Pourquoi la liberté scolaire est plus actuelle que jamais

Aujourd’hui plus que jamais, avoir le contrôle sur son éducation et celle de ses enfants est synonyme de liberté.

Par Pierre-Guy Veer, depuis les États-Unis.

Milton Friedman fut l’un des plus grands penseurs libéraux du XXe siècle. L’un de ses chevaux de bataille principal fut la liberté scolaire, c’est-à-dire le libre choix laissé aux parents de scolariser leurs enfants où bon leur semble en utilisant directement l’argent que l’État aurait autrement injecté dans les écoles publiques.

En d’autres termes, créer une certaine concurrence en éducation pour améliorer toutes les écoles.

Bien que je sois allé à l’école publique, j’ai pu profiter des choix scolaires. Durant mes cinq années d’enseignement secondaire, j’ai fait partie d’un programme de concentration linguistique qui m’a permis de compléter le programme régulier d’anglais en seulement trois ans. Fort heureusement, l’anglais est tellement omniprésent que je l’ai appris presque par moi-même. Sans ce programme enrichi, j’aurais sans doute décroché tellement je me serais ennuyé en classe.

Mon frère et ma sœur ont eu une chance similaire en intégrant un programme de sport-étude qui leur a permis de focaliser leur intérêt en classe puisqu’il faut maintenir une certaine moyenne pour continuer dans le programme. Malgré les moyens limités de mes parents à l’époque, nous avons ainsi pu profiter d’une éducation enrichie ; j’ai également eu des cours d’espagnol, ce qui a facilité la communication avec ma belle-famille dominicaine.

La pandémie ravive la flamme friedmanienne

Aux États-Unis, le concept de choix scolaire ne date pas d’hier. Mais avec la pandémie et une forte restriction de l’accès à l’éducation l’idée de financer les élèves et non le système est revenue avec la force d’un ouragan.

Depuis 2020, près d’une vingtaine d’États ont passé de telles lois, permettant ainsi aux parents d’inscrire leurs enfants dans une autre école, voire les éduquer eux-mêmes à la maison. Cela leur permet ainsi de contourner la toute-puissance des syndicats de l’enseignement.

En effet, plusieurs études ont démontré qu’un syndicat de l’enseignement fort pouvait faire obstacle à l’ouverture d’écoles. Étant en situation de monopole, il tient ainsi le gros bout du bâton et peut faire chanter les gouvernements pour obtenir tout ce qu’il veut et même davantage – souvent en secret. Fait intéressant : l’un de ces syndicats a rédigé les recommandations du CDC sur l’enseignement en présentiel et les masques, et pas pour y corriger les fautes d’orthographe…

Cela a des effets désastreux sur l’apprentissage et la santé des enfants, mais aussi sur certains de leurs parents ne pouvant pas travailler à la maison.

Une opposition de pacotille

Mais malgré tous ses avantages, le choix scolaire apporte évidemment son lot d’oppositions qui a généralement la solidité de tigres de papier.

« Tu veux que les enfants se fassent endoctriner et entendent que la théorie de l’évolution est fausse ! » argumenteront certains, qui refusent que l’argent « public » permettent de scolariser des enfants dans des écoles confessionnelles. Je ne nie pas cette possibilité, mais en quoi est-ce différent de l’endoctrinement de l’école publique qui affirme que Franklin Roosevelt a « sauvé » l’économie durant la grande dépression ? Ou que la couleur de la peau détermine si l’on est du côté de l’oppresseur ou de l’opprimé ?

« Tu es raciste ! » Non, ce n’est pas une mauvaise blague du Gorafi. Afin de dénigrer les personnes osant s’éloigner du droit chemin de l’éducation publique, on a dépeint les artisans du choix scolaire comme étant des racistes.

Pourtant, les minorités ethniques – particulièrement les Noirs – sont celles qui profitent le plus du choix scolaire. Elles peuvent ainsi éviter les écoles publiques pour s’orienter par exemple vers des écoles dites à charte – financées par les taxes et impôts mais administrées par des intérêts privés. Comme elles ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête – elles mettent la clé sous la porte si trop d’élèves échouent – elles ont tout intérêt à ce que la réussite soit une priorité… contrairement aux écoles publiques.

Mais comme ces écoles, souvent libérées du joug syndical, sont une menace, elles rencontrent énormément d’obstacles. En fait, quand leur ouverture est refusée, on ne tait même pas qu’elles nuisent aux pachas syndicaux.

Bref, plus que jamais, les humains doivent être libres de choisir ce qu’ils considèrent comme étant le mieux pour eux et leurs enfants. Sur le long terme, cela pourrait même améliorer l’école publique, surtout si elle perd trop d’élèves.

C’est une leçon à apprendre pour la France. Depuis la séparation de l’État et l’Église, il semble que le premier soit devenu une religion républicaine. Ainsi, il faut implorer à genoux pour surseoir à cette « éducation » qui commence presque au berceau.

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