Obligation vaccinale : le personnel de santé pris en otage

L’étatisation croissance du secteur de la santé et les mesures liberticides contre le personnel soignant sont des problèmes majeurs, dont l’obligation vaccinale des personnels de santé est la dernière illustration.

Par Bernard Kron.

« L’esprit de l’homme a trois clefs qui ouvrent tout : le chiffre, la lettre, la note. Savoir, penser, rêver. Tout est là. » Victor Hugo.

Obligation vaccinale des personnels de santé : quelles conséquences ?

Avec la Covid le rêve est devenu un cauchemar. La pénurie de personnels soignants et la crise de l’hôpital ont éclaté au grand jour. Elle était déjà en cours avant la pandémie. Le manque de soignants était déjà effarant. Et pire aujourd’hui, ils seraient 15 000 à être rebelles à la vaccination et écartés des soins. Certains démissionnent ou sont en arrêt maladie. D’autres partent ou choisissent l’intérim, paralysant les blocs opératoires des grands hôpitaux déjà en manque de personnels.

Le Sénat vient de rejeter la proposition de loi visant à instaurer l’obligation vaccinale pour tous par 262 voix contre 64. Alors les soignants se sentent brimés.

L’ hôpital habitué à travailler à flux tendu et à développer l’ambulatoire ne peut plus faire face à la demande avec cette pénurie de personnel.

Le budget social est pourtant considérable : plus de 750 milliards d’euros par an dont 270 milliards pour les soins. La dette sociale et hospitalière est considérable malgré ce poids financier. Le redressement sera donc difficile sans une véritable révolution. En effet la reprise de dette de la sécurité sociale par la Caisse d’amortissement de la dette sociale à hauteur de 136 milliards d’euros (CADES) n’a pas remis les compteurs à zéro car le déficit des hôpitaux et de la Sécu atteint 70 milliards.

Pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là, il faut se tourner vers le passé.

Deux formidables réformes avaient fait monter notre système de soins jusqu’à des sommets 

Il s’agit de la création de la Sécurité sociale en 1945 et la réforme hospitalière en 1958 avec la création des Centres Hospitaliers Universitaires. Malheureusement leur force contenait leur propre faiblesse. On leur en a toujours demandé plus. Soigner et rembourser tous les soins et pour tout le monde sans aucun arbitrage ni contrôle menacent de faire écrouler ce bel édifice.

À la libération : création de l’ENA, de la Sécu et de la Haute école de santé publique (HESP). Ce triumvirat toujours en place va s’emparer de tous les leviers.

En 1958, la réforme des hôpitaux (Robert Debré) est à l’origine de la création des CHU et du plein temps hospitalier.

Elle va mettre dix années à se mettre en place et 20 ans à montrer ses effets pervers car la triple mission soins-enseignement-recherche est amputée par le travail administratif et les réunions.

Le temps a passé sur ces réformes et la crise de la santé s’est installée car elles ont été viciées par une cascade de contraintes avec des lois de plus en plus liberticides pour les soignants.

L’étatisation de la santé

L’étatisation de la santé risque d’atteindre un point de non retour. Les grands capitaines d’industrie sont majoritaires à vouloir encadrer drastiquement les honoraires des médecins afin de ne pas augmenter leurs salaires et rester compétitifs. A contrario ils ne veulent pas que l’on touche à leurs avantages parfois monstrueux quand ils ne sont pas ailleurs…

Avec ses agences et ses directeurs l’État va conduire ce système suradministré vers l’abîme. Les médecins deviennent otages des administrations et des organismes de tutelle, leur carrière dépendant davantage de leur soumission que de leur prestige. 

Pour comprendre ces 50 ans de conflits et de désamour entre les médecins et les politiques je vous renvoie à mon livre Blouses Blanches colère noire dans lequel je développe des solutions afin que le système de soins retrouve un équilibre.

Quel candidat à l’élection présidentielle relèvera le redoutable défi de le sauver ?

Pour plus d’articles sur l’obligation vaccinale des personnels de santé et la gestion de la crise du COVID, vous pouvez consulter notre dossier spécial COVID-19.

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