourd’hui

        • De la part d’un médecin, il me semble que le but premier devrait être d’obtenir le consentement éclairé de son patient. Autrement dit, c’est bien au patient que revient en premier la responsabilité de la décision prise en matière de soin – ce qui est normal, puisque le premier à en supporter les conséquences, bonnes ou mauvaises, est le patient. D’ailleurs c’est le patient qui décide d’aller ou non voir un médecin, d’aller voir tel médecin plutôt que tel autre, etc.

          Je vois dans cet abandon « aveugle » de beaucoup de patients à la décision du médecin une forme de fuite devant leurs responsabilités ; cela ressemble à cette confiance aveugle de beaucoup de gens en l’État-nounou. Fondamentalement, il s’agit d’un refus d’assumer ses responsabilités. D’où aussi l’acceptation de toutes sortes de restrictions de libertés (c’est le pendant).
          Personnellement, je demande toujours à mon médecin de m’informer sur les tenants et aboutissants d’un traitement, d’un soin… et je veux rester le décideur ultime de tout ce qui touche à ma santé. Je sais, c’est délicat parce que certains docs peuvent ressentir cela comme de la défiance, voire dire à certains patients qu’ils refuseront de les voir désormais s’ils refusent le traitement prescrit, mais je crois au fond que sous l’angle de la liberté et de la responsabilité, c’est la meilleure approche. Qu’en pensez-vous ?

          • Mais un médecin devrait toujours demander l’avis de son malade. Mais cela prend du temps. Il faut s’asseoir, laisser le malade prendre ses détours.
            Je posais la question; Quelle est votre demande? Beaucoup de client n’ont pas réfléchi à la question; Que veulent-ils? Une grande partie des clients s’en remette à leur médecin comme à un sorcier. On est dans la magie, avec ses incantations, ses passes magnétiques (prise de TA etc..)
            Tout cela prend du temps et la médecine est sous payé, il faut multiplier les actes au détriment de la qualité.

            • Le système en France évidemment ne facilite rien, avec la fumeuse Sécu obligatoire et le non moins fumeux carcan réglementaire qu’elle impose, et je pense en particulier ici au tarif réglementé pour les consultations (25 euros de mémoire pour un généraliste), ce qui oblige les médecins à chronométrer leurs interventions, de quoi amener de la sérénité et de l’efficacité à l’acte médical, n’est-ce pas. (ironie)
              L’abolition du monopole de la Sécu – et la libération de la formation des médecins – conduirait à appliquer la loi du marché à la médecine, ce qui évidemment est impensable en France socialiste. Et pourtant, c’est la seule solution pour que le système de santé ne s’écroule pas.

          • Actuellement, le but premier d’un médecin est l’obtention du consentement. Et il ne reculera devant rien pour l’obtenir: manipulation, mensonge, argument d’autorité, paternalisme. Il y a des exceptions, mais c’est la règle.
            Je me rappelle une fois, devant un mensonge, je sors le texte de loi (imprimé d’avance…). Il me répond qu’il n’est pas à jour, je sors le sceau d’authenticité. A la fin, il m’avoue que c’est possible, mais ce n’est pas la procédure, que seul le chef peut décider.
            Un autre point est qu’ils sont imbus et naïfs: aucun médecin ne peut imaginer une seule seconde que vous pourriez en savoir plus que lui, et il est très facilement manipulable à son insu. A moins qu’il ne me prenne pour un confrère, ce qui provoque des quiproquos marrants…
            Bref, l’esprit de la médecine actuelle, ce n’est pas la liberté, c’est la normalisation et la soumission (l’internat puis le conseil de l’ordre est là pour s’en assurer). Le médecin ne fait que reproduire ce schéma de soumission sur son patient. Dont l’intérêt n’importe peu, car son revenu n’en dépend pas.

            • @titi, je travaillais en recherche clinique où l’obtention d’un consentement est obligatoire. Je peux vous assurer que certains médecins font signer les consentements de participation à une étude sans rien expliquer au patient. Un exemple récent : le patient m’indique très surpris : « mais de quelle étude vous parlez ? Le docteur m’a demandé de signer un document pour être soigné c’est tout… »
              La législation est très claire à ce sujet, faire participer un patient à une étude sans son consentement écrit, éclairé et libre est passible du pénal (3 ans de prison et 75000 euros d’amende plus radiation du CO). Personnellement, je n’ai jamais vu aucune sanction

          • @Jacques B : entièrement d’accord avec vous sur le fait que c’est le patient qui a le choix, mais certains (et de plus en plus) de praticiens hospitaliers sont « gentils » donc les patients font confiance. De plus, avec les directives sur la vaccination, j’ai vu récemment (avant que je quitte l’hosto) des médecins refuser de prendre en séance de chimiothérapie des patients non vaccinés. Cet inhumanité m’a surpris de la part de certains que je considérais comme de bons médecins. Et ce qui me fait le plus bondir, c’est de les entendre se réfugier derrière le fameux « on n’a pas le choix ». Et si justement, on a toujours le choix mais il s’agit, comme vous l’expliquez très bien, d’une fuite vis à vis de leurs responsabilités.
            Tout ceci est très triste et m’a convaincu qu’il était temps que je quitte ce milieu. Bon, je rame financièrement mais au moins, je reste fidèle à mes valeurs humaines.

            • Merci pour votre réponse, qui confirme le sentiment que j’ai depuis un moment. Il faut dire que j’ai consulté pas mal de médecins fut un temps (sans parler des futurs docs que j’ai connus étudiant) et que ma formation scientifique me donne un esprit critique dont je comprends que beaucoup de gens ne l’aient pas.

              Je crois que cette « crise » du Covid sert de révélateur s’agissant de savoir qui est qui dans le monde médical. Bravo pour votre honnêteté et votre courage, des vertus qui manquent de plus en plus, et pas seulement dans le monde médical, évidemment.

              PS : j’imagine que c’est dur de se reconvertir avec une spécialisation telle que la vôtre. Pour la petite histoire, je viens d’apprendre qu’un de mes ex-collègues, ingénieur agro (très doué dans sa partie), vient de s’installer comme… libraire, après une vingtaine d’années de carrière comme agro.

      • le patient est le mieux à même de définir ses propres besoins !

        • Un patient lucide, éclairé, et avec une formation scientifique bac+5, sans doute.

          • un solide bon sens ancré dans le réel (« paysan ») vaut parfois bien plus qu’une formation scientifique bac +5.
            Notamment celui qui dit « dans le doute, abstiens-toi (de te faire vacciner) ».

            • « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. »
              Descartes

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