Union européenne : des mesures absurdes contre l’urgence climatique

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Dans son dernier livre « La religion écologiste », Christian Gérondeau montre clairement l’absurdité des mesures anti-réchauffement préconisées par le GIEC et reprises consciencieusement par la Commission européenne cornaquée par madame von der Leyen.

Par Pierre Allemand.

Il s’agit bien d’absurdité.

Et si les mots ont un sens pour vous, je vous conseille de vous référer au Petit Robert. Selon cet ouvrage de référence, absurdité signifie :

  • contraire à la raison, au sens commun,
  • qui viole les règles de la logique,
  • dont l’existence ne paraît justifiée par aucune fin dernière.

Vous allez voir dans les lignes qui suivent que le mot qualifie assez bien ce qui est en train de se passer en Europe.

Les mesures en question ont pour objectif de réduire progressivement les émissions de CO2 jusqu’en 2050 afin qu’elles soient nulles en 2050 ; émissions entièrement compensées par l’absorption via les puits de carbone naturels.

Les puits de carbone naturels sont constitués d’une part par la mer et d’autre part par la végétation qui se nourrit grâce au CO2 présent dans l’atmosphère. Pour le calcul qui va suivre, on considérera que ce puits naturel absorbe la moitié des émissions dites anthropiques de CO2, ce qui est conforme aux observations actuelles. En effet, si l’on en croit les références du GIEC, on ne retrouve en augmentation dans l’atmosphère qu’environ la moitié du CO2 anthropique émis.

Le flux et le stock

Christian Gérondeau a inscrit à juste titre sa démonstration dans un chapitre intitulé « Le flux et le stock » car il semble bien qu’aveuglé par son obsession de réduction des émissions de carbone le GIEC n’a tout simplement pas remarqué que ce qui provoquait – d’après la doxa en vigueur – le réchauffement observé actuellement, c’était la totalité du CO2 présent dans l’atmosphère (le stock) et non pas seulement la quantité de CO2 émise annuellement par les humains (le flux).

Bien sûr, ce dernier influe sur le premier, mais il est fondamental d’observer dans quelles proportions il le fait, ce qui, apparemment, a été totalement oublié par le GIEC. Et on entend pourtant que cette Organisation des Nations Unies est un organisme scientifique !

Examinons quelques chiffres.

  • La quantité de CO2 présente dans l’atmosphère est évaluée à 3258 gigatonnes, soit 3, 258.10 exposant 12 tonnes.
  • La quantité de CO2 émise par le monde en 2019 a été de 32 224 millions de tonnes (3,222. 10 exposant 10 tonnes), soit environ le centième de la quantité présente dans l’atmosphère.
  • Si on atteint zéro émission en 2050 la quantité de CO2 émise de 2021 à 2050 (30 ans) sera de : 3,222.10 exposant 10 * 30/2 = 4,833.10 exposant 11 tonnes.

C’est ici qu’interviennent maintenant les importants concepts de flux et de stock.

En effet, en tenant compte de l’absorption par les puits de carbone, l’augmentation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère (flux) sera donc de 4,833.1011/2 = 2,421.1011 tonnes, soit environ 7 % de la masse totale de CO2 (stock) dans l’atmosphère, en 30 ans. Remarquons que cette variation de stock correspond à une variation du taux atmosphérique de CO2 de seulement 30,8 ppm à comparer à la valeur que tout le monde connait de 415 ppm environ qui est la teneur actuelle en CO2 de l’atmosphère terrestre.

Ici, une remarque s’impose : si tout le cinéma préconisé par le GIEC et transposé par la Commission européenne puis la législation française (loi climat, taxe carbone destruction programmée de l’industrie automobile et tutti quanti…) n’aboutit qu’à une réduction de 30 petites ppm du taux atmosphérique de CO2, on peut pressentir que les effets de tout ce patacaisse climatique n’auront sur les températures qu’une influence minime. La suite du raisonnement va vous montrer que cette intuition n’est pas démentie par le calcul.

Un calcul simple à partir des données du GIEC

Pour ce calcul, on admettra avec le GIEC que la relation entre la variation du taux de CO2 atmosphérique et la variation de température induite est de nature logarithmique. Il y a d’ailleurs certaines justifications théoriques à cette relation.

En d’autres termes, le lien entre la variation de température (t1 = température initiale et t2 = température après augmentation) et la variation de la concentration atmosphérique en CO2 (C1 (ppm) = concentration initiale et C2 (ppm) = concentration finale) peut s’écrire :

t2 – t1 = A . log(C2/C1)         (1)

Dans le cas d’un doublement de la concentration en CO2, la variation de température est, par définition, ce qu’on a appelé la sensibilité climatique. Selon  le GIEC, cette grandeur serait comprise entre 1,5 et 4,5 degrés, et plus précisément de 3 degrés  selon certains auteurs, mais sans garantie…

Cette dernière valeur nous permet de déterminer le facteur A qui ne dépend que du type de logarithme choisi. En effet, on peut écrire, pour un doublement de la concentration en CO2, et à partir de l’équation (1) :

C2/C1 = 2, et t2 – t1 = 3

et donc avec des logarithmes décimaux :        :

3 = A.log10(2) et A=3/log(2) = 9,97

L’équation (1) devient alors :

t2 – t1 = 9,97.log10(C2/C1)                          (2)

À ce stade, on peut remarquer que le rapport des concentrations est égal au rapport des quantités totales de CO2 présentes dans l’atmosphère, et on peut donc remplacer le rapport des concentrations par le rapport des quantités :

t2 – t1 =9,97.log10((3,258.1012+2,421.1011)/ 3,258.1012)     (3)

Et ce calcul nous donne :

t2 – t1 = 0,310 degré (pour une sensibilité climatique de 3 degrés)

Détaillons-le, parce que ce résultat est vraiment incroyable :

Si le monde entier suivait les recommandations du GIEC et acceptait de cesser complètement les émissions de CO2 en 2050, on pourrait espérer un abaissement moyen des températures de surface terrestre de SEULEMENT 0,31 degré. 

Urgence climatique : ce que propose madame von der Layen

Quelles sont les conséquences des décisions de la Commission européenne ?

Les voitures à essence : premières victimes

Alors que l’observation du réel montre que les voitures électriques restent beaucoup plus chères que leurs sœurs à essence, qu’elles restent et resteront lentes à la recharge et que le kilométrage garanti par une charge est et sera toujours nettement plus faible que celui d’un plein, madame von der Leyen s’obstine, en bonne allemande, au grand remplacement des voitures à combustion interne par des voitures électriques. Évidemment, elle ne souffrira pas, elle, du changement.

Les taxes arrivent en escadrilles serrées  

Sur les carburants pour le fret maritime et aérien, sur le fuel domestique, sur les importations de certains produits, dans les secteurs de l’acier, de l’aluminium, du ciment, des engrais, ou de l’électricité. Cela fera monter mécaniquement le coût de la vie.

Encore plus d’éoliennes et de panneaux solaires

Avec l’augmentation du prix de l’électricité afférent (voir le Danemark et l’Allemagne), et les risques de black-out (plus de courant au beau milieu de l’hiver). Encore une occasion d’augmenter le coût de la vie.

Ce « grand bond en avant » concocté par une écologiste passionnée et pas spécialement appréciée dans son propre pays va réduire le pouvoir d’achat des citoyens européens de 10 à 15 % selon les experts.

Et tout ça pour une réduction de l’augmentation des températures de 0,31 degré si le monde entier le faisait, mais plus probablement nettement moins si on est quelque peu réaliste sur les réductions réelles des émissions dans le monde. En effet, les prévisions ne correspondent pas du tout aux espérances de madame von der Layen.

Urgence climatique : voyons donc ce qu’en pensent les experts

Les émissions mondiales de CO2 Vues par la EIA1.

La EIA édite annuellement ou bisannuellement un EIO (Energy Information Outlook) qui est un résumé de données sur l’énergie dans le monde.

Le graphique ci-dessous est tiré du dernier EIO publié, (2019).

Ce graphique nous montre que les prévisions d’émissions de CO2 ne sont pas, mais alors pas du tout conformes aux recommandations du GIEC. Les pays de l’OCDE montrent une très légère décroissance des émissions entre 2019 et 2050 (-0,2 % par an). Les pays de l’OCDE comprennent les États-Unis, tous les pays européens, le Japon, la Turquie, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, Israël, la Colombie et le Mexique. En gros, ceux qu’on nomme les pays de l’Ouest.

Les pays non OCDE comprennent entre autres la Chine, l’Inde, la Russie, les pays d’Afrique, et les autres pays d’Asie. Il est prévu pour eux un développement des émissions de CO2 de 1 % par an. Ces prévisions apparaissent cependant relativement optimistes, et le développement récent de la Chine devrait inciter à plus de réalisme. Les émissions de CO2 ont toujours été consécutives au développement des pays, et il y a peu de raisons de penser que ce chemin ne sera pas suivi par les nouveaux pays en développement, même si madame von der Leyen souhaiterait le contraire…

Tout ça pour ça.

Si on calcule maintenant selon la formule logarithmique énoncée plus haut, l’effet des mesures climatiques proposées à l’Europe par madame von der Leyen, on arrive au chiffre de réduction des températures suivant :

-0,031 degré Celsius

Oui, vous avez bien lu, il s’agit de 3 centièmes de degré Celsius, à mettre en face des mesures drastiques que la Loi climat actuellement en discussion à l’Assemblée nationale va détailler, et vous avez plus haut tous les éléments pour recalculer vous-même ce chiffre.

On peut prévoir que les Français vont réagir à cette comparaison, et comme le prévoit Samuele Furfari, ce ne sera pas seulement les gilets qui seront jaunes, mais plus sûrement toute la garde-robe…

Mais puisqu’on cite des chiffres, en voici encore quelques-uns que vous pouvez vérifier ici.

Remarquons que les émissions annuelles moyennes de chaque Français (4,56 t/an) se situent largement en-dessous de celles de chaque Chinois (6,68 t/an) mais aussi très en-dessous de celles des Allemands (8,7 t/an) et naturellement très largement en-dessous de celles des Américains (14,61 t/an). Les Français doivent cette performance à ceux qui ont doté la France des équipements producteurs d’énergie adéquats que sont les centrales nucléaires, qui comme certains l’ignorent ne produisent pas de CO2, et qui, entre autres avantages, occupent le moins de place par kWh produit.

Il est possible que les temps prochains soient chauds en France et particulièrement sur les ronds-points, si l’Assemblée nationale suit la voie indiquée par madame von der Layen.

Heureusement, les élections présidentielles arrivent, et il est plus que probable que la raison revienne subitement aux députés…

  1. IEA : US Energy Information Administration (Organisation US pour l’information sur l’Energie)
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