La France, pays des formulaires, des taxes et des amendes

tampons administration bureaucratie credits frederic bisson (licence creative commons) — frederic bisson, CC-BY

La France est championne toutes catégories de prélèvements obligatoires, de dépenses publiques et de… formulaires !

Par Francis Richard.

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Qui ne connaît cette réplique de Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs de Georges Lautner ?

De même on peut dire : « Les étatistes providentiels ça ose tous les formulaires, c’est même à ça qu’on les reconnaît ».

Une autre réplique de Lino précède celle sur les cons : « Il y en a qui gaspillent, il y en a d’autres qui collectent ».

De même on peut dire : « Il y a des étatistes providentiels qui gaspillent, il y en a d’autres qui collectent… des taxes et des amendes ».

L’exemple de la France, championne toutes catégories des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, est éloquent.

Les attestations de déplacement dérogatoire

Au début de la période de con-finement, les habitants de ce beau pays, s’ils voulaient faire un pas hors de chez eux devait s’auto-délivrer une attestation.

Comme ça ne suffisait peut-être pas à la collecte d’amendes ou à la brimade des habitants, une deuxième version restreignait encore leur liberté de circuler : une heure, un kilomètre pour ceux qui avaient osé remplir la case activité sportive.

Les amendes ont alors pu con-tinuer à pleuvoir et le résultat officiel est là : 1,1 million de procès-verbaux (sur 20,7 millions de con-trôles) ont été dressés pendant la période du con-finement, une sacrée collecte et une sacrée mise au pas des Français.

Et je ne parle pas des attestations de déplacement dérogatoire international, beaucoup plus restrictives.

Attestations, formulaires, qui n’en finissent plus…

Vous avez aimé les deux premières attestations de déplacement dérogatoire pondues pour le con-finement, vous aimerez celles pondues pour décon-finer.

Maintenant il s’agit de ne pas se déplacer sans une autre attestation si vous voulez aller au-delà d’un rayon de 100 km à vol d’oiseau autour de votre domicile. Il paraît que c’est facile à calculer, mais, même si vous êtes à l’intérieur du cercle, vous avez intérêt à vous munir d’un justificatif de domicile.

Pour les attestations pendant le con-finement, il était déjà nécessaire d’avoir chez soi un ordi et une imprimante ou avec soi un smartphone, maintenant c’est encore plus vrai, car il faut utiliser un lien tel que celui-ci : https://carte-sortie-confinement.fr/index.p pour connaître votre rayon.

Si vous devez prendre les transports publics en région parisienne, vous devez avoir aux heures de pointe une attestation de votre employeur, même si vous êtes votre propre employeur.

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué…

En France, des formulaires en tous genres

Si vous n’êtes pas Français, vous n’avez pas le bonheur de connaître ce qui se cache derrière l’acronyme Cerfa : Centre d’enregistrement et de révision des formulaires administratifs. C’est ce centre qui pond tous les formulaires administratifs français, et ils sont très nombreux.

Il y a ainsi :

704 formulaires et services en ligne pour les particuliers (c.f. le lien au site https://www.service-public.fr/particuliers/) ;

269 pour les entreprises (c.f. le lien au site https://www.service-public.fr/professionnels/) ;

– et 45 pour les associations (c.f. le lien au site https://www.service-public.fr/associations/).

Ce centre a, entre autres, pour mission les simplifications administratives

Quoi qu’il en coûte ?

Toute cette bureaucratie a un coût et de passer des versions papier aux versions numériques n’y change rien.

Mais qu’importe, puisque finalement l’État paiera… Sauf que l’État n’existerait pas s’il n’y avait pas de contribuables, qui, en principe, sont censés consentir aux impôts et taxes, pour colmater cette gabegie parmi tant d’autres.

Que fait l’État quand il n’a plus un sou ? Il n’a que trois remèdes à disposition :

  • emprunter ;
  • augmenter les taxes et impôts ;
  • faire de la fausse monnaie.

Or la crise du Covid-19, qui a démontré l’inertie de l’État-providence, due à l’impéritie et à l’imprévoyance inévitables de ceux qui le dirigent, va se traduire par une crise économique bien plus sévère que cette crise sanitaire : elle provoquera encore plus de ruines et de misères.

Les trois remèdes, même conjugués, ne suffiront pas : l’État-providence est foutu

Sur le web

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.