La France, cette grande (im)puissance

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Et si le peu de liberté vous était accordée uniquement parce que les moyens de vérification manquent ? Chaque fois que l’État vous donne la main c’est parce qu’il est incapable de faire appliquer la règle qu’il a créée.

Par Christophe Didier.

Vous pensiez vivre dans un pays socialiste adepte des règlementations tatillonnes et vexatoires à chaque instant de votre vie ?

Un pays dans lequel le citoyen qui avait pris l’habitude de vivre libre devra échanger cette liberté contre la fraternité ?

Un pays dans lequel l’État ne peut supporter un espace dans lequel les citoyens organiseraient eux-mêmes leur vie sans faire appel à un Préfet, une organisation, une communauté de commune ou d’agglomération, un organisme certificateur et/ou contrôleur, des délégués de je-ne-sais-quoi ou des référents d’un truc ou d’un autre.

Tout cela accompagné d’une taxe. Et si ce n’est pas une taxe (intérieure, spéciale, annuelle, additionnelle, régionale ou générale) ce sera une contribution, un impôt, un versement, une cotisation, une participation, une redevance, un forfait, un droit, une fraction, un prélèvement, un péage, une mutation, un malus, une cotisation ou une retenue.

Pourtant, le libéral moyen me semble avoir une vision déformée de la réalité. La France n’est pas cet enfer socialiste que son biais de confirmation lui impose.

Exemples

La France décrète un confinement général mais laisse le soin au citoyen de signer son attestation de sortie. Confiance et liberté.

Le pass sanitaire devient obligatoire pour accéder à certains commerces mais le soin est laissé à chaque lieu de gérer la situation. Confiance et liberté.

L’État subventionne votre vélo pour votre trajet domicile travail mais la déclaration se fera sans justificatif ni preuve. Confiance et liberté.

Vous suivez une formation et vous devez certifier sur l’honneur que la prestation à bien été réalisée. Confiance et liberté.

Vous décidez de devenir auto-entrepreneur, vous devez déclarer sur un site votre chiffre d’affaires mensuel. Confiance et liberté.

Vous ne vous entendez plus avec votre patron : rupture conventionnelle. Confiance et liberté.

On aurait pu imaginer que l’administration prendrait en charge la gestion des contaminés du covid avec isolement des malades, réquisition des hôtels et casernes, contrôle permanent des quarantaines et gestion millimétrée. Raté. L’État français n’a jamais été capable de mener la guerre qu’il avait lui-même déclarée. À défaut, un bon vieux contrat de confiance entre les Français et eux-mêmes fera l’affaire.

Finalement, pour un pays réputé procédurier, vous avez quand même souvent le choix de décider par vous-mêmes.

Ou alors la raison, comme la vérité, est ailleurs… Et si cette liberté vous était accordée uniquement parce que les moyens de vérification manquent ? Contrôler ces multiples règlements et lois est devenu virtuellement impossible à moins d’y consacrer la moitié du PIB.

D’ailleurs, combien de chartes, engagements et autres guides de bonnes pratiques ont été signés ces dernières années par un ministre ou un autre ? Dans l’agriculture, le commerce ou les relations sociales, à chaque problème sont regroupés, d’un côté, les acteurs de la situation pour signer le bout de papier, de l’autre, les journalistes et les communicants pour fabriquer une belle image.

Chaque fois que l’État vous donne la main c’est parce qu’il est incapable de faire appliquer la règle qu’il a créée, soit parce que les moyens financiers ou humains manquent, soit parce qu’il ne souhaite pas s’en occuper.

Pourquoi donc ne pas prendre acte du fait que diriger et contrôler une population est devenu impossible ? Pourquoi ne pas abandonner à la population la gestion de son quotidien et déclarer que finalement, seul le libéralisme peut assurer à l’État un mode d’organisation soutenable ?

Parce qu’une nouvelle variable vient d’intégrer l’équation, à savoir l’informatique. Toute la mission de contrôle de l’État va être organisée grâce aux algorithmes capables par exemple de faire le travail d’un excellent inspecteur des impôts ; ou avec l’intelligence artificielle qui va extraire les données vraiment utiles en anticipant sur les comportements.

Vous souvenez-vous de la préhistoire du contrôle électronique ? Les Bonnets rouges en guerre contre l’écotaxe ? Vous n’auriez pas imaginé retrouver un système analogue dans vos smartphones. Pourtant le pass sanitaire est bien le premier essai d’un système intégré et permanent de contrôle/péage. Essai déjà en cours en Chine.

Nous sommes donc face à un choix

Laisser l’État poursuivre sa quête permanente d’une société sous contrôle qui ne dit pas son nom car il continuera à se prétendre favorable aux libertés pour ne pas effrayer le centre.

Ou nous pouvons proposer une alternative qui pour le moment n’apparaît pas dans les embryons de programmes déjà disponibles. Quel candidat actuel aura la légitimité pour se présenter comme libéral ?

Je lis le désespoir dans votre regard car vous êtes en ce moment même en train de faire une rapide revue des effectifs et vous avez envie de pleurer.

Une alternative dans laquelle les citoyens seraient traités en adultes responsables et pour ceux qui n’en seraient pas encore là, proposerait une information claire et exhaustive destinée à l’éducation et à la connaissance. Si nous n’avons pas cette alternative, nous aurons l’autre, quel que soit le candidat.

Il suffit de compter combien se sont élevés dès le début contre le pass sanitaire. Ceux qui s’y sont rattachés après le début des manifestations ne sont pas crédibles.

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