Une méconnaissance du libéralisme en France

La confusion qui s’est installée entre le libéralisme classique et le liberalism au sens américain du terme est réelle.

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Une méconnaissance du libéralisme en France

Publié le 9 juillet 2021
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Par Alexandre Massaux.
Un article de l’Iref-Europe

En novembre 2020 est paru, pour L’Opinion et la Fondation Concorde, un sondage IFOP sur la popularité d’un certain nombre de valeurs, dont le libéralisme, auprès des Français.

Les résultats sont étonnants : ils montrent une confusion générale sur le libéralisme et une perception négative, souvent illogique, de certains éléments majeurs liés à cette philosophie, entretenue à bien des égards par les faiseurs d’opinions. Une tendance d’autant plus inquiétante que le pays traverse une crise profonde qui va être récupérée par les étatistes de tous bords.

Des paradoxes dans la perception par la population française

Selon le sondage, 55 % des Français disent aimer le libéralisme et 56 % l’économie de marché. Pourtant, seulement 28 % approuvent le capitalisme, 34 % la mondialisation et 35 % les privatisations. S’il est possible d’avoir du capitalisme sans libéralisme, par exemple du capitalisme de connivence comme en Russie ou un capitalisme contrôlé comme en Chine, le libéralisme ne peut pas exister sans le système capitaliste.

Des valeurs comme l’initiative (92 %) et le mérite (91 %) sont plébiscitées, tout comme l’entreprise (83 %) et l’auto-entreprenariat (79%), mais les services publics le sont aussi avec 74%. Si ce dernier point peut être interprété comme un soutien aux fonctions régaliennes de l’État qui font partie d’un pays libéral, la vision de l’État par la population française est là aussi paradoxale.

L’État évoque quelque chose de positif pour 58 % des Français, soit un peu plus que le libéralisme, mais l’État-providence est globalement rejeté avec uniquement 36 % de la population jugeant cette valeur positive. Pourtant, 50 % des Français voudraient que l’État intervienne davantage dans l’économie et 32 % souhaitent que le niveau d’interventionnisme actuel se maintienne.

Un résultat incohérent compte tenu que le système actuel français est déjà cet État-providence qu’ils rejettent, comme en témoigne le taux des prélèvements obligatoires dans le PIB, le plus élevé de l’OCDE.

Une vision plus proche du libéralisme américain que du libéralisme classique

On peut en partie expliquer ces résultats, en apparence paradoxaux, par la confusion qui s’est installée entre le libéralisme classique et le liberalism au sens américain du terme.

Comme le rappelait Alain Laurent dans son livre paru en 2006 Le libéralisme americain : Histoire d’un détournement, le liberalism s’est écarté du sens originel pour se rapprocher des idées socialistes, devenant un synonyme de social-démocratie.

Le liberalism se montre plus que sceptique envers la suprématie de l’individu, préférant une démarche plus collectiviste. Cela se traduit par un interventionnisme et un poids étatique dans la sphère économique et sociale qui peuvent se révéler extrêmement importants ; le New Deal du président Franklin Roosevelt avait augmenté l’impôt sur le revenu jusqu’à un taux de 75 % pour les personnes gagnant plus de 500 000 dollars.

Ce liberalism s’oppose donc au libéralisme classique que l’on peut qualifier d’authentique, qui, lui, prône la propriété privée, une intervention limitée de l’État, le libre choix du consommateur sur un marché concurrentiel, et une fiscalité réduite.

Le problème, en France comme dans un nombre croissant de pays occidentaux, est que seul le liberalism est jugé acceptable médiatiquement, le second étant honni, qualifié d’ultra-libéralisme ou de néolibéralisme.

Ironiquement cette dernière expression est apparue lors du colloque de Lippmann en 1938 pour désigner un libéralisme hostile au laissez-faire : le néolibéralisme est ainsi, dans son sens véritable, un synonyme du libéralism américain, à l’opposé donc de la signification méprisante qui lui est couramment donnée aujourd’hui. C’est ainsi que Macron a pu être considéré comme un libéral, alors qu’il est surtout social-démocrate.

Des faiseurs d’opinion hostiles au libéralisme ?

Cette situation n’est pas le fruit du hasard : elle résulte de l’hostilité à certains aspects du libéralisme qu’affiche une majorité de faiseurs d’opinion, personnes privées ou professionnels qui influencent le grand public.

Or, comme le démontre l’étude Que pensent les penseurs ? Les opinions des universitaires et scientifiques français d’Abel François et Raul Magni-Berton (2015), l’économie de marché est considérée de manière négative par la majorité des universitaires : 57 % considèrent que la concurrence est source de problèmes plus que de bienfaits (page 57).

De plus, si 96 % d’entre eux considèrent que la libre circulation des personnes est une bonne chose, seulement 53 % sont favorables à celle des capitaux (page 86). Enfin, du côté des médias, l’ancrage socialiste des rédactions de la presse française a été mis en avant par une étude Harris : en 2012, ils auraient été 74 % à voter pour François Hollande au second tour.

Dès lors, les laboratoires d’idées et les partisans du libéralisme classique ont plus que jamais un rôle à jouer afin de promouvoir un libéralisme authentique et montrer ses bienfaits, tout en se battant contre l’usurpation du terme et la destruction des valeurs fondamentales qu’il recouvre.

Sur le web

Un article paru initialement le 16 décembre 2020

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  • Je rappelle ce qu’est le libéralisme : une philosophie politique qui autorise qu’un couple gay défende le champ de cannabis dont l’exploitation lui sert de revenu avec des armes !
    Ainsi le libéralisme à l’américaine, décrit ici comme un libéralisme sociétal, et le libéralisme dit classique, à savoir le libéralisme économique, sont les deux faces d’une même pièce.
    Les opposer, en sous-entendant que seul l’un des deux en mérite le qualificatif ne prouve qu’une chose : qu’on n’a rien compris à la véritable nature du libéralisme…

    • Pas du tout. Le libéralisme classique, c’est « tous les hommes sont libres et égaux en droits », ou « aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres » (Diderot), principe qui, appliqué à l’Etat, donne : « N’attendre de l’Etat que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième ». (Bastiat)
      Le libéralisme économique, c’est l’application de ces principes au domaine économique.
      Mais oui, ça autorise un couple gay à défendre son champ de cannabis avec des armes. Qui aurait le droit de les attaquer et pourquoi ?
      .

    • à lapurée : le « liberalism » américain, c’est simplement le socialisme démocratique, cad la social démocratie, rien à voir avec le libéralisme …

    • @ Lapurée : le « libéralism » américain, c’est la socialisme démocratique, cad la social démocratie, rien à voir avec le libéralisme. manifestement, vous n’avez pas compris la véritable nature du libéralisme … (il suffit pourtant d’ouvrir un dictionnaire)

  • A noter que dans ce sondage, 48% des personnes interrogées aiment les nationalisations, 43% le socialisme, 39% la droite et… 36% la gauche.

    • quelle différence à part sociétales entre les socialistes de gauche et les socialistes de droite ? le premier président socialiste de France est mort récemment, Fiscard …

  • Bon je vais rajouter moi aussi mon petit grain de sel à moins qu’il ne s’agisse d’un grain de sable. C’est confus mais les deux sont possibles ! Car en parlant de confusion, celle entre liberalism et libéralisme ne serait-ce pas en réalité un « en même temps » pour la plupart des personnes, qui entre parenthèses se moquent des définitions théoriques dans leurs actes (les paroles les paroles..).
    Ce « en même temps » dans sa pratique mouvante dépend de la conjoncture, de l’infrastructure étatique et politique, de l’histoire nationale et de mouvements de fond universels [qui conduit vers plus d’Etat (mondialisation, fabrique de nations ??)].

    Ensuite à chacun de défendre ses valeurs dans ce patchwork.

    • @indivisible, oh le beau relativisme typiquement gauchiste !!!

      • Pardon mais je ne sais pas ce que ça veut dire..

        • plus exactement gauche et droite ne recouvre pas bien et mal ou juste ou injuste..

          • donc…la qualification de gauchisme n’aide à rein d’autre que..la qualification gauchiste.

            je suis d’accord avec zemmour sur la liberté d’expression et il m’est arrivé d’etre d’accord avec melenchon même si je suis incapable deme souvenir sur quoi.

            • @lemiere : mais bien sûr, le gauchisme, ça ne veut rien dire, les mots n’ont plus de sens, c’est le relativisme …

              • non ça ne signifie pas que a ne veut rien dire , la définition en est arbitraire et e recouvre rien d’autre que le mot gauchisme…qui a VARIE, il en va autrement du collectivisme d’étatisme.. qui font sens.. état collectif..ok je vois…droite et gauche???

                vous n’avez pas moyen de situer un truc inédit dans un cadre gauchiste, ça n’est jamais prévu, le gauchisme se l’approprie..ou le rejette. Le gauchisme peut être contre les slips kangourou..

                de savoir qu’ un truc est gauchiste ne me permet pas de dire si c’est bien ou mal..

                de savoir qu’un truc est collectiviste ou étatiste me permet de le situer..

                mais je vois en gros qui sont les gauchistes…et je me fais une idée du gauchisme..

                relativiser n’est pas le relativisme.. et le relativisme de gauche n’ets pas ce qu’on pourrait appeler un « relativisme » mais une relativisme orienté…

        • le « liberalism » et le liberalisme, n’est ce pas la même chose en fonction de ce que pense les gens, la conjoncture, l’infrastructure étatique et politique, en fonction de l’histoire nationale, etc etc etc … ça c’est du relativisme : la liberté, c’est l’esclavage, la paix c’est la guerre, ainsi de suite. « quand les mots perdent leur sens, les hommes perdent leur liberté » Confucius. Le relativisme, c’est dire que rien n’est arrêté, qu’une définition varie, que rien n’est sûr, et c’est typiquement le système de pensée des gauchistes.

        • Indivisible, je suis amplement d’accord avec vous (et en désaccord avec Stephane12) : les définitions strictes qu’affectionnent les doctrinaires ne servent qu’à exclure l’un ou l’autre déviant. Le libéralisme n’étant pas « strict » car fondé sur l’individu avant toute chose est nécessairement pragmatique (ce que Stéphane12 appelle improprement relativisme) : on peut être libéral de coeur, d’esprit et d’action dans toute société libre, dépendant de nos buts individuels et des possibilités bien sûr.

          • @Abdel Egel : mais bien sûr, le respect des droits fondamentaux de l’individu, ce n’est pas forcément strict, on peux déroger de temps en temps, soyons pragmatique (cela, ce n’est plus du libéralisme, c’est de l’utilitarisme), alors on va limiter les droits de certaines personnes, et ainsi de suite, tout cela c’est une société libre, mais bien sûr …

  • le libéralisme est peut être méconnu.. mais la notion de justice est comprise par tous…

    Respecter la liberté d’autrui demande surtout un effort..ne pas abuser du pouvoir dont on dispose demande un effort , Il faut resister à un interet immédiat et précis gagner sur la durée et sur le sens..
    Ce n’est pas l’ignorance ou la méconnaissance du libéralisme qui fait que les gens sont prêts à bafouer et la liberté d’expression ou la propriété individuelle, c’est le choix de l’interet à court et moyen terme.
    la conjonction de la

  • Le libéralisme, c’est l’ordre spontané.
    Si la gauche et la droite sont sur une ligne, le libéralisme est en dehors de cette ligne.
    Le libéralisme est une doctrine du droit dans laquelle le droit s’impose à tous, à commencer par le gouvernement. C’st l’oopsé du sytème français où c’est le gouvernement qui fait le droit et le modifie sans cesse en fonction de ses humeurs ou volonté plus ou moins dictatoriales.

    • @ Gerald555 : attention : le libéralisme est une doctrine du droit NATUREL. Le droit positif, ce n’est pas le libéralisme. Le droit naturel s’impose à tous car il est issu de notre nature et qu’il est Juste.

      • Les droits dits naturels ne sont rien sans le droit positif qui les consacre, les protège et les garantit.
        Vos droits dits naturels ne sont pas culturellement universels donc non naturels. Certes, ceux que nous, occidentaux, considérons comme naturels sont en effet fort souhaitables et il est difficile de justifier (mais faut-il le justifier) qu’ils ne soient pas Justes.

        • @Abdel : vous n’avez pas compris ce que c’est que les droits naturels et le droit positif. Les droits naturels ne seraient pas universels mais seulement occidentaux ou « culturels » ??? ? relativisme classique de ceux qui justifient les atteintes aux droits des femmes par l’Islam ou alors les castes sociales en Inde. Faudrait quand même nous expliquer en quoi la Nature Humaine est spécifique aux occidentaux ou alors « culturelle ». Les autres êtres humains ne seraient-ils donc pas des êtres humains ???

          • J’ai compris parfaitement mais par contre vous n’avez pas compris mon commentaire.
            Les droits dits naturels ne sont pas uniquement occidentaux, mais ils fluctuent selon les époques et les sociétés : le citoyen romain avait le droit naturel de posséder un esclave, Grand-papa Sapiens avait le droit naturel de mettre sa massue dans la figure de celui qui ne ramenait pas son kilo de viande pour le clan.. Et de nos jours aussi, les droits dits naturels sont aussi vus différemment selon les cultures et même à l’intérieur des cultures : quid de l’avortement en cas de danger pour la mère ? Le droit dit naturel se retrouve bien en peine face à cela car il n’est pas nuance, il est grande ligne. Et qui le complète (en le complétant, il le limite et le valide) ? Le droit positif. Quid de la peine de mort (dont beaucoup ici sont friands) ? Perso je suis farouche opposant à la peine de mort. Et vous ?
            Le relativisme qui vous fait hérisser les poils ne justifie pas les atteintes aux droits des femmes ou système de caste ! Il les explique ! C’est pas pareil. Mais si je peux condamner moralement, tenter de faire changer les choses par le dialogue, je n’ai pas à commettre de violences pour changer cela par la force à moins de violer le droit naturel d’une société à définir ses droits dits naturels.

            • @ Abdel : ben non.

              A vous lire, vous n’avez clairement pas compris ce que c’est que les droits naturels, et le droit positif.
              Les droits naturels de l’individu sont lié à sa nature humaine qui le différencie d’un animal, à savoir le libre arbitre et sa capacité à raisonner.
              Donc votre argument comme quoi ils sont culturels : game over.

              De cette nature découle les droits fondamentaux des individus que vous pouvez trouver dans la déclaration de 1789.

              Le droit positif, c’est la conception du droit qui dit que la loi est juste parce que c’est la loi, et non parce que la loi promulgué doit l’être sur des bases justes en elles même.

              Le droit positif s’oppose donc fondamentalement aux droits naturels, et ne peux les consacrer.

              Enfin, sur vos interrogations sur l’application des droits naturels à l’avortement, la peine de mort etc, mieux vaux lire directement Murray Rothbard dans « l’ethique de la Liberté ».

              • Ayant clairement compris la différence entre droits dits naturels et droit positif, on tourne un peu en rond…
                Si vous différenciez l’homme et l’animal par le libre arbitre et la capacité à raisonner, c’est déjà que vous faites fameusement fausse route vu que les animaux ont également un libre arbitre et une capacité de raisonner. Le poulpe qui ouvre un bocal, le singe qui construit un outil ou le corbeau qui utilise une brindille pour attraper des insectes vous saluent. Le chat qui viendra se faire caresser à son bon vouloir également. (game over… lol)
                Si ces droits dits naturels n’étaient pas inscrits dans le DDH de 1789, ils n’auraient pas l’autorité morale que vous leur conférez.
                Soit dit en passant, un autre article en cours parle religion : posons un instant une société/culture dont chaque individu est persuadé de n’être sur terre que par la volonté de Dieu dans le but de le servir etc etc et que Dieu a créé l’homme au sens pur créationisme : son droit dit naturel à la vie n’existe pas ex nihilo ni ne dépend de lui, mais de Dieu. Il n’a donc naturellement aucun droit sur lui-même. Est-ce bien ? mal ? Eh bien je n’approuve pas, je peux en discuter avec lui, mais pas le forcer à changer.
                Le droit positif ne s’oppose absolument pas aux droits dits naturels : ils en sont (normalement) le prolongement, la garantie et la protection : comme vous le dites vous-même en citant la DDH de 1789.
                Vous ne répondez pas directement et personnellement aux questions sur l’avortement et la peine de mort, mais me renvoyez vers Rothbard : ce que je sais de lui, je l’ai appris sur CP. Et ça avait l’air bricolage selon le sens du vent et peu humaniste.

        • Les droits naturels sont énumérés dans la Déclaration de 1776 et repris dans toutes kes déclarations suivantes : la vie, la liberté, et la recherche du bonheur. Et ils sont bien universels car inhérents à la nature humaine. Ils précèdent le droit positif et sont indépendants de lui.
          Si le droit positif vient affirmer et conforter ces droits naturels, tant mieux. Mais toute disposition du droit positif qui ne respecte pas ces droits naturels est illégitime (même si elle est légale).

  • L’hostilité des gouvernants au libéralisme classique (le seul authentique) se comprend facilement. « Le libéralisme recommande avant tout la limitation du pouvoir étatique. Comment des gens qui ne voient dans le Pouvoir que les privilèges que procure le Pouvoir, et non les sacrifices qu’il suppose, pourraient souhaiter un appareil d’État moins imposant, quand bien même il serait plus efficace ?
    Ceux qui se disputent le Pouvoir ne peuvent rêver que d’une extension du Pouvoir – ou du moins ne peuvent qu’exécrer ceux qui souhaiteraient, a minima, stopper son extension. Bastiat évoque avec humour un député s’adressant aux ministres dans ce sens. « Ah ! Soyez sûr [que tous] sauront fort bien s’entendre. […] Ils le traiteront d’utopiste, de réformateur dangereux ; ils l’accableront de leur mépris ; ils tourneront contre lui toute la presse vénale. »
    (extrait de mon manifeste, « Légitimes Défenses »)

    • « libéralisme classique (le seul authentique) » ??? Certifié AOP par les Hautes Instances du Libéralisme Classique, avec label rouge et marquage sur la fesse ?

      • Moquerie facile. Authentique par droit d’ancienneté. La méconnaissance de l’histoire explique l’ignorance, elle ne l’excuse pas – elle l’excuse d’autant moins quand l’ignorance se fait suffisance.

  • Dès le début de l’article, deux expressions m’interpellent: « Sondage IFOP » et « Les résultats sont étonnants « .
    Avez vous suivi le lien vers ce sondage et qu’en concluez vous à propos des conclusions qui en sont tirées ici?

    AMHA on peut faire dire ce que l’on veut à ce genre de sondage, déjà que les termes employés ( les valeurs des français ) mélangent des vraies valeurs avec des chose qui n’en sont pas. ( ex: la modernité, les services publics, les start up ne sont pas des valeurs!)
    Questions mal posées, sens des mots « tordu » pour coller au plus juste au sens déformé que comprennent une majorité de français, et au final, une impression de confusion totale, d’incohérence de pensée, d’illusion totale quand on voit que les personnages politiques perçus comme incarnant le mieux les idées libérales sont E. Macron, Ed. Philippe, Chr. Lagarde et Br. Le Maire, ça fait peur pour l’avenir!

    • Exactement. C’est un QCM à base de poncifs confus, pas une étude.
      Il manque au minimum une série de questions permettant de cerner précisément quel est le sens du mot libéralisme pour les gens qui ont répondu.
      En l’état, c’est stérile et on arrive à des curiosités du genre : 12% des sympathisants LFI pensent que la gauche devrait se définir comme libérale… comment interpréter ça ?

  • Selon ce sondage 55% des Français aiment le libéralisme mais seulement 28 % approuvent le capitalisme.
    Cela montre je crois qu’ils ne comprennent pas bien le terme libéralisme. Ils aiment la liberté mais pas la concurrence. La liberté pour eux, mais pas trop pour les autres.

  • Le libéralisme, c’est avant tout l’idée que l’État laisse agir les agents économiques sans interventionnisme intempestif, se contentant d’assurer la justice, l’ordre et la défense du pays en percevant l’impôt juste nécessaire pour assurer ses fonctions régaliennes. Macron n’est pas un libéral, contrairement à l’opinion commune, c’est un technocrate interventionniste comme on n’en a jamais connu, soit juste le contraire !

  • L’auteur explique en préambule une « confusion générale sur le libéralisme et une perception négative, souvent illogique, de certains éléments majeurs liés à cette philosophie, entretenue à bien des égards par les faiseurs d’opinions. »
    Cette confusion profitable au collectivisme est soigneusement orchestrée. En effet, le libéralisme classique, seul authentique, celui de Tocqueville, de Bastiat, de Hayek, de Friedman, de Jefferson, de Constant, de Say, de Stuart Mill, etc, fait peur au Système, parce qu’il explique que le Pouvoir doit être cantonné dans ses limites nécessaires au bien-être à la collectivité, et de foutre la paix aux gens pour le reste.
    Puisque le libéralisme est la seule véritable opposition, il fait peur à une oligarchie politique assez uniforme sous les masques divers – tous sont d’accord pour tondre le mouton le plus raz possible.
    Et parce que le libéralisme leur fait peur, les puissants, quels qu’il soient, se sont accordés pour qu’il fasse peur aux populations, en le falsifiant sous les traits d’une sorte de capitalisme sauvage, d’une mondialisation sans règles, d’une destruction de toutes les protections sociales. On a suffisamment façonné les esprits pour que Zemmour, par exemple, parle Macron comme d’un libéral. C’est la conséquence de ce qu’on lui a appris à Sciences Po.
    Beaucoup devraient retourner à l’école. Mais a-t-il jamais lu une ligne de Bastiat ?

    • Votre énumération est intéressante puisqu’elle même controversée, John Stuart Mill a par exemple été beaucoup décrié sur ce site.

      Certains voient en lui le début du déclin, de par son rejet de la philosophie des droits naturels (il est utilitariste) et son attachement à l’égalité des droits y compris pour les minorités (défense des droits des femmes, des enfants ou encore des athées).

      Ce n’est pas mon cas, je considère qu’il faut ne pas l’avoir lu pour dénier à Stuart Mill la qualification de libéral, mais cela illustre bien que même à propos des ses auteurs les plus classiques le libéralisme est controversé.

  • Cette critique entendue et presque manichéenne du « liberalism » américain est un peu courte lorsqu’on se penche plus en avant sur la question.

    Il existe encore au sein de ce courant aux Etats-Unis une certaine reminiscence du libéralisme classique, composée d’individus qui ne se retrouvent pas dans l’évolution collectiviste de leur mouvement mais refusent d’abandonner l’appellation « liberal » aux nouveaux entrants. Comme nous, ils invoquent l’héritage des penseurs classiques et comme nous ils déplorent le dévoiement du terme libéralisme.

    Les tensions internes existent au sein de tous les mouvements et parfois sur plusieurs axes, certains libéraux conservateurs qui exigent des restrictions nationalistes et protectionnistes m’apparaissent comme une trahison des valeurs libérales comparable au courant collectiviste des « liberals » américains.

    La seule manière de rester chimiquement pur serait d’établir une église extrêmement minoritaire et parfaitement sectaire du libéralisme, autrement il nous faudra apprendre à composer avec les différents courants qui se revendiquent du libéralisme, même lorsqu’ils nous paraissent en trahir les valeurs.

    • @ François C. J’ignorais ces querelles de chapelle à propos de Stuart Mill. En quoi son féminisme (avant la lettre) en ferait-il un faux libéral ? C’est à mon avis l’actuel féminisme dévoyé à gauche qui est à rejeter de notre point de vue libéral. Stuart Mill exprime un amour de la liberté assez évident pour faire partie de notre Panthéon.
      J’ignorais ce que vous me dites à propos d’un courant « libéral classique » aux US. Le grand problème est finalement la polysémie du mot « libéralisme », qui fait beaucoup de mal à nos idées; au point que je me demandais, en écrivant « Légitimes Défenses », s’il ne fallait pas abandonner ce nom.
      Entre une tour d’ivoire « chimiquement pure » et une trahison du libéralisme classique, il me semble qu’il y a une voie médiane, celle-là même qui définit à mon sens le libéralisme classique. Le libéralisme est un pragmatisme. « Le libéralisme n’a jamais été […] un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations, portant sur des faits qui se sont déjà produits. » Maurice Allais prônait un libéralisme éclairé. « Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes du prétendu libéralisme de ces trente dernières années nous ont mené [en 2005] au bord de l’effondrement de la société française. » (« L’Europe en crise, que faire ? »)

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